Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
En 2012, le socialiste Razzy Hammadi surfait sur une large vague rose et ravissait la circonscription de Montreuil - Bagnolet au député (Comité des citoyens montreuillois) Jean-Pierre Brard, élu depuis 1988. Cinq ans plus tard, la vague rose s’est retirée - Benoît Hamon a récolté 12 % des suffrages au premier tour de la présidentielle à Montreuil - et rarement une élection n’aura été aussi ouverte.
En effet, 21 candidats s’alignent au départ. Parmi eux, Razzy Hammadi, porte-parole du PS, rappelle avoir été classé « parmi les députés les plus bosseurs » par le magazine Challenges et se targue d’« avoir reçu Emmanuel Macron à plusieurs reprises ». C’est lui, le représentant de la politique Hollande, qu’Alexis Corbière désigne comme son « principal adversaire ».
Le bras droit du leader de la France Insoumise peut s’appuyer sur le score de Jean-Luc Mélenchon en avril dernier : environ 40 % sur la circonscription. Une performance qui le plaçait largement devant et pourrait laisser penser au passage d’une vague rouge. « Je suis le candidat d’une dynamique présidentielle, assure d’ailleurs Alexis Corbière, fort d’avoir rassemblé 1 500 personnes (photo Le Parisien. Ndlr), selon lui, sur le parvis de la mairie la semaine passée en présence de Jean-Luc Mélenchon. C’est une ville que je connais bien, où j’ai habité. Il nous semblait logique que ce soit moi, car j’ai une visibilité nationale. »
Repères
Cantons : Montreuil, Bagnolet
Population : 141 389 habitants
Nombre d’inscrits : 75 987
Candidats :Razzy Hammadi (sortant, PS) ; Halima Menhoudji (LREM) ; Geneviève Reimeringer (LO) ; Sébastien Jolivet (FN) ; Manon Laporte (LR-UDI) ; Alexis Corbière (FI) ; Christel Keiser (POID) ; Thierry Porro (PA) ; Marie-Ange Donadieu (NP)*; Claudine Antonini (NP) ; Pierre Serne (EELV) ; Nadia Belaala (NP) ; Majid Lagnaoui (NP) ; Jimmy Parat (PFM) ; Vincent Glenn (NP) ; Sylvette Minnaert (NP) ; Hugues Leforestier (NP) ; Gaylord Le Chequer (FDG) ; Nathalie Labbe (NP) ; Jean-Pierre Brard (DVG) ; Jérôme Micucci (NP).
* NP : non parvenu.
Et peu importe si le Parti communiste avait choisi l’adjoint à l’urbanisme (FDG) Gaylord le Chequer comme candidat dès septembre dernier.
Car un électeur le constate : « A la gauche de la gauche, il n’y a jamais eu autant de candidats. » Le 11 juin prochain, il faudra donc aussi compter sur Gaylord le Chequer et sur l’ancien maire et député Jean-Pierre Brard, qui y retourne presque contre son gré si on l’écoute. Tous deux portent des candidatures de proximité, disent-ils. « Si on ne veut pas faire des paroles en l’air, il faut des élus en lien avec les habitants », défend le premier, qui fut l’attaché parlementaire du second. « Je n’ai pas de problème de notoriété et je bénéficie de mon expérience », veut croire Jean-Pierre Brard.
Côté défenseurs de l’environnement, la bataille oppose l’ancien M. Transports du conseil régional Pierre Serne (EELV) et Halima Menhoudj, elle aussi écologiste mais de la sensibilité de François de Rugy. Ils se sont un temps affichés ensemble jusqu’à ce que la seconde (On appelle ça une « girouette ». Ndlr) reçoive l’investiture de La République en marche. « Pierre Serne s’est posé en opposant à Macron alors que je m’inscris dans le rassemblement, justifie la militante associative, aujourd’hui adjointe au Maire PC Patrice Bessac, après avoir été élue en 2008 sur la liste de Dominique Voynet. Notre projet, c’est de sortir de l’appareil politique. On ne parle pas qu’au microcosme. » Pierre Serne, lui, ne se sent pas débordé : « Sur le côté écolo, il n’y a pas photo entre elle et moi. » Et de commenter la multiplication des candidatures : « Bien malin qui peut prédire l’affiche du second tour. »
C’est ce qui fait espérer la candidate LR Manon Laporte : « Evidemment, c’est une ville de gauche mais il y a de telles dissensions en face que je pourrai passer le 1er tour. » Elsa
Les électeurs déboussolés et toujours indécis à Montreuil
« Le citoyen se retrouve pris au piège. » Et quand il parle du « citoyen », c’est à lui qu’il pense, Philippe. Ce délégué syndical, habitant de Montreuil depuis vingt ans, a fait son choix pour les élections législatives : ce sera un vote Mélenchon. Mais lequel ? « J’hésite entre le choix national : Alexis Corbière. Ou le choix local : Gaylord le Chequer. Jean-Pierre Brard (NDLR : ancien maire, ancien député), c’est du passé, je n’en veux plus, précise-t-il. Se rassembler aurait quand même été profitable. »
Cette multiplication des candidatures semble agacer de nombreux électeurs. « Certains vont faire 2 ou 3 %, c’est complètement débile. Ces gens-là sont tellement proches, c’est dommage qu’ils n’arrivent pas à se rassembler, peste Liliane, 70 ans, avant de rajouter désabusée : Ils sortent pour les élections et après, on ne les voit plus. »
Elle, cela l’attriste et cela en décourage d’autres : cette jeune femme, poussette à bout de bras, vit là depuis un an. Elle a voté à l’élection présidentielle mais n’est pas encore parvenue à démêler les mystères de la politique locale. « Il y a vraiment beaucoup de candidats, c’est trop compliqué à Montreuil », soupire-t-elle. Alors les 11 et 18 juin, elle sera en vacances et ne votera pas.
Emilie, elle, assume son choix : elle fera ce qu’il faut pour « soutenir notre président et l’action nationale ». Et tant pis si la quadragénaire ne connaît ni le nom ni le visage de la candidate de la République en marche (LREM).
Elsa Marnette leparisien.fr »