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  • : Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet
  • : Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
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L'éditorial du blog

planete_bleur_belle_fond_vert.jpg                                                           

Ce blog «Bagnolet en Vert» est le blog d’Hélène Zanier, de Pierre Mathon et de leurs amiEs. Aujourd’hui militantEs associati -fs –ves (à « Bagnolet Ecologie » et Environnement 93, Jardins partagés, « l’Association des Bagnoletais contre la Dette », Romeurope, RESF, Russie-Libertés, Murs-À-Pêches, etc.), après avoir été élus (régionaux, municipaux) et responsables du parti Les Verts, nous entendons contribuer à l’avancée des idées et des projets écologistes.

Penser et agir, globalement et localement, telle est la devise de notre blog écolo,  Vert et ouvert, militant et d’éducation populaire, libre, bagnoletais, intercommunal et planétaire.

Hélène Zanier et Pierre Mathon

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En Vert et avec tous !

Vous pouvez compter sur 

Pierre MATHON
et toute l'équipe de
BAGNOLET EN VERT


* pour l’environnement et le développement durable, 
* pour la démocratie, la citoyenneté et la laïcité,
 
* pour la solidarité et l’égalité des droits, 
* pour l’école, l’éducation et la culture, 
* pour un urbanisme de qualité

 
En Vert et avec tous                                            

AGENDA

BONNE ANNEE 2015 !

 

Mardi 3 février à 20h30 conseil de quartier de la Dhuys à l'école Joliot-Curie

 

Mercredi 4 février à 19h atelier participatif sur la ZAC Benoit Hure : les espaces extérieurs  et l'occupation de la mairie historique

 

Jeudi 5 février 19h30 salle P et M Curie conseil de quartier des Malassis

 

PETITIONS

Réaction aux propos intégristes d'un élu de la majorité municipale de Bagnolet : pour le droit des femmes à disposer de leur corps

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_maire_de_Bagnolet_defense_du_droit_des_femmes_a_disposer_de_leur_corps/?sMpnibb

 

« Monsieur le Maire de Bagnolet: Nous vous appelons à créer une maison de quartier et citoyenne dans le quartier de la Dhuys»

http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_Maire_de_Bagnolet_Nous_vous_appelons_a_creer_une_maison_de_quartier_et_citoyenne/?tUmsDgb

 

Pour que cesse l'acharnement juridique contre la confédération paysanne
 
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-acharnement-conf-865.html

 



 

 

 

 

 

 

 


 

4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 06:47

Marc Everbecq s’enferre : il persiste et signe (sur son blog) à ne pas vouloir soutenir les démocrates iraniens. Rappelons que mardi 30 juin au conseil municipal de Bagnolet, il avait refusé de voter un vœu de soutien aux démocrates iraniens et avait été (heureusement !) mis en minorité. Un certain nombre d’élus communistes (pas tous heureusement !) l’avaient suivi dans cette pitoyable position.



Cet entêtement pourrait paraître étonnant, tant il semble facile de corriger un tel faux-pas en affirmant, après mure réflexion, une position claire de soutien à ceux qui luttent contre la dictature des mollahs en Iran. Mais c’est oublier que ce refus de voter le vœu de soutien aux démocrates iraniens n’était pas que
pathétique, il avait pour but de convaincre certains supporters locaux du régime iranien qu’il est avec eux.



Pour cela il lui faut dresser un écran de fumée, ce qui est assez difficile compte-tenu de la position de soutien aux démocrates iraniens de la direction du Parti Communiste Français.




C’est la raison pour laquelle, Marc Everbecq se livre sur son blog à un exercice acrobatique en essayant de s’appuyer sur une polémique entre le journal l’Humanité et ses confrères. Il adopte en la circonstance un verbiage «pseudo-communiste » de soutien aux Iraniens pauvres (oubliant au passage que le régime des mollahs et d’Ahmadinejad a largement contribué à la misère des Iraniens les plus pauvres), pour finir par asséner que décidément il ne pouvait pas soutenir la démocratie en Iran puisque Didier Idjadi la soutenait aussi..


On notera - sans s'en étonner - que le maire n'a pas répondu à la demande de Bagnolet en Vert de rendre hommage à Neda Agha-Soltan...

Ci-dessous la dialectique poussive et auto-justificatrice du maire, parue hier sur son blog. Nous joignons le lien avec notre article du 1er juillet ainsi que l’article que nous avons publié en janvier sur les relations du maire avec la très politique Union des Associations Musulmanes de Seine-Saint-Denis.


Rappelons que le texte qui était soumis au vote du conseil municipal de Bagnolet ce mardi 30 juin est signé par les principales figures de la gauche et en particulier par Marie-George Buffet secrétaire nationale du PCF.


Pierre Mathon

«Vendredi 3 juillet 2009

Iran : petite mise au point

Quand Libé s’en prend à l’Huma

Ce qui se passe en Iran va-t-il se produire en France ?
Au niveau médiatique en tout cas, la bataille est engagée. Or, sans que nous n’ayons rien demandé, voilà que l’Humanité est pris à partie par Libération dans son édition d’hier (19 juin 2009), suivi, dans la matinée, par Canal Plus. Étrangement, une même phrase avait été reprise mercredi par le Canard enchaîné (qui nous avait habitués à mieux). En clair, comme dirait la chaîne cryptée, la tautologie est la suivante : l’Huma soutient les pauvres. L’Huma dit aussi qu’Ahmadinejad est soutenu par les pauvres. Donc l’Huma soutient Ahmadinejad. Pourquoi une telle attaque ? Parce que Marianne 2.fr s’en est pris à Libé, accusé justement de ne pas comprendre que la frange des déshérités iraniens

est à la base de l’élection d’Ahmadinejad, au moins en 2005. Constater cela est important pour tenter de décrypter (n’est-ce pas Canal Plus ?) ce qui se passe réellement. Il ne s’agit pas d’opposer des pauvres aveuglés par les barbus à des bourgeois éclairés par l’Occident, un prolétariat face à des riches, mais au contraire de comprendre ce qui fera la jonction dans ce mouvement. C’est pourquoi nous ne nous interdisons aucune question. Soutenir Ahmadinejad ? Sûrement pas. Notre camp est celui des progressistes et des démocrates, celui de ceux qui ont été tués par les islamistes (en Iran comme en Algérie). D’ailleurs, le meilleur moyen de le savoir, c’est de diffuser l’Humanité et pour nos confrères, qui ne nous citent que pour mieux nous traîner dans la boue, de nous lire.

P. B.

Voici le texte que je décide de publier car je le considère comme une sorte de réponse aux mises en cause incessantes de ces derniers jours dont sont l'objet des militants communistes et dont je suis également l'objet sur le blog des verts de Bagnolet à propos d'un vote qui a eu lieu au conseil municipal du 30 juin sur l'Iran. Le texte de L'Huma rappelle quel est le camp des communistes. Sans ambiguité. Et parce que je n'aime pas les ambiguités, j'ai rappelé lors du conseil municipal que je n'associerai pas mon vote à celui de Didier Idjadi qui fait preuve de provocations permanentes contre moi, les musulmans de Bagnolet, etc. Je confirme donc, dans ces conditions, pour ne pas être assimilé à ce personnage, qu'il fallait ne pas prendre part à ce vote. Marc Everbecq »



 


Il s’est passé au conseil municipal d’hier mardi 30 juin un événement particulièrement révélateur des dérives du maire et de son entourage  en matière de laïcité. [...] Mercredi 1 juillet 2009 - Voir le commentaire


Dans un article récent au sujet du voyage de Marc Everbecq à Gaza, nous nous étonnions en ces termes de la présence du secrétaire général de l’Union des Associations Musulmanes [...] Dimanche 8 février 2009 - Voir les 15 commentaires




Voici le courrier qu’Hélène Zanier vient, au nom de Bagnolet en Vert, d’adresser au maire de Bagnolet pour lui demander d’accrocher sur la façade de la mairie le portrait de Neda [...] Vendredi 26 juin 2009
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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 12:24

Vincent Geisser, chercheur au CNRS et très engagé comme citoyen militant dans la défense de l’islamisme « radical » fait l’objet d’une procédure disciplinaire au CNRS. Une pétition circule pour le soutenir.

Il nous a semblé utile pour le débat de publier sur ce sujet une tribune de Caroline Fourest parue dans le Monde, une tribune d’Elisabeth Roudinesco parue dans Libération et un communiqué des Verts.

Le moins que l’on puisse dire est qu’emportés par leur élan anti-sarkosyste (on ne prête qu’aux riches) les Verts ont manqué de discernement et de recul.
Il est en effet très possible, comme le fait par exemple Caroline Fourest de dire clairement qu’ « un chercheur du
CNRS n'a pas à rendre des comptes sur un mode disciplinaire pour un courriel ni même pour ses prises de position, si polémiques soient-elles », tout en étant sans ambigüité sur le personnage Geisser.


Permettez-nous en tant qu’écologistes laïques (laïques, forcément laïques) de ne céder à aucun angélisme vis-à-vis de ce « compagnons de route » des tenants de l’islamisme « radical » et de nous reconnaître dans les articles mesurés et équilibrés de Caroline Fourest et d'Elisabeth Roudinesco.


Pierre Mathon

 « L'"Islam light" selon Vincent Geisser, par Caroline Fourest

LE MONDE | 19.06.09
 


Le monde des chercheurs est en émoi. L'un d'entre eux, Vincent Geisser, connu pour ses prises de position polémiques en faveur de l'islam radical, est convoqué par le conseil de discipline du CNRS. Un contentieux l'oppose à un ingénieur général du  CNRS chargé de la "sauvegarde du patrimoine scientifique", Joseph Illand. Son poste exact ? FSD : fonctionnaire de sécurité de défense. La fonction existe depuis 1986, mais on la découvre à l'occasion de ce litige. Son périmètre est flou. Il s'agirait de veiller à "la sécurisation des intérêts fondamentaux pour la nation", notamment la "défense et la sécurité publique", à l'intérieur des "activités du CNRS". Ce qui implique visiblement de surveiller les chercheurs travaillant sur l'islam lorsqu'ils se déplacent dans des pays sensibles comme l'Afghanistan ou l'Iran, mais pas seulement.

Joseph Illand est entré en conflit avec Vincent Geisser au sujet d'une enquête fondée sur un questionnaire ethnique, que le chercheur menait au mépris de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Il serait également intervenu dans le cas d'une doctorante musulmane, renvoyée d'un laboratoire en génétique moléculaire pour "trouble à l'ordre public et atteinte à la liberté de penser de ses collègues". Dans un courriel destiné à soutenir cette étudiante, Geisser laisse éclater sa colère contre Joseph Illand, comparé à un nazi : "Un idéologue qui traque les musulmans et leurs "amis" comme, à une certaine époque, on traquait les juifs et les Justes." Une correspondance privée, interceptée par le fonctionnaire, qui porte plainte pour diffamation et le fait convoquer.

Interpellée par de nombreux chercheurs, Valérie Pécresse s'est engagée à suivre ce litige en "veillant à la liberté d'expression des chercheurs". C'est heureux. Un membre du CNRS n'a pas à rendre des comptes sur un mode disciplinaire pour un courriel ni même pour ses prises de position, si polémiques soient-elles. Et elles le sont.

En fait de "contribution scientifique", l'essentiel des travaux de Vincent Geisser consiste à stigmatiser toute personne critique envers l'intégrisme musulman comme étant "islamophobe" (SOS-Racisme, des journalistes, et même le recteur de la Mosquée de Paris), tout en répandant des clichés sur les musulmans laïques sur les sites islamistes. Le vrai musulman serait celui qui ne renonce pas à porter le voile ou à faire le ramadan comme l'exige la République laïque "assimilationniste". Geisser parle même de "national-laïcisme" à propos de la loi sur les signes religieux à l'école publique... A l'inverse, le moindre musulman éclairé est raillé comme faisant partie de l'"Islam light", un "produit qui se vend bien". Ayaan Hirsi Ali ou Irshad Manjio, menacées de mort par les islamistes, sont décrites comme des "poupées Barbie de l'Islam light", que l'on favorise par "érotisme victimaire".

Autant dire que Vincent Geisser est l'un des chercheurs favoris des musulmans non "light" : les Frères musulmans, la mouvance tunisienne autour de Ghannouchi, les fidèles de tariq Ramadan et de l'UOIF. Il donne des conférences devant des publics où l'on sépare les hommes des femmes, et contribue très régulièrement au site Oumma.com. Un site agressif envers les opposants à l'intégrisme, auquel il participe par des chroniques vidéo et de nombreux articles signés de la mention CNRS. Il en a le droit. Comme il a le droit au respect de sa correspondance privée, donc de ses e-mails. En revanche, ses idées peuvent difficilement revendiquer leur "scientificité" sans être questionnées.

Parmi ses soutiens, certains parlent de l'"affaire Geisser" comme d'une "affaire Redeker". Rappelons que ce dernier risquait la mort et a dû quitter son poste. Vincent Geisser, lui, risque au mieux une remontrance. Que ses collègues inquiets se rassurent. L'Etat continuera de le rémunérer pour fournir des articles à des sites où l'on incite à la haine contre les esprits critiques.

Caroline Fourest »

 

«   Geisser : une pétition à l’aveuglette

Par ELISABETH ROUDINESCO historienne, directrice de recherches à l’université de Paris-VII (GHSS).

Libération 25/06/2009

Chercheur au CNRS, politologue et membre de l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe, Vincent Geisser, auteur d’un pamphlet (la Nouvelle Islamophobie, 2003) destiné à dénoncer les chercheurs et intellectuels qui se permettent de critiquer, non pas l’islam, mais l’islamisme radical, a été convoqué par un haut fonctionnaire de la sécurité défense (HFD) devant le conseil de discipline du CNRS pour y répondre de «manquement à l’obligation de réserve». Cette procédure est discutable et doit être critiquée car elle met en cause l’indépendance qui a été reconnue aux professeurs d’université par le Conseil constitutionnel dans une décision (83-165) du 20 janvier 1984 et qui a été ensuite étendue à bon nombre de chercheurs. Mais il semble que jusqu’à présent elle n’a pas été contestée au sein du CNRS : ceci est à vérifier.

A l’initiative d’Esther Benbassa, un comité de chercheurs parmi les plus brillants de ce pays a lancé le 10 juin une pétition en faveur de Vincent Geisser afin de le soutenir au nom de la liberté d’expression. Cette pétition a reçu le soutien de nombreuses associations.

Esther Benbassa a cependant omis dans son appel de mentionner que Geisser n’est pas seulement un chercheur mais aussi un défenseur officiel en France de l’islamisme radical, largement contesté pour la dangerosité de ses propos notamment par les représentants de l’islam des Lumières, Fethi Benslama et Abdelwahab Meddeb, qui lui reprochent de les présenter comme des «ennemis de l’islam vendus à l’Occident» et de favoriser ainsi la cause de l’extrémisme religieux. Tous deux se sont manifestés dans des mails auprès d’Esther Benbassa pour que leur protestation soit simplement entendue.

Bon nombre de signataires de cette pétition n’avaient pas connaissance des interventions de Geisser quand ils ont décidé de le soutenir. Or, les membres du comité n’ont pas pris en compte leurs arguments ni ceux des laïques attachés à l’islam des Lumières et qui réclament que soient fermement condamnés les propos insultants de Geisser, même si par ailleurs, ils sont favorables à une contestation des procédures disciplinaires imposées à des chercheurs du CNRS.

Notons que Geisser a qualifié les dirigeants de SOS Racisme de «facilitateurs d’islamophobie», qu’il a fait de même avec l’association Ni putes ni soumises, qu’il s’en est pris également au recteur de la mosquée de Paris et qu’il a qualifié de «national-laïcisme» la loi contre le port des signes religieux à l’école. Il a surtout comparé Joseph Illand, chargé de son dossier, à un «idéologue qui traque les musulmans et leurs amis, comme à une certaine époque, on traquait les Juifs et les Justes». Celui-ci a porté plainte pour diffamation à titre personnel. Or les deux procédures sont incompatibles : un chercheur ne peut être à la fois poursuivi au pénal et objet d’une simple enquête administrative. Il faut donc maintenant que la direction du CNRS prenne clairement position afin de montrer que cette prestigieuse institution n’est pas un nid d’espions et que les chercheurs n’y subissent aucune atteinte à leur liberté d’expression sauf quand ils cessent d’être des chercheurs pour devenir des insulteurs.

En attendant que le comité qui a lancé la pétition intègre ces données dans sa prise de position et ne se contente pas de faire de Geisser le martyr d’une entrave à la liberté d’expression, au moment même où, en Iran, les opposants à l’obscurantisme fanatique risquent leur vie en se battant pour un islam modéré, j’ai refusé de la signer après une longue discussion par mails avec les membres du comité d’organisation. Quand j’ai fait connaître mes motivations, j’ai reçu une avalanche de mails. Certaines personnes et même des collectifs généreux avaient signé une pétition contre une procédure sans savoir qui ils défendaient ; d’autres, plus informées, avaient refusé de la signer parce qu’elle laissait entendre que les organisateurs de ladite pétition soutenaient les propos inacceptables de Geisser. Certains ont retiré leurs signatures et demandé des explications qui ne viennent toujours pas.

Que ce soit clair : la phrase de Voltaire sans cesse invoquée, selon laquelle on doit, au nom d’un principe, défendre absolument la liberté d’expression d’une personne, ne s’applique que lorsqu’on est informé de ce que pense cette personne.

Or, dans cette affaire, ce n’était pas le cas puisque la pétition présente le chercheur comme la victime d’un harcèlement sans faire référence au contenu de ses interventions qui ne relèvent pas d’un travail de recherche.

Si la pétition avait été plus «voltairienne», je l’aurais signée : ce n’était pas le cas ; elle est manichéenne et contraire à l’idée que l’on doit toujours requérir le «consentement éclairé» des personnes auxquelles on s’adresse et donc les informer avec le maximum d’objectivité. Tel doit être, à mon sens, le véritable débat autour de cette affaire. La discussion est désormais publique et ouverte. »


Le communiqué des Verts :

« 
L’omni-surveillance du gouvernement Sarkozy, soutien à Vincent Geisser

 

Le gouvernement poursuit sa volonté de brider, contrôler la société et aujourd’hui il s’attaque à la recherche et à ses chercheurs.

 

Cette dynamique s’illustre avec le cas de Vincent Geisser, politologue et chercheur dans un laboratoire rattaché au CNRS, l’Institut de Recherche et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman. En tant que chercheur et citoyen, il n’a jamais hésité à prendre des positions publiques sur des sujets relatifs aux dictatures en Afrique, aux discriminations et au racisme en politique ainsi qu’à l’Islam. Dans ce cadre, il a produit une enquête quantitative sur les enseignants-chercheurs issus des migrations maghrébines. Son travail a suscité « l’attention » particulière du fonctionnaire sécurité défense du CNRS qui par la suite s’est très vite transformée en surveillance policière. Celui-ci a mené une activité de surveillance de l’ensemble des écrits de Monsieur Geisser. Cette affaire éclate aujourd’hui parce que ce fonctionnaire sécurité Défense a pris prétexte de l’envoi d’un courrier électronique strictement privé, et qui n’avait donc pas vocation à être diffusé de Monsieur Geisser, pour le traîner devant le « conseil de discipline » du CNRS. Les Verts condamnent la procédure inacceptable dont est victime Vincent Geisser et dénoncent la présence d’un représentant de la Défense auprès du CNRS pour contrôler les travaux de recherche. Au-delà de la procédure ce que révèle cette affaire c’est la surveillance policière dont sont victimes les citoyens et le musellement de la liberté d’expression.

 

Les Verts »

 

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 22:46

Cinquante huit parlementaires de droite et de gauche réclament une commission d'enquête pour lutter contre l'expansion du port de ce voile qui recouvre entièrement les femmes.


La burqa, qui voile une femme de la tête aux pieds, pourrait-elle être interdite dans les espaces publics en France ? Cinquante huit députés de toute tendance ont cosigné une proposition de commission d'enquête parlementaire pour réfléchir à la question. André Gerin, député-maire PCF de Vénissieux, à l'origine de cette proposition, l'a transmise mercredi au premier ministre.

«Nous sommes aujourd'hui confrontés, dans les quartiers de nos villes, au port par certaines femmes musulmanes de la burqa, voilant et enfermant intégralement le corps et la tête» écrit André Gerin, dans l'exposé des motifs du texte. « Il ne s'agit plus seulement d'une manifestation religieuse ostentatoire mais d'une atteinte à la dignité de la femme».
 

«Panne d'intégration»


«La burqa n'est absolument pas une prescription du Coran», rappelle Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, interrogé par lefigaro.fr. Le port de la burqa existait déjà avant l'apparition de l'islam dans des pays comme l'Afghanistan». Le recteur soutient la démarche des députés, «à condition que la commission soit un moyen de dialoguer avec les responsables de l'islam». Toutefois dubitatif sur une voie législative qui interdirait la burqa, au regard des libertés individuelles et religieuses, il pense que «La solution réside plutôt dans la compréhension des racines de ce problème», qui s'apparente à ses yeux à une «hyper affirmation identitaire et à une panne de l'intégration.»


On ne s’étonne pas, en revanche, de la réaction de des militants de l’islam fondamentaliste de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) très implantés dans les « quartiers ». Son secrétaire général, Fouad Alaoui, déclare que cette proposition des députés est «une nouvelle manœuvre propre à encourager les amalgames». Il regrette cette démarche qui intervient «justement quand on parle de l'Iran». Soulignons que ce n’est pas « on » qui parle de l’Iran, mais les Iraniens et les Iraniennes qui hurlent leur malheur d’être tombés sous le joug d’un régime islamiste liberticide, corrompu, brutal et criminel. Et ce sont les démocrates de tous les pays qui souffrent avec eux et avec elles, qui soutiennent les jeunes et les femmes d’Iran qui, au péril de leur vie, tentent de sortir de ce cauchemar.



Quant à Sihem Habchi, la jeune présidente de Ni Putes Ni Soumises, elle réagit sans ambiguïté : «Il faut encourager le débat sur cette question, rendre visible la réalité et la dégradation de la condition des femmes et considère que «La loi de 2004 sur la laïcité (interdisant les signes ostensibles d'appartenance religieuse dans les établissements scolaires) « n’est pas suffisante ». Il faut «rouvrir le débat», lance-t-elle.

 D’autres pointent également une situation qui n’est pas compatible avec une société organisée et un Etat de Droit. Ils dénoncent le fait insupportable que cette pratique interdit, de fait, de connaître ou de reconnaître un interlocuteur ainsi affublé. En effet, rien ne permet alors de savoir à qui nous avons affaire à … une femme ? à … un homme ? De plus, tout le monde le sait, le dialogue et la compréhension se situent autant au niveau du regard, de l’expression de l’ensemble du visage, que des propos eux-mêmes.

Comment recueillir le consentement d’une personne lors du mariage s’il est impossible de l’identifier ? Comment reconnaître l’auteur d’un crime ou d’un délit si la personne cache son visage ? C’est d’ailleurs un subterfuge classique … (voir les cagoules). Comment savoir si c’est la bonne personne qui se présente à un examen, à un emploi ? Comment savoir si c’est la mère qui vient rechercher son enfant à la maternelle ou une autre personne non autorisée ?

Clairement, comment organiser une société pacifiquement et justement dans un chaos où chacun pourrait se cacher sous un drap ou avec une cagoule ?


D’ailleurs, chacun se souvient de l’évasion de Abdul Aziz, chef de la mosquée rouge d’Islamabad en juillet 2004, déguisé en femme et dissimulé sous une … burqa !

Dans l’exposé des motifs de la proposition de cette commission d’enquête, on peut lire aussi :

« Vêtue de la burqa ou du niqab, elle est en situation de réclusion, d’exclusion et d’humiliation insupportable. Son existence même est niée.

La vision de ces femmes emprisonnées nous est déjà intolérable lorsqu'elle nous vient d’Iran, d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite ou de certains autres pays arabes.

Elle est totalement inacceptable sur le sol de la République française.

Nous savons, en outre, qu’à cette tenue vestimentaire dégradante s’ajoute une soumission à son époux, aux hommes de sa famille, une négation de sa citoyenneté.

 



Il faut se rappeler les professions de foi de l’imam Bouziane, en avril 2004, en faveur des châtiments corporels pour les épouses adultères, sur fond de diatribe idéologique anti-Occident, d’un racisme anti-blanc, anti-France ».

 

Voici l’Article unique de cette proposition :

« Il est créé une commission d’enquête parlementaire de trente membres afin de

dresser un état des lieux de la pratique du port de la burqa ou du niqab par certaines femmes musulmanes, de mieux comprendre le phénomène et de définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national.

Elle doit rendre son rapport le 30 novembre au plus tard. »

On ne peut que saluer cette initiative.

Hélène Zanier.

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 17:21

Bagnolet En Vert, engagé dans le combat laïque, pour l’égalité des droits, qui  était présent à Montreuil en 2007pour les premières Rencontres Laïques Internationales, participera à ces deuxièmes rencontres de Saint-Denis.
Nous nous réjouissons de rencontrer les invités prestigieux dont nous admirons le courage, comme Taslima Nasreen (photo).

Hélène Zanier

DEUXIÈMES RENCONTRES LAÏQUES INTERNATIONALES de SAINT-DENIS

Organisées par l'UFAL (Union des Familles Laïques)
en collaboration avec
l'ADLPF (Association des libres-penseurs de France), le CLR (Comité Laïcité République),
le Grand Orient de France,
le MEL (Mouvement Europe et Laïcité),
la revue ProChoix, Ruptures
et avec le soutien de
la ville de Saint-Denis (93)

les samedi 4 et dimanche 5 avril 2009
a la Bourse du Travail
de Saint-Denis (93200)
9-11, rue Genin
(Entree rue Bobby Sands)

Internationaliser le combat laïque et social

 « La laïcité se voit attaquée à la fois par tous les fanatismes religieux et par les fanatiques d’une dérégulation du monde qui, sous couvert de loi du marché, visent à asservir les plus faibles »

Deux ans après les premières Rencontres laïques internationales (Montreuil, février 2007), cette formule garde son actualité. Notre monde est dans une position singulière et explosive : une crise économique mondiale sans précédent, un accroissement inédit des inégalités sociales et de la pauvreté partout dans le monde, la destruction des protections sociales solidaires et des services publics par les corsaires d’une Europe néolibérale, l’extrême-droitisation des structures religieuses de toutes obédiences, l’exacerbation des tensions identitaires, la montée du nauséabond "Choc des civilisations" instrumentalisé par les dirigeants du monde, le recul du droit des femmes, les communautarismes se portant au secours des puissants de ce monde et de leurs politiques néolibérales et liberticides, etc.
Tout est entrepris pour détruire la laïcité, pour s'attaquer au droit des femmes et pour faire des intégristes des interlocuteurs privilégiés au détriment des démocrates.
Citons, en France, le financement des écoles confessionnelles sur fonds publics et, sous l'actuel gouvernement, le discours de Latran, typique de l’Opus Dei, ou encore la coupe franche des subventions aux centres de planning familial.
Autres exemples en Europe et dans le monde :
- A Bruxelles, l'influence des Églises sur les institutions européennes, notamment par l’activisme du lobbying religieux COMECE,
- Au Vatican : l'accueil au sein de l’Église catholique des intégristes antisémites et négationnistes, les propos sur « la pollution de l’environnement par la pilule contraceptive »,
- En Algérie, violation de l’espace privé, remise en question des libertés individuelles et de conscience, ce qui se traduit par la chasse aux « infidèles » et la diabolisation de toute une région au nom de la « protection » de l’islam,
- Au Moyen-Orient, l'élimination des militants laïques arabes et palestiniens au profit des intégristes musulmans, l’exacerbation du conflit israélo-palestinien sur place et à distance
- En Grande-Bretagne, la légalisation de la polygamie,
- A l’ONU, la tentative d’instaurer le délit de blasphème au mépris de la liberté de conscience,

La liste est longue des dangers qui pèsent sur le monde d’aujourd’hui ! Pourtant, ici et là, quelques lueurs d’espoir :
- Depuis le début du siècle, la Suède a une constitution qui sépare l’État suédois et l’Église luthérienne,
- En France, la loi du 15 mars 2004 interdit le port des signes religieux à l’École publique,
- En Algérie, en 2008, le premier parti qui a mis le mot laïcité dans son titre est le MDSL,
- Plus récemment encore, la Bolivie a voté une Constitution où l’État se trouve séparé de l’Église catholique.
Partout dans le monde, de nombreuses mobilisations ont lieu pour lier le combat laïque et le combat social : en France, en Pologne, en Espagne, en Iran, en Irak, en Afrique du Nord, en Europe, en Amérique du Sud, etc.
Plus que jamais, nous devons internationaliser le combat laïque et social pour créer le rapport de forces de demain. Dans le contexte des prochaines élections européennes, et au-delà, l'Union des familles laïques (UFAL) organise les

2e Rencontres Laïques Internationales
Organisées par
l'UFAL (Union des Familles Laïques) en collaboration avec l'ADLPF (Association des libres-penseurs de France), le CLR (Comité Laïcité République), le Grand Orient de France, le MEL (Mouvement Europe et Laïcité), la revue ProChoix, Ruptures et avec le soutien de la ville de Saint-Denis (93)

PROGRAMME
Samedi 4 avril
De 14h à 16 h : Aujourd’hui comme hier, la raison contre l’obscurantisme
De 16h 30 à 18h 30 : Les luttes féministes, une lutte centrale

Dimanche 5 avril
De 10h à 12 h : Contre les discriminations, construire des institutions républicaines
De 14h à 16h : L’école face aux défis de la marchandisation et des communautarismes
De 16h à 17h 30 en conclusion : La laïcité économique, pierre angulaire de la République sociale

OUVERTURE par Horria SAIHI (UFAL Saint-Denis)

• Samedi 14h à 16 h

Table ronde 1 – Aujourd’hui comme hier, la raison contre l’obscurantisme

Moulay CHENTOUF (MDSL - Mouvement Démocratique Social et Laïque – Algérie)

Marieme HELIE-LUCAS (Fondatrice du WLUML)

Harsh KAPOOR (South Asian Citizen's Web)

Catherine KINTZLER (Philosophe de la laïcité, UFAL 75)

Christian TERRAS (Rédacteur en chef de la revue Golias)

Modération : Roger CORDIER (Conseiller de l'Ordre, Grand Orient de France)

• Samedi 16h 30 à 18h 30

Table ronde 2 – Les luttes féministes, une lutte centrale

Aouicha BEKHTI (MDSL -Mouvement Démocratique Social et Laïque – Algérie)

Azar MAJEDI (Organisation for Women's Liberation)

Maryam NAMAZIE (Campagne contre la Sharia en Angleterre)

Taslima NASREEN (Ecrivain et journaliste bangladaise)

Fatou SOW (Coordinatrice internationale du WLUML)

Modération : Jocelyne CLARKE (UFAL, co-responsable secteur Féminisme et laïcité)

Samedi 4 avril sur place (Bourse du travail de Saint-Denis) : soirée à 20h 00 (PAF)

BAAZIZ, auteur, compositeur

Cet artiste algérien populaire, engagé contre les islamistes, contre l’inégalité en droits des Algériennes, contre la détresse des jeunes, prolongera en chansons cette première journée des RLI !

• Dimanche 10h à 12 h

Table ronde 3 – Contre les discriminations, construire des institutions républicaines

Philippe FOUSSIER (CLR - Comité Laïcité République)

Nadia GEERTS (Réseau d'Actions pour la Promotion d'un Etat Laïque, Belgique)

Gérard KERFORN (MRAP Landes)

Pascale LE NEOUANNIC (Conseillère municipale PG à Antony – 92 )

Yves PRAS (CAEDL - Mouvement Europe et laïcité)

Modération: Caroline BRANCHER (UFAL et ProChoix)

• Dimanche 14h à 15h 45

Table ronde 4 – L’école face aux défis de la marchandisation et des communautarismes

Laurence GIAVARINI (Sauvons l'Université)

Caroline FOUREST (Charlie Hebdo et ProChoix)

Eddy KHALDI (coauteur de Main basse sur l’école publique)

Jean Noël LAURENTI (UFAL, secteur Ecole)

Modération : Marie PERRET (UFAL, responsable du secteur Ecole)

• Dimanche 16h à 18h

Grands témoins :

Henri PENA-RUIZ (Philosophe de la laïcité) – « Laïcité ou guerre des dieux »

Pierre GALAND (Président du Centre d’action laïque – CAL) – « Les particularités de la laïcité en Belgique. »

Conclusion : La laïcité économique, pierre angulaire de la République sociale

Bernard TEPER et Marie PERRET (Secrétariat national de l’UFAL)

Modération : Monique VEZINET (Présidente de l’UFAL)

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 15:59


Un autre "grand scientifique" et "grand spécialiste de la sexualité" rajoute une couche de crasse sur celle du pape.
Il s'agit d'André Fort, évêque d’Orléans, qui vient d'expliquer que le préservatif, comme moyen de protection contre le sida, n’était pas sûr à 100 % car « le virus passe à travers ».
TOTALEMENT FAUX, répondent médecins et organisations de santé.
(L’évêque a depuis  publié un rectificatif.)


Après la polémique née des
déclarations du pape Benoît XVI, qui estimait qu'on ne pouvait «pas régler le problème du sida» en Afrique «avec la distribution de préservatifs» et que, «au contraire, (leur) utilisation aggravait le problème», c'est au tour d'un évêque français de déraper.
Ce dernier a lancé jeudi
au micro de France Bleu : «Vous le savez très bien, tous les scientifiques le savent : la taille du virus du sida est infiniment plus fine que celle d'un spermatozoïde. La preuve est faite que le préservatif n'est pas une garantie à 100% contre le sida». Et d'ajouter : «Il y a écrit sur les boîtes de cigarettes : « danger ». On devrait mettre sur les boîtes de préservatifs : fiabilité incomplète».
Une contre-vérité, de l'avis unanime de la communauté scientifique. Le docteur Philippe Arsac, membre du réseau Sida du Loiret, rappelle ainsi que «le virus ne passe pas à travers la paroi du préservatif». «Les préservatifs vendus en France doivent avoir la norme NF. Leur qualité à été contrôlée», insiste-t-il, avant de noter que les propos de l'évêque relèvent « d'un discours qu'on entend depuis longtemps (dans les milieux catholiques les plus conservateurs) mais qui ne s'appuie sur aucun raisonnement scientifique valable».

Jean-Luc Roméro, Président d’Élus Locaux Contre le Sida (ELCS) réagit :
La "dernière grande idée" de l'Eglise catholique pour lutter contre le sida qui est d'indiquer sur les boîtes de préservatifs la mention "fiabilité incomplète" est une "position irresponsable", a estimé aujourd'hui Jean-Luc Romero, président d'Elus Locaux Contre le Sida (ELCS).
Après que le pape ait affirmé la semaine dernière que l'on ne pouvait "pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs" et qu'"au contraire, (leur) utilisation aggrave le problème", l'évêque d'Orléans Mgr André Fort, "enfonce le clou en dévoilant sa nouvelle idée pour s'engager dans ce combat pour la vie : mettre sur les boîtes de préservatifs : +fiabilité incomplète+ comme on met sur les paquets de cigarettes +danger+", relève-t-il.
Faut-il rappeler à Mgr Fort cette "évidence qu'on croyait partagée par tous : le tabagisme tue, le préservatif protège ?", écrit M. Romero dans un communiqué.
Le président d'ELCS  
"rappelle que la sécurité des préservatifs est assurée par la norme NF" et réaffirme qu'"actuellement, malgré les progrès incessants de la recherche, le préservatif reste le seul vaccin disponible!".
"Les deux millions de personnes tuées chaque année (ndlr: dans le monde) par ce virus méritent sans doute plus de respect de la part de l'Eglise désormais complètement autiste", lance-t-il encore.
Hélène Zanier

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 17:18

 


« Pourquoi le pape ne pourrait-il pas prôner le droit à l'amour, une sexualité déculpabilisée, donc épanouie et protectrice ? Pourquoi pas ne pas rêver à des religions renouant avec leur part d'humanisme au lieu de nous asséner leur part d'ombre dominatrice ? Pourquoi ne pas souhaiter des imams luttant contre le terrorisme avec des fleurs, des rabbins portant secours aux enfants de Gaza et d'un pape distribuant des préservatifs en Afrique. »

Nous publions ci-dessous une tribune de Caroline Fourest, féministe, laïque, responsable de Prochoix et chroniqueuse de Charlie Hebdo, parue dans le Monde du 21 mars

« L'Evangile selon l'âge de pierre » 

 

« L'Evangile selon l'âge de pierre, par Caroline Fourest


Quelle est la différence entre l'humanisme et la compassion ? L'humanisme se bat pour que les hommes marchent un jour à égalité. La compassion se penche vers eux pour leur tendre la main et se donner l'air humaniste, mais au fond elle ne croit pas à l'égalité. A qui faire la charité si cela marchait ?

 

Il existe des croyants humanistes, plutôt portés vers l'action en faveur de l'égalité. Et des croyants fatalistes, conservateurs, chez qui la compassion sert de substitut à l'humanisme. Parfois, le désir de contrôler, de dominer ou de dicter la morale a même dévoré la compassion.

Que penser de cet archevêque ayant excommunié une mère brésilienne pour avoir fait avorter sa fille de 9 ans, enceinte après un viol ? Ou de Benoît XVI visitant des malades du sida en Afrique, pour faire ses bonnes oeuvres, après avoir une fois de plus délégitimé les préservatifs ?

Le pape fait penser à une multinationale qui aurait laissé cramer une récolte en décrétant que l'eau ne serait pas la solution à l'incendie. Et qui, grand prince, une fois la terre brûlée, viendrait distribuer un petit sac de provisions à chaque habitant affamé en espérant être béatifié.

"Vous n'attendez tout de même pas que le pape dise qu'on doit mettre un préservatif !" Cette phrase, entendue mille fois pour justifier le conservatisme le plus inhumain, vient sans surprise de Christine Boutin, qui pratique une vision tout à fait charitable de la politique du logement.

Comme tous les catholiques conservateurs, Christine Boutin ne change pas. Elle aime ce pape parce qu'il ne change pas non plus. Quel dommage tout de même que cette passion pour la constance figée ne se contente pas d'admirer des statues... Le Vatican serait peut-être moins pétrifié.

Le monde bouge trop vite à son goût ? Qu'il se rassure. A force de mener croisade contre le féminisme et l'égalité, l'humanisme ne va pas si vite. La discrimination des femmes et des homosexuels se maintient à un score tout à fait honorable. Ils continuent d'être envoyés en prison, pendus ou lapidés. Parfois, c'est vrai, l'humanisme vient à bout du fatalisme. Au Danemark, les couples de même sexe vont pouvoir adopter. En France, Nadine Morano, ministre de la famille, propose d'aménager le statut du "beau-parent" pour toutes les familles, qu'elles soient recomposées ou homoparentales. Christine Boutin s'en inquiète. Vous ne vous attendiez tout de même à ce qu'elle applaudisse ! Une statue, c'est fragile. Un mouvement et elles se mettent à craquer.

Que les statues se rassurent. Il faudra encore quelques années avant que les couples de même sexe n'aient pas seulement les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits que les autres. Même si, reconnaissons-le, à force d'être en mouvement, la droite française a bien évolué sur ce sujet. Surtout quand on a en tête les cris d'orfraie qu'elle poussait lors du débat sur le pacs.

Dix ans plus tard, même la droite catholique est horrifiée par l'intolérance du pape. Preuve qu'on peut aimer les statues sans ressentir le besoin d'en poser une sur le trône de Pierre. Leur vigilance rassure. Allons au-delà. Rêvons d'un pape qui puisse un jour faire autre chose que donner des leçons de morale irresponsables et inhumaines. Pourquoi pas ?

Pourquoi le pape ne pourrait-il pas prôner le droit à l'amour, une sexualité déculpabilisée, donc épanouie et protectrice ? Pourquoi pas ne pas rêver à des religions renouant avec leur part d'humanisme au lieu de nous asséner leur part d'ombre dominatrice ? Pourquoi ne pas souhaiter des imams luttant contre le terrorisme avec des fleurs, des rabbins portant secours aux enfants de Gaza et d'un pape distribuant des préservatifs en Afrique.

La planète aurait-elle vraiment perdu ses repères ? Le monde serait-il englouti comme Sodome et Gomorrhe ? Ou est-ce maintenant, à force de voir des religieux jouer les statuettes de malheur, que le monde sombre.

 

Caroline Fourest

Article paru dans l'édition du Monde du 21.03.09 »



Photos: 1- Caroline Fourest
et 2- Ariane Sherine devant un bus londonien proclamant "Dieu n'existe probablement pas. Maintenant arrêtez de vous en faire et profitez de la vie"


Dieu existe-t-il ?  Déjà à Bagnolet en Vert, nous avions commencé à briser les tabous en affirmant que le père Noël n’existait pas. Le Père [...] Lundi 12 janvier 2009 commentaires (3)  
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 15:46


C’est ce que l’on appelle donner le ton.
Dans l’avion qui le mène à Yaoundé au Cameroun, le pape Benoît XVI a déclaré ce mardi que le problème du sida ne «peut pas être réglé» par la «distribution de préservatifs». «Au contraire, leur utilisation aggrave le problème». Selon lui, la solution passe par «un réveil spirituel et humain» et l’«amitié pour les souffrants».


Décidément, même dans un costume de Père Noël, je trouve Benoît le seizième bien léger pour pérorer urbi et orbi sur cette question. Ou alors, il faudra qu’il nous éclaire sur la manière dont il a acquis ses compétences et son expertise en matière de sexualité.

Reste qu’encore une fois, ces déclarations sont désastreuses, même criminelles lorsqu’elles s’adressent à des populations qui les suivent à la lettre au péril de leur vie, de la vie de leurs partenaires et de celle de leurs enfants.

Ci-après un article de la revue onusienne « Relance Afrique » qui rappelle l’horrible réalité. On découvre, qu’une fois de plus, les filles et les femmes forment les plus gros bataillons de victimes ainsi que les enfants. HELENE ZANIER

« Le SIDA touche surtout les jeunes

Il faut réduire le nombre de jeunes séropositifs en Afrique subsaharienne

Par Jacqueline Irving

L'épidémie du VIH/SIDA touche "démesurément" les enfants et les jeunes adultes de la planète, en particulier les jeunes filles et les femmes, estime le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA). Le virus VIH, qui affecte un nombre croissant de personnes dans le monde, fait le plus de nouveaux ravages chez les jeunes, selon un bulletin publié en novembre par l'ONUSIDA, Dernières nouvelles sur l'épidémie du SIDA: Décembre 1998. La moitié des nouvelles infections de VIH dans le monde concerne les jeunes âgés de 15 à 24 ans, et c'est parmi les jeunes filles et les jeunes femmes de l'Afrique subsaharienne qu'il y a le plus de victimes.

Près de 70 % des nouvelles infections signalées cette année dans le monde l'ont été en Afrique subsaharienne, notamment dans certains pays de l'Afrique australe qui constitue "l'épicentre mondial" de l'épidémie. Les filles et les jeunes femmes de l'Afrique subsaharienne sont plus prédisposées à la contamination que les garçons et les jeunes hommes du même âge. Une récente étude sur la question conduite dans une région du Kenya a indiqué que 22 % des filles contre seulement 4 % des garçons étaient séropositives dans le groupe d'âge 15-19 ans, alors qu'une autre étude en Ethiopie auprès de jeunes de 20 à 24 ans a révélé que 35,4 % des jeunes femmes étaient séropositives, contre seulement 10,7 % des garçons du même groupe d'âge.
En outre, les femmes sont contaminées en moyenne de cinq à 10 ans plus tôt que les garçons, aussi bien dans les régions où l'épidémie est déjà installée que là où elle vient de se déclarer, selon une étude de 1992 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) intitulée Young Women: Silence, Susceptibility and the HIV Epidemic.
Outre des facteurs "biologiques, immunologiques et/ou virologiques," ce phénomène s'attribue au fait que les femmes sont souvent "incapables de négocier des rapports sexuels protégés avec leurs partenaires, et sont souvent victimes d'abus, voire de viols," a déclaré le docteur Nafis Sadik, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population, à l'occasion de la Journée mondiale du SIDA, le 1er décembre dernier. "Une nouvelle forme de violence se manifeste aujourd'hui contre les femmes par la transmission par leurs maris ou partenaires du virus VIH que ceux-ci ont attrapé en exploitant les services des professionnelles du sexe," a-t-elle précisé.

Le VIH/SIDA fait aussi des ravages parmi les enfants d'Afrique. En effet, 10 % des nouvelles infections signalées pour l'ensemble de la population affectent les enfants de moins de 15 ans dont 90 % vivent en Afrique, dit le rapport de l'ONUSIDA. De ce fait, les progrès réalisés dans le rallongement des taux de survie infantile risquent d'être réduits à néant dans de nombreuses parties de l'Afrique subsaharienne, où interviennent près de 94 % des 3,2 millions de décès d'enfants imputés au SIDA. Le rapport du Programme prévoit par ailleurs qu'entre 2005 et 2010, 72 sur 1 000 nouveaux-nés en Namibie mourront du SIDA avant leur première anniversaire; sans l'épidémie, le taux de mortalité infantile y serait sensiblement inférieur, à 45 décès pour 1 000 naissances.

Il semble que la plupart des enfants qui ont perdu la vie à cause du SIDA ont été infectés du virus VIH à leur naissance ou avant celle-ci, ou pendant l'allaitement. Au Zimbabwe, pays particulièrement touché par l'épidémie, le sang prélevé de femmes enceintes dans 23 des 25 centres nationaux de dépistage anonyme indique que 20 à 50 % des femmes testées en 1997 étaient séropositives. Le pronostic concernant leurs enfants pas encore nés est alarmant : la transmission du virus de la mère à l'enfant se produit dans un tiers au moins de tous les cas où la mère est séropositive.


"NE FAITES PAS L'AMOUR AVEC LE SIDA. PROTEGEZ-VOUS" (message de l'Association AIDES)

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 16:17

Cette semaine, Antonio Fischetti dans Charlie Hebdo met un coup de projecteur sur un impensé social, un non-dit, une hypocrisie, une escroquerie à la Sécu, une atteinte à la laïcité, mais surtout, à mon sens : une atteinte aux droits fondamentaux des enfants parce qu’elle est attentatoire  à leur intégrité physique : la circoncision rituelle ! En effet, une députée UMP demande « un contrat d’assurance circoncision proposé à la naissance des enfants mâles »… sachant qu’aujourd’hui la prise en charge par la Sécu est totale par le biais d’une fausse déclaration des praticiens… et qu’il en coûte 9 millions d’euros à l’ensemble de la collectivité ! Mais bien évidemment, le combat qui se justifie moralement en priorité est celui de l’abolition de cette barbarie.

La lecture de cet article de Charlie Hebdo– que non reproduisons ci-après – a réveillé en moi le souvenir d’une discussion que j’avais eue lors d’une réunion « verte » début 2004. Nous étions en plein débat de la loi sur l’interdiction des signes religieux à l’école. Parmi les participants à cette réunion, était présent un « indigène de la république » Ahmed B. qui militait pour le relativisme culturel et contre le projet de loi.
J’ai défendu que le voile était l’emblème de l’infériorisation des femmes et que je le combattrai comme je combattais l’excision.

Sa réaction m’a abasourdie par sa violence, mais surtout par son contenu : « Mais qui es-tu, toi, femme occidentale, pour savoir ce qui est bon ou mauvais pour les Africaines ? Ta position est tout simplement colonialiste, impérialiste. Si les Africaines veulent être excisées, c’est leur droit ! Tu n’as aucun droit à t’en mêler ! Si elles, elles trouvent cela bien pour elles, pour leurs filles, tu devrais les soutenir en tant que femme ! »
Je lui ai bien évidemment rappelé que je me sentais solidaire de toutes les femmes parce que je les considérais, moi, comme des égales. Les droits que je revendiquais pour moi, je les revendiquais pour toutes les femmes du monde et encore plus fermement quand il s’agissait de fillettes mutilées de force !

A cette déclaration d’Ahmed B., son ami Patrick F., qui le soutenait pour le voile, s’est senti obligé de se démarquer « timidement » sur l’excision en ajoutant à mon encontre : « Toi féministe, si  prompte à combattre l’excision, es-tu aussi contre la circoncision, parce que moi, j’ai été mutilé, amputé, quand j’étais incapable de me défendre. On ne m’a d’ailleurs pas demandé mon autorisation et personne ne s’est levé pour défendre mon droit à l’intégrité ! J’en fait encore des cauchemars».

Sans hésiter, j’ai répondu que je n’avais pas l’indignation sélective et que bien évidemment, je condamnais toutes les atteintes à l’intégrité physique des enfants (et des adultes), qu’elles concernent les filles ou les garçons, parce qu’il s’agissait d’une question de principe ! La supériorité des valeurs universelles se fonde justement dans l’universalité des droits des humains, de tous les humains,  et n’ont par essence pas de différenciation sexiste. J’ai de plus regretté, avec lui,  que peu de voix s’élèvent  pour condamner cette pratique inadmissible au regard du droit des enfants.

Il ne semble d’ailleurs possible de lutter efficacement contre  l’excision des  filles qu`en luttant aussi contre la circoncision masculine. Culturellement les deux pratiques ont le même sens: « purifier » l`enfant. C’est dans tous les cas un marquage identitaire, un signe d’appartenance. Et la question est la même: a-t-on le droit d`intenter à l`intégrité physique d`une personne ? Clairement : non !

Cette interpellation m’a permis de réaliser que je n’avais en fait jamais vraiment réfléchi à la question, car, comme beaucoup, je relativisais inconsciemment les conséquences des deux pratiques. Je me suis donc informée.

On découvre que toutes les religions ont, de tous temps, pour objectif de contrôler les sociétés en contrôlant les individus du groupe et allant jusqu’aux marquages identitaires dans leur chair. Que toutes ont utilisé la sexualité pour assurer ce contrôle. C’est même une obsession !

Quant à la circoncision, il ne s’agit nullement d’une pratique anodine. Les groupes de victimes et ceux qui les défendent, parlent, à juste titre, de pédocriminalité, du pire viol sur mineurs.
 

Certains, pour défendre et légitimer cette pratique barbare, invoquent des justifications hygiénistes. Il n’y en a aucune ! Toutes les parties du corps peuvent s’infecter si on ne les lave pas régulièrement ! Quant à la pseudo-protection (relative ?) qu’elle « garantirait » contre le sida, quelle fumisterie ! L’immense majorité des Africains est circoncise et c’est le continent qui est le plus touché par le virus. Massivement !


Le prépuce est un organe à part entière qui possède une triple fonction : protectrice, sensorielle et mécanique. Il est doté d’un réseau de terminaisons nerveuses dense et est une structure hautement vascularisée !

La circoncision, comme l’excision, est la mutilation d’un organe sain sur une personne sans son consentement. Imaginons une secte (une religion qui n’a pas encore réussi) qui choisirait comme marquage des enfants de ses adeptes l’ablation de la dernière phalange de l’auriculaire, du petit orteil ou du lobe de l’oreille (interventions « bénignes » elles aussi) … on hurlerait à la barbarie et les parents et les opérants seraient condamnés par la justice. Quelle est la différence de nature avec celle du prépuce ?
On parle de son interdiction au Dennemark…

HÉLÈNE ZANIER

CHARLIE HEBDO – mercredi 5 mars 2009

UN PRÉPUCE DANS LE TROU DE LA SÉCU

Les circoncisions rituelles font très souvent l’objet de fausses déclarations pour être remboursées par la Sécu. Il en coûte 9 millions d’euros par an au contribuable. Fraude doublée d’une violation du principe de laïcité: la députée Valérie Boyer pose la question au Parlement.
La seule raison qui peut justifier le remboursement d’une circoncision par la Sécu, c’est un phimosis, c’est-à-dire un resserrement anormal du prépuce, qui oblige à le sectionner. Une posthectomie, on appelle ça — mais ce n’est pas très fréquent. En vertu du nom du principe de laïcité, les circoncisions rituelles (dans les pratiques juive et musulmane) ne sont pas remboursables.
Si vous voulez faire circoncire votre fils, il vous en coûtera entre 500 et 1 000 euros. Mais si vous obtenez un certificat médical de complaisance, stipulant que votre fils est atteint d’un phimosis, le tour est joué. Ça s’appelle une fraude.
«Les urologues sont régulièrement confrontés à ces demandes», reconnaît Benoît Vignes, président du Syndicat national des chirurgiens urologues français. C’est pourquoi les urologues ont demandé des précisions à la Sécu. Le Dr Serge Larue-Charlus est venu leur apporter des chiffres: 75 500 posthectomies par an, soit 9 millions d’euros déboursés par la Sécu. Pas négligeable: c’est au moins 2 millions de plus que le coût des opérations de la prostate !

Pas de ciseaux dans la République
Sauf à contrôler chaque toubib, la Sécu ne dispose d’aucun moyen pour différencier les fraudes des vrais phimosis. Mais on peut se faire une idée en comparant les chiffres des différentes régions. 40 % des posthectomies sont pratiquées en Île-de-France. Et les deux tiers sur trois Régions : Île-de-France, PACA et Languedoc-Roussillon. Comme il n’y a aucune raison que les phimosis y soient plus nombreux qu’ailleurs, seule la fraude explique ces disparités géographiques.

 Les chiffres montrent encore que 65 % des posthectomies sont effectuées sur des enfants de moins de 7 ans, et 2 % sur des enfants de moins d’un an. Or les juifs circoncisent à 8 jours, et les musulmans aux environs de 7 ans. Pas besoin de faire un dessin, donc. Les amis de Le Pen en déduiront encore que ce sont les Arabes qui grèvent le budget de la Sécu, mais renvoyons-les dans leurs bas-fonds, car ce n’est pas le propos. Faut-il pour autant faire une croix sur le principe de laïcité ?

En septembre dernier, Valérie Boyer, députée UMP des Bouches-du-Rhône, propose, dans une question écrite au Parlement, d’élaborer un protocole clair et applicable à tous, qui préserve la neutralité et l’égalité républicaines » et suggère « un contrat d’assurance circoncision proposé à la naissance des enfants mâles ». Elle s’est vu reprocher sur des sites Internet de vouloir faire rembourser la circoncision rituelle par la Sécu. À Charlie, nous n’avons pas l’habitude de défendre des députés UMP, mais là, il faut lui rendre justice : ce n’est pas ce qu’elle dit. Certes, elle envisage « sous certaines conditions préservant le principe de laïcité, une participation limitée de l’assurance maladie »… Mais en attendant, c’est ça ou la prise en charge totale, frauduleuse et non dite… Ce qui n’est pas mieux.

Le gouvernement n’a pas encore répondu à Valérie Boyer. Et à moi non plus, d’ailleurs, personne n’a répondu. J’ai contacté plusieurs fois la Sécurité sociale, le ministère de la Santé, le Conseil français du culte musulman… En vain. Charcuter le sexe d’un gosse qui n’a rien demandé, c’est déjà dégueulasse. Mais que nous, laïques et athées, financions cette barbarie : pas question !


ANTONIO FISCHETTI

 




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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 07:14
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Le grand nombre de « visites » de notre article sur le dérapage de Marc Everbecq en matière de laïcité (sur fond de conflit israélo-palestinien) et la discussion, plutôt intéressante, qui s’est engagée montre toute l’actualité de ce débat sur la laïcité (vivre ensemble dans la république).

Curieuses amitiés entre le Maire de Bagnolet et l’UAM-93 

Nous publions donc intégralement le « Manifeste de LÉA » (manifeste transculturel). LÉA (Laïcité Écologie Association) est une association qui regroupe les écologistes pour la laïcité.

Bonne lecture.

Pierre Mathon

« Le Manifeste Transculturel

Diffusé pour la première fois aux Journées d’Eté des Verts à Coutances dans la Manche, fin août 2006, le Manifeste Transculturel est un document cadre, qui va peu à peu s’étoffer, grâce au travail des adhérents de LEA...

Certains pensent que l’Humanité est constituée d’une juxtaposition de groupes humains porté chacun par une Culture...

Au contraire, nous pensons que chaque être humain est unique et porte en lui une part des cultures du Monde

Le Manifeste Transculturel

Notre société va mal. A la précarité sociale, aux violences faites aux femmes, au recul des services publics, s’ajoute pour une grande partie de la population une discrimination permanente à l’embauche, au logement, accompagnée d’actes quotidiens de racisme et d’antisémitisme. Le recul des politiques publiques a laissé le champ libre aux régressions, aux atteintes à l’égalité, au mépris des fondements mêmes des principes républicains.

Des organisations instrumentalisent ce sentiment d’abandon d’une partie de la population pour conduire certains à se construire de nouvelles identités, non pas avec, mais contre le reste de la population. A défaut d’être reconnu « comme les autres », la tentation d’être reconnu « à côté » joue comme autant de rupture au principe d’égalité sans répondre sur le fond à la question des discriminations. En filigrane, la volonté de remettre en cause près de deux siècles de combats laïques et pour les droits humains, de nier l’universalisme et l’apport des Lumières est clairement mise en œuvre.

D’autres organisations, en miroir, utilisent la peur inspirée par ce repli communautaire pour attiser les haines, le racisme et « la guerre des civilisations ».

La réponse républicaine est en panne. Après la faillite des systèmes planifiés, le libéralisme économique s’accommode très bien d’un fonctionnement fractionné de la société, où chacun gère lui-même ses problèmes sociaux, sans recours à l’Etat.

La tradition jacobine, réductrice des langues et cultures régionales, n’offre pas d’alternative à des populations qui ne se reconnaissent pas toujours dans la culture englobante.

La route est étroite mais nous n’avons pas le choix : promouvoir un modèle laïque - basé sur la liberté de conscience, un modèle républicain - assurant l’égalité des droits pour toutes et tous et proclamant l’universalité des droits humains, un modèle culturel recherchant à tous les niveaux la diversité, créant du lien, des échanges et de l’intelligence tout en favorisant le développement humain.

Ce modèle, nous l’appelons le transculturalisme.

1 La laïcité : un principe de « vivre ensemble »

Pourquoi nous battons-nous pour la laïcité ? Ne serait-il pas mieux de reconnaître chaque église, chaque obédience, chaque culte, lui donner une place officielle dans l’espace public, et organiser la cohabitation pacifique entre eux ?

L’idée laïque découle de trois droits humains fondamentaux :
   la liberté de conscience
   la souveraineté du peuple
   l’égalité en droits

Ainsi, chaque être humain a le droit de dire et de penser ce qu’il veut, du moment qu’il n’enfreint pas les lois décidées souverainement par le peuple.

Ainsi distingue-t-on le monde des idées, idéologies et croyances, où règne la liberté de conscience, du monde des actions des hommes, où s’applique la loi.

Chaque être humain se fait une représentation symbolique du monde qui lui est propre : croyant, athée, agnostique... il est libre de penser et de s’associer avec d’autres personnes qui, sur ce sujet, ont les mêmes convictions. L’état n’a aucun contrôle à avoir sur la spiritualité de ces associations, et celles-ci n’ont aucun pouvoir temporel à attendre de l’Etat. C’est la loi de séparation.

Donner un statut aux cultes est contraire au principe d’égalité. Seuls les cultes dominants et structurés auront un statut. Les citoyens qui n’adhèrent à aucun culte, ou ceux d’obédiences minoritaires ne seront jamais représentés, ne serait-ce que par la diversité de leurs opinions.

Qu’est-ce que « donner un statut aux cultes » en France aujourd’hui ? C’est notamment, les organiser en « instances représentatives » afin, nous dit-on, d’avoir un « interlocuteur ». Mais qu’est-ce donc que cet interlocuteur qui prétend représenter des citoyens sur la base de leur croyance religieuse au détriment de leur existence sociale ? D’où lui vient sa légitimité ?

Autant il est normal qu’une association cultuelle s’exprime, comme tout autre, dans l’espace public, autant il est anormal qu’elle soit associée à un processus de pouvoir quel qu’il soit. Nous retrouvons des religieux, désignés en tant que tels, dans les comités d’éthique. Pourquoi sont-ils là ? Qui a dit que les croyants étaient plus éthiques que les non-croyants ? Pourquoi les aumôniers des principales religions sont agréés ou nommés par l’Etat dans les prisons ou aux armées ? Et pourquoi seulement pour 4 ou 5 cultes ? N’y aurait-il pas un droit universel pour chacun d’avoir un entretien privé avec qui il veut ? Un athée n’aurait-il pas ce droit ? Sous le couvert de bonnes intentions, le principe d’égalité n’en est que plus bafoué.

La religion ou l’absence de religion est une affaire personnelle, privée. Elle s’exprime comme toute autre activité dans la sphère publique. Elle ne peut en aucun cas prétendre à un statut particulier lui venant de l’Etat.

Il en découle bien évidemment que la critique des dogmes religieux est tout à fait possible, que ce soit à travers des mots, des chants, des cris ou des dessins ; qu’une différence est à faire entre cela et l’expression d’une haine contre toute une population dont on suppose l’appartenance à une religion ; que dans ce cas il s’agit de racisme pur et simple et qu’il y a alors nécessité de s’en remettre aux tribunaux.

2 L’universalisme : une appropriation « transnationale » issue des peuples

Au prétexte que la République n’est pas irréprochable, voilà bien un principe souvent remis en cause ces dernières années. Pourquoi donc, cette idée qui proclame l’unité du genre humain, qui proclame l’égalité en droits de toutes et de tous, sans distinction d’origine ou de croyance, pourquoi donc cette idée, que ne devraient craindre que les dictateurs, autocrates et oppresseurs en tout genre, est-elle remisée au dépotoir des idées caduques, rabaissée au niveau du colonialisme, de l’esclavagisme et du racisme.

Nous ne perdrons pas notre temps à la défendre auprès de ses détracteurs. C’est d’accord, mettons au rancard l’universalisme. Que nous reste-t-il ?

Les hommes ne naissent pas libres et égaux en droits. Et bien, c’est une bonne nouvelle pour les colonialistes et les esclavagistes.

Les droits humains dépendent de la culture. Comment, on ose critiquer l’excision, responsable de milliers de morts, alors qu’une femme non excisée, dit la coutume, ne pourra trouver de mari ? Qui sommes-nous donc, pour juger ? C’est bien une idée de blanc rassasié ! Et bien, le blanc rassasié, gavé du pillage colonial, lui ne trouve rien à redire à ces coutumes « exotiques ». Il classe les êtres humains en groupes « culturels » et respecte les oppressions en vigueur dans ces groupes. C’est tellement plus pratique !

Le relativisme culturel fut promu à son origine pour faire prendre conscience, d’un point de vue scientifique, que les cultures devaient être appréhendées comme un ensemble symbolique cohérent, avec des représentations qui ne nous sont pas familières. Il s’opposait à la vision raciste des « races supérieures » face aux « peuples indigènes », présentés comme a-culturés.

Ce sens a été détourné et aujourd’hui, le relativisme culturel, s’étendant à la sphère politique, justifie la conservation de tous les rapports de domination, fussent-ils mortifères. Ainsi, les coutumes sexistes (crime d’honneur, lapidation, excision, élimination à la naissance, meurtre des homos...), esclavagistes ou inhumaines (mise à mort par tous les moyens, amputations, enfermements arbitraires...) sont présentées au mieux comme des problèmes intérieurs à ces cultures, sur lesquels nous n’aurions rien à y redire, surtout nous, fils et filles de colonialistes et esclavagistes ( !). Mais, le problème, c’est que celles et ceux qui dénoncent ces pratiques, de l’intérieur, sont aussi taxés d’être des traitres occidentalisés, en rupture avec leur culture d’origine.

Tout cela est nauséabond, et nous affirmons haut et fort que tout être humain, d’où qu’il vienne, où qu’il soit né, est éligible à la lutte pour l’égalité des droits, la dignité et la liberté de conscience. Et que rien, aucune idéologie, aucune religion, aucune coutume ne peut être opposée à son projet émancipateur. C’est le sens du combat qui est notamment mené par les féministes, les syndicalistes, les minorités (sexuelles, culturelles...) ici et... là bas.

3 Les impasses du « modèle jacobin »

De l’autre côté, nous trouvons des gens qui se proclament universalistes et républicains, mais dont la pratique est tout autre. C’est ce que nous appelons les Jacobins.

Partant d’une idée du contrat social qui unit les Français, quelle que soit leur origine, s’est affirmée l’idée d’une « unité » de la France.

Cette unité en droits est devenue une unité culturelle. Ainsi, le jacobinisme a réduit les langues régionales, exigé une assimilation totale des populations immigrées, centralisant toutes les décisions au niveau national.

Obsédés par la notion d’identité nationale, les Jacobins ont tenté par tous les moyens de réduire les autres identités que porte tout un chacun : régionale, du pays d’origine, culturelle et/ou religieuse...

La montée de l’identité européenne les consterne. Ils n’acceptent en fait aucune autre identification que nationale, ils la perçoivent comme un danger. Ainsi, ils combattent tout regroupement communautaire, même - par exemple - sur la base d’une orientation sexuelle !

Le problème c’est qu’en plus de ne pas prendre en compte ce besoin d’identité, ils n’apportent plus les réponses sociales qui ont « fait passer la pilule » de la perte identitaire aux générations passées.

Leur modèle franco-français peut s’avérer efficace contre le racisme ouvert, mais est incapable de lutter contre les discriminations rampantes, car ils prétendent que la loi, universelle, est appliquée. Ils ne sont plus à l’écoute des souffrances réelles des populations.

Pire, pour certains, il y aurait des cultures ou des religions « exogènes » incapables de s’intégrer à la « culture française ». Cette dérive conduit d’ailleurs rapidement à des propos et des comportements racistes.

Ils n’ont pas compris que le problème n’était pas l’éradication des cultures, mais leur acceptation pleine et entière, vécu comme un enrichissement. Bien entendu, faut-il le rappeler, l’expression d’une culture ne dédouane pas du respect des droits humains fondamentaux et des lois en vigueur, mettant en cela tous les citoyens à égalité.

4 Communautés et communautarisme

Soyons clairs : non seulement il y a des communautés, sur la base de toutes sortes de regroupements (politique, sportif, scientifique, culturel, cultuel, d’origine, d’intérêts...), non seulement cela ne pose aucun problème en soi, mais en plus c’est tout à fait souhaitable.

Comment s’épanouir seul parmi des millions, sans à un moment ou un autre, se regrouper avec d’autres, avec lesquels on pourra échanger, partager, trouver des complicités, se distraire ou se cultiver, discuter ou tout simplement passer du temps.

Chercher l’autre, chercher son semblable... tout ça ne remet pas en cause les fondements de la République.

Ce qui, par contre, pose problème, c’est le communautarisme.

Mot d’importation anglo-saxonne, et faisant référence à des modes de fonctionnement qui existent encore peu en France, ce mot est utilisé pour prévenir les dérives qui nous guettent.

Le communautarisme, c’est la construction d’une identité exclusive, établie contre tous les autres citoyens. Cette identité peut d’ailleurs être construite de toute pièce, comme dans un regroupement sectaire.

Ce qui est une menace, c’est l’exaltation des différences pour faire une différence de droits, notamment à l’intérieur de la « communauté ». Cette idée du « chacun chez soi » est raciste, favorise un contre-racisme et fragmente la société. Les intérêts de uns et des autres divergent, les questions sociales deviennent secondaires, et l’action politique ne se conçoit plus que comme une question d’alliances entre communautés, de clientélismes, y compris avec des intérêts contradictoires.

5 Le rôle de l’Ecole en danger

L’école met en présence des enfants et des adultes qui se retrouvent dans des fonctions d’élève et d’enseignant-e. Ces fonctions demandent une disponibilité à l’étude et une disposition à l’enseignement.

L’école laïque républicaine est une des pièces maîtresses de l’émancipation des êtres humains et des citoyen-nes. Elle doit permettre de forger une pensée critique et autonome.

Il n’est donc pas étonnant que cette école soit la cible des communautaristes.

Les connaissances sont universelles et transiger sur la théorie scientifique de l’évolution, sur la loi d’attraction universelle ou sur Voltaire serait faire preuve d’obscurantisme.

Ignorer ou glorifier le colonialisme serait faire preuve de mépris et de racisme.

Par ailleurs, la connaissance du patrimoine culturel de l’humanité, sans exclusive, doit faire partie de la formation à la fois des enseignant-es et des élèves. Les religions doivent être abordées en tant que faits de civilisation.

L’accès à la connaissance des mythologies, des religions et des patrimoines artistiques et culturels de l’humanité contribue à permettre à chacun-e de s’inscrire dans l’Histoire et à comprendre le sens des œuvres, des croyances et des symboles.

La compréhension du Monde dans lequel nous vivons, la tolérance et le respect des différences n’est pas la censure des connaissances fondamentales ou la restriction du patrimoine culturel de l’humanité en fonction des croyances.

Pour toutes ces raisons, il n’est pas possible de tolérer, notamment pour les plus jeunes, le prosélytisme religieux ou politique - voire consumériste, qui viole ces libertés fondamentales.

6 Le modèle libéral « multiculturaliste »

Le fonctionnement en communautés reconnues a trouvé son expression politique dans ce qu’il est convenu d’appeler le « multiculturalisme » en Grande Bretagne, aux Etats Unis d’Amérique ou au Canada, sous des formes assez différentes d’ailleurs.

Partant de l’idée du respect des cultures, on en est venu à reconnaître des groupes dont la constitution s’est faite la plupart du temps par l’histoire des migrations ou des persécutions religieuses.

Ces groupes, ces communautés, ont obtenu des droits spécifiques. Au Canada, par exemple, il y avait jusqu’à peu des tribunaux communautaires, jugeant du droit familial, pour les principales religions.

Aux Etats Unis, l’Affirmative Action a reconnu les groupes ethniques en tant que tels pour lutter contre la discrimination raciale, établir des quotas à une certaine époque, faire des statistiques.

En Grande Bretagne, les gens se définissent naturellement comme étant de telle ou telle communauté, et l’espace extra-communautaire est de plus en plus réduit.

Quel est le problème ?

Quand le regroupement se fait sur une base de « pays d’origine », il assigne à vie toutes les personnes issues de ces pays à appartenir à la communauté. Cette assignation se fait autant par les membres du groupe que par le reste de la société. Dans un système multiculturel, on ne sera jamais ouvrier - artiste - fonctionnaire - universitaire - sans qu’on y accole une étiquette communautaire. Que la personne aime ou non son pays d’origine, de toutes façons elle n’y échappera pas. L’invisibilité est impossible, les stéréotypes associés à la communauté sont constants.

Quand le regroupement se fait en plus sur une base religieuse, la situation empire. Il devient alors impossible de critiquer sa religion sans être un « traitre » à sa communauté. Le blasphème devient un délit.

Dans tous les cas, la liberté de conscience est bafouée.

De plus, ce nationalisme communautaire conduit naturellement à des comportements de groupe : affrontements entre communautés, comparaisons de niveaux d’étude, de vie, de réussite, favorisant les attitudes globalisantes et racistes. C’est un idéal de régression de la volonté et des projets communs, un « modèle » pour tous ceux qui prônent et développent le retrait de l’action des politiques publiques au profit de sous groupes qui négocient leurs avantages selon le rapport de force.

7 L’alibi de la séparation entre les principes et le contexte

De tout temps, il y a eu des gens « pragmatiques » pour nous expliquer que les principes, c’était très bien, mais qu’il fallait tenir compte du « contexte ».

Ainsi, on ne condamnera pas la lapidation, on demandera « un moratoire », respectant en cela les coutumes locales, tellement bien implantées. Bien sûr, on est contre la lapidation, mais on ne peut tout de même pas l’imposer comme cela, il faut tenir compte du contexte !

Des organisations intégristes organisent une campagne d’une extrême violence contre la parution de caricatures dans un journal, des Etats dictatoriaux font de la surenchère, des hommes sont tués et des ambassades incendiées, des églises détruites... Au lieu de s’unir toutes et tous, indépendamment de nos croyances ou non-croyances, pour affirmer les principes de liberté d’expression et de régulation par l’Etat de droit, on nous explique que, bien sûr, il y a la liberté d’expression, mais, vous comprenez, il y a le contexte !

Ce contexte, arme absolue pour empêcher tout sursaut en faveur des principes pour lesquels des sacrifices énormes ont été consentis, de génération en génération, quel est-il ? Celui d’une dérive intégriste des grandes religions monothéistes ? L’offensive de christianisme évangélique américain d’un côté et de l’islam politique de l’autre ? Non, nous explique-t-on, ça, ça n’existe pas, c’est un fantasme. Le contexte, c’est « l’islamophobie » ambiante.

Le mot est lâché. Nous connaissions bien des racismes, y compris, notamment après le 11 septembre, un racisme anti-musulmans qui s’est traduit aux Etats Unis par plus de 200 agressions, dont celles d’Indiens bouddhistes, de Sikhs et d’un Egyptien copte qui avait fui la persécution islamiste de son pays... mais celui-ci est bien différent.

Utilisé par les intégristes pour bloquer toute critique de l’islam ou de son interprétation par des musulmans ou des musulmanes, ce concept est repris avec une confusion toute intentionnelle par des intellectuels de gauche, dans le but, cette fois, de bloquer toute critique de pratiques attribuées par leurs auteurs même à l’Islam, et qui posent problème : le recours à la violence (justification des attentats suicide contre des civils, en Europe, en Israël, en Irak, fatwas de condamnation à mort contre des écrivains, des intellectuels, ou de simples contradicteurs), la condition faite aux femmes (non mixité, enfermement, port du hijab ou de la burqa), l’affirmation de la suprématie de la Sharia sur les lois du peuple souverain.

L’islam n’a pas le monopole de ces pratiques, loin de là. Et bien des musulmans ne se comportent pas ainsi. Mais il est le seul où il y a un mot pour museler la critique.

Ainsi, un homme est tué près de Lyon. C’est sans conteste un acte raciste. Les injures anti-arabes ne font aucun doute. C’est du racisme anti-arabe. Comment cela peut-il se transformer en acte d’« islamophobie » ?

Les intégristes ont tout à gagner à garder cette confusion. Ils s’assurent ainsi l’appui d’antiracistes sincères. Pour mener à bien leur entreprise totalitaire, ils ne peuvent se permettre de critiques « de gauche », il lui faut donc les amadouer. Le levier de la culpabilisation s’est avéré extrêmement efficace : toute critique de leurs actions montre à quel point on n’est pas débarrassé de l’idéologie coloniale, voire esclavagiste.

8 Le faux « argument » du « deux poids - deux mesures »

L’idée de l’identité exclusive dans une seule communauté conduit bientôt à relire tous les faits à travers ce filtre d’identification. Ainsi, naissent la concurrence victimaire, et la sensation du « deux poids - deux mesures ».

Prenons le cas de Dieudonné. Sa propension à opposer des groupes en en comparant le nombre de victimes a des conséquences encore plus destructrices que ses « simples » propos antisémites, contre lesquels les antiracistes sont vaccinés. La Shoah a été un crime immense, et bien entendu ne concerne pas que les Juifs. La commémorer sert à se défendre contre toute idée génocidaire, à extirper la banalisation raciste. Toutes les victimes du racisme, et les autres, peuvent commémorer la Shoah, comme crime contre l’humanité. Ainsi que nous nous reconnaissons tous dans la condamnation de l’esclavage, de la traite des Noirs, de la colonisation, même si nous ne sommes pas directement concernés.

Parler de « pornographie mémorielle » concernant la commémoration de la Shoah, comme l’a fait Dieudonné, revient à dire que ce sont « toujours les mêmes » qu’on célèbre, et pas les autres. La revendication sur laquelle l’unité peut se faire est de réclamer un mur de noms, un jour de commémoration, une prise en compte dans les manuels scolaires, pour les déportés Noirs, pour les esclaves et les victimes de la colonisation. Effectivement, chacune de ces tâches de l’histoire de France apporte son enseignement propre. Il ne s’agit pas tant de « demander pardon » que de nous construire une histoire commune !

Aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre parler de « deux poids - deux mesures ». En faisant cela, on tente de souligner le déni de racisme visant les Arabes ou les Noirs, déni qui est réel. Mais on le fait sur le dos d’un autre groupe, lui aussi victime de racisme, les Juifs. Or on ne combat pas le racisme en instillant l’antisémitisme. On combat les deux en même temps, c’est la seule solution.

Cette vision fragmentée découle d’une pensée communautariste. Elle est dangereuse. Nous devons défendre toutes les victimes sur la base du crime ou de l’agression qui leur est faite, pas sur la base d’une concurrence entre communautés, qui sera un facteur de haine entre elles.

9 Les projets religieux radicaux

En France, l’organisation qui représente l’islam radical est l’UOIF. C’est une organisation ultra-réactionnaire. Un de ses mentors est Youssef Al-Qaradhawi. C’est le responsable du Conseil Européen de la Fatwa. Ses déclarations contre les juifs et les homosexuels sont d’une extrême violence, et pourtant, peu se soucient de le dénoncer à gauche. Et surtout pas le maire de Londres, Ken Levingston.

Le plus « séduisant » de nos intellectuels musulmans, Tariq Ramadan, pose un autre problème : il a parfaitement intégré le langage de la gauche altermondialiste. Il représente, dit-il, un « islam ouvert ». Il se dit laïque (mais d’une « laïcité ouverte ») et antiraciste. Contre les communautarismes. Pour l’égalité des Droits. Certes, il le dit sur les plateaux de télévision.

En matière d’égalité hommes-femmes, il explique que l’islam fait « une différence ». Ce différentialisme est la justification de toute sa position concernant les femmes : elles sont totalement libres... d’appliquer l’islam.

Il refuse de se prononcer sur l’homosexualité. Il exalte l’identité musulmane, sachant bien que cette identité, dans les quartiers abandonnés de la République, va se construire sur la frustration, de manière exclusive, contre toutes les autres identités possibles.

Son but : l’instauration d’un multiculturalisme où « la communauté musulmane », serait enfin reconnue. Reconnue, mais encadrée, normée, muselée. C’est bien la mise sous tutelle des musulmans de France et d’Europe qu’il recherche.

Qu’on songe un instant à la position d’une partie de la gauche si le même discours était porté par un représentant d’un autre culte. Que dit-on - avec raison - de l’immixtion des autorités religieuses juives et catholiques quand elles s’invitent de la même manière dans la « vie civile », par exemple au sujet de l’orientation sexuelle ou de la liberté de disposer de son corps... Qu’on analyse un instant les ravages du « néo-protestantisme » aux USA, introduit jusque dans l’appareil de l’Etat.

Qu’on songe aussi au sort d’une partie de la gauche iranienne, qui de bonne foi avait cru bon de collaborer avec le régime des mollahs.

10 La diversité culturelle sans « discrimination positive » : le nouveau défi à relever des politiques publiques

La diversité culturelle est une richesse - à condition de ne pas confondre culture et pratique de traditions rétrogrades. Pour qu’elle s’exprime, il faut par tous les moyens faire tomber les barrières entres les gens et construire des ponts.

Faire tomber les barrières commence par la lutte contre les discriminations, pour l’accès de tous à l’emploi, au logement, dans les institutions, et au plus haut niveau.

Construire des ponts consiste à vivifier les associations culturelles de toutes natures, de créer des liens entre elles, de faire partager sa culture et de profiter de celle des autres.

Comment lutter efficacement contre les discriminations, sans se payer de mots, sans non plus tomber dans le système ethnique des « quotas » et de la « discrimination positive », en développant des outils d’évaluation construits sur des critères sociaux ?

De même que le ‘testing’ permet de savoir s’il y a ou non discrimination pour l’accès aux loisirs, au logement et parfois à l’emploi, nous pouvons imposer une diversité culturelle dans l’administration et les entreprises de taille suffisante. Sur le soupçon d’une discrimination à l’embauche, on peut solliciter l’expertise d’une organisation antiraciste, laquelle après enquête peut se porter partie civile dans un procès. Il faut alors que les risques financiers encourus soient réellement conséquents, pour que la loi soit dissuasive et qu’elle soit finalement appliquée.

Les stratégies d’évitement des classes sociales sur celles qui leur sont immédiatement « inférieures » ne trouveront pas d’issues dans le compartimentage ethnique et les réponses raciales.

Ainsi, nous irons vers l’idéal d’une société sans plafonds de verre, où chacun se sentira libre et acteur de sa vie, une société où « vivre ensemble » ne sera plus un mythe, où l’on pourra se consacrer à la résolution des vrais problèmes de la planète... Une société transculturelle ! »

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 21:57


Dans un article récent au sujet du voyage de Marc Everbecq à Gaza, nous nous étonnions en ces termes de la présence du secrétaire général de l’Union des Associations Musulmanes de Seine Saint-Denis dans la délégation :

« Que signifie la présence dans cette délégation communiste du responsable de l’Union des Associations Musulmanes de Seine-Saint-Denis ? Ne s’agit-il pas d’un mélange entre le politique et le religieux au moment où les choses sont pourtant déjà assez embrouillées de ce point de vue ? » 

 
 


La réponse ne s’est pas fait attendre
.

Depuis son retour de Gaza, Marc Everbecq est devenu un familier de l’UAM-93 et ne quitte plus son secrétaire général.

Ainsi le dimanche 1er février, à « l’Institut supérieur des sciences islamiques » d’Aubervilliers, Marc Everbecq était l’invité vedette de l’UAM 93 dans un débat intitulé « Faut-il dialoguer avec le Hamas ? »

Que l’on se comprenne bien, il est bien entendu nécessaire de négocier avec ceux qui détiennent le pouvoir à Gaza si l’on veut sortir du cercle vicieux et meurtrier où la population palestinienne de Gaza est prise en otage entre Tsahal et le Hamas. De là à considérer un groupe militaro-totalitaire islamiste comme le partenaire (privilégié !) d’un dialogue il n’y a qu’un pas que les démocrates ne doivent pas franchir.

Et le vendredi 6 février, Marc Everbecq a remis le couvert en participant à une soirée de solidarité avec Gaza, à l’invitation de l’UAM-93, à Aulnay-sous-Bois cette fois.

Participaient à cette soirée entre autres : le Cheikh Tayssir Tamimi, « Imam de la mosquée Al-Aqsa et chef de la juridiction islamique de Palestine », le Mufti de Palestine … et « nos deux inséparables » : Marc Everbecq  et M'hammed Henniche Secrétaire Général de l'UAM-93.


L’UAM-93 (Union des Associations Musulmanes de Seine Saint-Denis) est un regroupement politico-religieux qui s’organise en groupe de pression. L’UAM 93 s’est notamment mobilisé contre la loi de février 2004 sur les signes religieux à l’école et au début 2006 pour l’adoption d’une loi interdisant le « blasphème » (au moment où les islamistes manifestaient dans le monde entier contre les caricatures de Mahomet).

L’association des Musulmans de Bagnolet (qui reçoit une subvention municipale annuelle de 36 000 € et qui vient de se faire attribuer un local municipal de 400 m2 rue Pierre et Marie Curie) est membre-fondateur de l’UAM 93.


Nous devions porter ces faits à votre connaissance.

 

Pierre Mathon

 

Illustrations :

1-Photo du voyage à Gaza : on y reconnaît le secrétaire général de l'UAM-93, aux côtés du Directeur Général des Services de la Ville de Bagnolet, lui aussi du voyage (source : le blog de Marc Everbecq)

2-Scène de manifestation à la Bastille : un exemple du mélange entre politique et religieux

3-La libération par le voile ?

4-La une de Charlie Hebdo qui lui a valu d'être traîné en justice

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