Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Michèle RIVASI, eurodéputé Verte, fondatrice au lendemain de l’explosion de Tchernobyl de la CRIIRAD, a réagit Vertement à la décision de non-lieu dans l’enquête ouverte en 2001, suite à une plainte de la CRIIRAD et de l’association française des malades de la thyroïde.
Décidément pour l’État français, la question nucléaire reste taboue et le nuage radioactif de Tchernobyl est resté bloqué à la frontière ! Voici le texte, argumenté de Michèle Rivasi.
Pierre Mathon
« PROCÈS PELLERIN : LE NON-LIEU EST UN DÉNI DE JUSTICE POUR LES VICTIMES DE TCHERNOBYL
La cour d’appel de Paris a décidé de prononcer un non-lieu dans l’enquête sur l’impact du nuage de Tchernobyl en France. Cette enquête avait été ouverte en 2001 suite à la plainte de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), fondée par l’eurodéputée EELV Michèle Rivasi, et l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT).
Communique de presse, Bruxelles le 7 septembre 2011
Michèle Rivasi, députée européenne EELV, conteste l’aboutissement de cette longue enquête et s’indigne de la décision prise par la Cour d’Appel de Paris. Fondatrice de la Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité (Criirad, créée en 1986 au lendemain de Tchernobyl), elle avait déjà gagné différents procès contre le professeur Pellerin qui l’accusait de diffamation. La Criirad avait effectué de nombreux relevés d’échantillons révélant une contamination radioactive avérée des aliments consommés par la population française, et ce afin de dénoncer le mensonge d’Etat entourant le nuage radioactif de Tchernobyl.
« Ce non-lieu est un non-sens : la justice a eu les moyens - preuves à l’appui - de démontrer la tromperie aggravée du professeur Pellerin, qui a mené à la consommation d’aliments dont les niveaux de contamination dépassaient les normes fixées par l’UE. J’invite l’Association des Victimes de la Thyroïde à se pourvoir en cassation afin de poursuivre leur quête de justice et de vérité. Nous irons jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme s’il le faut.
Un rapport d’experts, commandé par la juge Bertella-Geoffroy et cosigné par les professeurs Pierre-Marie Bras et Gilbert Mouthon, est parvenu à démontrer le lien de cause à effet entre le nuage radioactif et l’augmentation des troubles thyroïdiens. Cette étude a pu s’effectuer grâce au travail réalisé par le premier endocrinologue installé en Corse et a permis de comparer les troubles avant et après le 24 avril 1986 : elle a démontré une hausse de 44 à 100% des troubles thyroïdiens après le passage du nuage radioactif.
Si l’Etat avait informé la population des conséquences du nuage radioactif, ces troubles auraient pu être évités par la non-consommation d’aliments contaminés. C’est donc une véritable double-peine pour les victimes et un déni de démocratie résultant d’une volonté politique inhumaine : jusqu’à quand le nucléaire civil bénéficiera d’une telle impunité ? C’est exactement la même situation qu’au Japon actuellement : la population vit dans la désinformation et continue à consommer des aliments contaminés. L’Histoire se répète mais aucune leçon n’est tirée : l’Homme doit rester au centre de l’action politique, il serait temps que nos élites s’en préoccupent à nouveau. »