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  • : Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet
  • : Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
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L'éditorial du blog

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Ce blog «Bagnolet en Vert» est le blog d’Hélène Zanier, de Pierre Mathon et de leurs amiEs. Aujourd’hui militantEs associati -fs –ves (à « Bagnolet Ecologie » et Environnement 93, Jardins partagés, « l’Association des Bagnoletais contre la Dette », Romeurope, RESF, Russie-Libertés, Murs-À-Pêches, etc.), après avoir été élus (régionaux, municipaux) et responsables du parti Les Verts, nous entendons contribuer à l’avancée des idées et des projets écologistes.

Penser et agir, globalement et localement, telle est la devise de notre blog écolo,  Vert et ouvert, militant et d’éducation populaire, libre, bagnoletais, intercommunal et planétaire.

Hélène Zanier et Pierre Mathon

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En Vert et avec tous !

Vous pouvez compter sur 

Pierre MATHON
et toute l'équipe de
BAGNOLET EN VERT


* pour l’environnement et le développement durable, 
* pour la démocratie, la citoyenneté et la laïcité,
 
* pour la solidarité et l’égalité des droits, 
* pour l’école, l’éducation et la culture, 
* pour un urbanisme de qualité

 
En Vert et avec tous                                            

AGENDA

BONNE ANNEE 2015 !

 

Mardi 3 février à 20h30 conseil de quartier de la Dhuys à l'école Joliot-Curie

 

Mercredi 4 février à 19h atelier participatif sur la ZAC Benoit Hure : les espaces extérieurs  et l'occupation de la mairie historique

 

Jeudi 5 février 19h30 salle P et M Curie conseil de quartier des Malassis

 

PETITIONS

Réaction aux propos intégristes d'un élu de la majorité municipale de Bagnolet : pour le droit des femmes à disposer de leur corps

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_maire_de_Bagnolet_defense_du_droit_des_femmes_a_disposer_de_leur_corps/?sMpnibb

 

« Monsieur le Maire de Bagnolet: Nous vous appelons à créer une maison de quartier et citoyenne dans le quartier de la Dhuys»

http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_Maire_de_Bagnolet_Nous_vous_appelons_a_creer_une_maison_de_quartier_et_citoyenne/?tUmsDgb

 

Pour que cesse l'acharnement juridique contre la confédération paysanne
 
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-acharnement-conf-865.html

 



 

 

 

 

 

 

 


 

5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 12:15
« Le fanatisme ou Mahomet le prophète » -3

Et voici le troisième acte du « Mahomet » de Voltaire.

ACTE III SCÈNE I
Séide, Palmire
.

PALMIRE.
Demeure. Quel est donc ce secret sacrifice ?
Quel sang a demandé l'éternelle justice ?
Ne m'abandonne pas.

SÉIDE.
Dieu daigne m'appeler :
Mon bras doit le servir, mon cœur va lui parler.
Omar veut à l'instant, par un serment terrible,
M'attacher de plus près à ce maître invincible :
Je vais jurer à Dieu de mourir pour sa loi,
Et mes seconds serments ne seront que pour toi.

PALMIRE.
D'où vient qu'à ce serment je ne suis point présente ?
Si je t'accompagnais, j'aurais moins d'épouvante.
Omar, ce même Omar, loin de me consoler,
Parle de trahison, de sang prêt à couler,
Des fureurs du sénat, des complots de Zopire
Les feux sont allumés, bientôt la trêve expire :
Le fer cruel est prêt ; on s'arme, on va frapper :
Le prophète l'a dit, il ne peut nous tromper.
Je crains tout de Zopire, et je crains pour Séide.

SÉIDE.
Croirai-je que Zopire ait un cœur si perfide !
Ce matin, comme otage à ses yeux présenté,
J'admirais sa noblesse et son humanité ;
Je sentais qu'en secret une force inconnue
Enlevait jusqu'à lui mon âme prévenue :
Soit respect pour son nom, soit qu'un dehors heureux
Me cachât de son cœur les replis dangereux ;
Soit que, dans ces moments où je t'ai rencontrée,
Mon âme tout entière à son bonheur livrée,
Oubliant ses douleurs, et chassant tout effroi,
Ne connût, n'entendît, ne vît plus rien que toi ;
Je me trouvais heureux d'être auprès de Zopire.
Je le hais d'autant plus qu'il m'avait su séduire :
Mais malgré le courroux dont je dois m'animer,
Qu'il est dur de haïr ceux qu'on voulait aimer !

PALMIRE.
Ah ! Que le ciel en tout a joint nos destinées !
Qu'il a pris soin d'unir nos âmes enchaînées !
Hélas, sans mon amour, sans ce tendre lien,
Sans cet instinct charmant qui joint mon cœur au tien,
Sans la religion que Mahomet m'inspire,
J'aurais eu des remords en accusant Zopire.

SÉIDE
Laissons ces vains remords, et nous abandonnons
À la voix de ce dieu qu'à l'envi nous servons.
Je sors. Il faut prêter ce serment redoutable ;
Le dieu qui m'entendra nous sera favorable ;
Et le pontife-roi, qui veille sur nos jours,
Bénira de ses mains de si chastes amours.
Adieu. Pour être à toi, je vais tout entreprendre.


SCÈNE II

PAL
MIRE.
D'un noir pressentiment je ne puis me défendre.
Cet amour dont l'idée avait fait mon bonheur,
Ce jour tant souhaité n'est qu'un jour de terreur.
Quel est donc ce serment qu'on attend de Séide ?
Tout m'est suspect ici ; Zopire m'intimide.
J'invoque Mahomet, et cependant mon cœur
Éprouve à son nom même une secrète horreur.
Dans les profonds respects que ce héros m'inspire,
Je sens que je le crains presque autant que Zopire.
Délivre-moi, grand dieu ! De ce trouble où je suis ?
Craintive je te sers, aveugle je te suis :
Hélas ! Daigne essuyer les pleurs où je me noie !



SCÈNE III
Mahomet, Palmire.

P
ALMIRE.
C'est vous qu'à mon secours un dieu propice envoie,
Seigneur, Séide...

MAHOMET.
Eh bien ! D'où vous vient cet effroi ?
Et que craint-on pour lui, quand on est près de moi ?

PALMIRE.
Ô ciel ! Vous redoublez la douleur qui m'agite.
Quel prodige inouï ! Votre âme est interdite ;
Mahomet est troublé pour la première fois.

MAHOMET.
Je devrais l'être au moins du trouble où je vous vois.
Est-ce ainsi qu'à mes yeux votre simple innocence
Ose avouer un feu qui peut-être m'offense ?
Votre cœur a-t-il pu, sans être épouvanté,
Avoir un sentiment que je n'ai pas dicté ?
Ce cœur que j'ai formé n'est-il plus qu'un rebelle,
Ingrat à mes bienfaits, à mes lois infidèle ?

PALMIRE.
Que dites-vous ? Surprise et tremblante à vos pieds,
Je baisse en frémissant mes regards effrayés.
Eh quoi ! N'avez-vous pas daigné, dans ce lieu même,
Vous rendre à nos souhaits, et consentir qu'il m'aime ?
Ces nœuds, ces chastes nœuds, que dieu formait en nous,
Sont un lien de plus qui nous attache à vous.

MAHOMET.
Redoutez des liens formés par l'imprudence.
Le crime quelquefois suit de près l'innocence.
Le cœur peut se tromper ; l'amour et ses douceurs
Pourront coûter, Palmire, et du sang et des pleurs.

PALMIRE.
N'en doutez pas, mon sang coulerait pour Séide.

MAHOMET.
Vous l'aimez à ce point ?

PALMIRE.
Depuis le jour qu'Hercide
Nous soumit l'un et l'autre à votre joug sacré,
Cet instinct tout-puissant, de nous-mêmes ignoré,
Devançant la raison, croissant avec notre âge,
Du ciel, qui conduit tout, fut le secret ouvrage.
Nos penchants, dites-vous, ne viennent que de lui.
Dieu ne saurait changer : pourrait-il aujourd'hui
Réprouver un amour que lui-même il fit naître ?
Ce qui fut innocent peut-il cesser de l'être ?
Pourrais-je être coupable ?

MAHOMET.
Oui. Vous devez trembler :
Attendez les secrets que je dois révéler ;
Attendez que ma voix veuille enfin vous apprendre
Ce qu'on peut approuver, ce qu'on doit se défendre.
Ne croyez que moi seul.

PALMIRE.
Et qui croire que vous ?
Esclave de vos lois, soumise, à vos genoux,
Mon cœur d'un saint respect ne perd point l'habitude.

MAHOMET.
Trop de respect souvent mène à l'ingratitude.

PALMIRE.
Non, si de vos bienfaits je perds le souvenir,
Que Séide à vos yeux s'empresse à m'en punir !

MAHOMET.
Séide !

PALMIRE.
Ah ! Quel courroux arme votre œil sévère ?

MAHOMET.
Allez, rassurez-vous, je n'ai point de colère.
C'est éprouver assez vos sentiments secrets ;
Reposez-vous sur moi de vos vrais intérêts :
Je suis digne du moins de votre confiance.
Vos destins dépendront de votre obéissance.
Si j'eus soin de vos jours, si vous m'appartenez,
Méritez des bienfaits qui vous sont destinés.
Quoi que la voix du ciel ordonne de Séide,
Affermissez ses pas où son devoir le guide :
Qu'il garde ses serments ; qu'il soit digne de vous.

PALMIRE. N'en doutez point, mon père, il les remplira tous : Je réponds de son coeur, ainsi que de moi-même. 800 Séide vous adore encor plus qu'il ne m'aime ; Il voit en vous son roi, son père, son appui : J'en atteste à vos pieds l'amour que j'ai pour lui. Je cours à vous servir encourager son âme. - 38 -

SCÈNE IV

MAH
OMET.
Quoi ! Je suis malgré moi confident de sa flamme !
Quoi ! Sa naïveté, confondant ma fureur,
Enfonce innocemment le poignard dans mon cœur !
Père, enfants, destinés au malheur de ma vie,
Race toujours funeste et toujours ennemie,
Vous allez éprouver, dans cet horrible jour,
Ce que peut à la fois ma haine et mon amour.

SCÈNE V
Mahomet, Oma
r.

OMAR.
Enfin voici le temps et de ravir Palmire,
Et d'envahir la Mecque, et de punir Zopire :
Sa mort seule à tes pieds mettra nos citoyens ;
Tout est désespéré si tu ne le préviens.
Le seul Séide ici te peut servir, sans doute ;
Il voit souvent Zopire, il lui parle, il l'écoute.
Tu vois cette retraite, et cet obscur détour
Qui peut de ton palais conduire à son séjour ;
Là, cette nuit, Zopire à ses dieux fantastiques
Offre un encens frivole et des vœux chimériques.
Là, Séide, enivré du zèle de ta loi,
Va l'immoler au dieu qui lui parle par toi.

MAHOMET.
Qu'il l'immole, il le faut : il est né pour le crime :
Qu'il en soit l'instrument, qu'il en soit la victime.
Ma vengeance, mes feux, ma loi, ma sûreté,
L'irrévocable arrêt de la fatalité,
Tout le veut ; mais crois-tu que son jeune courage,
Nourri du fanatisme, en ait toute la rage ?

OMAR.
Lui seul était formé pour remplir ton dessein.
Palmire à te servir excite encor sa main.
L'amour, le fanatisme, aveuglent sa jeunesse ;
Il sera furieux par excès de faiblesse.

MAHOMET.
Par les nœuds des serments as-tu lié son cœur ?

OMAR.
Du plus saint appareil la ténébreuse horreur,
Les autels, les serments, tout enchaîne Séide.
J'ai mis un fer sacré dans sa main parricide,
Et la religion le remplit de fureur. Il vient.

SCÈNE VI
Mahomet, Omar, Séid
e.

MAHOMET.
Enfant d'un dieu qui parle à votre cœur,
Écoutez par ma voix sa volonté suprême :
Il faut venger son culte, il faut venger dieu même.

SÉIDE.
Roi, pontife, et prophète, à qui je suis voué,
Maître des nations, par le ciel avoué,
Vous avez sur mon être une entière puissance ;
Éclairez seulement ma docile ignorance.
Un mortel venger dieu !

MAHOMET.
C'est par vos faibles mains
Qu'il veut épouvanter les profanes humains.

SÉIDE.
Ah ! Sans doute ce dieu, dont vous êtes l'image,
Va d'un combat illustre honorer mon courage.

MAHOMET.
Faites ce qu'il ordonne, il n'est point d'autre honneur.
De ses décrets divins aveugle exécuteur,
Adorez et frappez ; vos mains seront armées
Par l'ange de la mort, et le dieu des armées.

SÉIDE.
Parlez : quels ennemis vous faut-il immoler ?
Quel tyran faut-il perdre ? Et quel sang doit couler ?

MAHOMET.
Le sang du meurtrier que Mahomet abhorre,
Qui nous persécuta, qui nous poursuit encore,
Qui combattit mon dieu, qui massacra mon fils ;
Le sang du plus cruel de tous nos ennemis,
De Zopire.

SÉIDE.
De lui ! Quoi ! Mon bras...

MAHOMET.
Téméraire,
On devient sacrilège alors qu'on délibère.
Loin de moi les mortels assez audacieux
Pour juger par eux-mêmes, et pour voir par leurs yeux ! -
Quiconque ose penser n'est pas né pour me croire.
Obéir en silence est votre seule gloire.
Savez-vous qui je suis ? Savez-vous en quels lieux
Ma voix vous a chargé des volontés des cieux ?
Si malgré ses erreurs et son idolâtrie,
Des peuples d'orient la Mecque est la patrie ;
Si ce temple du monde est promis à ma loi ;
Si dieu m'en a créé le pontife et le roi ;
Si la Mecque est sacrée, en savez-vous la cause ?
Ibrahim y naquit, et sa cendre y repose :
Ibrahim, dont le bras, docile à l'éternel,
Traîna son fils unique aux marches de l'autel,
Étouffant pour son dieu les cris de la nature.
Et quand ce dieu par vous veut venger son injure,
Quand je demande un sang à lui seul adressé,
Quand dieu vous a choisi, vous avez balancé !
Allez, vil idolâtre, et né pour toujours l'être,
Indigne musulman, cherchez un autre maître.
Le prix était tout prêt; Palmire était à vous :
Mais vous bravez Palmire et le ciel en courroux.
Lâche et faible instrument des vengeances suprêmes,
Les traits que vous portez vont tomber sur vous-mêmes ;
Fuyez, servez, rampez, sous mes fiers ennemis.

SÉIDE.
Je crois entendre dieu ; tu parles : j'obéis.

MAHOMET.
Obéissez, frappez : teint du sang d'un impie,
Méritez par sa mort une éternelle vie.
À Omar.
Ne l'abandonne pas ; et, non loin de ces lieux,
Sur tous ses mouvements ouvre toujours les yeux.


SCÈNE VII

S
ÉIDE.
Immoler un vieillard de qui je suis l'otage,
Sans armes, sans défense, appesanti par l'âge !
N'importe ; une victime amenée à l'autel
Y tombe sans défense, et son sang plaît au ciel.
Enfin dieu m'a choisi pour ce grand sacrifice :
J'en ai fait le serment ; il faut qu'il s'accomplisse.
Venez à mon secours, ô vous, de qui le bras
Aux tyrans de la terre a donné le trépas !
Ajoutez vos fureurs à mon zèle intrépide ;
Affermissez ma main saintement homicide.
Ange de Mahomet, ange exterminateur, Mets ta férocité dans le fond de mon coeur ! Ah ! Que vois-je ?

SCÈNE VIII
Zopire, Séide.

ZOPIRE.
À mes yeux tu te troubles, Séide !
Vois d'un œil plus content le dessein qui me guide :
Otage infortuné, que le sort m'a remis,
Je te vois à regret parmi mes ennemis.
La trêve a suspendu le moment du carnage ;
Ce torrent retenu peut s'ouvrir un passage :
Je ne t'en dis pas plus : mais mon cœur, malgré moi,
A frémi des dangers assemblés près de toi.
Cher Séide, en un mot, dans cette horreur publique,
Souffre que ma maison soit ton asile unique.
Je réponds de tes jours ; ils me sont précieux ;
Ne me refuse pas.

SÉIDE.
Ô mon devoir ! Ô cieux.
Ah, Zopire ! Est-ce vous qui n'avez d'autre envie
Que de me protéger, de veiller sur ma vie ?
Prêt à verser son sang, qu'ai-je ouï ?
Qu'ai-je vu ? Pardonne, Mahomet, tout mon cœur s'est ému.

ZOPIRE.
De ma pitié pour toi tu t'étonnes peut-être ;
Mais enfin je suis homme, et c'est assez de l'être
Pour aimer à donner des soins compatissants
À des cœurs malheureux que l'on croit innocents.
Exterminez, grands dieux, de la terre où nous sommes,
Quiconque avec plaisir répand le sang des hommes !

SÉIDE.
Que ce langage est cher à mon cœur combattu !
L'ennemi de mon dieu connaît donc la vertu !

ZOPIRE.
Tu la connais bien peu, puisque tu t'en étonnes.
Mon fils, à quelle erreur, hélas ! Tu t'abandonnes !
Ton esprit, fasciné par les lois d'un tyran,
Pense que tout est crime hors d'être musulman.
Cruellement docile aux leçons de ton maître,
Tu m'avais en horreur avant de me connaître ;
Avec un joug de fer, un affreux préjugé
Tient ton cœur innocent dans le piège engagé
Je pardonne aux erreurs où Mahomet t'entraîne ;
Mais peux-tu croire un dieu qui commande la haine ?

SÉIDE.
Ah ! Je sens qu'à ce dieu je vais désobéir ;
Non, seigneur, non ; mon cœur ne saurait vous haïr.

ZOPIRE, à part.
Hélas ! Plus je lui parle, et plus il m'intéresse ?
Son âge, sa candeur, ont surpris ma tendresse.
Se peut-il qu'un soldat de ce monstre imposteur
Ait trouvé malgré lui le chemin de mon coeur ?
À Séide.
Quel es-tu ? De quel sang les dieux t'ont-ils fait naître ?

SÉIDE.
Je n'ai point de parents, seigneur, je n'ai qu'un maître,
Que jusqu'à ce moment j'avais toujours servi,
Mais qu'en vous écoutant ma faiblesse a trahi.

ZOPIRE.
Quoi ! Tu ne connais point de qui tu tiens la vie ?

SÉIDE.
Son camp fut mon berceau ; son temple est ma patrie :
Je n'en connais point d'autre ; et, parmi ces enfants
Qu'en tribut à mon maître on offre tous les ans,
Nul n'a plus que Séide éprouvé sa clémence.

ZOPIRE.
Je ne puis le blâmer de sa reconnaissance.
Oui, les bienfaits, Séide, ont des droits sur un cœur.
Ciel ! Pourquoi Mahomet fut-il son bienfaiteur
Il t'a servi de père, aussi bien qu'à Palmire :
D'où vient que tu frémis, et que ton cœur soupire ?
Tu détournes de moi ton regard égaré ;
De quelque grand remords tu sembles déchiré.

SÉIDE.
Eh ! Qui n'en aurait pas dans ce jour effroyable !

ZOPIRE.
Si tes remords sont vrais, ton cœur n'est plus coupable.
Viens, le sang va couler ; je veux sauver le tien.

SÉIDE.
Juste ciel ! Et c'est moi qui répandrais le sien !
Ô serments ! Ô Palmire ! Ô vous, dieu des vengeances !

ZOPIRE.
Remets-toi dans mes mains ; tremble, si tu balances ;
Pour la dernière fois, viens, ton sort en dépend.


SCÈNE IX.
Zopire, Séide, Omar, suit
e.

OMAR, entrant avec précipitation.
Traître, que faites-vous ? Mahomet vous attend.

SÉIDE.
Où suis-je ! Ô ciel ! Où suis-je ! Et que dois-je résoudre ?
D'un et d'autre côté je vois tomber la foudre.
Où courir ? Où porter un trouble si cruel ?
Où fuir ?

OMAR.
Aux pieds du roi qu'a choisi l'éternel.

SÉIDE.
Oui, j'y cours abjurer un serment que j'abhorre. - 44 -


SCÈNE X

ZOPIRE.
Ah, Séide ! Où vas-tu ? Mais il me fuit encore ;
Il sort désespéré, frappé d'un sombre effroi,
Et mon cœur qui le suit s'échappe loin de moi.
Ses remords, ma pitié, son aspect, son absence,
À mes sens déchirés font trop de violence.
Suivons ses pas.


SCÈNE XI.
Zopire, Phanor.

P
HANOR.
Lisez ce billet important
Qu'un arabe en secret m'a donné dans l'instant.

ZOPIRE.
Hercide ! Qu'ai-je lu ? Grands dieux ! Votre clémence
Répare-t-elle enfin soixante ans de souffrance ?
Hercide veut me voir ! Lui, dont le bras cruel
Arracha mes enfants à ce sein paternel !
Ils vivent ! Mahomet les tient sous sa puissance,
Et Séide et Palmire ignorent leur naissance !
Mes enfants ! Tendre espoir, que je n'ose écouter !
Je suis trop malheureux, je crains de me flatter.
Pressentiment confus, faut-il que je vous croie ?
Ô mon sang ! Où porter mes larmes et ma joie ?
Mon cœur ne peut suffire à tant de mouvements ;
Je cours, et je suis prêt d'embrasser mes enfants.
Je m'arrête, j'hésite, et ma douleur craintive
Prête à la voix du sang une oreille attentive.
Allons. Voyons Hercide au milieu de la nuit ;
Qu'il soit sous cette voûte en secret introduit,
Au pied de cet autel, où les pleurs de ton maître
Ont fatigué les dieux, qui s'apaisent peut-être.
Dieux, rendez-moi mes fils ! Dieux, rendez aux vertus
Deux cœurs nés généreux, qu'un traître a corrompus !
S'ils ne sont point à moi, si telle est ma misère,
Je les veux adopter, je veux être leur père. (…) »

« Le fanatisme ou Mahomet le prophète » -3
« Le fanatisme ou Mahomet le prophète » -3
« Le fanatisme ou Mahomet le prophète » -3
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Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 16:35
« Le Fanatisme ou Mahomet le prophète » de Voltaire – 2

Islamophobe, Voltaire ?

La suite du feuilleton culturel de l’été sur notre blog ;

Voici l’ACTE 2 de
sa pièce :

ACTE II SCÈNE I
Séide, Palmire.

PAL
MIRE.
Dans ma prison cruelle est-ce un dieu qui te guide ?
Mes maux sont-ils finis ? Te revois-je, Séide ?

SÉIDE.
Ô charme de ma vie et de tous mes malheurs !
Palmire, unique objet qui m'a coûté des pleurs,
Depuis ce jour de sang qu'un ennemi barbare,
Près des camps du prophète, aux bords du Saïbare,
Vint arracher sa proie à mes bras tout sanglants ;
Qu'étendu loin de toi sur des corps expirants,
Mes cris mal entendus sur cette infâme rive
Invoquèrent la mort sourde à ma voix plaintive,
Ô ma chère Palmire, en quel gouffre d'horreur
Tes périls et ma perte ont abîmé mon cœur !
Que mes feux, que ma crainte, et mon impatience,
Accusaient la lenteur des jours de la vengeance !
Que je hâtais l'assaut si longtemps différé,
Cette heure de carnage, où, de sang enivré,
Je devais de mes mains brûler la ville impie
Où Palmire a pleuré sa liberté ravie !
Enfin de Mahomet les sublimes desseins,
Que n'ose approfondir l'humble esprit des humains,
Ont fait entrer Omar en ce lieu d'esclavage ;
Je l'apprends, et j'y vole. On demande un otage ;
J'entre, je me présente ; on accepte ma foi,
Et je me rends captif, ou je meurs avec toi.

PALMIRE.
Séide, au moment même, avant que ta présence
Vînt de mon désespoir calmer la violence,
Je me jetais aux pieds de mon fier ravisseur.
Vous voyez, ai-je dit, les secrets de mon cœur :
Ma vie est dans les camps dont vous m'avez tirée ;
Rendez-moi le seul bien dont je suis séparée.
Mes pleurs, en lui parlant, ont arrosé ses pieds ;
Ses refus ont saisi mes esprits effrayés.
J'ai senti dans mes yeux la lumière obscurcie :
Mon cœur, sans mouvement, sans chaleur, et sans vie,
D'aucune ombre d'espoir n'était plus secouru ;
Tout finissait pour moi, quand Séide a paru.

SÉIDE.
Quel est donc ce mortel insensible à tes larmes ?

PALMIRE.
C'est Zopire : il semblait touché de mes alarmes ;
Mais le cruel enfin vient de me déclarer
Que des lieux où je suis rien ne peut me tirer.

SÉIDE.
Le barbare se trompe ; et Mahomet mon maître,
Et l'invincible Omar, et moi-même peut-être
Car j'ose me nommer après ces noms fameux,
Pardonne à ton amant cet espoir orgueilleux),
Nous briserons ta chaîne, et tarirons tes larmes.
Le dieu de Mahomet, protecteur de nos armes,
Le dieu dont j'ai porté les sacrés étendards,
Le dieu qui de Médine a détruit les remparts,
Renversera la Mecque à nos pieds abattue.
Omar est dans la ville, et le peuple à sa vue
N'a point fait éclater ce trouble et cette horreur
Qu'inspire aux ennemis un ennemi vainqueur ;
Au nom de Mahomet un grand dessein l'amène.

PALMIRE.
Mahomet nous chérit ; il briserait ma chaîne ;
Il unirait nos cœurs ; nos cœurs lui sont offerts :
Mais il est loin de nous, et nous sommes aux fers.


SCÈNE II.
Palmire, Séide, Omar.

OMAR.
Vos fers seront brisés, soyez pleins d'espérance ;
Le ciel vous favorise, et Mahomet s'avance.

SÉIDE.
Lui ?

PALMIRE.
Notre auguste père ?

OMAR.
Au conseil assemblé L'esprit de Mahomet par ma bouche a parlé.
" Ce favori du dieu qui préside aux batailles,
Ce grand homme, ai-je dit, est né dans vos murailles.
Il s'est rendu des rois le maître et le soutien,
Et vous lui refusez le rang de citoyen !
Vient-il vous enchaîner, vous perdre, vous détruire ?
Il vient vous protéger, mais surtout vous instruire :
Il vient dans vos cœurs même établir son pouvoir. "
Plus d'un juge à ma voix a paru s'émouvoir ;
Les esprits s'ébranlaient : l'inflexible Zopire,
Qui craint de la raison l'inévitable empire,
Veut convoquer le peuple, et s'en faire un appui
On l'assemble ; j'y cours, et j'arrive avec lui :
Je parle aux citoyens, j'intimide, j'exhorte ;
J'obtiens qu'à Mahomet on ouvre enfin la porte.
Après quinze ans d'exil, il revoit ses foyers ;
Il entre accompagné des plus braves guerriers,
D'Ali, d'Ammon, d'Hercide, et de sa noble élite ;
Il entre, et sur ses pas chacun se précipite ;
Chacun porte un regard, comme un cœur différent :
L'un croit voir un héros, l'autre voir un tyran.
Celui-ci le blasphème, et le menace encore ;
Cet autre est à ses pieds, les embrasse, et l'adore.
Nous faisons retentir à ce peuple agité
Les noms sacrés de dieu, de paix, de liberté.
De Zopire éperdu la cabale impuissante
Vomit en vain les feux de sa rage expirante.
Au milieu de leurs cris, le front calme et serein,
Mahomet marche en maître, et l'olive à la main :
La trêve est publiée ; et le voici lui-même.

SCÈNE III.
Mahomet, Omar, Ali, Hercide, Séide, Palmire, suite.

M
AHOMET.
Invincibles soutiens de mon pouvoir suprême,
Noble et sublime Ali, Morad, Hercide, Ammon,
Retournez vers ce peuple, instruisez-le en mon nom ;
Promettez, menacez ; que la vérité règne ;
Qu'on adore mon dieu, mais surtout qu'on le craigne.
Vous, Séide, en ces lieux !

SÉIDE.
Ô mon père ! Ô mon roi !
Le dieu qui vous inspire a marché devant moi.
Prêt à mourir pour vous, prêt à tout entreprendre,
J'ai prévenu votre ordre.

MAHOMET.
Il eût fallu l'attendre.
Qui fait plus qu'il ne doit ne sait point me servir.
J'obéis à mon dieu ; vous, sachez m'obéir.

PALMIRE.
Ah ! Seigneur ! Pardonnez à son impatience.
Élevés près de vous dans notre tendre enfance,
Les mêmes sentiments nous animent tous deux :
Hélas ! Mes tristes jours sont assez malheureux !
Loin de vous, loin de lui, j'ai langui prisonnière ;
Mes yeux de pleurs noyés s'ouvraient à la lumière :
Empoisonneriez-vous l'instant de mon bonheur ?

MAHOMET.
Palmire, c'est assez ; je lis dans votre coeur :
Que rien ne vous alarme, et rien ne vous étonne.
Allez : malgré les soins de l'autel et du trône,
Mes yeux sur vos destins seront toujours ouverts ;
Je veillerai sur vous comme sur l'univers.
À Séide.
Vous, suivez mes guerriers ; et vous, jeune Palmire,
En servant votre dieu, ne craignez que Zopire.

SCÈNE IV.
Mahomet, Omar.

M
AHOMET.
Toi, reste, brave Omar : il est temps que mon coeur
De ses derniers replis t'ouvre la profondeur.
D'un siège encor douteux la lenteur ordinaire
Peut retarder ma course, et borner ma carrière :
Ne donnons point le temps aux mortels détrompés
De rassurer leurs yeux de tant d'éclat frappés.
Les préjugés, ami, sont les rois du vulgaire.
Tu connais quel oracle et quel bruit populaire
Ont promis l'univers à l'envoyé d'un dieu,
Qui, reçu dans la Mecque, et vainqueur en tout lieu,
Entrerait dans ces murs en écartant la guerre :
Je viens mettre à profit les erreurs de la terre.
Mais tandis que les miens, par de nouveaux efforts,
De ce peuple inconstant font mouvoir les ressorts,
De quel œil revois-tu Palmire avec Séide ?

OMAR.
Parmi tous ces enfants enlevés par Hercide,
Qui, formés sous ton joug, et nourris dans ta loi,
N'ont de dieu que le tien, n'ont de père que toi,
Aucun ne te servit avec moins de scrupule,
N'eut un cœur plus docile, un esprit plus crédule ;
De tous tes musulmans ce sont les plus soumis.

MAHOMET.
Cher Omar, je n'ai point de plus grands ennemis.
Ils s'aiment, c'est assez.

OMAR.
Blâmes-tu leurs tendresses ?

MAHOMET.
Ah ! Connais mes fureurs et toutes mes faiblesses.

OMAR. Comment ?

MAHOMET.
Tu sais assez quel sentiment vainqueur
Parmi mes passions règne au fond de mon coeur.
Chargé du soin du monde, environné d'alarmes,
Je porte l'encensoir, et le sceptre, et les armes :
Ma vie est un combat, et ma frugalité
Asservit la nature à mon austérité :
J'ai banni loin de moi cette liqueur traîtresse
Qui nourrit des humains la brutale mollesse :
Dans des sables brûlants, sur des rochers déserts,
Je supporte avec toi l'inclémence des airs :
L'amour seul me console ; il est ma récompense,
L'objet de mes travaux, l'idole que j'encense,
Le dieu de Mahomet ; et cette passion
Est égale aux fureurs de mon ambition.
Je préfère en secret Palmire à mes épouses.
Conçois-tu bien l'excès de mes fureurs jalouses,
Quand Palmire à mes pieds, par un aveu fatal,
Insulte à Mahomet, et lui donne un rival ?

OMAR.
Et tu n'es pas vengé ?

MAHOMET.
Juge si je dois l'être.
Pour le mieux détester, apprends à le connaître.
De mes deux ennemis apprends tous les forfaits :
Tous deux sont nés ici du tyran que je hais.

OMAR.
Quoi ! Zopire...

MAHOMET.
Est leur père : Hercide en ma puissance
Remit depuis quinze ans leur malheureuse enfance.
J'ai nourri dans mon sein ces serpents dangereux ;
Déjà sans se connaître ils m'outragent tous deux.
J'attisai de mes mains leurs feux illégitimes.
Le ciel voulut ici rassembler tous les crimes.
Je veux... leur père vient ; ses yeux lancent vers nous
Les regards de la haine, et les traits du courroux.
Observe tout, Omar, et qu'avec son escorte
Le vigilant Hercide assiège cette porte.
Reviens me rendre compte, et voir s'il faut hâter
Ou retenir les coups que je dois lui porter.

SCÈNE V
Zopire, Mahomet.

ZOPIRE.
Ah ! Quel fardeau cruel à ma douleur profonde !
Moi, recevoir ici cet ennemi du monde !

MAHOMET.
Approche, et puisque enfin le ciel veut nous unir,
Vois Mahomet sans crainte, et parle sans rougir.

ZOPIRE.
Je rougis pour toi seul, pour toi dont l'artifice
A traîné ta patrie au bord du précipice ;
Pour toi de qui la main sème ici les forfaits,
Et fait naître la guerre au milieu de la paix.
Ton nom seul parmi nous divise les familles,
Les époux, les parents, les mères et les filles ;
Et la trêve pour toi n'est qu'un moyen nouveau
Pour venir dans nos cœurs enfoncer le couteau.
La discorde civile est partout sur ta trace.
Assemblage inouï de mensonge et d'audace,
Tyran de ton pays, est-ce ainsi qu'en ce lieu
Tu viens donner la paix, et m'annoncer un dieu ?

MAHOMET.
Si j'avais à répondre à d'autres qu'à Zopire,
Je ne ferais parler que le dieu qui m'inspire ;
Le glaive et l'alcoran, dans mes sanglantes mains,
Imposeraient silence au reste des humains ;
Ma voix ferait sur eux les effets du tonnerre,
Et je verrais leurs fronts attachés à la terre :
Mais je te parle en homme, et sans rien déguiser ;
Je me sens assez grand pour ne pas t'abuser.
Vois quel est Mahomet : nous sommes seuls ; écoute :
Je suis ambitieux ; tout homme l'est, sans doute ;
Mais jamais roi, pontife, ou chef, ou citoyen,
Ne conçut un projet aussi grand que le mien.
Chaque peuple à son tour a brillé sur la terre,
Par les lois, par les arts, et surtout par la guerre ;
Le temps de l'Arabie est à la fin venu.
Ce peuple généreux, trop longtemps inconnu,
Laissait dans ses déserts ensevelir sa gloire ;
Voici les jours nouveaux marqués pour la victoire.
Vois du nord au midi l'univers désolé,
La Perse encor sanglante, et son trône ébranlé,
L'Inde esclave et timide, et l'Égypte abaissée,
Des murs de Constantin la splendeur éclipsée ;
Vois l'empire romain tombant de toutes parts,
Ce grand corps déchiré, dont les membres épars
Languissent dispersés sans honneur et sans vie :
Sur ces débris du monde élevons l'Arabie.
Il faut un nouveau culte, il faut de nouveaux fers ;
Il faut un nouveau dieu pour l'aveugle univers.
En Égypte Osiris, Zoroastre en Asie,
Chez les crétois Minos, Numa dans l'Italie,
À des peuples sans mœurs, et sans culte, et sans rois,
Donnèrent aisément d'insuffisantes lois.
Je viens après mille ans changer ces lois grossières :
J'apporte un joug plus noble aux nations entières :
J'abolis les faux dieux ; et mon culte épuré
De ma grandeur naissante est le premier degré.
Ne me reproche point de tromper ma patrie ;
Je détruis sa faiblesse et son idolâtrie :
Sous un roi, sous un dieu, je viens la réunir ;
Et, pour la rendre illustre, il la faut asservir.

ZOPIRE.
Voilà donc tes desseins ! C'est donc toi dont l'audace
De la terre à ton gré prétend changer la face !
Tu veux, en apportant le carnage et l'effroi,
Commander aux humains de penser comme toi :
Tu ravages le monde, et tu prétends l'instruire.
Ah ! Si par des erreurs il s'est laissé séduire,
Si la nuit du mensonge a pu nous égarer,
Par quels flambeaux affreux veux-tu nous éclairer ?
Quel droit as-tu reçu d'enseigner, de prédire,
De porter l'encensoir, et d'affecter l'empire ?

MAHOMET.
Le droit qu'un esprit vaste, et ferme en ses desseins,
A sur l'esprit grossier des vulgaires humains.

ZOPIRE.
Eh quoi ! Tout factieux qui pense avec courage
Doit donner aux mortels un nouvel esclavage ?
l a droit de tromper, s'il trompe avec grandeur ?

MAHOMET.
Oui ; je connais ton peuple, il a besoin d'erreur ;
Ou véritable ou faux, mon culte est nécessaire.
Que t'ont produit tes dieux ?
Quel bien t'ont-ils pu faire ?
Quels lauriers vois-tu croître au pied de leurs autels ?
Ta secte obscure et basse avilit les mortels,
Énerve le courage, et rend l'homme stupide ;
La mienne élève l'âme, et la rend intrépide :
Ma loi fait des héros.

ZOPIRE.
Dis plutôt des brigands.
Porte ailleurs tes leçons, l'école des tyrans ;
Va vanter l'imposture à Médine où tu règnes,
Où tes maîtres séduits marchent sous tes enseignes,
Où tu vois tes égaux à tes pieds abattus.

MAHOMET.
Des égaux ! Dès longtemps Mahomet n'en a plus.
Je fais trembler la Mecque, et je règne à Médine ;
Crois-moi, reçois la paix, si tu crains ta ruine.

ZOPIRE.
La paix est dans ta bouche, et ton cœur en est loin :
Penses-tu me tromper ?

MAHOMET.
Je n'en ai pas besoin.
C'est le faible qui trompe, et le puissant commande.
Demain j'ordonnerai ce que je te demande ;
Demain je puis te voir à mon joug asservi :
Aujourd'hui Mahomet veut être ton ami.

ZOPIRE.
Nous amis ! Nous, cruel ! Ah ! Quel nouveau prestige !
Connais-tu quelque dieu qui fasse un tel prodige ?

MAHOMET.
J'en connais un puissant, et toujours écouté,
Qui te parle avec moi.

ZOPIRE.
Qui ?

MAHOMET. La nécessité,
Ton intérêt.

ZOPIRE.
Avant qu'un tel nœud nous rassemble,
Les enfers et les cieux seront unis ensemble.
L'intérêt est ton dieu, le mien est l'équité ;
Entre ces ennemis il n'est point de traité.
Quel serait le ciment, réponds-moi, si tu l'oses,
De l'horrible amitié qu'ici tu me proposes ?
Réponds ; est-ce ton fils que mon bras te ravit ?
Est-ce le sang des miens que ta main répandit ?

MAHOMET.
Oui, ce sont tes fils même. Oui, connais un mystère
Dont seul dans l'univers je suis dépositaire :
Tu pleures tes enfants, ils respirent tous deux.

ZOPIRE.
Ils vivraient ! Qu'as-tu dit ? ô ciel ! ô jour heureux !
Ils vivraient ! C'est de toi qu'il faut que je l'apprenne !

MAHOMET.
Élevés dans mon camp, tous deux sont dans ma chaîne.

ZOPIRE.
Mes enfants dans tes fers ! Ils pourraient te servir !

MAHOMET.
Mes bienfaisantes mains ont daigné les nourrir.

ZOPIRE.
Quoi ! Tu n'as point sur eux étendu ta colère ?

MAHOMET.
Je ne les punis point des fautes de leur père.

ZOPIRE.
Achève, éclaircis-moi, parle, quel est leur sort ?

MAHOMET.
Je tiens entre mes mains et leur vie et leur mort ;
Tu n'as qu'à dire un mot, et je t'en fais l'arbitre.

ZOPIRE.
Moi, je puis les sauver ! à quel prix ? à quel titre ?
Faut-il donner mon sang ? Faut-il porter leurs fers ?

MAHOMET.
Non, mais il faut m'aider à tromper l'univers ;
Il faut rendre la Mecque, abandonner ton temple,
De la crédulité donner à tous l'exemple,
Annoncer l'alcoran aux peuples effrayés,
Me servir en prophète, et tomber à mes pieds :
Je te rendrai ton fils, et je serai ton gendre.

ZOPIRE.
Mahomet, je suis père, et je porte un cœur tendre.
Après quinze ans d'ennuis, retrouver mes enfants,
Les revoir, et mourir dans leurs embrassements,
C'est le premier des biens pour mon âme attendrie :
Mais s'il faut à ton culte asservir ma patrie,
Ou de ma propre main les immoler tous deux ;
Connais-moi, Mahomet, mon choix n'est pas douteux.
Adieu.

MAHOMET, seul.
Fier citoyen, vieillard inexorable,
Je serai plus que toi cruel, impitoyable.


SCÈNE VI.
Mahomet, Omar.

OMAR.
Mahomet, il faut l'être, ou nous sommes perdus :
Les secrets des tyrans me sont déjà vendus.
Demain la trêve expire, et demain l'on t'arrête :
Demain Zopire est maître, et fait tomber ta tête.
La moitié du sénat vient de te condamner ;
N'osant pas te combattre, on t'ose assassiner.
Ce meurtre d'un héros, ils le nomment supplice ;
Et ce complot obscur, ils l'appellent justice.

MAHOMET.
Ils sentiront la mienne ; ils verront ma fureur.
La persécution fit toujours ma grandeur : Zopire périra.

OMAR.
Cette tête funeste, En tombant à tes pieds, fera fléchir le reste. Mais ne perds point de temps.

MAHOMET.
Mais, malgré mon courroux, Je dois cacher la main qui va lancer les coups,
Et détourner de moi les soupçons du vulgaire.

OMAR. Il est trop méprisable.

MAHOMET.
Il faut pourtant lui plaire ; Et j'ai besoin d'un bras qui, par ma voix conduit, Soit seul chargé du meurtre et m'en laisse le fruit.

OMAR.
Pour un tel attentat je réponds de Séide.

MAHOMET.
De lui ?

OMAR.
C'est l'instrument d'un pareil homicide.
Otage de Zopire, il peut seul aujourd'hui
L'aborder en secret, et te venger de lui.
Tes autres favoris, zélés avec prudence,
Pour s'exposer à tout ont trop d'expérience ;
Ils sont tous dans cet âge où la maturité
Fait tomber le bandeau de la crédulité ;
Il faut un cœur plus simple, aveugle avec courage,
Un esprit amoureux de son propre esclavage :
La jeunesse est le temps de ces illusions.
Séide est tout en proie aux superstitions ;
C'est un lion docile à la voix qui le guide.

MAHOMET.
Le frère de Palmire ?

OMAR.
Oui, lui-même, oui, Séide,
De ton fier ennemi le fils audacieux,
De son maître offensé rival incestueux.

MAHOMET.
Je déteste Séide, et son nom seul m'offense ;
La cendre de mon fils me crie encor vengeance :
Mais tu connais l'objet de mon fatal amour ;
Tu connais dans quel sang elle a puisé le jour.
Tu vois que dans ces lieux environnés d'abîmes
Je viens chercher un trône, un autel, des victimes ;
Qu'il faut d'un peuple fier enchanter les esprits,
Qu'il faut perdre Zopire, et perdre encor son fils.
Allons, consultons bien mon intérêt, ma haine,
L'amour, l'indigne amour, qui malgré moi m'entraîne,
Et la religion, à qui tout est soumis,
Et la nécessité, par qui tout est permis. (…) »

« Le Fanatisme ou Mahomet le prophète » de Voltaire – 2
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 08:39
La lettre ouverte n°16 de Rosalind Fay

Nous publions la lettre ouverte n° 16 de Rosalind Fay, « Alerte ! Défendons la Laïcité à Bagnolet !! » :

« Laïcité : Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l'Église et de l'État et qui exclut les Églises de l'exercice de tout pouvoir politique ou administratif…(Le principe de la laïcité de l'État est posé par l'article 1er de la Constitution française de 1958.) La laïcité ne consiste pas à combattre les religions, mais à empêcher leur influence dans l’exercice du pouvoir politique et administratif, et à renvoyer parallèlement les idées spirituelles et philosophiques au domaine exclusif de la conscience individuelle et à la liberté d’opinion.*

* Dictionnaire Français Larousse

Il y a des signes inquiétants d’une remise en cause de la laïcité au sein du Conseil Municipal de Bagnolet. Dans ma lettre ouverte n° 13 du 6 mai dernier rendant compte de la Réunion sur la Laïcité organisée par le Parti Socialiste de Bagnolet, j’écrivais : « une jeune dame (j’ai appris son nom depuis: Madame Agnieszka, plus connue comme Masha) est intervenue : elle anime bénévolement des ateliers de gymnastique et de boxe pour des filles et des garçons. En réponse à sa demande concernant un local municipal, le Maire Adjoint chargé de la vie associative a suggéré qu’il faudrait séparer les filles des garçons. Cinq élus, dont trois élus membres du PS, et le Maire en personne, étaient présents à cette réunion. Aucun n’a pris la parole ; aucun n’a répondu à cette dame qui a posé une question gravissime impliquant clairement un Maire Adjoint de la municipalité ! Le silence de tous les élus socialistes présents à cette réunion est totalement incompréhensible »

Le 1er juillet dernier, Citoyenneté en Actes a interpellé le Maire par lettre en 11 questions concernant la Laïcité à Bagnolet. La Question n° 6 concerne le témoignage de Masha qui affirme qu’un Maire Adjoint de la Municipalité lui a conseillé de faire des « cours de fitness réservés aux femmes ».

J’ai voulu en avoir le cœur net. Lors d’un entretien avec Masha, elle m’a révélé d’autres éléments de sa rencontre avec le Maire Adjoint à la Vie Associative qui ne s’inventent pas. Par exemple, lorsqu’elle a fait sa demande de salle pour faire des cours de boxe et de gym, le Maire Adjoint à la Vie Associative a conseillé des cours pour femmes à cause de « certaines coutumes de dominances culturelles » dans le quartier. »

Par ailleurs on apprend qu’il y a une association qui essaie de faire pression pour que des horaires spécifiques destinés aux femmes uniquement soient aménagés à la piscine municipale.

Citoyenneté en Actes a interrogé le Maire pour savoir quelle est la position de la majorité municipale par rapport à ces remises en cause de la mixité. Le 15 juillet en guise de réponse, après avoir affirmé son attachement à la loi, le Maire écrit : « …Pour ce qui est du cours du fitness que vous citez, la reconstitution de la réunion avec l’ensemble des protagonistes ne donne pas la même version de la conversation telle qu’elle a été évoquée ». (nb : Comment faire une «reconstitution» en l’absence de la principale intéressée ?) En d’autres termes, Monsieur Di Martino évacue le problème tout simplement en accusant Masha de mentir.

Le Maire a les moyens de mettre fin rapidement à ce jeu de vérité. Il pourrait rencontrer Masha, citoyenne active et respectée dans son quartier, pour écouter sa version de l’histoire peu rassurante pour la laïcité à Bagnolet. L’hypothèse qu’un membre du Conseil Municipal utiliserait des mensonges comme modus operandi est grave et mériterait enquête dont les résultats seraient rendus publics.

« L’Argent, c’est le nerf de la guerre… »

Sur le site de la Mairie on peut consulter la liste des Associations et les subventions attribuées en 2015. (Pourquoi n’avons nous pas accès aux informations sur les subventions 2016 ?)

Quelques remarques et questions s’imposent :

Plusieurs associations ayant reçu des subventions importantes sont introuvables sur la liste des associations. Il est urgent que la Mairie mette à jour ces informations pour rassurer les citoyens sur les dépenses publiques à Bagnolet :

Voici donc les associations introuvables sur l’annuaire des associations sur le site de la Mairie et les subventions reçues en 2015 :

Association Jeunesse la Noue - 40.000 €

Club Face 93 - 10.000 €

Sors de Terre (Son siège est à Pavillon sous Bois. Quelle est son adresse à Bagnolet ?) - 12.500 €

Rues et Citées – 30.000 €

Une association mérite une attention particulière : L’AMB (Association des Musulmans de Bagnolet) figure bien sur l’annuaire des Associations du site de la Ville. La Mairie de Bagnolet met à la disposition de l’AMB, une très grande salle située au 73 rue Pierre et Marie Curie. En outre, l’AMB a bénéficié d’une subvention importante en 2015: 24.000 euros. (Ce montant serait passé à 30.000 euros en 2016, mais en l’absence d’informations officielles, je ne peux pas l’affirmer.)

Dans l’annuaire des associations, on trouve son objet : « Inciter au dialogue, à la rencontre des cultures, à la tolérance et à la compréhension afin de combattre les replis ; toute forme d’intégrisme, de racisme ; développer chez les jeunes une conscience citoyenne par l’éducation, le sport, l’aide et le soutien ; l’association est ouverte à tous, sans distinction de culture, de sexe et d’âge. » Très bien. Louable intention.

Cependant, quelques recherches de routine sur Internet indiquent qu’à cette adresse, l’AMB propose une Mosquée, une salle de prière pour les hommes, une salle d’ablutions (purification avant la prière), et des cours d’Islam. Si les informations publiées sur Internet s’avèrent véridiques, cette Association devrait restituer immédiatement les subventions reçues et évacuer ce local.

Les Commissions pour l’attribution des subventions devant se réunir en septembre, les citoyens resteront vigilants et attentifs à la liste des associations désignées pour être bénéficiaires de l’argent des contribuables. Peut on avoir accès dores et déjà à la liste des subventions accordées par la Municipalité en 2016 ? Une mise à jour de l’Annuaire des Associations serait également souhaitable.

Sincèrement,

Rosalind Fay

2 août 2016 »

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 08:02
« Le fanatisme ou Mahomet le prophète » de Voltaire -1

Puisque ce blog s’est fait traiter publiquement – à Bagnolet - de « blog le plus islamophobe de France », pourquoi hésiterions-nous à publier cette petite pièce de Voltaire intitulée « Le fanatisme ou Mahomet le prophète ». En feuilleton culturel de l’été
« Le Fanatisme ou Mahomet le Prophète » est une tragédie de Voltaire écrite en 1736 et jouée pour la première fois à Lille en 1741, puis à Paris en 1742. Cette pièce sera ensuite interdite par un Arrêt du Parlement de Paris.

Elle se déroule pendant le siège de la Mecque par Mahomet en 630. Au cœur de la pièce, l'affrontement entre Mahomet et le vieux Zopire, « Schérif » de La Mecque, dont les deux enfants furent enlevés, jadis, par son ennemi Mahomet. Zopire tient captifs à La Mecque deux esclaves du Prophète, Séide et Palmyre, ignorant qu'ils sont, en réalité, ses propres enfants. Cet argument - l'échange des enfants à l'insu d'un père prêt à venger leur absence - est l'un des ressorts les plus classiques de la tragédie. Il est ici prétexte à un face-à-face philosophique entre Mahomet et Zopire. Mahomet, qui assiège La Mecque, laisse à Zopire le choix entre revoir les siens et défendre sa patrie. Zopire, vieillard inexorable, ne fléchit point et préfère sa cité à sa descendance. Mahomet, rongé par la haine, convainc alors le jeune Séide d'assassiner Zopire, son propre père.

Au VIIe siècle, l'Empire romain n'est plus, la Perse est vaincue, l'Inde, réduite en esclavage, l'Égypte, abaissée, et Byzance ne luit plus : l'heure de l'Arabie est arrivée. Mahomet est décrit, dans cette pièce, par Voltaire comme un nouveau César : « Il faut un nouveau culte, de nouveaux fers ; un nouveau dieu pour l'aveugle univers ».

La religion de Mahomet est politique. Ne croyant pas aux dogmes qu'il impose au peuple, il sait que ce dernier les épousera avec la fureur des fanatiques. Au fait de berner le peuple, Voltaire oppose l’Équité.

Par cette charge contre l'islam, Voltaire dénonce le fanatisme de toutes les religions monothéistes, ainsi que toute forme d'impéri
alisme.

Voici donc « Mahomet », acte 1 :

ACTE 1 SCENE 1
La scène est à la Mecque.
Zopire, Phan
or.

ZOPIRE.
Qui ? Moi, baisser les yeux devant ses faux prodiges !
Moi, de ce fanatique encenser les prestiges !
L'honorer dans la Mecque après l'avoir banni !
Non. Que des justes dieux Zopire soit puni
Si tu vois cette main, jusqu'ici libre et pure,
Caresser la révolte et flatter l'imposture !

PHANOR.
Nous chérissons en vous ce zèle paternel
Du chef auguste et saint du sénat d'Ismaël ;
Mais ce zèle est funeste ; et tant de résistance,
Sans lasser Mahomet, irrite sa vengeance.
Contre ses attentats vous pouviez autrefois
Lever impunément le fer sacré des lois,
Et des embrasements d'une guerre immortelle
Étouffer sous vos pieds la première étincelle.
Mahomet citoyen ne parut à vos yeux
Qu'un novateur obscur, un vil séditieux :
Aujourd'hui, c'est un prince ; il triomphe, il domine ;
Imposteur à la Mecque, et prophète à Médine,
Il sait faire adorer à trente nations
Tous ces mêmes forfaits qu'ici nous détestons.
Que dis-je ? En ces murs même une troupe égarée,
Des poisons de l'erreur avec zèle enivrée,
De ses miracles faux soutient l'illusion, Répand le fanatisme et la sédition,
Appelle son armée, et croit qu'un dieu terrible
L'inspire, le conduit, et le rend invincible.
Tous nos vrais citoyens avec vous sont unis ;
Mais les meilleurs conseils sont-ils toujours suivis ?
L'amour des nouveautés, le faux zèle, la crainte,
De la Mecque alarmée ont désolé l'enceinte ;
Et ce peuple, en tout temps chargé de vos bienfaits,
Crie encore à son père, et demande la paix.

ZOPIRE.
La paix avec ce traître ! Ah ! Peuple sans courage,
N'en attendez jamais qu'un horrible esclavage :
Allez, portez en pompe, et servez à genoux
L'idole dont le poids va vous écraser tous.
Moi, je garde à ce fourbe une haine éternelle ;
De mon cœur ulcéré la plaie est trop cruelle :
Lui-même a contre moi trop de ressentiments.
Le cruel fit périr ma femme et mes enfants :
Et moi, jusqu'en son camp j'ai porté le carnage ;
La mort de son fils même honora mon courage.
Les flambeaux de la haine entre nous allumés
Jamais des mains du temps ne seront consumés.

PHANOR.
Ne les éteignez point, mais cachez-en la flamme ;
Immolez au public les douleurs de votre âme.
Quand vous verrez ces lieux par ses mains ravagés,
Vos malheureux enfants seront-ils mieux vengés ?
Vous avez tout perdu, fils, frère, épouse, fille ;
Ne perdez point l'état : c'est là votre famille.

ZOPIRE.
On ne perd les états que par timidité.

PHANOR.
On périt quelquefois par trop de fermeté.

ZOPIRE.
Périssons, s'il le faut.

PHANOR.
Ah ! Quel triste courage,
Quand vous touchez au port, vous expose au naufrage ?
Le ciel, vous le voyez, a remis en vos mains
De quoi fléchir encor ce tyran des humains.
Cette jeune Palmire en ses camps élevée,
Dans vos derniers combats par vous-même enlevée,
Semble un ange de paix descendu parmi nous,
Qui peut de Mahomet apaiser le courroux.
Déjà par ses hérauts il l'a redemandée.

ZOPIRE.
Tu veux qu'à ce barbare elle soit accordée ?
Tu veux que d'un si cher et si noble trésor
Ses criminelles mains s'enrichissent encor ?
Quoi ! Lorsqu'il nous apporte et la fraude et la guerre,
Lorsque son bras enchaîne et ravage la terre,
Les plus tendres appas brigueront sa faveur,
Et la beauté sera le prix de la fureur !
Ce n'est pas qu'à mon âge, aux bornes de ma vie,
Je porte à Mahomet une honteuse envie ;
Ce cœur triste et flétri, que les ans ont glacé,
Ne peut sentir les feux d'un désir insensé.
Mais soit qu'en tous les temps un objet né pour plaire
Arrache de nos vœux l'hommage involontaire ;
Soit que, privé d'enfants, je cherche à dissiper
Cette nuit de douleurs qui vient m'envelopper ;
Je ne sais quel penchant pour cette infortunée
Remplit le vide affreux de mon âme étonnée.
Soit faiblesse ou raison, je ne puis sans horreur
La voir aux mains d'un monstre, artisan de l'erreur.
Je voudrais qu'à mes vœux heureusement docile,
Elle-même en secret pût chérir cet asile ;
Je voudrais que son cœur, sensible à mes bienfaits,
Détestât Mahomet autant que je le hais.
Elle veut me parler sous ces sacrés portiques,
Non loin de cet autel de nos dieux domestiques ;
Elle vient, et son front, siège de la candeur,
Annonce en rougissant les vertus de son cœur.

ACTE I SCÈNE II.
Zopire, Palmire.


ZOPIRE.
Jeune et charmant objet dont le sort de la guerre,
Propice à ma vieillesse, honora cette terre,
Vous n'êtes point tombée en de barbares mains ;
Tout respecte avec moi vos malheureux destins,
Votre âge, vos beautés, votre aimable innocence.
Parlez ; et s'il me reste encor quelque puissance,
De vos justes désirs si je remplis les vœux,
Ces derniers de mes jours seront des jours heureux.

PALMIRE.
Seigneur, depuis deux mois sous vos lois prisonnière,
Je dus à mes destins pardonner ma misère ;
Vos généreuses mains s'empressent d'effacer
Les larmes que le ciel me condamne à verser.
Par vous, par vos bienfaits, à parler enhardie,
C'est de vous que j'attends le bonheur de ma vie.
Aux vœux de Mahomet j'ose ajouter les miens :
Il vous a demandé de briser mes liens ;
Puissiez-vous l'écouter ! Et puissé-je lui dire
Qu'après le ciel et lui je dois tout à Zopire !

ZOPIRE.
Ainsi de Mahomet vous regrettez les fers,
Ce tumulte des camps, ces horreurs des déserts,
Cette patrie errante, au trouble abandonnée ?

PALMIRE.
La patrie est aux lieux où l'âme est enchaînée.
Mahomet a formé mes premiers sentiments,
Et ses femmes en paix guidaient mes faibles ans :
Leur demeure est un temple où ces femmes sacrées -
Lèvent au ciel des mains de leur maître adorées.
Le jour de mon malheur, hélas ! Fut le seul jour
Où le sort des combats a troublé leur séjour :
Seigneur, ayez pitié d'une âme déchirée,
Toujours présente aux lieux dont je suis séparée.

ZOPIRE.
J'entends : vous espérez partager quelque jour
De ce maître orgueilleux et la main et l'amour.

PALMIRE.
Seigneur, je le révère, et mon âme tremblante
Croit voir dans Mahomet un dieu qui m'épouvante.
Non, d'un si grand hymen mon cœur n'est point flatté ;
Tant d'éclat convient mal à tant d'obscurité.

ZOPIRE.
Qui que vous soyez, il n'est point né peut-être
Pour être votre époux, encor moins votre maître ;
Et vous semblez d'un sang fait pour donner des lois
À l'arabe insolent qui marche égal aux rois.

PALMIRE.
Nous ne connaissons point l'orgueil de la naissance ;
Sans parents, sans patrie, esclaves dès l'enfance,
Dans notre égalité nous chérissons nos fers ;
Tout nous est étranger, hors le dieu que je sers.

ZOPIRE.
Tout vous est étranger ! Cet état peut-il plaire ?
Quoi ! Vous servez un maître, et n'avez point de père ?
Dans mon triste palais, seul et privé d'enfants,
J'aurais pu voir en vous l'appui de mes vieux ans ;
Le soin de vous former des destins plus propices
Eût adouci des miens les longues injustices.
Mais non, vous abhorrez ma patrie et ma loi.

PALMIRE.
Comment puis-je être à vous ? Je ne suis point à moi.
Vous aurez mes regrets, votre bonté m'est chère ;
Mais enfin Mahomet m'a tenu lieu de père.

ZOPIRE.
Quel père ! Justes dieux ! Lui ?
Ce monstre imposteur !

PALMIRE.
Ah ! Quels noms inouïs lui donnez-vous, seigneur !
Lui, dans qui tant d'états adorent leur prophète !
Lui, l'envoyé du ciel, et son seul interprète !

ZOPIRE.
Étrange aveuglement des malheureux mortels !
Tout m'abandonne ici pour dresser des autels
À ce coupable heureux qu'épargna ma justice,
Et qui courut au trône, échappé du supplice.

PALMIRE.
Vous me faites frémir, seigneur ; et, de mes jours,
Je n'avais entendu ces horribles discours.
Mon penchant, je l'avoue, et ma reconnaissance,
Vous donnaient sur mon cœur une juste puissance ;
Vos blasphèmes affreux contre mon protecteur
À ce penchant si doux font succéder l'horreur.

ZOPIRE.
Ô superstition ! Tes rigueurs inflexibles
Privent d'humanité les cœurs les plus sensibles.
Que je vous plains, Palmire ! Et que sur vos erreurs
Ma pitié malgré moi me fait verser de pleurs !

PALMIRE.
Et vous me refusez !

ZOPIRE. Oui. Je ne puis vous rendre
Au tyran qui trompa ce coeur flexible et tendre ;
Oui, je crois voir en vous un bien trop précieux,
Qui me rend Mahomet encor plus odieux.

ACTE I SCÈNE III.
Zopire, Palmire, Phanor.


ZOPIRE.
Que voulez-vous, Phanor ?

PHANOR.
Aux portes de la ville,
D'où l'on voit de Moad la campagne fertile,
Omar est arrivé.

ZOPIRE.
Qui ? Ce farouche Omar,
Que l'erreur aujourd'hui conduit après son char,
Qui combattit longtemps le tyran qu'il adore,
Qui vengea son pays ?

PHANOR.
Peut-être il l'aime encore.
Moins terrible à nos yeux, cet insolent guerrier,
Portant entre ses mains le glaive et l'olivier,
De la paix à nos chefs a présenté le gage.
On lui parle ; il demande, il reçoit un otage.
Séide est avec lui.

PALMIRE.
Grand dieu ! Destin plus doux ! Quoi ! Séide ?

PHANOR.
Omar vient, il s'avance vers vous.

ZOPIRE.
Il le faut écouter. Allez, jeune Palmire.

Palmire sort.

Omar devant mes yeux ! Qu'osera-t-il me dire ?
Ô dieux de mon pays, qui depuis trois mille ans
Protégiez d'Ismaël les généreux enfants !
Soleil, sacré flambeau, qui dans votre carrière,
Image de ces dieux, nous prêtez leur lumière,
Voyez et soutenez la juste fermeté
Que j'opposai toujours contre l'iniquité !

ACTE I SCÈNE IV.
Zopire, Omar, Phanor, sui
te.

ZOPIRE.
Eh bien ! Après six ans tu revois ta patrie,
Que ton bras défendit, que ton cœur a trahie.
Ces murs sont encor pleins de tes premiers exploits.
Déserteur de nos dieux, déserteur de nos lois,
Persécuteur nouveau de cette cité sainte,
D'où vient que ton audace en profane l'enceinte ?
Ministre d'un brigand qu'on dût exterminer,
Parle : que me veux-tu ?

OMAR.
Je veux te pardonner.
Le prophète d'un dieu, par pitié pour ton âge,
Pour tes malheurs passés, surtout pour ton courage,
Te présente une main qui pourrait t'écraser ;
Et j'apporte la paix qu'il daigne proposer.

ZOPIRE.
Un vil séditieux prétend avec audace
Nous accorder la paix, et non demander grâce !
Souffrirez-vous, grands dieux ! Qu'au gré de ses forfaits
Mahomet nous ravisse ou nous rende la paix ?
Et vous, qui vous chargez des volontés d'un traître,
Ne rougissez-vous point de servir un tel maître ?
Ne l'avez-vous pas vu, sans honneur et sans biens,
Ramper au dernier rang des derniers citoyens ?
Qu'alors il était loin de tant de renommée !

OMAR.
À tes viles grandeurs ton âme accoutumée
Juge ainsi du mérite, et pèse les humains
Au poids que la fortune avait mis dans tes mains.
Ne sais-tu pas encore, homme faible et superbe,
Que l'insecte insensible enseveli sous l'herbe,
Et l'aigle impérieux qui plane au haut du ciel,
Rentrent dans le néant aux yeux de l'éternel ?
Les mortels sont égaux ; ce n'est point la naissance,
C'est la seule vertu qui fait leur différence.
Il est de ces esprits favorisés des cieux,
Qui sont tout par eux-mêmes, et rien par leurs aïeux.
Tel est l'homme, en un mot, que j'ai choisi pour maître ;
Lui seul dans l'univers a mérité de l'être ;
Tout mortel à sa loi doit un jour obéir,
Et j'ai donné l'exemple aux siècles à venir.

ZOPIRE.
Je te connais, Omar : en vain ta politique
Vient m'étaler ici ce tableau fanatique :
En vain tu peux ailleurs éblouir les esprits ;
Ce que ton peuple adore excite mes mépris.
Bannis toute imposture, et d'un coup d'oeil plus sage
Regarde ce prophète à qui tu rends hommage ;
Vois l'homme en Mahomet ; conçois par quel degré
Tu fais monter aux cieux ton fantôme adoré.
Enthousiaste ou fourbe, il faut cesser de l'être ;
Sers-toi de ta raison, juge avec moi ton maître :
Tu verras de chameaux un grossier conducteur,
Chez sa première épouse insolent imposteur,
Qui, sous le vain appât d'un songe ridicule,
Des plus vils des humains tente la foi crédule ;
Comme un séditieux à mes pieds amené,
Par quarante vieillards à l'exil condamné :
Trop léger châtiment qui l'enhardit au crime.
De caverne en caverne il fuit avec Fatime.
Ses disciples errants de cités en déserts,
Proscrits, persécutés, bannis, chargés de fers,
Promènent leur fureur, qu'ils appellent divine ;
De leurs venins bientôt ils infectent Médine.
Toi-même alors, toi-même, écoutant la raison,
Tu voulus dans sa source arrêter le poison.
Je te vis plus heureux, et plus juste, et plus brave,
Attaquer le tyran dont je te vois l'esclave.
S'il est un vrai prophète, osas-tu le punir ?
S'il est un imposteur, oses-tu le servir ?

OMAR.
Je voulus le punir quand mon peu de lumière
Méconnut ce grand homme entré dans la carrière :
Mais enfin, quand j'ai vu que Mahomet est né
Pour changer l'univers à ses pieds consterné ;
Quand mes yeux, éclairés du feu de son génie,
Le virent s'élever dans sa course infinie ;
Éloquent, intrépide, admirable en tout lieu,
Agir, parler, punir, ou pardonner en dieu ;
J'associai ma vie à ses travaux immenses :
Des trônes, des autels en sont les récompenses.
Je fus, je te l'avoue, aveugle comme toi.
Ouvre les yeux, Zopire, et change ainsi que moi ;
Et, sans plus me vanter les fureurs de ton zèle,
Ta persécution si vaine et si cruelle,
Nos frères gémissants, notre dieu blasphémé,
Tombe aux pieds d'un héros par toi-même opprimé.
Viens baiser cette main qui porte le tonnerre.
Tu me vois après lui le premier de la terre ;
Le poste qui te reste est encore assez beau
Pour fléchir noblement sous ce maître nouveau.
Vois ce que nous étions, et vois ce que nous sommes.
Le peuple, aveugle et faible, est né pour les grands hommes,
Pour admirer, pour croire, et pour nous obéir.
Viens régner avec nous, si tu crains de servir ;
Partage nos grandeurs au lieu de t'y soustraire ;
Et, las de l'imiter, fais trembler le vulgaire.

ZOPIRE
Ce n'est qu'à Mahomet, à ses pareils, à toi,
Que je prétends, Omar, inspirer quelque effroi.
Tu veux que du sénat le shérif infidèle
Encense un imposteur, et couronne un rebelle !
Je ne te nierai point que ce fier séducteur
N'ait beaucoup de prudence et beaucoup de valeur :
Je connais comme toi les talents de ton maître ;
S'il était vertueux, c'est un héros peut-être :
Mais ce héros, Omar, est un traître, un cruel,
Et de tous les tyrans c'est le plus criminel.
Cesse de m'annoncer sa trompeuse clémence ;
Le grand art qu'il possède est l'art de la vengeance.
Dans le cour de la guerre un funeste destin
Le priva de son fils que fit périr ma main.
Mon bras perça le fils, ma voix bannit le père ;
Ma haine est inflexible, ainsi que sa colère ;
Pour rentrer dans la Mecque, il doit m'exterminer,
Et le juste aux méchants ne doit point pardonner.

OMAR.
Eh bien ! Pour te montrer que Mahomet pardonne,
Pour te faire embrasser l'exemple qu'il te donne,
Partage avec lui-même, et donne à tes tribus
Les dépouilles des rois que nous avons vaincus.
Mets un prix à la paix, mets un prix à Palmire ;
Nos trésors sont à toi.

ZOPIRE.
Tu penses me séduire,
Me vendre ici ma honte, et marchander la paix
Par ses trésors honteux, le prix de ses forfaits ?
Tu veux que sous ses lois Palmire se remette ?
Elle a trop de vertus pour être sa sujette ;
Et je veux l'arracher aux tyrans imposteurs,
Qui renversent les lois et corrompent les mœurs.

OMAR
Tu me parles toujours comme un juge implacable,
Qui sur son tribunal intimide un coupable.
Pense et parle en ministre ; agis, traite avec moi
Comme avec l'envoyé d'un grand homme et d'un roi.

ZOPIRE.
Qui l'a fait roi ? Qui l'a couronné ?

OMAR.
La victoire
Ménage sa puissance, et respecte sa gloire.
Aux noms de conquérant et de triomphateur,
Il veut joindre le nom de pacificateur,
Son armée est encore aux bords du Saïbare ;
Des murs où je suis né le siège se prépare ;
Sauvons, si tu m'en crois, le sang qui va couler :
Mahomet veut ici te voir et te parler.

ZOPIRE
Lui ? Mahomet ?

OMAR.
Lui-même ; il t'en conjure.

ZOPIRE.
Traître ! Si de ces lieux sacrés j'étais l'unique maître,
C'est en te punissant que j'aurais répondu.

OMAR.
Zopire, j'ai pitié de ta fausse vertu.
Mais puisqu'un vil sénat insolemment partage
De ton gouvernement le fragile avantage,
Puisqu'il règne avec toi, je cours m'y présenter.

ZOPIRE.
Je t'y suis ; nous verrons qui l'on doit écouter.
Je défendrai mes lois, mes dieux, et ma patrie.
Viens-y contre ma voix prêter ta voix impie
Au dieu persécuteur, effroi du genre humain,
Qu'un fourbe ose annoncer les armes à la main. »

(…)

À suivre.

Pierre Mathon

« Le fanatisme ou Mahomet le prophète » de Voltaire -1
« Le fanatisme ou Mahomet le prophète » de Voltaire -1
« Le fanatisme ou Mahomet le prophète » de Voltaire -1
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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 15:38
 Inscriptions anonymes fascistes sur la mosquée Hoche à Bagnolet

Lu ce mercredi 27 juillet dans Le Parisien.fr :

« Bagnolet : appel au sang-froid après les insultes islamophobes

Des insultes islamophobes ont été découvertes au petit matin, ce mercredi, sur les murs de la mosquée de Bagnolet. Dans l’après-midi, ces écritures à la peinture noire ont été effacées par les fidèles du lieu de culte, sous l’œil stupéfait de passants. « Il ne faut surtout pas céder à la division », s’inquiète un fidèle qui dit avoir d’excellentes relations avec les autres communautés religieuses. Il préfère ne pas donner trop de publicité à cette main anonyme susceptible d’attiser les tensions. Dans un communiqué, la mairie PS de Bagnolet exprime « sa profonde indignation et condamne fermement cet acte de profanation, un acte haineux. S’attaquer ainsi à une partie de nos concitoyens au nom de leur croyance, c’est s’attaquer à la République tout entière. »

La municipalité appelle ses administrés à faire preuve de sang-froid et résilience en cette période difficile pour notre pays.

leparisien.fr »

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 06:55
Laïcité, la pseudo clarté municipale et les créneaux réservés aux femmes …

Dans leur question n° 6, « Citoyenneté en actes s’interroge « Est-il vrai que des élus de votre majorité ont fait des demandes de création de cours de fitness réservés aux femmes, ainsi qu’il a en a été porté témoignage lors de la soirée « Laïcité, religion, parlons-en ! », ou d’aménager des horaires spécifiques pour les femmes à la piscine municipale, et quelle est la position de la majorité municipale sur ces tentatives de remise en cause de la mixité ?

La réponse du maire se veut nette : « Sur les questions de mixité et de laïcité, la position de la majorité municipale est claire et limpide et nous avons eu l’occasion de la rappeler à plusieurs reprises : c’est le respect de la loi et rien que la loi. La municipalité a été sollicitée par des associations de diverses confessions pour des créneaux séparés et a bien évidemment refusé de tels « aménagements ». Pour ce qui est du cours de fitness que vous citez, la reconstitution de la réunion avec l’ensemble des protagonistes ne donne pas la même version de la conversation telle qu’elle a été évoquée. Quoi qu’il en soit (« quoi qu’il en soit ? Il pourrait en être autrement … ? Ndlr), la municipalité ne saurait mettre en œuvre ou encourager des initiatives conduisant à des créneaux séparés entre hommes et femmes.

Bon, le moins que l’on puisse dire c’est que, visiblement, certains membres de la majorité ont bien demandé de tels cours séparés, contraires à la laïcité « claire et limpide ».

Dans sa lettre en réponse à la réponse du maire, « Citoyenneté en actes » écrit :
« Votre réponse confirme nos informations sur l’existence de ces demandes de créneaux séparés, et nous apprécions votre position ferme sur la mixité. Cependant, votre formule très politiquement correcte « diverses confessions » nous inquiète, sauf à nous expliquer quelle autre confession, en dehors de certaines mouvances de l’Islam, prône la non mixité des activités. Cette précaution de langage traduit, selon nous, une volonté de ne pas froisser les religieux. Mais les laïques ont-ils droit à tant d’égards ? Et ne pensez-vous pas que débat public gagnerait en qualité si les opinions des uns et des autres s’affichaient clairement, d’autant que de nombreux religieux musulmans ne partagent pas cette demande.

Enfin, vous affirmez avoir revu « avec l’ensemble des protagonistes » la question du cours de fitness, alors que vous n’avez pas reçu la responsable du cours. Ce n’est pas, une fois encore, en tentant de nier les faits que les pratiques changeront. »



Aïe …

Pierre M
athon

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 21:48
La mairie envisage-t-elle de vendre le terrain à la mosquée Hoche ?

À la question n°7 de Citoyenneté en actes « Est-il vrai qu’un projet de vente du terrain de la mosquée de la rue Hoche est à l’étude, si oui, pour quelles raisons cette solution serait-elle préférée au bail emphytéotique actuel ? », le maire répond : « Mon prédécesseur s’était en effet engagé à céder du terrain à la mosquée de la rue Hoche à l’association qui porte celle-ci à un prix situé entre 150 000 et 200 000 euros. Quelques mois après notre arrivée aux responsabilités, j’ai donc été sollicité sur les suites que nous comptions donner à cet engagement. J’ai rappelé que d’une part nous n’étions évidemment pas tenus par celui-ci et que d’autre part, nous découvrions ce projet. J’ai enfin souligné que, conformément à la loi, toute cession, si elle devait avoir lieu un jour, ne pouvait se faire qu’au prix des domaines et qu’après délibération du conseil municipal. L’évaluation des domaines s’élève à 910 000€ aujourd’hui. »

Il est donc avéré qu’un tel projet de vente est à l’étude par la municipalité. Mais, l’intention de la municipalité ne ressort pas clairement. La mairie a-t-elle ou non l’intention de vendre le terrain d’assiette de la mosquée rue Hoche.

Citoyenneté en actes », au vu de la réponse du maire, n
ote :
« Votre réponse confirme donc publiquement qu’un tel projet existe. Certes, vous ne vous engagez pas sur le montant inique proposé par Marc Everbecq, mais le fait que vous ayez fait procéder à une évaluation par France Domaines apporte la preuve que vous avez l’intention de vendre. Sinon, à quoi bon procéder la faire ? Nous vous demandons donc :

a. Quel intérêt (général) la municipalité a-t-elle de vendre un terrain municipal à une association religieuse ?

b. Quel but cette association poursuit-elle en vous proposant d’acheter ce terrain dès lors que le bail dont elle dispose lui garantit l’exercice du culte dans la mosquée pour la durée du bail qui sera, de manière certaine, reconduit ? »

Rappelons qu’il y avait eu –sous Everbecq-1 – un accord républicain autour d’un bail emphytéotique de façon à ce que la mairie reste propriétaire du terrain. Les BagnoletaisEs seront vigilantEs pour que la situation reste en l’état.

Pierre M
athon

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 11:34
L’attentat islamiste du jour

Allah Akbar ! Ces derniers jours c’était plutôt en Allemagne, mais aujourd’hui, c’est tombé en France sur une église : à Saint-Etienne de Rouvray près de Rouen …

Pierre M
athon

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 08:26
)Miloud Gherras affirme que le maire a une part de responsabilité dans ce qui lui est arrivé. Laurent Rivoire dément et porte plainte. (DR.)
)Miloud Gherras affirme que le maire a une part de responsabilité dans ce qui lui est arrivé. Laurent Rivoire dément et porte plainte. (DR.)

Le Parisien.fr du 26 juillet 2016 :

« Noisy-le-Sec : l’élu blessé par des tirs s’en prend au maire

La polémique enfle après la tentative d’assassinat mardi dernier sur le conseiller municipal sans étiquette de Noisy-le-Sec, Miloud Gherras. Ce dernier, opéré à Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne), s’est fendu ce lundi d’un communiqué de presse, publié sur les réseaux sociaux dans lequel il estime que le maire UDI, Laurent Rivoire, a une responsabilité dans ce qu’il lui est arrivé. L’élu a aussitôt décidé de porter plainte(lire ci-dessous).

Mardi 19 juillet, 19 heures. Alors que Miloud Gherras se dirige vers le parking de sa résidence, dans le quartier du Londeau, deux hommes, visages découverts, ouvrent le feu sur lui à huit reprises, le blessant grièvement aux jambes. Ils s’acharnent aussi sur lui à coups de crosse avant de prendre la fuite. « J’ai vu la mort en face, dit-il ce lundi au téléphone depuis sa chambre d’hôpital. En ce moment, on me donne des soins lourds et je ne sais pas quand je quitterai Henri-Mondor. Mais les médecins me disent que je pourrais être handicapé à vie. »

« Il connaît les agresseurs, ils ont travaillé pour sa campagne »

Miloud Gherras en est persuadé, c’est à cause de ses activités d’élu qu’il a été agressé. Il n’hésite pas à pointer la responsabilité, selon lui, du maire de la ville. « Il connaît les agresseurs, ils ont travaillé pour sa campagne en 2014, assène-t-il. Pour Laurent Rivoire, je suis un gêneur car j’ai le Londeau derrière moi. Aux départementales, j’ai fait mieux que lui dans le quartier. »

Des relations houleuses entre les anciens alliés

L’inimitié entre les deux hommes date de septembre 2014. Quelques mois après avoir été élu sur la liste de Laurent Rivoire, Miloud Gherras veut siéger en dehors de la majorité. En décembre 2014, le maire lui retire sa délégation au commerce. Miloud Gherras attaque la décision au tribunal administratif qui lui donne raison en décembre 2015 car le premier magistrat n’avait pas motivé son arrêté. Un nouveau texte était pris dans la journée, motivé cette fois.

Quelques mois plus tôt, en mars 2015, ce natif du Londeau s’était présenté contre le maire aux élections départementales, scrutin perdu par Laurent Rivoire (le duo communiste de Bobigny l’avait emporté, NDLR).

« Je suis un obstacle pour lui »

Depuis les conseils municipaux sont souvent houleux entre les deux hommes. « Le maire veut contrôler le Londeau et je suis un obstacle pour lui, c’est tout ce que je dis », insiste Miloud Gherras. Pour appuyer ces dires, il montre une photo où l’un des suspects présumés se tient à côté du maire. « Ça prouve bien qu’il le connaît », conclut-il alors même que, selon Laurent Rivoire, Miloud Gherras et ses frères étaient présents lors de cette photo (lire ci-dessous).

Du côté de l’enquête, si aucune interpellation n’a encore eu lieu, les policiers semblent avoir des pistes « intéressantes à explorer ».

Laurent Rivoire : « il a franchi la ligne jaune, je porte plainte »

« Il a franchi la ligne jaune, je porte plainte ». C’est peu dire que Laurent Rivoire a peu apprécié le communiqué de Miloud Gherras. « Les raisons qu’ils évoquent ne tiennent pas la route, s’emporte-t-il. Il n’est pas suffisamment important pour qu’on s’en prenne politiquement à lui. Le quartier du Londeau, je le gagne par les travaux que je fais aujourd’hui ». Quant aux accusations concernant sa « proximité » avec les tireurs présumés, là encore, le maire s’énerve. « La photo, qu’il a montrée, a été coupée, s’étrangle-t-il. Sur l’originale, Miloud Gherras et ses deux frères posent aussi. C’est même lui qui a organisé la rencontre mais je ne les connais pas plus que cela. »

Le maire assure qu’il n’a aucune raison de lui en vouloir. « Malgré nos différends, j’ai toujours dit que cet acte était choquant et j’espère que les coupables seront rapidement arrêtés » souligne-t-il.

Sébastien Thomas (avec C.S.) »

> Noisy-le-Sec : un élu municipal blessé par balles

> Novembre 2015 : guerre de délégations entre le maire et son conseiller

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 09:06
La réponse du maire - 4 : Des prières dans las services communaux … ! ? !

La réponse du maire : « Comme je l’avais moi-même signalé, nous avons découvert à notre arrivée aux responsabilités que certaines utilisations de locaux municipaux – fruit de l’héritage du mandat précédent – faisaient l’objet d’utilisations non-conformes au service public et à son obligation de neutralité du fait de quelques animateurs isolés. Ces situations ont été réglées ou sont en cours de règlement. Nous restons cependant vigilants ».

(La question n°3 de « Citoyenneté en actes » était : Est-il vrai que des locaux municipaux sont ou ont été utilisés régulièrement et sans autorisation comme lieux de prière ?)

Commentaire : le maire par une courte phrase « ou sont en cours de règlement » indique clairement que 2 ans après l’élection de mars 2014, il y a encore des lieux de prière dans les services communaux !!!!

Pierre Mathon

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