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  • : Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet
  • : Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
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L'éditorial du blog

planete_bleur_belle_fond_vert.jpg                                                           

Ce blog «Bagnolet en Vert» est le blog d’Hélène Zanier, de Pierre Mathon et de leurs amiEs. Aujourd’hui militantEs associati -fs –ves (à « Bagnolet Ecologie » et Environnement 93, Jardins partagés, « l’Association des Bagnoletais contre la Dette », Romeurope, RESF, Russie-Libertés, Murs-À-Pêches, etc.), après avoir été élus (régionaux, municipaux) et responsables du parti Les Verts, nous entendons contribuer à l’avancée des idées et des projets écologistes.

Penser et agir, globalement et localement, telle est la devise de notre blog écolo,  Vert et ouvert, militant et d’éducation populaire, libre, bagnoletais, intercommunal et planétaire.

Hélène Zanier et Pierre Mathon

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En Vert et avec tous !

Vous pouvez compter sur 

Pierre MATHON
et toute l'équipe de
BAGNOLET EN VERT


* pour l’environnement et le développement durable, 
* pour la démocratie, la citoyenneté et la laïcité,
 
* pour la solidarité et l’égalité des droits, 
* pour l’école, l’éducation et la culture, 
* pour un urbanisme de qualité

 
En Vert et avec tous                                            

AGENDA

BONNE ANNEE 2015 !

 

Mardi 3 février à 20h30 conseil de quartier de la Dhuys à l'école Joliot-Curie

 

Mercredi 4 février à 19h atelier participatif sur la ZAC Benoit Hure : les espaces extérieurs  et l'occupation de la mairie historique

 

Jeudi 5 février 19h30 salle P et M Curie conseil de quartier des Malassis

 

PETITIONS

Réaction aux propos intégristes d'un élu de la majorité municipale de Bagnolet : pour le droit des femmes à disposer de leur corps

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_maire_de_Bagnolet_defense_du_droit_des_femmes_a_disposer_de_leur_corps/?sMpnibb

 

« Monsieur le Maire de Bagnolet: Nous vous appelons à créer une maison de quartier et citoyenne dans le quartier de la Dhuys»

http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_Maire_de_Bagnolet_Nous_vous_appelons_a_creer_une_maison_de_quartier_et_citoyenne/?tUmsDgb

 

Pour que cesse l'acharnement juridique contre la confédération paysanne
 
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-acharnement-conf-865.html

 



 

 

 

 

 

 

 


 

18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 12:07
 Voici aujourd’hui le chapitre 7 du « Manifeste Transculturel » rédigée par l’association écolo-laïque LEA « L’alibi de la séparation entre les principes et le contexte » :

« De tout temps, il y a eu des gens « pragmatiques » pour nous expliquer que les principes, c’était très bien, mais qu’il fallait tenir compte du « contexte ».

Ainsi, on ne condamnera pas la lapidation, on demandera « un moratoire », respectant en cela les coutumes locales, tellement bien implantées. Bien sûr, on est contre la lapidation, mais on ne peut tout de même pas l’imposer comme cela, il faut tenir compte du contexte !

Des organisations intégristes organisent une campagne d’une extrême violence contre la parution de caricatures dans un journal, des Etats dictatoriaux font de la surenchère, des hommes sont tués et des ambassades incendiées, des églises détruites... Au lieu de s’unir toutes et tous, indépendamment de nos croyances ou non-croyances, pour affirmer les principes de liberté d’expression et de régulation par l’Etat de droit, on nous explique que, bien sûr, il y a la liberté d’expression, mais, vous comprenez, il y a le contexte !

Ce contexte, arme absolue pour empêcher tout sursaut en faveur des principes pour lesquels des sacrifices énormes ont été consentis, de génération en génération, quel est-il ? Celui d’une dérive intégriste des grandes religions monothéistes ? L’offensive de christianisme évangélique américain d’un côté et de l’islam politique de l’autre ? Non, nous explique-t-on, ça, ça n’existe pas, c’est un fantasme. Le contexte, c’est « l’islamophobie » ambiante.

Le mot est lâché. Nous connaissions bien des racismes, y compris, notamment après le 11 septembre, un racisme anti-musulmans qui s’est traduit aux Etats Unis par plus de 200 agressions, dont celles d’Indiens bouddhistes, de Sikhs et d’un Egyptien copte qui avait fui la persécution islamiste de son pays... mais celui-ci est bien différent.

Utilisé par les intégristes pour bloquer toute critique de l’islam ou de son interprétation par des musulmans ou des musulmanes, ce concept est repris avec une confusion toute intentionnelle par des intellectuels de gauche, dans le but, cette fois, de bloquer toute critique de pratiques attribuées par leurs auteurs même à l’Islam, et qui posent problème : le recours à la violence (justification des attentats suicide contre des civils, en Europe, en Israël, en Irak, fatwas de condamnation à mort contre des écrivains, des intellectuels, ou de simples contradicteurs), la condition faite aux femmes (non mixité, enfermement, port du hijab ou de la burqa), l’affirmation de la suprématie de la Sharia sur les lois du peuple souverain.

L’islam n’a pas le monopole de ces pratiques, loin de là. Et bien des musulmans ne se comportent pas ainsi. Mais il est le seul où il y a un mot pour museler la critique.

Ainsi, un homme est tué près de Lyon. C’est sans conteste un acte raciste. Les injures anti-arabes ne font aucun doute. C’est du racisme anti-arabe. Comment cela peut-il se transformer en acte d’« islamophobie » ?

Les intégristes ont tout à gagner à garder cette confusion. Ils s’assurent ainsi l’appui d’antiracistes sincères. Pour mener à bien leur entreprise totalitaire, ils ne peuvent se permettre de critiques « de gauche », il lui faut donc les amadouer. Le levier de la culpabilisation s’est avéré extrêmement efficace : toute critique de leurs actions montre à quel point on n’est pas débarrassé de l’idéologie coloniale, voire esclavagiste»

Prochain chapitre à paraître du MANIFESTE TRANSCULTUREL : Le faux « argument » du « deux poids - deux mesures »

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 20:32

Aujourd’hui, Bagnolet en Vert met en ligne le chapitre 6 du manifeste laïque de LÉA  « le manifeste transculturel » consacré au modèle libéral « multiculturaliste »

« Le fonctionnement en communautés reconnues a trouvé son expression politique dans ce qu’il est convenu d’appeler le « multiculturalisme » en Grande Bretagne, aux Etats Unis d’Amérique ou au Canada, sous des formes assez différentes d’ailleurs.

Partant de l’idée du respect des cultures, on en est venu à reconnaître des groupes dont la constitution s’est faite la plupart du temps par l’histoire des migrations ou des persécutions religieuses.

Ces groupes, ces communautés, ont obtenu des droits spécifiques. Au Canada, par exemple, il y avait jusqu’à peu des tribunaux communautaires, jugeant du droit familial, pour les principales religions.

Aux Etats Unis, l’Affirmative Action a reconnu les groupes ethniques en tant que tels pour lutter contre la discrimination raciale, établir des quotas à une certaine époque, faire des statistiques.

En Grande Bretagne, les gens se définissent naturellement comme étant de telle ou telle communauté, et l’espace extra-communautaire est de plus en plus réduit.

Quel est le problème ?

Quand le regroupement se fait sur une base de « pays d’origine », il assigne à vie toutes les personnes issues de ces pays à appartenir à la communauté. Cette assignation se fait autant par les membres du groupe que par le reste de la société. Dans un système multiculturel, on ne sera jamais ouvrier - artiste - fonctionnaire - universitaire - sans qu’on y accole une étiquette communautaire. Que la personne aime ou non son pays d’origine, de toutes façons elle n’y échappera pas. L’invisibilité est impossible, les stéréotypes associés à la communauté sont constants.

Quand le regroupement se fait en plus sur une base religieuse, la situation empire. Il devient alors impossible de critiquer sa religion sans être un « traitre » à sa communauté. Le blasphème devient un délit.

Dans tous les cas, la liberté de conscience est bafouée.

De plus, ce nationalisme communautaire conduit naturellement à des comportements de groupe : affrontements entre communautés, comparaisons de niveaux d’étude, de vie, de réussite, favorisant les attitudes globalisantes et racistes. C’est un idéal de régression de la volonté et des projets communs, un « modèle » pour tous ceux qui prônent et développent le retrait de l’action des politiques publiques au profit de sous groupes qui négocient leurs avantages selon le rapport de force. »

Prochain chapitre à paraître du Manifeste Transculturel : « L’alibi de la séparation entre les principes et le contexte »

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 22:38

Manifeste Transculturel de LÉA, chapitre 4 ! Un débat au cœur du « vivre ensemble » et de la laïcité. Voici l’opinion des Verts « pour la laïcité » sur la question :

« Communautés et communautarisme

Soyons clairs : non seulement il y a des communautés, sur la base de toutes sortes de regroupements (politique, sportif, scientifique, culturel, cultuel, d’origine, d’intérêts...), non seulement cela ne pose aucun problème en soi, mais en plus c’est tout à fait souhaitable.

Comment s’épanouir seul parmi des millions, sans à un moment ou un autre, se regrouper avec d’autres, avec lesquels on pourra échanger, partager, trouver des complicités, se distraire ou se cultiver, discuter ou tout simplement passer du temps.

Chercher l’autre, chercher son semblable... tout ça ne remet pas en cause les fondements de la République.

Ce qui, par contre, pose problème, c’est le communautarisme.

Mot d’importation anglo-saxonne, et faisant référence à des modes de fonctionnement qui existent encore peu en France, ce mot est utilisé pour prévenir les dérives qui nous guettent.

Le communautarisme, c’est la construction d’une identité exclusive, établie contre tous les autres citoyens. Cette identité peut d’ailleurs être construite de toute pièce, comme dans un regroupement sectaire.

Ce qui est une menace, c’est l’exaltation des différences pour faire une différence de droits, notamment à l’intérieur de la « communauté ». Cette idée du « chacun chez soi » est raciste, favorise un contre-racisme et fragmente la société. Les intérêts de uns et des autres divergent, les questions sociales deviennent secondaires, et l’action politique ne se conçoit plus que comme une question d’alliances entre communautés, de clientélismes, y compris avec des intérêts contradictoires. »

 

 

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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 09:55

Nous publions aujourd’hui le chapitre 3 « les impasses du « modèle jacobin » après les deux premiers chapitres du Manifeste Transculturel. Ce manifeste a été rédigé par l’association « Laïcité Ecologie Association » (son principal rédacteur étant notre ami Philippe Nahmias).
Bonne lecture.

« Les impasses du jacobinisme.

De l’autre côté, nous trouvons des gens qui se proclament universalistes et républicains, mais dont la pratique est tout autre. C’est ce que nous appelons les Jacobins.

Partant d’une idée du contrat social qui unit les Français, quelle que soit leur origine, s’est affirmée l’idée d’une « unité » de la France.

Cette unité en droits est devenue une unité culturelle. Ainsi, le jacobinisme a réduit les langues régionales, exigé une assimilation totale des populations immigrées, centralisant toutes les décisions au niveau national.

Obsédés par la notion d’identité nationale, les Jacobins ont tenté par tous les moyens de réduire les autres identités que porte tout un chacun : régionale, du pays d’origine, culturelle et/ou religieuse...

La montée de l’identité européenne les consterne. Ils n’acceptent en fait aucune autre identification que nationale, ils la perçoivent comme un danger. Ainsi, ils combattent tout regroupement communautaire, même - par exemple - sur la base d’une orientation sexuelle !

Le problème c’est qu’en plus de ne pas prendre en compte ce besoin d’identité, ils n’apportent plus les réponses sociales qui ont « fait passer la pilule » de la perte identitaire aux générations passées.

Leur modèle franco-français peut s’avérer efficace contre le racisme ouvert, mais est incapable de lutter contre les discriminations rampantes, car ils prétendent que la loi, universelle, est appliquée. Ils ne sont plus à l’écoute des souffrances réelles des populations.

Pire, pour certains, il y aurait des cultures ou des religions « exogènes » incapables de s’intégrer à la « culture française ». Cette dérive conduit d’ailleurs rapidement à des propos et des comportements racistes.

Ils n’ont pas compris que le problème n’était pas l’éradication des cultures, mais leur acceptation pleine et entière, vécu comme un enrichissement. Bien entendu, faut-il le rappeler, l’expression d’une culture ne dédouane pas du respect des droits humains fondamentaux et des lois en vigueur, mettant en cela tous les citoyens à égalité. »

Déjà publié :


Pour lancer le débat sur la laïcité, Bagnolet en Vert publie (en plusieurs articles) « Le Manifeste Transculturel Diffusé pour la première fois fin août 2006, aux Journées [...] Mercredi 29 octobre 2008

« Le Manifeste Transculturel », chapitre 2 sur l’universalisme

Dans le cadre du débat approfondi sur la laïcité, nous poursuivons la publication du Manifeste Transculturel, rédigé par l’association LEA (Laïcité Ecologie Association). Après [...] Jeudi 30 octobre 2008




Demain, nous mettrons en ligne le chapitre 4 du manifeste transculturel : « Communautés et communautarisme ».
 

Pierre Mathon

 

 


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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 15:56

Dans le cadre du débat approfondi sur la laïcité, nous poursuivons la publication du Manifeste Transculturel, rédigé par l’association LEA (Laïcité Ecologie Association).

Après le premier chapitre, consacré au lien entre « laïcité » et « vivre ensemble », Bagnolet en Vert publie aujourd’hui le deuxième consacré à « l’universalisme ».

Bonne lecture.

Pierre Mathon

« L’universalisme : une appropriation « transnationale » issue des peuples

Au prétexte que la République n’est pas irréprochable, voilà bien un principe souvent remis en cause ces dernières années. Pourquoi donc, cette idée qui proclame l’unité du genre humain, qui proclame l’égalité en droits de toutes et de tous, sans distinction d’origine ou de croyance, pourquoi donc cette idée, que ne devraient craindre que les dictateurs, autocrates et oppresseurs en tout genre, est-elle remisée au dépotoir des idées caduques, rabaissée au niveau du colonialisme, de l’esclavagisme et du racisme.

Nous ne perdrons pas notre temps à la défendre auprès de ses détracteurs. C’est d’accord, mettons au rancard l’universalisme. Que nous reste-t-il ?

Les hommes ne naissent pas libres et égaux en droits. Et bien, c’est une bonne nouvelle pour les colonialistes et les esclavagistes.

Les droits humains dépendent de la culture. Comment, on ose critiquer l’excision, responsable de milliers de morts, alors qu’une femme non excisée, dit la coutume, ne pourra trouver de mari ? Qui sommes-nous donc, pour juger ? C’est bien une idée de blanc rassasié ! Et bien, le blanc rassasié, gavé du pillage colonial, lui ne trouve rien à redire à ces coutumes « exotiques ». Il classe les êtres humains en groupes « culturels » et respecte les oppressions en vigueur dans ces groupes. C’est tellement plus pratique !

Le relativisme culturel fut promu à son origine pour faire prendre conscience, d’un point de vue scientifique, que les cultures devaient être appréhendées comme un ensemble symbolique cohérent, avec des représentations qui ne nous sont pas familières. Il s’opposait à la vision raciste des « races supérieures » face aux « peuples indigènes », présentés comme a-culturés.

Ce sens a été détourné et aujourd’hui, le relativisme culturel, s’étendant à la sphère politique, justifie la conservation de tous les rapports de domination, fussent-ils mortifères. Ainsi, les coutumes sexistes (crime d’honneur, lapidation, excision, élimination à la naissance, meurtre des homos...), esclavagistes ou inhumaines (mise à mort par tous les moyens, amputations, enfermements arbitraires...) sont présentées au mieux comme des problèmes intérieurs à ces cultures, sur lesquels nous n’aurions rien à y redire, surtout nous, fils et filles de colonialistes et esclavagistes ( !). Mais, le problème, c’est que celles et ceux qui dénoncent ces pratiques, de l’intérieur, sont aussi taxés d’être des traitres occidentalisés, en rupture avec leur culture d’origine.

Tout cela est nauséabond, et nous affirmons haut et fort que tout être humain, d’où qu’il vienne, où qu’il soit né, est éligible à la lutte pour l’égalité des droits, la dignité et la liberté de conscience. Et que rien, aucune idéologie, aucune religion, aucune coutume ne peut être opposée à son projet émancipateur. C’est le sens du combat qui est notamment mené par les féministes, les syndicalistes, les minorités (sexuelles, culturelles...) ici et... là bas. »

Demain nous publierons le troisième chapitre intitulé  Les impasses du « modèle jacobin »

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 16:00

Pour lancer le débat sur la laïcité, Bagnolet en Vert publie (en plusieurs articles) « Le Manifeste Transculturel

Diffusé pour la première fois fin août 2006, aux Journées d’Eté des Verts à Coutances dans la Manche, le Manifeste Transculturel est un document cadre, rédigé par l’association LEA (Laïcité Ecologie Association) qui regroupe des écologistes laïques qui pensent que la laïcité doit être défendue.
(photo : le tee shirt de LEA avec une citation de Salman Rushdie)

Nous en publions ici l’introduction et le premier chapitre, intitulé : « la laïcité un principe de vivre ensemble ».

 « Certains pensent que l’Humanité est constituée d’une juxtaposition de groupes humains porté chacun par une Culture...

Au contraire, nous pensons que chaque être humain est unique et porte en lui une part des cultures du Monde

Le Manifeste Transculturel

Notre société va mal. A la précarité sociale, aux violences faites aux femmes, au recul des services publics, s’ajoute pour une grande partie de la population une discrimination permanente à l’embauche, au logement, accompagnée d’actes quotidiens de racisme et d’antisémitisme. Le recul des politiques publiques a laissé le champ libre aux régressions, aux atteintes à l’égalité, au mépris des fondements mêmes des principes républicains.

Des organisations instrumentalisent ce sentiment d’abandon d’une partie de la population pour conduire certains à se construire de nouvelles identités, non pas avec, mais contre le reste de la population. A défaut d’être reconnu « comme les autres », la tentation d’être reconnu « à côté » joue comme autant de rupture au principe d’égalité sans répondre sur le fond à la question des discriminations. En filigrane, la volonté de remettre en cause près de deux siècles de combats laïques et pour les droits humains, de nier l’universalisme et l’apport des Lumières est clairement mise en œuvre.

D’autres organisations, en miroir, utilisent la peur inspirée par ce repli communautaire pour attiser les haines, le racisme et « la guerre des civilisations ».

La réponse républicaine est en panne. Après la faillite des systèmes planifiés, le libéralisme économique s’accommode très bien d’un fonctionnement fractionné de la société, où chacun gère lui-même ses problèmes sociaux, sans recours à l’Etat.

La tradition jacobine, réductrice des langues et cultures régionales, n’offre pas d’alternative à des populations qui ne se reconnaissent pas toujours dans la culture englobante.

La route est étroite mais nous n’avons pas le choix : promouvoir un modèle laïque - basé sur la liberté de conscience, un modèle républicain - assurant l’égalité des droits pour toutes et tous et proclamant l’universalité des droits humains, un modèle culturel recherchant à tous les niveaux la diversité, créant du lien, des échanges et de l’intelligence tout en favorisant le développement humain.

Ce modèle, nous l’appelons le transculturalisme.

1 La laïcité : un principe de « vivre ensemble »

Pourquoi nous battons-nous pour la laïcité ? Ne serait-il pas mieux de reconnaître chaque église, chaque obédience, chaque culte, lui donner une place officielle dans l’espace public, et organiser la cohabitation pacifique entre eux ?

L’idée laïque découle de trois droits humains fondamentaux :
   la liberté de conscience
   la souveraineté du peuple
   l’égalité en droits

Ainsi, chaque être humain a le droit de dire et de penser ce qu’il veut, du moment qu’il n’enfreint pas les lois décidées souverainement par le peuple.

Ainsi distingue-t-on le monde des idées, idéologies et croyances, où règne la liberté de conscience, du monde des actions des hommes, où s’applique la loi.

Chaque être humain se fait une représentation symbolique du monde qui lui est propre : croyant, athée, agnostique... il est libre de penser et de s’associer avec d’autres personnes qui, sur ce sujet, ont les mêmes convictions. L’état n’a aucun contrôle à avoir sur la spiritualité de ces associations, et celles-ci n’ont aucun pouvoir temporel à attendre de l’Etat. C’est la loi de séparation.

Donner un statut aux cultes est contraire au principe d’égalité. Seuls les cultes dominants et structurés auront un statut. Les citoyens qui n’adhèrent à aucun culte, ou ceux d’obédiences minoritaires ne seront jamais représentés, ne serait-ce que par la diversité de leurs opinions.

Qu’est-ce que « donner un statut aux cultes » en France aujourd’hui ? C’est notamment, les organiser en « instances représentatives » afin, nous dit-on, d’avoir un « interlocuteur ». Mais qu’est-ce donc que cet interlocuteur qui prétend représenter des citoyens sur la base de leur croyance religieuse au détriment de leur existence sociale ? D’où lui vient sa légitimité ?

Autant il est normal qu’une association cultuelle s’exprime, comme tout autre, dans l’espace public, autant il est anormal qu’elle soit associée à un processus de pouvoir quel qu’il soit. Nous retrouvons des religieux, désignés en tant que tels, dans les comités d’éthique. Pourquoi sont-ils là ? Qui a dit que les croyants étaient plus éthiques que les non-croyants ? Pourquoi les aumôniers des principales religions sont agréés ou nommés par l’Etat dans les prisons ou aux armées ? Et pourquoi seulement pour 4 ou 5 cultes ? N’y aurait-il pas un droit universel pour chacun d’avoir un entretien privé avec qui il veut ? Un athée n’aurait-il pas ce droit ? Sous le couvert de bonnes intentions, le principe d’égalité n’en est que plus bafoué.

La religion ou l’absence de religion est une affaire personnelle, privée. Elle s’exprime comme toute autre activité dans la sphère publique. Elle ne peut en aucun cas prétendre à un statut particulier lui venant de l’Etat.

Il en découle bien évidemment que la critique des dogmes religieux est tout à fait possible, que ce soit à travers des mots, des chants, des cris ou des dessins ; qu’une différence est à faire entre cela et l’expression d’une haine contre toute une population dont on suppose l’appartenance à une religion ; que dans ce cas il s’agit de racisme pur et simple et qu’il y a alors nécessité de s’en remettre aux tribunaux. »

Prochaine publication du Manifeste Transculturel demain jeudi 30 :

« Chapitre 2 L’universalisme : une appropriation « transnationale » issue des peuples »

 

A suivre …

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 22:15

L’Association des Musulmans de Bagnolet a inauguré le 11 octobre son nouveau local : un local de 400 m2 remis en état, aménagé et mis gratuitement à sa disposition par la mairie de Bagnolet, rue Pierre et Marie Curie dans l’ancien magasin des « coupons Saint Pierre ». (voir photo)

Voici comment le maire rend compte sur son blog de cette inauguration à laquelle il a participé :

« 15 heures, inauguration du nouveau local de l'Association des Musulmans de Bagnolet (AMB) rue Pierre et Marie Curie. Le local est ouvert officiellement et fièrement par Abdelmalik Touabti qui accueille les 150 personnes présentes. Les locaux sont divisés en plusieurs salles de classe pour assurer des cours d'enseignement de l'arabe, des cours de soutien scolaire, 12 jeunes reçus au baccalauréat sont récompensés en public. Fierté des jeunes et des familles. La banlieue c'est pas simple. Il y a les clichés et les préjugés d'un côté, et la réalité de l'autre, tous ces jeunes qui veulent s'en sortir, toutes ces familles, immigrées ou pas qui se sacrifient pour l'avenir des gosses, et tous ces bénévoles, jeunes et moins jeunes, de toutes les couleurs et de toutes les tenues vestimentaires, qui consacrent de leur temps pour l'avenir du prochain. Tous nos vœux de réussite les accompagnent »

L'ancien local de l'AMB
Lorsque la question d’attribuer ce local s’est posée, au cours du mandat municipal précedent, les élus Verts avaient exprimé leur désaccord sur le fait d’attribuer gratuitement un local de 400 m2 à une association à la fois cultuelle et politique. De même nous nous étions opposés, pour des raisons de respect de la laïcité, à la décision de verser une subvention annuelle de 36 000 euros à cette association.

Sur l’aspect cultuel, nous avions découvert que l’AMB était répertoriée comme un lieu de culte sur les sites musulmans. Par ailleurs la municipalité avait décidé dans le respect des règles laïques, qui ne mélangent pas la religion avec la politique, de répondre aux besoins des musulmans pratiquants de Bagnolet en favorisant la réalisation d’un lieu de prière digne, pour les musulmans de Bagnolet, une mosquée, en haut des rues Hoche et Parmentier (le chantier est actuellement en cours).

Sur l’aspect politique, l’AMB s’inscrit publiquement dans le champ politique. Quelques exemples :

-       action publique à Bagnolet contre la loi de février 2004 sur l’interdiction des signes religieux ostentatoires à l’école,

-       lobbying pour une loi, interdisant le blasphème (début 2006 au moment où les islamistes s’en prenaient à la liberté de la presse et à Charlie Hebdo)

-       soutien à une des listes en présence lors des élections municipales de mars 2008(en l’occurrence, celle du maire sortant, qui aujourd’hui met ce local de 400 m2 à leur disposition)

Rappelons que les subventions à des associations cultuelles sont interdites et que l’aide aux organisations politiques est strictement encadrée par la loi.

Début 2007, j’avais été interpellé par le responsable de l’AMB, Abdelmalik Touabti, qui avait tenu à m’exprimer sa désapprobation et m’avait assuré que son association respectait les principes de la laïcité. Je lui avais donc, dans un souci de dialogue, proposé une rencontre entre les responsables de l’AMB, pour clarifier la situation. Je lui avais indiqué que si tel était le cas (respect de la laïcité par l’AMB), nous étions prêts à modifier notre position.

Malheureusement, ce « dialogue-vérité » a tourné court, du fait du refus de l’AMB. Il est vrai que l’AMB n’avait pas besoin d’un soutien des Verts, puisqu’ils disposaient déjà de celui du PCF et du PS.

Le maire a raison : « la banlieue, c’est pas simple ».

Ainsi, le débat sur la laïcité et sur la façon de l’appliquer dans les banlieues traverse tous les partis de gauche. Y compris les Verts : ce n’est pas par hasard que nous avons créé il y a quatre ans, une association LÉA (Laïcité Écologie Association).

En 2004, le maire avait fait interdire avec le soutien du bureau municipal unanime la mise à disposition du Cin’Hoche pour la projection d’un film pro-voile islamique et présentant la loi laïcité comme une loi raciste et colonialiste (« un racisme à peine voilé »).

Dans la même période les Verts avaient obtenu de leurs partenaires communistes et socialistes que soit reconsidérée du point de vue de la laïcité la subvention que la municipalité versait à l’AMB (elle était de 10 000 € à l’époque contre 36 000 € aujourd’hui. Cette bonne résolution a fait long feu et les beaux principes laïques ont rapidement volé en éclats, se heurtant aux calculs électoralistes du PC et du PS de Bagnolet.

S’il faut développer l’apprentissage de la langue arabe (et du kabyle !) et le soutien scolaire, pourquoi mélanger l’apprentissage de l’arabe et celui du Coran ? Pourquoi l’argent public devrait-il servir à l’étude du Coran ? C’est la raison pour laquelle les Verts avaient proposé et proposent de développer à Bagnolet l’enseignement de l’arabe et du kabyle dans des lieux laïques, comme les centres de quartier

Nous sommes donc fondés à nous interroger sur la pertinence d’une aide aussi considérable à une association qui, de notre point de vue, ne respecte pas les principes de la laïcité.

À moins que nous ne nous trompions.

S’il n’y a rien à cacher, pourquoi ne pas jouer la transparence et rouvrir le dialogue ? Les citoyens ont le droit de connaître la vérité.

Dans le cadre du débat serein, mais sérieux et sans complaisance que nous appelons de nos vœux (nous avons noté que le maire s’est déclaré également favorable à un tel débat sur la laïcité), et comme je viens de le confirmer au responsable de l’AMB, nous y sommes prêts.

Pierre Mathon


Les pratiquants musulmans de Bagnolet ont droit à un lieu de prière digne. Voici la future Mosquée de Bagnolet, rue Hoche
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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 22:10

Suite à notre article paru sur notre blog
Laïcité : bientôt une rue du Chevalier de la Barre à Bagnolet ?

où nous proposions de redonner à la rue de la Barre Nouvelle le nom d’origine « Chevalier de la Barre », le maire nous a répondu en commentaire qu’il trouvait cette proposition excellente :

« Je trouve cette proposition excellente car il est vrai que le mot nouvelle laisse planer un possible contre sens. Ce n'est pas la rue des nouvelles barres, mais la nouvelle rue du chevalier de la Barre. Cette confusion est regrettable. Autant la clarifier. Je soutiens donc cette proposition de Bagnolet en Vert et la transmettrai aux instances municipales.

Marc Everbecq

commentaire posté par : Marc Everbecq le: 29/09/2008 »

 

Pour concrétiser et officialiser cette bonne intention, nous venons de lui adresser la lettre suivante :

 

Nous souhaitons par le présent courrier vous soumettre officiellement la proposition de redonner à la rue « de la Barre Nouvelle » son nom originel de « Chevalier de la Barre ».

Vous nous avez fait part de votre accord avec cette proposition en commentaire d’un article du blog « Bagnolet En Vert ». Nous vous en remercions.

Nous souhaitons, si la municipalité retient cette proposition, que la nouvelle appellation donne lieu à une petite cérémonie. Il convient en effet de rappeler, dans le prolongement de la délibération du Conseil municipal de l’époque, qui était le jeune Chevalier de la Barre et quel symbole de liberté il représente dans la lutte contre l’intolérance.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos salutations laïques et distinguées.

Pour Bagnolet En Vert

Hélène ZANIER »

 

« Monsieur le Maire,
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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 20:33

Nous vous avons parlé du Chevalier de la Barre il y a une semaine.

Ce jeune homme de dix-neuf ans, qui vivait il y a deux siècles et demi, est devenu le symbole du combat pour la laïcité, depuis qu’en 1766 il fut décapité avant que son corps ne soit jeté au feu avec un exemplaire du « dictionnaire philosophique » de Voltaire trouvé chez lui.

Il existe à Bagnolet une rue de la Barre Nouvelle, qui évoque plutôt les immeubles en forme de barre qui la bordent.

Pourtant cette rue avait reçu le nom de rue « du Chevalier de la Barre », par délibération du conseil municipal de Bagnolet en 1903.

Nous proposons tout simplement que la rue « de la Barre Nouvelle » de Bagnolet reprenne son nom d’origine.

Voici ce qu’écrivait Marcel Picard, historien de Bagnolet dans son ouvrage « Bagnolet dans l’histoire (paru en 1986)

« Rue de La Barre

C’était la ruelle de l’église, entre celle-ci et l’îlot de maisons au bas de la rue de Montreuil, ruelle étroite, pourtant élargie depuis la désaffection du cimetière vers 1840.

Elle est dénommée rue de La Barre en 1899 : la proposition précise qu’il s’agit du Chevalier de La Barre. Pourtant la dénomination de cette ruelle est encore à l’ordre du jour du conseil en 1900 et le 8 mai 1903, une série de propositions de la commission compétente est acceptée, elle comprend les nouvelles appellations : rue de la Fédération (Désiré Viénot), Garibaldi (ruelle de la Tranchée), Camille Desmoulins (ruelle du moulin), Gambetta (chemin de la Maison rouge), Bara (Place de la République) et Chevalier de la Barre (rue de la Barre). Cette délibération semble être restée sans effet.

Les délibérations ne laissent cependant aucun doute : alors que la Basilique du Sacré-Cœur sort à peine de terre, en 1885, le nom du Chevalier de La Barre est donné déjà à la rue qui contourne son chevet et c’est bien la même victime de l’intolérance religieuse, le Chevalier décapité puis brûlé à Abbeville en 1766, à l’âge de 19 ans qui est choisie pour donner son nom à la ruelle de l’église.

Si ce ne fut jamais que la rue de la barre, c’est dira-t-on qu’il y avait là une barrière de bois, une barre à laquelle les paroissiens venus en charrette aux offices attachaient leur attelage. Avec la démolition du pâté de maison, la rue a disparu, l’appellation est conservée par une voie nouvelle à l’est de l’église. »

Voici la proposition « honnête et laïque » que lance Bagnolet en Vert avec le soutien d’un certain nombre d’amis.

Alors, bientôt le rétablissement de la rue du Chevalier de la Barre à Bagnolet ?

 

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 19:28

Nous sommes allés ce dimanche après-midi à la fête organisée chaque année depuis 2001 pour honorer le chevalier de la Barre symbole fort pour la laïcité. Pierre Mathon

Pour information ou pour se rafraichir la mémoire, voici l’article que Wikipédia consacre au chevalier de la Barre.

"François-Jean Lefebvre, chevalier de La Barre, dit le chevalier de La Barre né en 1746 au château de Férolles-en-Brie et exécuté à Abbeville le 1er juillet 1766 est une victime de l’intolérance religieuse au siècle des Lumières.

Le procès et l’exécution du chevalier de La Barre a été une des causes célèbres défendues par les philosophes des Lumières.

La profanation de la statue du Christ

Vers l’âge de 16 ans, le chevalier de La Barre et son frère Jean-Baptiste sont envoyés à Abbeville chez leur tante, Anne Marguerite Feydeau, abbesse de Willancourt, après la ruine de leur père qui avait dilapidé une fortune de plus de 40 000 livres en rentes héritée de son propre père, lieutenant général des armées.

L’affaire commence suite à la dégradation, découverte le 9 août 1765, de la statue du Christ s’élevant sur le pont neuf d’Abbeville. Cette statue avait été tailladée à plusieurs endroits par « un instrument tranchant » qui, comme l’écrivit l’huissier du roi, provoqua ainsi à la jambe droite « trois coupures de plus d’un pouce de long chacune et profonde de quatre lignes » et « deux coupures à coté de l’estomac ». L’émotion dans la cité picarde est immense car par ce geste c’est Dieu, et non pas seulement son symbole, qui est frappé. Ainsi, signe de la gravité de ce sacrilège, l’évêque d’Amiens lui-même, Mgr Louis-François-Gabriel d’Orléans de La Motte mène la cérémonie de la « réparation » (pieds nus) pour réparer cette offense, en présence de tous les dignitaires de la région.

Le coupable idéal

Qui a commis ce sacrilège ? Les rumeurs vont bon train mais, faute de preuve, il faut recourir aux interrogations pour réparer l’offense. Les curés incitaient même à la délation lors des messes du dimanche. Finalement, l’enquête est menée par Duval de Soicour, lieutenant de police d’Abbeville, qui s’implique avec acharnement, n’hésitant pas à fournir de fausses accusations et de faux témoignages, et par le lieutenant du tribunal d’élection Belleval, qui est un ennemi personnel du chevalier de La Barre, depuis que sa tante, l’abbesse de Willancourt, a repoussé ses avances.

Intimidées, les personnes interrogées accusent le chevalier de La Barre et deux « complices », Gaillard d’Etallonde et Moisnel, d’avoir chanté deux chansons libertines irrespectueuses à l’égard de la religion et d’être passés devant une procession en juillet 1765 sans enlever leur couvre-chef. Pire, les trois hommes par défi, refusent de s’agenouiller lors du passage de cette même procession. Après dénonciation, une perquisition menée au domicile de La Barre amène à la découverte de trois livres interdits (dont le Dictionnaire philosophique de Voltaire et des livres érotiques) qui achève de le discréditer en dépit d’un solide alibi. Par malheur pour La Barre, l’évêque d’Amiens et les notables locaux (encouragés par d’influents dévots attachés à la tradition) souhaitaient faire de ce cas un véritable exemple.

Pensant être innocenté grâce aux relations de sa famille, le chevalier de La Barre ne prépare pas sa fuite et, malgré le remarquable plaidoyer du journaliste et avocat Linguet et la défense des amis de l’abbesse de Willancourt devant le Parlement à Paris, la condamnation aux galères obtenue en première instance est commuée en condamnation à mort. Le roi de France lui-même, Louis XV, est sollicité, mais peu convaincu des arguments des défenseurs du chevalier, il lui refuse la grâce malgré l’intervention de l’évêque d’Amiens.

Le chevalier de La Barre est donc condamné à subir la torture ordinaire et extraordinaire pour dénoncer ses complices, à avoir le poing et la langue coupés, à être décapité et brûlé avec l’exemplaire du Dictionnaire philosophique. Cette sentence pour blasphème est exécutée le 1er juillet 1766 à Abbeville par cinq bourreaux spécialement envoyés de Paris (dont le bourreau Sanson qui lui tranchera la tête). « Je ne croyais pas qu’on pût faire mourir un gentilhomme pour si peu de chose » auraient été ses dernières paroles. Il n’avait que 19 ans.

La mobilisation des Lumières

Mis en cause dans cette affaire, Voltaire prend alors fait et cause pour le chevalier de La Barre et ses coaccusés. Il rédige la Relation de la mort du chevalier de La Barre à Monsieur le marquis de Beccaria et le Cri d’un Sang Innocent pour lesquels il sera condamné sans que la sentence puisse être exécutée du fait de sa présence en Suisse. Du fait de son éloignement, c’est Diderot qui le tiendra au courant des évènements.

Voltaire utilisera ses relations pour innocenter Gaillard d’Etallonde, qui s’était enfui en Hollande, et le protéger en le faisant engager dans l’armée prussienne. Quant à Moisnel, qui reconnut quelques impiétés et n’avait que 15 ans, il ne fut pas inquiété.

L’affaire du chevalier de La Barre a constitué, avec d’autres comme l’affaire Callas ou l’affaire Sirven, une des causes célèbres qui ont été l’occasion pour Voltaire et les philosophes des Lumières de lutter contre l’arbitraire de la justice au XVIIIe siècle. Voltaire a rajouté à son Dictionnaire philosophique un article intitulé « Torture » dénonçant l’injustice et la barbarie de l’affaire du chevalier de La Barre.

Conclusion

Le chevalier de La Barre fut le dernier condamné à mort pour blasphème.

La Convention le réhabilita le 25 brumaire 1793.

En 1897, un comité de libres-penseurs obtient l’érection d’une statue du chevalier de La Barre devant la basilique du Sacré-Coeur, à Montmartre. Déplacée en 1926, square Nadar, la statue est déboulonnée le 11 octobre 1941 par le gouvernement de Vichy. Le 24 février 2001, une nouvelle statue est érigée en remplacement. Il existe également une «rue du rue du Chevalier de la Barre » juste derrière le Sacré-Cœur, entre la rue Ramey et la rue du Mont-Cenis. Il existe également une rue du « Chevalier de la Barre » aux Pavillons-sous-Bois.

En 1902, des militants laïques déposent un bouquet de fleurs à l’endroit du supplice. Cet acte est à l’origine de la création du groupe La Barre qui organise depuis cette date et aujourd’hui encore, le premier dimanche de juillet, une manifestation qui traverse le centre d’Abbeville, du monument La Barre qui fut érigé en 1907, par souscription volontaire, sur les berges du canal de la Somme, près de la gare, jusqu’à la place du supplice.

Aujourd’hui, le nom, le monument abbevillois et la statue parisienne de cette victime de l’intolérance religieuse demeurent un point de ralliement pour les tenants de la laïcité. Il existe même deux associations au nom du chevalier de La Barre : l’association Le chevalier de La Barre à Paris et le groupe La Barre à Abbeville.

Il fut, par la suite, établi que la dégradation du crucifix à l’origine de l’affaire du chevalier de la Barre aurait été causée par l’accident d’une charrette chargée de bois."

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