Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
De qui se moque-t-on ?
Presque 3 mois après l’abattage massif des arbres de l’avenue Raspail par les services du Conseil Général, Josiane Bernard, vice-présidente du conseil général chargée de l’environnement, invite les riverains à une réunion d’ « information » (« information » et non « concertation » : nuance …).
Le Conseil général nous y « apprend » que les alignements d’arbres, c’est important pour la biodiversité végétale et animale. « Heureux de l’apprendre ». Mais alors pourquoi avoir abattu tous les arbres de l’avenue Raspail ?


Pour justifier cet abattage le conseil général nous informe après coup que la moitié des arbres étaient malades.
Pourquoi ne pas nous en avoir informés avant l’abattage ? Nous aurions pu demander des éléments précis et vérifiables, tirés d’une étude phytosanitaire.
Pourquoi les avoir abattus tous, si la moitié des arbres seulement était malade ?
Mais ils étaient non seulement malades, mais en plus ils étaient vieux. Pensez donc les « acacias » (en fait des « robiniers faux acacias ») avaient plus de 30 ans et selon l’affirmation du conseil général, ces arbres ne vivent que jusqu’à 50 ans. Le Hic, c’est que cet argument est un pur mensonge ! Les robiniers, mais aussi les tilleuls, vivent bien plus longtemps. Savent-ils au Conseil Général que les arbres les plus vieux de Paris sont des « robiniers faux acacias : ils ont 400 ans !


Etaient-ils vraiment malades ? Cela reste à prouver avec documents à l'appui.
Comme le dit le dicton populaire, « quand on veut noyer son chien on dit qu’il a la rage » et l’on peut ajouter : « quand on veut abattre des arbres, on dit qu'ils sont malades ».
De plus le fait qu'ils soient malades n'est pas une raison suffisante pour les abattre. Les arbres aussi, ça se soigne !
S’il est, en effet, parfois nécessaire de couper les arbres pour raisons de sécurité et de maladie, il arrive qu’il y ait aussi des arbres malades que l’on peut guérir. Ainsi, il y a quelques années, si on avait écouté l’expert, il aurait fallu abattre un des marronniers centenaires du Château de l’Étang. Heureusement sur l’insistance de défenseurs des arbres, un autre expert a été consulté qui a conclu que l’on pouvait guérir l’arbre. Ce qui fut fait. Le marronnier est toujours là.
« Curieusement », alors que nos communes ont besoin d’urbanité et de vraies avenues avec de vrais alignements d’arbres, le conseil général de Seine-Saint-Denis a décidé d’ « expérimenter » en plantant des arbres différents (un peu de micocouliers, quelques charmes, des érables sycomores, une pincée de tilleuls sans oublier les cerisiers) pour « rompre avec le rythme de la rue ».
Combien de temps encore les habitants de banlieue devront-ils servir de cobayes pour ce genre d’expérimentations dont les vraies villes ne voudront jamais … et pour cause.
De plus au lieu de planter en une seule fois l’ensemble des arbres de l’avenue Raspail, le conseil général a prévu de planter les arbres en deux fois :
- une première fois : 6 mois après l’abattage pour un tiers d’entre eux (en janvier-février 2010)
- et une deuxième fois : 16 mois après l’abattage pour les deux-tiers restants (en novembre-décembre 2010).
Pourquoi attendre autant ? On les a connus plus pressés lors du fameux « massacre à la tronçonneuse » de début septembre !
On comprend mieux pourquoi Claude Bartolone, Président du Conseil général n’a pas répondu à notre courrier, si ce n’est par un accusé-réception. Cela fait plus de deux mois que nous lui avons posé des questions précises, ainsi qu’à ses vice-présidentes déléguées à la voirie et aux espaces verts.
On comprend mieux le silence radio de Josiane Bernard, vice-présidente du Conseil Général aux espaces verts … qui habite pourtant avenue Raspail.
On ne s’étonne plus de la complaisance des verts « labellisés » de Bagnolet.

Voici le texte « à l’eau de rose » paru sur leur site au sujet des arbres de l’avenue Raspail et de la réunion initiée par le conseil général :
« 27 novembre : Réunion sur l'aménagement de l'avenue Raspail
Une réunion s'est tenue à l'initiative du Conseil général sur la plantation des arbres, avenue Raspail.
Un exposé, fort intéressant, réalisé par le responsable des espaces verts et d'une paysagiste a permis de poser le décor.
L'alignement des arbres permet la libre circulation des espèces animales. Le fleurissement des pieds d'arbres permet d'améliorer la biodiversité. Il est aussi important de préciser que la politique du CG est 0% de produits phytosanitaires.
Le CG s'engage à entretenir ces plantations pendant 2 ans. Bagnolet doit prendre le relais. C'est un problème compte-tenu de l'état des espaces verts sur notre ville.
Le CG est venu faire des propositions de plantations de diverses essences d'arbres (charme, micocoulier, érable sycomore, tilleul, cerisier).
A notre question concernant le massacre des arbres existants : la moitié des arbres étaient malades, ils avaient plus de 30 ans donc très âgés pour des acacias qui vivent entre 30 et 50 ans.
Le projet retenu : multiplier les essences pour varier la vision de la rue et rompre le rythme de l'alignement, plantation d'arbres à croissance lente et rapide, plantation d'arbres aux couleurs multiples en fonction des saisons.
Ce projet est expérimental et la proposition est de revenir vers les habitant(e)s dans un an pour faire le point.
Ils seront informés par une panneautique qui pourrait être mise en place par une section professionnelle du lycée Henaff.
Dans un premier temps, 23 arbres vont être plantés courant janvier le long du cimetièrre.
Pour l'absence de piste cyclable, l'argument récurrent est le manque de place. Nous leur avons signalé que c'était un manque de volonté politique de donner une vraie place au vélo en ville.
Concernant l'absence de piste cyclable sur le pont d'autoroute, l'équipe présente n'était pas sur le projet. Ils nous ont répondu cependant que l'objectif premier était d'empêcher les camions de stationner. Nouvel argument peu satisfaisant.
Dossier à suivre de près. »
Ils ont tout "gobé" (« un exposé très intéressant », les robiniers-faux acacias qui meurent entre 30 et 50 ans, le « coup » des arbres malades, l’expérimentation « banlieue ») …
Mais attention, ils vont suivre de près la question des pistes cyclables : à la place de Claude Bartolone, j’ai peur …
C’est lamentable. Après avoir hurlé sur leur blog au sujet du massacre à la tronçonneuse de début septembre, on a l’impression qu’ils se sont "couchés" : visiblement ils ne veulent pas faire de peine à leurs amis socialistes du conseil général. Ils ignoraient sans doute à l’époque que l’avenue Raspail était une voie départementale, dépendant du conseil général, présidé par Claude Bartolone … Et il est vrai que l’autonomie des Verts vis-à-vis du PS est une idée neuve pour eux.
A Bagnolet en Vert, nous sommes libres de nos appréciations qui ne dépendent pas de la couleur politique des décideurs.
Pierre Mathon
Nos articles sur l'avenue Raspail :
