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Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.

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Le président autrichien est écolo : quand eelv rompt son silence …

Le président autrichien est écolo : quand eelv rompt son silence …

L’Autriche - et son élections, fut-elle présidentielle - n’était pas seulement oublié des médias. Elle l’était aussi d’eelv qui n’a pas publié un seul communiqué, ne serait-ce que pour noter la présence d’un candidat écolo au 2ème tour.

Bon, quand même, après la victoire, eelv s’est fendue d’un communiqué et d’un texte plus fourni, que nous reproduisons ci-dessous
pour information :

« Hut ab und danke !

Publié le 23 mai 2016

Les écologistes saluent avec soulagement, enthousiasme et espoir la victoire d’Alexander Van der Bellen, candidat écologiste à la présidentielle en Autriche.

Au terme d’un suspens rare, le candidat soutenu par les Verts Autrichiens a remporté l’élection, malgré le soutien timide des partis au pouvoir, passant de 21,3% à plus de 50,3%.

Grâce à la mobilisation d’entre deux tours et en particulier celles des Autrichiens à l’étranger, il dépasse de peu le candidat de l’extrême droite.

Pour les écologistes, le soulagement est grand, tant la victoire de l’extrême droite avec son lot de fermeture des frontières et d’autoritarisme représentait une menace pour l’Autriche mais également pour le projet européen.

En Autriche, comme ailleurs en Europe, la tripolarisation s’installe : réactionnaires-autoritaires, coalition des gestionnaires entre les conservateurs et sociaux-démocrates aux vieilles recettes attendant la croissance comme on attend le Messie… et progressistes écologistes humanistes et pro-européens.

En Autriche, le premier tour a vu la coalition des gestionnaires sanctionnée comme jamais, les deux partis traditionnellement au pouvoir ne récoltant ensemble qu’à peine 20% des voix.

Le second tour voit le candidat écologiste l’emporter d’extrême justesse sur l’extrême-droite.

Les écologistes forment le vœu que l’Europe retienne la leçon : le maintien des vieilles recettes austéritaires et l’absence de projet progressiste et écologiste mènent à la catastrophe.

Dans l’immédiat, les écologistes félicitent chaudement la victoire d’Alexander Van der Bellen et des écologistes autrichiens.

Hut ab und danke !

Julien Bayou et Sandrine Rousseau, porte-paroles nationaux »

Un texte un peu plus long pris ce 26 mai sur la page FB d’eelv-Île de France (pour essayer de comprendre) :

« ÉLECTIONS EN AUTRICHE, ENTRE FOCALE MÉDIATIQUE SUR LE RISQUE POPULISTE ET ESPOIR ÉCOLOGISTE

Stupeur et tremblements politiques : pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le FPÖ, un parti d’extrême droite menace de remporter les élections présidentielles en Autriche, ayant déjà goûté au pouvoir en 2000, et de 1983 à 86, au sein de coalitions gouvernementales.

Autre miracle médiatique : toute l’attention des pays européens est à présent concentrée sur un nouveau Président écologiste, Alexander Van der Bellen soutenu par « Les verts – l’alternative verte » et d’obédience écologiste-libérale. En troisième position, mais ne figurant pas au second tour, Imgard Griss, candidate indépendante et défendant une ligne de centre-droit.

Lundi 22 mai, les jeux étaient fait et la tempête passée, Alexander Van der Bellen remportait la victoire avec 50,3% des voix, après de fébriles dépouillements aux résultats serrés et incertains, reportant les prochaines sueurs froides à l’élection du parlement qui se tiendra en 2018.
La résurgence des nationalistes – pardon « patriotes » – sur la scène politique a bien évidemment fait couler beaucoup d’encre cette semaine, diagnostiquée savamment comme un affrontement à l’image de nos propres enjeux électoraux : les dégâts collatéraux de la crise idéologique entre pro-européens et antis. Pour autant, lumière a bien moins été faite sur le programme ou les idées du nouveau président, en partie à cause du fait que le Président ne gouvernant pas, les candidats n’avaient pour programme qu’une profession de foi et une stature.

Si vous cherchez un peu sur la toile, vous apprendrez – entre autre – que le populisme a été vaincu, que les partis socio-démocrate et chrétien-démocrate (gauche et droite de gouvernement, à l’instar de notre UMPS français) sont arrivés quatrième et cinquième, que la crise des réfugié-e-s a servie de toile de fond au scrutin et que les ouvrier-ère-s votent à 71% pour l’extrême droite.

POUR L’ÉCOLOGIE, ON CHERCHE ENCORE.

Pourtant il y aurait à dire ! Second président d’un pays européen à porter le vert, Alexander Van der Bellen a percé en Autriche sans parti, à la force de son parcours.
Si l’on n’en est pas à parler de révolution, l’homme étant un ancien du parti social-démocrate où il a officié dix ans avant de rejoindre les Verts et d’en devenir le porte-parole fédéral pendant une décennie (cumulant avec la responsabilité de chefs du groupe parlementaire), le symbole porté est fort par ce fils de réfugié (de mère estonienne et père russe) né sous le 3ème Reich et au nom hollandais. Car il s’agit bien de cela, le président fédéral autrichien étant avant tout un représentant protocolaire et chef des armées, à l’image du système allemand. Loin de posséder le pouvoir et l’importance de François Hollande, donc. La bataille portait ici avant tout sur l’image du pays, sa ligne morale et les valeurs véhiculées par la personnalité de son ou sa présidente. D’ailleurs, plutôt qu’un programme politique, les candidat-e-s n’étaient armé-e-s que de leur profession de foi.

Le 22 mai 2016, face à la menace nationaliste et xénophobe, c’est donc (sans grande conviction et avec peu de marge) pour l’ouverture des portes aux réfugiés et des bras à l’Union Européenne que les Autrichien-ne-s ont voté. Pourtant, si l’on est en droit de se réjouir de la défaite de l’extrême droite, il est important de garder quelques faits en tête. Tout d’abord, cette victoire est arrachée avec les dents, seules quelques milliers de voix séparaient les deux candidats (le résultat le plus serré de l’histoire autrichienne à une élection présidentielle, 31 000 voix d’écart) au moment du résultat final. C’est donc, comme l’a exprimé Van der Bellen bien « deux Autriches » qui cohabitent aujourd’hui au sein du pays. Deuxièmement, nous sommes loin de la prise du Palais des verts, et malgré quelques bonnes intentions pro-multiculturalisme, l’on est plus proche d’un Nicolas Hulot au parfum d’Emmanuel Macron que d’un José Bové triomphant. Enfin, rappelons-le, le président ne possède pas de pouvoir décisionnel et ne pourra en réalité imposer aucune politique écologique à moins que les Verts, devenus quatrième force politique quand il était à sa tête, ne remporte une victoire écrasante aux législatives de 2018. Élu par les voix de la gauche et une partie de la droite rassurée par son sérieux économique (professeur d’économie pendant vingt à l’université de Vienne), son gouvernement, si l’extrême droite est de nouveau battue, sera sûrement de coalition menée par les partis plus traditionnels. Toutefois le FPÖ a affirmé être à présent incontournable, et bien que Van der Bellen affirme qu’il refusera de nommer le moindre ministre issu de ce parti, celui-ci semple parti pour occuper le terrain pendant encore longtemps.

Ainsi, ce deuxième Président écolo de l’Union européenne (premier porté par le suffrage universel direct), bien que remportant une forte victoire symbolique, ne peut pour le moment pas assurer des lendemains verdoyants. Néanmoins le fort soutien de la jeunesse et ses scores de plus de 61% à Vienne et dans les grandes villes annonce un rejet des politiques traditionnelles et un sursaut de conscience écologiste dans le pays qui jusque là ne votait qu’à 14% pour les Verts. Une victoire en demi-teinte, mais un pas de plus vers une Europe écologiste !

~ Lucas Rochette-Berlon »

Pierre Mathon

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