Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Elsa Marnette avec Carole Sterlé 19 avril 2018
Deux blessés par balle, une enquête de plus et la crainte d’une surenchère sanglante. De nouveaux tirs ont retenti mercredi soir à Bagnolet, près du quartier de la Capsulerie, qui abrite un gros point de vente de stupéfiants. Les coups de feu auraient été tirés près d’un bar, devant lequel se trouvait un groupe de jeunes gens. Deux hommes ont été blessés, à la fesse et au thorax. « La volonté de tuer fait peu de doute », estime une source proche de l’affaire au regard de la localisation des blessures.
C’est le dernier épisode d’une succession de coups de feu qui ont retenti dans le quartier depuis lundi 9 avril. Un bar, le centre de quartier La Fosse-aux-Fraises, un immeuble ont été visés (lire encadré). Vendredi dernier vers 13 heures, des habitants ont encore entendu des déflagrations, sans en identifier la localisation précise.
« Ça a toujours été un quartier difficile mais là on est passés à l’étape au-dessus, souffle Célia*, membre du conseil de quartier. On vit dans un climat où tout le monde se regarde de travers en se demandant ce qui va se passer. L’ambiance est anxiogène. » Un exemple ? « Il m’arrivait d’envoyer mes enfants chercher le pain. Depuis les coups de feu, on n’est pas sortis. » « Il y a une ambiance de cow-boy, il faut le vivre pour le croire », renchérit un habitué de la Capsulerie.
Malgré la douceur du soleil, le petit square devant le centre de quartier, où l’impact de balle est toujours visible, reste vide. « On voudrait bien laisser nos enfants jouer là mais on ne le fait plus. Ça tire en pleine journée ! », justifie une maman. Au centre de quartier, les animateurs ont privilégié les sorties hors de la Capsulerie durant ces derniers jours.
Face à cette situation, que faire ? « Maintenir les activités, rassurer les habitants, demander à la police d’être présente », répond le maire (PS) de Bagnolet Tony DI Martino. Réclamés de très longue date, les quinze policiers de la brigade spécialisée de terrain arpentent le quartier depuis presque un an. « On les voit, ils harcèlent, ils gênent les ventes, détaille un membre du collectif d’habitants Retrouvons notre dignité. Mais il n’y a pas beaucoup de changement dans le vécu sécuritaire de la zone. »
Le groupe d’opposition Front de gauche, lui, réclame de nouveau la création d’un commissariat de plein exercice à Bagnolet, qui dépend pour l’instant de celui des Lilas : « Les gens se sentent prisonniers du trafic et il faut sortir de cela, détaille l’élu d’opposition Laurent Jamet. Il y a de nouvelles constructions dans ce quartier, on pourrait y installer ce commissariat. » Une demande à laquelle le maire reçoit régulièrement une « fin de non-recevoir », déplore Tony DI Martino.
Ce mercredi, peu après 23 heures, des coups de feu ont retenti près d’un bar de l’avenue du Général-de-Gaulle. Deux hommes de 32 et 39 ans, blessés à la fesse et au thorax, ont été identifiés à l’hôpital. Leur pronostic vital n’est pas engagé. Quatre hommes, de 23 à 31 ans, ont été placés en garde à vue. Ils seraient ceux qui ont accompagné les blessés à l’hôpital. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, tout comme deux précédents épisodes : dans la nuit du 9 au 10 avril, un bar de la rue Robespierre a été pris pour cible et un homme aurait été blessé à la cuisse. Dans la nuit du 12 au 13 avril, des balles ont été tirées sur le centre de quartier la Fosse-aux-Fraises et un immeuble juste à côté. L’hypothèse de rivalités sur fond de trafic de stupéfiants est avancée. Enfin le vendredi 13 vers 13 heures, d’autres tirs ont été entendus dans le quartier.
*Le prénom a été modifié »
Pierre Mathon
À lire le roman à paraître de D. Daeninkx « Artana, Artana »