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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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Bidonvilles roms : la vice-présidente EELV du conseil régionale s’exprime

Hanul-4-5juillet10

 

Dans le cadre d’un débat lancé sur Newring.fr http://www.newsring.fr/societe/3739-doit-on-detruire-les-nouveaux-bidonvilles-autour-des-grandes-villes/49289-la-destruction-de-bidonvilles-doit-etre-accompagnee-de-propositions-de-relogement,

Emmanuelle Cosse, Vice-présidente Europe Écologie Les Verts du Conseil régional d'Ile-de-France en charge du logement, de l'habitat et du renouvellement urbain, ex-présidente d'Act UP-Paris s’exprime :

« La destruction de bidonvilles doit être accompagnée de propositions de relogement

25 avril 2013

 C'est inacceptable aujourd'hui que dans un pays riche comme la France nous ayons affaire à ces bidonvilles, qui offrent des conditions de vie absolument déplorables pour les personnes qui y habitent. Avec également des conditions d'hygiène désastreuses. En même temps, ce n'est pas en éradiquant ces bidonvilles et en essayant de les effacer de notre vue qu'on va résoudre le problème. Je veux dire par là que ce n'est pas en se disant constamment que l'on va raser ces campements que les personnes vont disparaître du territoire et qu'elles vont retourner de là où elles sont venues.

La politique de Valls ne fera que faire disparaître le problème là où il est

La circulaire publiée en août 2012 n'empêche pas le fait que l'on expulse ces campements, ni qu'ils soient rasés. Elle exige toutefois que soient faites des enquêtes sociales auprès de l'ensemble des personnes qui vivent dans ces bidonvilles. On recense qui ils sont, quels sont leurs besoins... On les tient informés de leurs droits.

Et des propositions de relogement sont requises, notamment pour les enfants. Ainsi, à mon avis, la position du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui est de dire que «ces gens ne veulent pas s'insérer, qu'il faut raser des campements comme ça on est tranquille», ne fera que faire disparaître le problème là où il est. Mais les personnes demeurent sur le territoire et s'en vont grossir d'autres campements. C'est ainsi qu'on a vu des campements passer à près de 400 habitants en quelques jours, au gré des expulsions de bidonvilles plus petits...

Travailler différemment

Dans pas mal d'endroits, il y a eu des tentatives pour essayer d'amener des actions locales envers ces populations. Elles passent par plusieurs choses. La première est d'amener l'eau courante dans le campement, de prévoir le ramassage des ordures ou d'installer des toilettes sèches, pour qu'il y ait un niveau d'hygiène correct. Ce n'est pas en refusant de telles mesures que les élus lutteront contre les campements. Au contraire, cela ne fait qu'empirer la situation, des habitants de ces bidonvilles, mais aussi de leurs voisins qui assistent impuissants à ce spectacle de la misère.

La seconde chose est qu'il y a des endroits où il y a eu des actions, en lien avec la politique des villes et des associations locales, qui montrent aussi qu'on peut travailler différemment. Ça passe par des choses aussi simples qu'essayer de faire le recensement des enfants, des familles, de voir exactement quelle est la situation légale de ces personnes, qui ont le droit d'être sur le territoire. A plusieurs endroits, des enfants qui ont été scolarisés, des familles qui commencent aussi à se sédentariser.

Il faut avoir en tête que le profil des Roms qui vivent en France sont très différents. Certains sont là depuis peu, d'autres font des allers-retours depuis plusieurs années entre leur pays et la France. D'autres enfin vivent en France depuis parfois une décennie.

Chaque ville concernée doit s'attaquer au problème

Et cela ne veut pas dire que nous avons les solutions parfaites là-dessus. Notamment en Île de France, où l'on est dans une région qui cumule des gros handicaps en matière de logement, avec par ailleurs un sujet important qui est que nous avons affaire aujourd'hui à beaucoup de personnes qui n'arrivent plus à se loger correctement pour des raisons financières. Ce n'est donc pas comme si nous avions une offre de logement très forte à partager. Ce qui rend les choses délicates. Mais il faut bien comprendre - et c'est ce que disent une grande partie des élus locaux qui sont confrontés à la question - que l'expulsion du campement ne résout rien.

Ce n'est pas en érigeant une population contre une autre que nous y arriverons. »

Pierre Mathon

 

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