Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
Pris sur l’excellent blog de l’association Romainville Sud qui a publié cet article le 22 Mai 2016 qui reprend celui du Parisien.fr :
« Des potagers toxiques dans les maisons polluées
Romainville, ce vendredi. Sébastien Tirloy, vice-président de l’association Romainville-Sud, défend les habitants des maisons polluées du quartier des Ormes. Il a découvert que les fruits et légumes de son jardin étaient impropres à la consommation.
ARTICLE DU PARISIEN
Romainville : des potagers toxiques dans les maisons polluées
Floriane Louison | 22 Mai 2016, 17h32
Romainville, ce vendredi. Sébastien Tirloy, vice-président de l’association Romainville-Sud, défend les habitants des maisons polluées du quartier des Ormes. Il a découvert que les fruits et légumes de son jardin étaient impropres à la consommation.
La liste des angoisses se rallonge pour les habitants du quartier des Ormes à Romainville. Ils savaient déjà que l’ex-usine de découpe chimique de métaux, Wipelec-Ceres, fermée en 2008, avait empoisonné leurs maisons. Du trichloréthylène, largement au-dessus des seuils critiques, avait été relevé dans l’air ou dans le sol de certaines habitations.
Leurs occupants apprennent, aujourd’hui, que leurs jardins sont, eux aussi, toxiques.
« Dans deux parcelles, des végétaux présentent des concentrations anormales en arsenic, indique, ce vendredi, la préfecture dans un communiqué. L’agence régionale de santé a émis des préconisations sanitaires individuelles en conséquence ». Sébastien Tirloy, l’un des habitants concernés, précise : « il nous a été expressément interdit de consommer les fruits et légumes cultivés dans nos potagers. »
L’association de riverains déconseille de manger les produits des jardins
Selon la préfecture, « l’arsenic ne provient pas de Wipelec dans la mesure où cette substance n’a été retrouvée ni sur le site, ni dans les sols où poussent les végétaux. » Mais Sébastien Tirloy reste dubitatif. Il cite un rapport de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), publié le 31 mars, dans lequel est inscrit : « les différentes études réalisées depuis 2006 ont mis en évidence des impacts significatifs en métaux lourds et composés inorganiques, dont l’arsenic, dans les sols, gaz du sol et eaux souterraines. »
Sébastien Tirloy poursuit : « les prélèvements ont été effectués seulement dans deux parcelles, la mienne et celle de mon voisin, cinq maisons plus loin. Entre les deux, rien ! Nous n’avons aucune certitude que les autres jardins ne sont pas atteints ». Dans le flou, l’association des riverains Romainville Sud « déconseille clairement à tous les habitants, dont beaucoup ont des potagers, de manger leurs produits.»
« Ces résultats étaient connus depuis septembre dernier, se révolte encore Sébastien Tirloy. Pendant ce temps, je continuais à faire des confitures maison avec mes fruits ! ». Une exposition prolongée à l’arsenic peut provoquer des dégâts graves sur la santé. Dans son cas, le quotient de danger est estimé à 172, sur une référence de 1, pour ses enfants, et de 47 pour les adultes. A part interdire la consommation des produits de son potager, Sébastien Tirloy s’étonne aussi qu’aucune autre mesure n’ait été préconisée. « Par exemple, dois-je faire faire des prises de sang à mes enfants ? », s’inquiète-t-il.
Une enquête sur les cas de cancer
« A la demande de l’association des riverains Romainville Sud, l’Agence régionale de santé a saisi l’Institut de veille sanitaire afin de procéder à une investigation sur la survenue de cas de cancer dans le quartier », annonce, ce vendredi, la préfecture de Seine-saint-Denis. Selon l’association Romainville Sud, une trentaine de cas de cancer pourraient être liés aux activités polluantes de l’usine Wipelec.
Dans un même pâté de maisons, quatre personnes sont décédées de cette maladie l’année dernière. Un autre habitant se bat depuis plus d’un an contre un cancer du poumon. A l’intérieur de sa maison, un taux de 250 microgrammes/m3 de trichloréthylène a été mesuré. Le seuil d’action rapide, c’est-à-dire le moment il faut intervenir rapidement, est fixé à 10 mg/m3.
Un risque de pollution qui pourrait concerner jusqu’à 300 personnes
Les riverains inquiets se sont constitués en association. (LP/F.L.)
Selon l’association des riverains Romainville Sud, jusqu’à 300 personnes seraient concernées par ce risque de pollution. A l’heure actuelle, la pollution est avérée dans 22 pavillons, soit une cinquantaine de personnes touchées. Une famille, avec des taux de trichloréthylène très inquiétants, doit être relogée. « Elle est en phase avancée de négociation pour un relogement, ses membres les plus vulnérables faisant l’objet, dans l’intervalle d’un relogement temporaire », indique la préfecture.
Un proche précise et dénonce : « Ils louent, à leurs frais, un logement ailleurs ! » La propriétaire, Ferroudja Boussaid, témoignait dans notre édition du 23 février. « Fin janvier, lors d’une réunion en mairie, on nous a recommandé de partir au plus vite et de ne plus recevoir les enfants ». Elle vivait, avec son mari, son fils et son petit-fils, dans cette maison depuis 30 ans.
« Pour les autres maisons, la priorité est de faire baisser l’exposition aussi rapidement que possible et par tous les moyens, assure la préfecture, qui a envoyé des courriers individuels d’information et de consignes à chaque habitant. Les taux d’exposition ont déjà diminué, de manière générale, en raison notamment de la mise en fonctionnement d’une barrière de protection tout autour du site. »
La préfecture annonce également des travaux de dépollution prochainement, lorsque la démolition du bâtiment sera achevée. Ils ont pris du retard à cause d’une procédure contentieuse, précise la préfecture.
L’association Romainville Sud rappelle que « cette situation, qui présente un véritable danger pour la santé des habitants, est connue depuis 2003. » (Pour une fois - et cela mérite d’être souligné -, Le Parisien donne le dernier mot à l’association … Ndlr) »
Comme nous l’avons déjà dit, notre solidarité et soutien sont acquis à nos amiEs de Romainville-Sud.
Ainsi que notre admiration pour le travail courageux et intelligent qu’ils-elles mènent.
À suivre.
Pierre Mathon