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  • : Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet
  • : Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
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L'éditorial du blog

planete_bleur_belle_fond_vert.jpg                                                           

Ce blog «Bagnolet en Vert» est le blog d’Hélène Zanier, de Pierre Mathon et de leurs amiEs. Aujourd’hui militantEs associati -fs –ves (à « Bagnolet Ecologie » et Environnement 93, Jardins partagés, « l’Association des Bagnoletais contre la Dette », Romeurope, RESF, Russie-Libertés, Murs-À-Pêches, etc.), après avoir été élus (régionaux, municipaux) et responsables du parti Les Verts, nous entendons contribuer à l’avancée des idées et des projets écologistes.

Penser et agir, globalement et localement, telle est la devise de notre blog écolo,  Vert et ouvert, militant et d’éducation populaire, libre, bagnoletais, intercommunal et planétaire.

Hélène Zanier et Pierre Mathon

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En Vert et avec tous !

Vous pouvez compter sur 

Pierre MATHON
et toute l'équipe de
BAGNOLET EN VERT


* pour l’environnement et le développement durable, 
* pour la démocratie, la citoyenneté et la laïcité,
 
* pour la solidarité et l’égalité des droits, 
* pour l’école, l’éducation et la culture, 
* pour un urbanisme de qualité

 
En Vert et avec tous                                            

AGENDA

BONNE ANNEE 2015 !

 

Mardi 3 février à 20h30 conseil de quartier de la Dhuys à l'école Joliot-Curie

 

Mercredi 4 février à 19h atelier participatif sur la ZAC Benoit Hure : les espaces extérieurs  et l'occupation de la mairie historique

 

Jeudi 5 février 19h30 salle P et M Curie conseil de quartier des Malassis

 

PETITIONS

Réaction aux propos intégristes d'un élu de la majorité municipale de Bagnolet : pour le droit des femmes à disposer de leur corps

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_maire_de_Bagnolet_defense_du_droit_des_femmes_a_disposer_de_leur_corps/?sMpnibb

 

« Monsieur le Maire de Bagnolet: Nous vous appelons à créer une maison de quartier et citoyenne dans le quartier de la Dhuys»

http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_Maire_de_Bagnolet_Nous_vous_appelons_a_creer_une_maison_de_quartier_et_citoyenne/?tUmsDgb

 

Pour que cesse l'acharnement juridique contre la confédération paysanne
 
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-acharnement-conf-865.html

 



 

 

 

 

 

 

 


 

2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 14:48

Cela devait arriver. Le géant de la mal bouffe, se lance, à son tour, dans le débat sur la burqa.

 

Car bien évidemment Dark Vador (Darth Vader) qui s’attable avec gourmandise ou dégoût (nul ne peut le savoir) chez Mac Do est une allégorie figurant une femme en burqa (ou un homme, nul ne peut le savoir).

 

Evacuons d’entrée une question très concrète ; comment font-ils pour manger avec leurs masques et leurs draps qui les en empêchent ?  Puisque justement chez Mac Do, peut-être vaut-il mieux ne pas manger.


 

Et concentrons-nous sur la question de fond : que signifie cette pub ? Est-elle pro ou anti-burqa ?

 

Au premier abord, le slogan « venez comme vous êtes » semble un encouragement aux intégristes : vous pouvez venir chez Mac Do. Même si vous aurez du mal à ingurgiter de la nourriture, vu votre accoutrement.

 

Mais, à y regarder de plus près, les choses sont un peu plus compliquées.

 

En effet, la pub montre, juste derrière le voile intégral de Dark Vador, un couple libéré qui s’embrasse goulûment en public … de façon fort peu islamiste.


Nous ne pouvons alors que penser à la belle pensée de Salman Rushdie (que nous avions imprimé sur le tee shirt de LEA (Laïcité Ecologie Association) :



« Pour prouver que les fondamentalistes ont tort, nous devons nous mettre d’accord sur ce qui est important :


les baisers en public, les sandwichs au bacon,

les désaccords, la mode d’avant-garde,

la littérature, la générosité, l’eau,

une distribution plus équitable des richesses dans le monde,

les films, la musique, la liberté de pensée,

la beauté, l’amour.


Ce seront nos armes.


Ce n’est pas en leur faisant la guerre, mais en choisissant de vivre sans crainte, que nous les vaincrons. »

Au-delà de l’image apocalyptique de Dark Tchador, c’est ce à quoi nous voulons penser en voyant sur cette pub ce libre baiser en public.


Pierre Mathon

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 21:58

 

Voici la tribune de Caroline Fourest, parue dans le Monde du 28 août, consacrée au prédicateur Tariq Ramadan.

 

Caroline Fourest

Ce dernier qui jouit (encore) d’une flatteuse réputation auprès de certains progressistes « compagnons de route » des islamistes, vient de se faire congédier par le maire de Rotterdam lorsque celui-ci s’est (enfin) rendu compte, au bout de quelques mois, qu’il ne jouait pas vraiment son rôle de « conseiller en intégration et en multiculturalisme ».

 


Caroline Fourest anime la revue Prochoix.

 

Elle a écrit un certain nombre d’ouvrages dont « Tirs croisés », « Frère Tariq » et « La tentation obscurantiste ».

 

(Pour l’anecdote, c’est Marc Everbecq qui nous avait fait lire « Tirs croisés » il y a quelques années. On sait qu’il s’est, depuis, écarté des ces principes laïques.)

 Le tee shirt de "Léa"


Caroline Fourest est une des marraines de l’association LÉA (« Laïcité Écologie Association »).

 

Pierre Mathon

 

« Chronique

Tariq Ramadan et son double, par Caroline Fourest

 

Après des mois d'hésitations, la mairie de Rotterdam a dû se rendre à l'évidence. L'orientation idéologique de Tariq Ramadan n'est pas compatible avec le poste de "conseiller en intégration et en multiculturalisme" qu'elle lui a confié. Voilà des mois que ce poste fait polémique. L'alerte a notamment été donnée par des associations gays et lesbiennes, inquiètes de ses positions pudibondes et homophobes. Comme celle où Tariq Ramadan explique que, pour l'islam, l'homosexualité "révèle une perturbation, un dysfonctionnement, un déséquilibre".

Jusqu'ici, le prédicateur s'en est sorti par une pirouette. En profitant d'une autre citation, sortie de son contexte, pour nier tout en bloc. Comme souvent, des journalistes ont recopié ses communiqués, sans vérifier. A les croire, ces propos sur l'homosexualité "n'ont jamais pu être prouvés". Faux. La phrase qu'on lui reproche est parfaitement exacte et provient d'un livre intitulé Peut-on vivre avec l'islam ? (éditions Favre, 2004, p. 152).

Dans d'autres écrits et d'autres conférences, Tariq Ramadan prend position contre les mariages mixtes entre une musulmane et un non-musulman, interdit à ses fidèles d'aller dans des piscines mixtes, fustige l'islam moderniste comme un "islam au rabais, un islam... sans islam" et glorifie Hassan Al-Banna, le fondateur du mouvement totalitaire des Frères musulmans, comme un modèle à suivre.

Son positionnement, complexe à décrypter, est assez simple : faire passer l'intégrisme politique pour un juste milieu entre l'islam salafiste et l'islam moderne. Ce qui revient à faire passer l'islam progressiste pour un extrême, et à demander aux pouvoirs publics de soutenir un islam intolérant et réactionnaire en guise de moindre mal.

Déjà vingt ans que cela dure. En Suisse, dans les années 1990, des journalistes l'ont porté aux nues comme un modèle d'intégration... Avant de déchanter. Notamment lorsqu'ils réalisent la sympathie dont bénéficie le Front islamique du salut (FIS) parmi ses troupes. Ramadan se concentre alors sur la France, jusqu'à ce que son "double discours" soit démonté. Depuis, il a pris sa revanche en Angleterre, en Belgique et au Canada, partout où l'intégrisme s'épanouit à l'ombre du droit à la différence. Quitte à nourrir un retour de flamme populiste et xénophobe chaque fois que la tolérance s'avère abusée.

En l'occurrence, à force de faire la sourde oreille, la mairie de Rotterdam a nourri le populisme anti-islam d'un Geert Wilders. Elle a cru à des accusations racistes. Elle se réveille en découvrant que son "médiateur" anime une émission hebdomadaire sur Press TV, une chaîne anglophone financée par le gouvernement iranien. On ne trouve pas l'ombre d'une critique envers le régime dans ces émissions diffusées avant, pendant et après la fraude électorale. Le 18 juin, alors que plus d'un million d'Iraniens bravent l'interdit pour réclamer des élections libres et non truquées, Tariq Ramadan s'inquiète du score des listes populistes aux élections européennes... Son émission commence par un clip annonçant le retour du nazisme européen, comme dans les années 1930, mais tourné contre les musulmans (le mot "juif" n'est pas prononcé).

Le message colle parfaitement à la paranoïa anti-occidentale de Press TV, destinée à relayer la propagande iranienne auprès du monde anglo-saxon. Notamment celle minimisant la Shoah... Visiblement, la chaîne connaît mieux le message de Tariq Ramadan que la mairie de Rotterdam, qui vient de mettre fin à son salaire.

Comme à son habitude, le télé-prédicateur ne manque pas d'attribuer ses derniers ennuis en date à la montée d'un climat "islamophobe". C'est pourtant tout le contraire. La peur du racisme lui fait gagner du temps. Si Tariq Ramadan était chrétien, son masque tomberait plus vite. Aucune mairie de gauche n'a jamais eu l'idée d'embaucher un télévangéliste réactionnaire comme conseiller en "multiculturalisme".

Caroline Fourest »

 

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 14:18


Il sera dit qu’à Bagnolet, le débat sur la laïcité rebondit en été.

 

Marc Everbecq vient de réagir, sur son blog, à un texte pertinent et très intéressant que Jean-Claude Seguin avait publié sur le blog du CAC93 : un compte rendu circonstancié d’une réunion de l’AJN (l’Association des Jeunes de la Noue) qui s’était tenue le 24 juin au Cin’Hoche.

 

On peut sourire de voir le maire oser parler de « politicaillerie » à propos de laïcité, (n’est-ce pas lui qui a fait un lamentable grand-écart au conseil municipal du 30 juin pour donner des gages à ses clients islamistes en refusant de voter le vœu de soutien aux démocrates iraniens ?).

 

Il est vrai aussi qu’en matière de laïcité ce sont les actes qui comptent et les actes du maire sont lourds (nous y reviendrons)

 

Il est non moins vrai que la réaction du maire témoigne de ses hésitations et des zigzags de sa pensée en matière de laïcité.

 

Nonobstant tout cela, nous pensons "indécrotablement" que tant qu’il y a du débat il y a de l’espoir : voici peut-être venu le temps du débat (presque) serein sur la laïcité, que nous appelons de nos vœux.

 

Vous pouvez lire ci-dessous le texte de Jean-Claude Seguin publié le16 juillet 2009 sur le blog du CAC93 (et reproduit le 19 sur le blog des verts « officiels » de Bagnolet) et la réaction du maire de Bagnolet sur son blog d’aujourd’hui 20 juillet..

 

A suivre.

 

Pierre Mathon.

 


« Le vivre ensemble menacé

Le vivre-ensemble à Bagnolet confisqué par les incendiaires dans la plus grande passivité des élus locaux : le soutien de Marc Everbecq à Ahmadinejad ne sort pas de nulle part !


Par Jean-Claude Seguin


Jeudi 24 juin était organisé par l’AJN (association des jeunes de la Noue) un débat sur la double identité
avec comme principal intervenant Stéphane Beaud, sociologue de renom ayant beaucoup travaillé sur les jeunes issus de l’immigration. Les affiches d’appel au débat listaient des thèmes qui structurent ce problème identitaire, avec une volonté manifeste d’aborder la question dans sa complexité. L’introduction de Mohamed Hakem, avec sa double casquette de maire adjoint et d’ancien président de l’AJN, allait également dans ce sens d’ouverture. Mis à part celui du maire, nous ne citerons pas d’autre nom dans cet article pour ne pas semer de polémique inutile.

Tout avait plutôt mal commencé avec une exposition photo aux commentaires tendancieux et souvent provocateurs. Mais cela n’était qu’un premier aperçu « soft », de ce que devait réserver la suite de la soirée. Tout d’abord, un film a été projeté pour « lancer le débat », étrange suite d’interviews censées présenter des « avis différents ». Il s’agissait au contraire – semble-t-il à l’insu du réalisateur présent dans la salle, qui s’est vu imposer, soit disant par manque de temps, la liste des « citoyens » à interviewer ! – une suite de propos entièrement convergents : la société française dans son ensemble aurait été de tous temps foncièrement oppressive et raciste, et les immigrés n’auraient qu’un statut, celui de victime de cette société. Seul un vieil Africain, qui avait pourtant vécu des moments très difficiles à son arrivée en France, a présenté les choses avec un vrai regard critique. Au total une bonne dizaine d’interviewés, pas une seule femme. Sans commentaire.

Mais le pire était à venir. Sentant probablement que le débat serait un traquenard politique, Stéphane Beaud, loin de réagir négativement à ce film caricatural, a commencé par reprendre à son compte quelques phrases du film, abondant sur la critique de la politique actuelle du gouvernement, pour arriver, avec un talent de didacticien impressionnant, à argumenter sur la complexité du problème, sur la nécessaire vision historique et sur la nécessité de proposer des pistes concrètes pour sortir de cette situation.

Il a apporté plusieurs exemples qui montraient que dans d’autres circonstances les repères identitaires, ethniques ou religieux des immigrés de première ou deuxième génération s’étaient progressivement estompés au profit de repères moins communautaires : deux exemples particulièrement bien choisis ont illustré ses propos, celui des immigrés rentrés en masse dans la résistance lors de la deuxième guerre mondiale au travers des FTP-MOI et s’étant forgés par ces actions une identité française mais surtout antifasciste et humaniste (l’impôt du sang), et celui des salariés immigrés de l’automobile des années 70, rentrés massivement dans le syndicalisme et s’étant forgés une forte culture ouvrière.

Ses interventions, pourtant toutes en nuance et appelant au débat sans jamais asséner de position tranchée, avec y compris une prise de position de désaccord avec la loi sur les signes religieux ostentatoires à l’école, ont été systématiquement contrées par des militants associatifs présents dans la salle, particulièrement une poignée d’« Indigènes de la République » venus mettre de la tension dans le débat. Très rapidement, après la république raciste, oppressive et colonialiste, est venue l’accusation d’« islamophobie » (toujours la loi sur les signes religieux), leitmotiv habituel que cette mouvance politique partage avec les tenants de l’islam politique – également très présents dans la salle. Toute une série de propos haineux, visant non pas la politique du gouvernement, mais la république laïque : à une participante qui faisait remarquer que le kärsher et l’identité nationale, c’était la France de Nicolas Sarkozy et pas toute la France, les militants des « Indigènes » ont évidemment réagi pour dire que la Gauche, Parti Communiste en tête, était encore pire, en prenant l’exemple d’André Gérin, maire de Vénissieux, à l’origine de la commission parlementaire sur le port du nikhab – abusivement appelée burka.

Et c’est là que la gravité de la situation à Bagnolet peut se mesurer : face à tous les propos haineux, y compris vis-à-vis de tout ce qui a fait l’identité de la gauche, laïcité en tête, les deux élus communistes présents dans la salle n’ont absolument pas cherché à ramener le débat sur le terrain idéologique, sur la citoyenneté, l’égalité des sexes ou autre valeur de la gauche. Pire encore, ils ont pris deux fois la parole, en tout et pour tout, et uniquement pour se justifier de manière complètement défensive face aux accusations vis-à-vis du PC : ils avaient mis une personne issue de l’immigration en deuxième position sur leur liste électorale (ouf, sinon ils ne sortaient pas vivants), et ils se démarquaient d’André Gérin (sans même préciser qu’ils étaient au moins gênés par la montée en puissance des voiles intégraux chez les femmes musulmanes !)

Il est vrai que le débat avait pris un tour tellement terroriste que cela rendait toute intervention de contre-argumentation, même mesurée, très difficile. Mais de là à « se déculotter », quand on représente la municipalité dans un débat aussi « chaud », cela en dit long sur l’état des pratiques et des réflexions politiques à Bagnolet, particulièrement sur la place dans la majorité municipale et surtout à la tête de l’administration de la ville, des pratiques communautaristes et anti-laïques. On voit bien que le soutien passif du maire de Bagnolet et de plusieurs élus de la majorité à Ahmadinejad, par le refus de voter au conseil municipal le vœu rédigé par toute la gauche (communistes compris) au niveau national, n’est pas un hasard ni un accident. Mais là où le maire et sa garde rapprochée se sont finalement trompés, c’est que les réactions commencent à se multiplier à Bagnolet, avec tout récemment ce vœu finalement voté contre son gré, et ce malgré l’irruption de certains jeunes pendant le conseil municipal, et le tollé qu’a suscité à la fête de la ville la place de l’association musulmane fondamentaliste « Amatullah ».

Mais pour en revenir à cette soirée débat, il y a d’autres motifs d’inquiétude : comment ne pas réaliser que n’importe quel citoyen normalement constitué, même le plus progressiste et le plus tolérant, ayant assisté au débat ressent nécessairement, consciemment ou non, un malaise vis-à-vis de toute la communauté musulmane ? (On l’a bien compris, la « double identité », thème du débat, a été réduite par la salle à l’identité française et musulmane). Sans parler du comportement de n’importe quel chef d’entreprise qui fait de la « discrimination ordinaire » et sera complètement conforté dans son comportement par une telle vision des jeunes issus de l’immigration ? Autrement dit, comment ne pas comprendre, quand on est responsable politique ou associatif, que de tels débats caricaturaux et haineux sont de purs générateurs de racisme, capable de ranimer un FN à l’agonie ? Comment la Parti Communiste de la laïcité et des FTP-MOI a-t-il pu tomber aussi bas dans ses analyses politiques ?

Face à cette complaisance avec les incendiaires, et pour que des initiatives aussi louables que celle qu’a tenté l’AJN ne puissent plus être confisquées de la sorte, il est grand temps que tout ce que la ville comporte d’humanistes, d’universalistes et de militants de la laïcité et du droit des femmes s’implique dans les débats et dans la vie associative de la ville, aux côtés des associations de jeunesse, pour construire ce vivre-ensemble menacé de toutes parts. »

 

« Lundi 20 juillet 2009

 

Depuis des mois et des mois et des mois les verts de Bagnolet n'ont qu'un seul credo : baver sur la mairie de Bagnolet, sur le maire, sur les communistes, etc. Pourquoi s'en émouvoir me direz-vous, c'est le lot habituel du combat politique ? Et bien non. Ce que les verts de Bagnolet font ne relève pas de la confrontation politique. Ils recourent systématiquement aux mensonges, aux amalgames, à la stigmatisation, aux procès d'intention, aux ragots, etc. Leur dernier article publié sur leur blog est encore une fois à cette image lamentable. Le titre est comme d'habitude spectaculaire : "le vivre-ensemble est menacé à Bagnolet". Bigre ! Que se passe t'il encore, après la "faillite" de la mairie, après le soutien du maire à Ahmadinejad, après je ne sais quoi encore ? Les verts veulent tout simplement apporter la preuve que le maire met à mal le vivre ensemble. Pour cela on prend une réunion publique organisée par une association (AJN), dont l'ancien président est actuellement adjoint et on procède à des amalgames. Qui dit AJN, dit maire, dit aussi jeunes de Bagnolet, dit ensuite jeunes issus de l'immigration, dit frustration identitaire, dit dès lors incapacité des communistes à répondre, dit que ce sont les Indigènes de la République qui remplissent ce vide, dit que à partir de là on s'en prend à la république et à la laïcité, dit pour finir que tout celà revient en fait à un message de haine et de rejet de la France et de ses valeurs laïques tenu sous l'autorité du maire de Bagnolet avide de populisme. Voila le tour de magie auquel nous assistons. C'est tout simplement lâche et répugnant.
Pour ma part je n'aurai pas cette lâcheté d'esprit. Il s'avère que j'ai bien des désaccords avec l'initiative de l'AJN dont je trouve les inspirations idéologiques problématiques surtout quand on est une association qui bénéficie de nombreuses subventions publiques venant de la Préfecture et de la mairie. Je le dis ici clairement, je ne peux pas accepter que l'on laisse dire que la république ou que la France sont par essence racistes. Cela n'est pas vrai. On ne peut non pas non plus dire aux jeunes qu'ils ont une double identité. Car cela n'est pas vrai. On a une seule identité. Celle de sa propre personne. Avoir deux identités s'appelle de la schizophrénie. Je ne pense pas que le débat voulait arriver à parler de la schizoprénie dans la jeunesse issue de l'immigration. Ce qui est vrai en revanche c'est que la France et la République maltraitent les immigrés depuis bien trop longtemps. Ce qui est vrai c'est que la France depuis plus d'un siècle cherche ses valeurs idéologiques et se trouve capable de produire le meilleur (assez rarement) comme Jaurès, le Front Populaire, la Résistance, l'engagement anti-colonial, mai 1968, l'union de la gauche, mais se trouve bien plus souvent en situation d'accoucher de monstres : anti-dreyfus, guerre de 14-18, ligues fascistes, collaboration avec les nazis, colonistaion, Le Pen, stigamatisation de la banlieue, rejet des pauvres, maltraitance contre les classes populaires considérées comme dangereuses. Oui, notre pays se cherche et le combat politique et social est permanent. Aujourd'hui, au moment où la classe ouvrière n'existe plus dans ses contours d'antan, le combat se mène depuis une autre position. Ce sont les jeunes de nos banlieues qui ressentent le plus vivement cette confrontation. Ils ont raison.
Mais pour mener ce combat certains pensent qu''il faut tenir le discours suivant, un peu inspiré des Indigènes de la République : la France ne veut pas de nous, non pas parce que nous sommes les pauvres (regardez les difficultés de recherche d'emploi des jeunes qualifiés) mais parce que nous sommes les immigrés. Nous aurons beau mettre des jeans, parler un français impeccable, avoir fait des études, avoir réussi socialement, nous resterons des étrangers et serons stigmatisés pour cela. C'est la preuve que les difficultés viennent de ce que la France et la République sont foncièrement racistes. Donc il n'y a pas à tomber dans le panneau de l'intégration, dans le panneau de la société de consommation, dans le panneau des valeurs culturelles et morales de la France, il faut rejeter tout cela, le mettre en cause car ce sont nos chaines, et construire chaque jour une contre-identité d'affrontement du genre : je ne me sens pas Français, et donc la France doit m'accepter tel que je suis sans discuter, c'est mon droit.
Toute cette cohérence me pose problème. Certes, je comprends l'exaspération des jeunes en but à tous ces phénomènes qui ont une dimension de rejet très forte. La colère est légitime. Mais je ne voudrais pas que cette colère restreigne le champ de vision. Je ne pense pas que la solution réside dans la pratique du bras d'honneur à la France et à la République en disant "je suis de telle origine et je vous emm..rde." Une telle posture ne bâtit rien. Elle permet simplement de s'identifier par rapport aux autres. Or cela ne peut pas suffir. Car la France et la République sont marquées par un système d'exploitation et de domination qui sévit très largement au-delà des seuls immigrés. Et oui nous vivons dans un système qui s'appelle aussi le capitalisme, qui a des logiques très particulières. Et en tenant ce discours politique, ces jeunes se coupent des possibilités de se faire comprendre convenablement des autres. Je pense que tout l'enjeu de la période n'est pas de mettre à bas la République mais de la réinventer en faisant émerger une nouvelle république. C'est là que les jeunes ont un rôle majeur à jouer. Car en transformant la république de façon à ce qu'elle devienne une république métissée, ouverte à toutes et tous, démocratique, respectueuse des diverses origines culturelles nous ferons avancer considérablement notre société. Une révolution en somme. Quelle belle perspective. Raison de plus pour ne pas se contenter d'interpeller la société depuis la marge (sociale ou politique) d'où l'on se croit fort. La force ne vient pas de là. La vraie force, c'est de parvenir à interpeller l'ensemble de la société, de façon majoritaire, pour que tous ensemble nous puissons être les acteurs du changement auquel nous aspirons tous. Nous devons être capables, chacun d'entre-nous, de maitriser nos racines culturelles, d'en être fiers, de les verser dans la construction commune d'une nouvelle république, et d'apprendre aussi à nous dépasser pour nous élever ensemble et commencer à construire, ici, à partir de nos réalités, à partir de la France, la république universelle de citoyens égaux et libres dont tous les hommes et toutes les femmes de la planète ont besoin pour vivre en paix.
Voilà en quelques mots ce que je ressens. On le voit, nous sommes très loin du procès intenté par les verts de Bagnolet qui en passant leur temps à diviser les Bagnoletais ne contribuent pas à cet immense effort d'éducation politique qu'à besoin notre ville, la gauche en général, et notre peuple pour parvenir à bâtir les futurs rassemblements majoritaires dont a besoin la transformation sociale. Pour cela, il faut rejeter la provocation et la politicaillerie et ouvrir le débat politique. »


Photos :
- la statue du Chevalier de la Barre (à Montmartre), victime de l'intolérance religieuse au 18ème siècle,
- le tee shirt de Léa (Laïcité Ecologie Association) avec la citation de Salman Rushdie ("Pour prouver que les fondamentalistes ont tort ...")
- et la rue de la Barre Nouvelle à Bagnolet, appelée à redevenir la rue du Chevalier de la Barre.

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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 06:47

Marc Everbecq s’enferre : il persiste et signe (sur son blog) à ne pas vouloir soutenir les démocrates iraniens. Rappelons que mardi 30 juin au conseil municipal de Bagnolet, il avait refusé de voter un vœu de soutien aux démocrates iraniens et avait été (heureusement !) mis en minorité. Un certain nombre d’élus communistes (pas tous heureusement !) l’avaient suivi dans cette pitoyable position.



Cet entêtement pourrait paraître étonnant, tant il semble facile de corriger un tel faux-pas en affirmant, après mure réflexion, une position claire de soutien à ceux qui luttent contre la dictature des mollahs en Iran. Mais c’est oublier que ce refus de voter le vœu de soutien aux démocrates iraniens n’était pas que
pathétique, il avait pour but de convaincre certains supporters locaux du régime iranien qu’il est avec eux.



Pour cela il lui faut dresser un écran de fumée, ce qui est assez difficile compte-tenu de la position de soutien aux démocrates iraniens de la direction du Parti Communiste Français.




C’est la raison pour laquelle, Marc Everbecq se livre sur son blog à un exercice acrobatique en essayant de s’appuyer sur une polémique entre le journal l’Humanité et ses confrères. Il adopte en la circonstance un verbiage «pseudo-communiste » de soutien aux Iraniens pauvres (oubliant au passage que le régime des mollahs et d’Ahmadinejad a largement contribué à la misère des Iraniens les plus pauvres), pour finir par asséner que décidément il ne pouvait pas soutenir la démocratie en Iran puisque Didier Idjadi la soutenait aussi..


On notera - sans s'en étonner - que le maire n'a pas répondu à la demande de Bagnolet en Vert de rendre hommage à Neda Agha-Soltan...

Ci-dessous la dialectique poussive et auto-justificatrice du maire, parue hier sur son blog. Nous joignons le lien avec notre article du 1er juillet ainsi que l’article que nous avons publié en janvier sur les relations du maire avec la très politique Union des Associations Musulmanes de Seine-Saint-Denis.


Rappelons que le texte qui était soumis au vote du conseil municipal de Bagnolet ce mardi 30 juin est signé par les principales figures de la gauche et en particulier par Marie-George Buffet secrétaire nationale du PCF.


Pierre Mathon

«Vendredi 3 juillet 2009

Iran : petite mise au point

Quand Libé s’en prend à l’Huma

Ce qui se passe en Iran va-t-il se produire en France ?
Au niveau médiatique en tout cas, la bataille est engagée. Or, sans que nous n’ayons rien demandé, voilà que l’Humanité est pris à partie par Libération dans son édition d’hier (19 juin 2009), suivi, dans la matinée, par Canal Plus. Étrangement, une même phrase avait été reprise mercredi par le Canard enchaîné (qui nous avait habitués à mieux). En clair, comme dirait la chaîne cryptée, la tautologie est la suivante : l’Huma soutient les pauvres. L’Huma dit aussi qu’Ahmadinejad est soutenu par les pauvres. Donc l’Huma soutient Ahmadinejad. Pourquoi une telle attaque ? Parce que Marianne 2.fr s’en est pris à Libé, accusé justement de ne pas comprendre que la frange des déshérités iraniens

est à la base de l’élection d’Ahmadinejad, au moins en 2005. Constater cela est important pour tenter de décrypter (n’est-ce pas Canal Plus ?) ce qui se passe réellement. Il ne s’agit pas d’opposer des pauvres aveuglés par les barbus à des bourgeois éclairés par l’Occident, un prolétariat face à des riches, mais au contraire de comprendre ce qui fera la jonction dans ce mouvement. C’est pourquoi nous ne nous interdisons aucune question. Soutenir Ahmadinejad ? Sûrement pas. Notre camp est celui des progressistes et des démocrates, celui de ceux qui ont été tués par les islamistes (en Iran comme en Algérie). D’ailleurs, le meilleur moyen de le savoir, c’est de diffuser l’Humanité et pour nos confrères, qui ne nous citent que pour mieux nous traîner dans la boue, de nous lire.

P. B.

Voici le texte que je décide de publier car je le considère comme une sorte de réponse aux mises en cause incessantes de ces derniers jours dont sont l'objet des militants communistes et dont je suis également l'objet sur le blog des verts de Bagnolet à propos d'un vote qui a eu lieu au conseil municipal du 30 juin sur l'Iran. Le texte de L'Huma rappelle quel est le camp des communistes. Sans ambiguité. Et parce que je n'aime pas les ambiguités, j'ai rappelé lors du conseil municipal que je n'associerai pas mon vote à celui de Didier Idjadi qui fait preuve de provocations permanentes contre moi, les musulmans de Bagnolet, etc. Je confirme donc, dans ces conditions, pour ne pas être assimilé à ce personnage, qu'il fallait ne pas prendre part à ce vote. Marc Everbecq »



 


Il s’est passé au conseil municipal d’hier mardi 30 juin un événement particulièrement révélateur des dérives du maire et de son entourage  en matière de laïcité. [...] Mercredi 1 juillet 2009 - Voir le commentaire


Dans un article récent au sujet du voyage de Marc Everbecq à Gaza, nous nous étonnions en ces termes de la présence du secrétaire général de l’Union des Associations Musulmanes [...] Dimanche 8 février 2009 - Voir les 15 commentaires




Voici le courrier qu’Hélène Zanier vient, au nom de Bagnolet en Vert, d’adresser au maire de Bagnolet pour lui demander d’accrocher sur la façade de la mairie le portrait de Neda [...] Vendredi 26 juin 2009
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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 12:24

Vincent Geisser, chercheur au CNRS et très engagé comme citoyen militant dans la défense de l’islamisme « radical » fait l’objet d’une procédure disciplinaire au CNRS. Une pétition circule pour le soutenir.

Il nous a semblé utile pour le débat de publier sur ce sujet une tribune de Caroline Fourest parue dans le Monde, une tribune d’Elisabeth Roudinesco parue dans Libération et un communiqué des Verts.

Le moins que l’on puisse dire est qu’emportés par leur élan anti-sarkosyste (on ne prête qu’aux riches) les Verts ont manqué de discernement et de recul.
Il est en effet très possible, comme le fait par exemple Caroline Fourest de dire clairement qu’ « un chercheur du
CNRS n'a pas à rendre des comptes sur un mode disciplinaire pour un courriel ni même pour ses prises de position, si polémiques soient-elles », tout en étant sans ambigüité sur le personnage Geisser.


Permettez-nous en tant qu’écologistes laïques (laïques, forcément laïques) de ne céder à aucun angélisme vis-à-vis de ce « compagnons de route » des tenants de l’islamisme « radical » et de nous reconnaître dans les articles mesurés et équilibrés de Caroline Fourest et d'Elisabeth Roudinesco.


Pierre Mathon

 « L'"Islam light" selon Vincent Geisser, par Caroline Fourest

LE MONDE | 19.06.09
 


Le monde des chercheurs est en émoi. L'un d'entre eux, Vincent Geisser, connu pour ses prises de position polémiques en faveur de l'islam radical, est convoqué par le conseil de discipline du CNRS. Un contentieux l'oppose à un ingénieur général du  CNRS chargé de la "sauvegarde du patrimoine scientifique", Joseph Illand. Son poste exact ? FSD : fonctionnaire de sécurité de défense. La fonction existe depuis 1986, mais on la découvre à l'occasion de ce litige. Son périmètre est flou. Il s'agirait de veiller à "la sécurisation des intérêts fondamentaux pour la nation", notamment la "défense et la sécurité publique", à l'intérieur des "activités du CNRS". Ce qui implique visiblement de surveiller les chercheurs travaillant sur l'islam lorsqu'ils se déplacent dans des pays sensibles comme l'Afghanistan ou l'Iran, mais pas seulement.

Joseph Illand est entré en conflit avec Vincent Geisser au sujet d'une enquête fondée sur un questionnaire ethnique, que le chercheur menait au mépris de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Il serait également intervenu dans le cas d'une doctorante musulmane, renvoyée d'un laboratoire en génétique moléculaire pour "trouble à l'ordre public et atteinte à la liberté de penser de ses collègues". Dans un courriel destiné à soutenir cette étudiante, Geisser laisse éclater sa colère contre Joseph Illand, comparé à un nazi : "Un idéologue qui traque les musulmans et leurs "amis" comme, à une certaine époque, on traquait les juifs et les Justes." Une correspondance privée, interceptée par le fonctionnaire, qui porte plainte pour diffamation et le fait convoquer.

Interpellée par de nombreux chercheurs, Valérie Pécresse s'est engagée à suivre ce litige en "veillant à la liberté d'expression des chercheurs". C'est heureux. Un membre du CNRS n'a pas à rendre des comptes sur un mode disciplinaire pour un courriel ni même pour ses prises de position, si polémiques soient-elles. Et elles le sont.

En fait de "contribution scientifique", l'essentiel des travaux de Vincent Geisser consiste à stigmatiser toute personne critique envers l'intégrisme musulman comme étant "islamophobe" (SOS-Racisme, des journalistes, et même le recteur de la Mosquée de Paris), tout en répandant des clichés sur les musulmans laïques sur les sites islamistes. Le vrai musulman serait celui qui ne renonce pas à porter le voile ou à faire le ramadan comme l'exige la République laïque "assimilationniste". Geisser parle même de "national-laïcisme" à propos de la loi sur les signes religieux à l'école publique... A l'inverse, le moindre musulman éclairé est raillé comme faisant partie de l'"Islam light", un "produit qui se vend bien". Ayaan Hirsi Ali ou Irshad Manjio, menacées de mort par les islamistes, sont décrites comme des "poupées Barbie de l'Islam light", que l'on favorise par "érotisme victimaire".

Autant dire que Vincent Geisser est l'un des chercheurs favoris des musulmans non "light" : les Frères musulmans, la mouvance tunisienne autour de Ghannouchi, les fidèles de tariq Ramadan et de l'UOIF. Il donne des conférences devant des publics où l'on sépare les hommes des femmes, et contribue très régulièrement au site Oumma.com. Un site agressif envers les opposants à l'intégrisme, auquel il participe par des chroniques vidéo et de nombreux articles signés de la mention CNRS. Il en a le droit. Comme il a le droit au respect de sa correspondance privée, donc de ses e-mails. En revanche, ses idées peuvent difficilement revendiquer leur "scientificité" sans être questionnées.

Parmi ses soutiens, certains parlent de l'"affaire Geisser" comme d'une "affaire Redeker". Rappelons que ce dernier risquait la mort et a dû quitter son poste. Vincent Geisser, lui, risque au mieux une remontrance. Que ses collègues inquiets se rassurent. L'Etat continuera de le rémunérer pour fournir des articles à des sites où l'on incite à la haine contre les esprits critiques.

Caroline Fourest »

 

«   Geisser : une pétition à l’aveuglette

Par ELISABETH ROUDINESCO historienne, directrice de recherches à l’université de Paris-VII (GHSS).

Libération 25/06/2009

Chercheur au CNRS, politologue et membre de l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe, Vincent Geisser, auteur d’un pamphlet (la Nouvelle Islamophobie, 2003) destiné à dénoncer les chercheurs et intellectuels qui se permettent de critiquer, non pas l’islam, mais l’islamisme radical, a été convoqué par un haut fonctionnaire de la sécurité défense (HFD) devant le conseil de discipline du CNRS pour y répondre de «manquement à l’obligation de réserve». Cette procédure est discutable et doit être critiquée car elle met en cause l’indépendance qui a été reconnue aux professeurs d’université par le Conseil constitutionnel dans une décision (83-165) du 20 janvier 1984 et qui a été ensuite étendue à bon nombre de chercheurs. Mais il semble que jusqu’à présent elle n’a pas été contestée au sein du CNRS : ceci est à vérifier.

A l’initiative d’Esther Benbassa, un comité de chercheurs parmi les plus brillants de ce pays a lancé le 10 juin une pétition en faveur de Vincent Geisser afin de le soutenir au nom de la liberté d’expression. Cette pétition a reçu le soutien de nombreuses associations.

Esther Benbassa a cependant omis dans son appel de mentionner que Geisser n’est pas seulement un chercheur mais aussi un défenseur officiel en France de l’islamisme radical, largement contesté pour la dangerosité de ses propos notamment par les représentants de l’islam des Lumières, Fethi Benslama et Abdelwahab Meddeb, qui lui reprochent de les présenter comme des «ennemis de l’islam vendus à l’Occident» et de favoriser ainsi la cause de l’extrémisme religieux. Tous deux se sont manifestés dans des mails auprès d’Esther Benbassa pour que leur protestation soit simplement entendue.

Bon nombre de signataires de cette pétition n’avaient pas connaissance des interventions de Geisser quand ils ont décidé de le soutenir. Or, les membres du comité n’ont pas pris en compte leurs arguments ni ceux des laïques attachés à l’islam des Lumières et qui réclament que soient fermement condamnés les propos insultants de Geisser, même si par ailleurs, ils sont favorables à une contestation des procédures disciplinaires imposées à des chercheurs du CNRS.

Notons que Geisser a qualifié les dirigeants de SOS Racisme de «facilitateurs d’islamophobie», qu’il a fait de même avec l’association Ni putes ni soumises, qu’il s’en est pris également au recteur de la mosquée de Paris et qu’il a qualifié de «national-laïcisme» la loi contre le port des signes religieux à l’école. Il a surtout comparé Joseph Illand, chargé de son dossier, à un «idéologue qui traque les musulmans et leurs amis, comme à une certaine époque, on traquait les Juifs et les Justes». Celui-ci a porté plainte pour diffamation à titre personnel. Or les deux procédures sont incompatibles : un chercheur ne peut être à la fois poursuivi au pénal et objet d’une simple enquête administrative. Il faut donc maintenant que la direction du CNRS prenne clairement position afin de montrer que cette prestigieuse institution n’est pas un nid d’espions et que les chercheurs n’y subissent aucune atteinte à leur liberté d’expression sauf quand ils cessent d’être des chercheurs pour devenir des insulteurs.

En attendant que le comité qui a lancé la pétition intègre ces données dans sa prise de position et ne se contente pas de faire de Geisser le martyr d’une entrave à la liberté d’expression, au moment même où, en Iran, les opposants à l’obscurantisme fanatique risquent leur vie en se battant pour un islam modéré, j’ai refusé de la signer après une longue discussion par mails avec les membres du comité d’organisation. Quand j’ai fait connaître mes motivations, j’ai reçu une avalanche de mails. Certaines personnes et même des collectifs généreux avaient signé une pétition contre une procédure sans savoir qui ils défendaient ; d’autres, plus informées, avaient refusé de la signer parce qu’elle laissait entendre que les organisateurs de ladite pétition soutenaient les propos inacceptables de Geisser. Certains ont retiré leurs signatures et demandé des explications qui ne viennent toujours pas.

Que ce soit clair : la phrase de Voltaire sans cesse invoquée, selon laquelle on doit, au nom d’un principe, défendre absolument la liberté d’expression d’une personne, ne s’applique que lorsqu’on est informé de ce que pense cette personne.

Or, dans cette affaire, ce n’était pas le cas puisque la pétition présente le chercheur comme la victime d’un harcèlement sans faire référence au contenu de ses interventions qui ne relèvent pas d’un travail de recherche.

Si la pétition avait été plus «voltairienne», je l’aurais signée : ce n’était pas le cas ; elle est manichéenne et contraire à l’idée que l’on doit toujours requérir le «consentement éclairé» des personnes auxquelles on s’adresse et donc les informer avec le maximum d’objectivité. Tel doit être, à mon sens, le véritable débat autour de cette affaire. La discussion est désormais publique et ouverte. »


Le communiqué des Verts :

« 
L’omni-surveillance du gouvernement Sarkozy, soutien à Vincent Geisser

 

Le gouvernement poursuit sa volonté de brider, contrôler la société et aujourd’hui il s’attaque à la recherche et à ses chercheurs.

 

Cette dynamique s’illustre avec le cas de Vincent Geisser, politologue et chercheur dans un laboratoire rattaché au CNRS, l’Institut de Recherche et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman. En tant que chercheur et citoyen, il n’a jamais hésité à prendre des positions publiques sur des sujets relatifs aux dictatures en Afrique, aux discriminations et au racisme en politique ainsi qu’à l’Islam. Dans ce cadre, il a produit une enquête quantitative sur les enseignants-chercheurs issus des migrations maghrébines. Son travail a suscité « l’attention » particulière du fonctionnaire sécurité défense du CNRS qui par la suite s’est très vite transformée en surveillance policière. Celui-ci a mené une activité de surveillance de l’ensemble des écrits de Monsieur Geisser. Cette affaire éclate aujourd’hui parce que ce fonctionnaire sécurité Défense a pris prétexte de l’envoi d’un courrier électronique strictement privé, et qui n’avait donc pas vocation à être diffusé de Monsieur Geisser, pour le traîner devant le « conseil de discipline » du CNRS. Les Verts condamnent la procédure inacceptable dont est victime Vincent Geisser et dénoncent la présence d’un représentant de la Défense auprès du CNRS pour contrôler les travaux de recherche. Au-delà de la procédure ce que révèle cette affaire c’est la surveillance policière dont sont victimes les citoyens et le musellement de la liberté d’expression.

 

Les Verts »

 

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 22:46

Cinquante huit parlementaires de droite et de gauche réclament une commission d'enquête pour lutter contre l'expansion du port de ce voile qui recouvre entièrement les femmes.


La burqa, qui voile une femme de la tête aux pieds, pourrait-elle être interdite dans les espaces publics en France ? Cinquante huit députés de toute tendance ont cosigné une proposition de commission d'enquête parlementaire pour réfléchir à la question. André Gerin, député-maire PCF de Vénissieux, à l'origine de cette proposition, l'a transmise mercredi au premier ministre.

«Nous sommes aujourd'hui confrontés, dans les quartiers de nos villes, au port par certaines femmes musulmanes de la burqa, voilant et enfermant intégralement le corps et la tête» écrit André Gerin, dans l'exposé des motifs du texte. « Il ne s'agit plus seulement d'une manifestation religieuse ostentatoire mais d'une atteinte à la dignité de la femme».
 

«Panne d'intégration»


«La burqa n'est absolument pas une prescription du Coran», rappelle Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, interrogé par lefigaro.fr. Le port de la burqa existait déjà avant l'apparition de l'islam dans des pays comme l'Afghanistan». Le recteur soutient la démarche des députés, «à condition que la commission soit un moyen de dialoguer avec les responsables de l'islam». Toutefois dubitatif sur une voie législative qui interdirait la burqa, au regard des libertés individuelles et religieuses, il pense que «La solution réside plutôt dans la compréhension des racines de ce problème», qui s'apparente à ses yeux à une «hyper affirmation identitaire et à une panne de l'intégration.»


On ne s’étonne pas, en revanche, de la réaction de des militants de l’islam fondamentaliste de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) très implantés dans les « quartiers ». Son secrétaire général, Fouad Alaoui, déclare que cette proposition des députés est «une nouvelle manœuvre propre à encourager les amalgames». Il regrette cette démarche qui intervient «justement quand on parle de l'Iran». Soulignons que ce n’est pas « on » qui parle de l’Iran, mais les Iraniens et les Iraniennes qui hurlent leur malheur d’être tombés sous le joug d’un régime islamiste liberticide, corrompu, brutal et criminel. Et ce sont les démocrates de tous les pays qui souffrent avec eux et avec elles, qui soutiennent les jeunes et les femmes d’Iran qui, au péril de leur vie, tentent de sortir de ce cauchemar.



Quant à Sihem Habchi, la jeune présidente de Ni Putes Ni Soumises, elle réagit sans ambiguïté : «Il faut encourager le débat sur cette question, rendre visible la réalité et la dégradation de la condition des femmes et considère que «La loi de 2004 sur la laïcité (interdisant les signes ostensibles d'appartenance religieuse dans les établissements scolaires) « n’est pas suffisante ». Il faut «rouvrir le débat», lance-t-elle.

 D’autres pointent également une situation qui n’est pas compatible avec une société organisée et un Etat de Droit. Ils dénoncent le fait insupportable que cette pratique interdit, de fait, de connaître ou de reconnaître un interlocuteur ainsi affublé. En effet, rien ne permet alors de savoir à qui nous avons affaire à … une femme ? à … un homme ? De plus, tout le monde le sait, le dialogue et la compréhension se situent autant au niveau du regard, de l’expression de l’ensemble du visage, que des propos eux-mêmes.

Comment recueillir le consentement d’une personne lors du mariage s’il est impossible de l’identifier ? Comment reconnaître l’auteur d’un crime ou d’un délit si la personne cache son visage ? C’est d’ailleurs un subterfuge classique … (voir les cagoules). Comment savoir si c’est la bonne personne qui se présente à un examen, à un emploi ? Comment savoir si c’est la mère qui vient rechercher son enfant à la maternelle ou une autre personne non autorisée ?

Clairement, comment organiser une société pacifiquement et justement dans un chaos où chacun pourrait se cacher sous un drap ou avec une cagoule ?


D’ailleurs, chacun se souvient de l’évasion de Abdul Aziz, chef de la mosquée rouge d’Islamabad en juillet 2004, déguisé en femme et dissimulé sous une … burqa !

Dans l’exposé des motifs de la proposition de cette commission d’enquête, on peut lire aussi :

« Vêtue de la burqa ou du niqab, elle est en situation de réclusion, d’exclusion et d’humiliation insupportable. Son existence même est niée.

La vision de ces femmes emprisonnées nous est déjà intolérable lorsqu'elle nous vient d’Iran, d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite ou de certains autres pays arabes.

Elle est totalement inacceptable sur le sol de la République française.

Nous savons, en outre, qu’à cette tenue vestimentaire dégradante s’ajoute une soumission à son époux, aux hommes de sa famille, une négation de sa citoyenneté.

 



Il faut se rappeler les professions de foi de l’imam Bouziane, en avril 2004, en faveur des châtiments corporels pour les épouses adultères, sur fond de diatribe idéologique anti-Occident, d’un racisme anti-blanc, anti-France ».

 

Voici l’Article unique de cette proposition :

« Il est créé une commission d’enquête parlementaire de trente membres afin de

dresser un état des lieux de la pratique du port de la burqa ou du niqab par certaines femmes musulmanes, de mieux comprendre le phénomène et de définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national.

Elle doit rendre son rapport le 30 novembre au plus tard. »

On ne peut que saluer cette initiative.

Hélène Zanier.

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 17:21

Bagnolet En Vert, engagé dans le combat laïque, pour l’égalité des droits, qui  était présent à Montreuil en 2007pour les premières Rencontres Laïques Internationales, participera à ces deuxièmes rencontres de Saint-Denis.
Nous nous réjouissons de rencontrer les invités prestigieux dont nous admirons le courage, comme Taslima Nasreen (photo).

Hélène Zanier

DEUXIÈMES RENCONTRES LAÏQUES INTERNATIONALES de SAINT-DENIS

Organisées par l'UFAL (Union des Familles Laïques)
en collaboration avec
l'ADLPF (Association des libres-penseurs de France), le CLR (Comité Laïcité République),
le Grand Orient de France,
le MEL (Mouvement Europe et Laïcité),
la revue ProChoix, Ruptures
et avec le soutien de
la ville de Saint-Denis (93)

les samedi 4 et dimanche 5 avril 2009
a la Bourse du Travail
de Saint-Denis (93200)
9-11, rue Genin
(Entree rue Bobby Sands)

Internationaliser le combat laïque et social

 « La laïcité se voit attaquée à la fois par tous les fanatismes religieux et par les fanatiques d’une dérégulation du monde qui, sous couvert de loi du marché, visent à asservir les plus faibles »

Deux ans après les premières Rencontres laïques internationales (Montreuil, février 2007), cette formule garde son actualité. Notre monde est dans une position singulière et explosive : une crise économique mondiale sans précédent, un accroissement inédit des inégalités sociales et de la pauvreté partout dans le monde, la destruction des protections sociales solidaires et des services publics par les corsaires d’une Europe néolibérale, l’extrême-droitisation des structures religieuses de toutes obédiences, l’exacerbation des tensions identitaires, la montée du nauséabond "Choc des civilisations" instrumentalisé par les dirigeants du monde, le recul du droit des femmes, les communautarismes se portant au secours des puissants de ce monde et de leurs politiques néolibérales et liberticides, etc.
Tout est entrepris pour détruire la laïcité, pour s'attaquer au droit des femmes et pour faire des intégristes des interlocuteurs privilégiés au détriment des démocrates.
Citons, en France, le financement des écoles confessionnelles sur fonds publics et, sous l'actuel gouvernement, le discours de Latran, typique de l’Opus Dei, ou encore la coupe franche des subventions aux centres de planning familial.
Autres exemples en Europe et dans le monde :
- A Bruxelles, l'influence des Églises sur les institutions européennes, notamment par l’activisme du lobbying religieux COMECE,
- Au Vatican : l'accueil au sein de l’Église catholique des intégristes antisémites et négationnistes, les propos sur « la pollution de l’environnement par la pilule contraceptive »,
- En Algérie, violation de l’espace privé, remise en question des libertés individuelles et de conscience, ce qui se traduit par la chasse aux « infidèles » et la diabolisation de toute une région au nom de la « protection » de l’islam,
- Au Moyen-Orient, l'élimination des militants laïques arabes et palestiniens au profit des intégristes musulmans, l’exacerbation du conflit israélo-palestinien sur place et à distance
- En Grande-Bretagne, la légalisation de la polygamie,
- A l’ONU, la tentative d’instaurer le délit de blasphème au mépris de la liberté de conscience,

La liste est longue des dangers qui pèsent sur le monde d’aujourd’hui ! Pourtant, ici et là, quelques lueurs d’espoir :
- Depuis le début du siècle, la Suède a une constitution qui sépare l’État suédois et l’Église luthérienne,
- En France, la loi du 15 mars 2004 interdit le port des signes religieux à l’École publique,
- En Algérie, en 2008, le premier parti qui a mis le mot laïcité dans son titre est le MDSL,
- Plus récemment encore, la Bolivie a voté une Constitution où l’État se trouve séparé de l’Église catholique.
Partout dans le monde, de nombreuses mobilisations ont lieu pour lier le combat laïque et le combat social : en France, en Pologne, en Espagne, en Iran, en Irak, en Afrique du Nord, en Europe, en Amérique du Sud, etc.
Plus que jamais, nous devons internationaliser le combat laïque et social pour créer le rapport de forces de demain. Dans le contexte des prochaines élections européennes, et au-delà, l'Union des familles laïques (UFAL) organise les

2e Rencontres Laïques Internationales
Organisées par
l'UFAL (Union des Familles Laïques) en collaboration avec l'ADLPF (Association des libres-penseurs de France), le CLR (Comité Laïcité République), le Grand Orient de France, le MEL (Mouvement Europe et Laïcité), la revue ProChoix, Ruptures et avec le soutien de la ville de Saint-Denis (93)

PROGRAMME
Samedi 4 avril
De 14h à 16 h : Aujourd’hui comme hier, la raison contre l’obscurantisme
De 16h 30 à 18h 30 : Les luttes féministes, une lutte centrale

Dimanche 5 avril
De 10h à 12 h : Contre les discriminations, construire des institutions républicaines
De 14h à 16h : L’école face aux défis de la marchandisation et des communautarismes
De 16h à 17h 30 en conclusion : La laïcité économique, pierre angulaire de la République sociale

OUVERTURE par Horria SAIHI (UFAL Saint-Denis)

• Samedi 14h à 16 h

Table ronde 1 – Aujourd’hui comme hier, la raison contre l’obscurantisme

Moulay CHENTOUF (MDSL - Mouvement Démocratique Social et Laïque – Algérie)

Marieme HELIE-LUCAS (Fondatrice du WLUML)

Harsh KAPOOR (South Asian Citizen's Web)

Catherine KINTZLER (Philosophe de la laïcité, UFAL 75)

Christian TERRAS (Rédacteur en chef de la revue Golias)

Modération : Roger CORDIER (Conseiller de l'Ordre, Grand Orient de France)

• Samedi 16h 30 à 18h 30

Table ronde 2 – Les luttes féministes, une lutte centrale

Aouicha BEKHTI (MDSL -Mouvement Démocratique Social et Laïque – Algérie)

Azar MAJEDI (Organisation for Women's Liberation)

Maryam NAMAZIE (Campagne contre la Sharia en Angleterre)

Taslima NASREEN (Ecrivain et journaliste bangladaise)

Fatou SOW (Coordinatrice internationale du WLUML)

Modération : Jocelyne CLARKE (UFAL, co-responsable secteur Féminisme et laïcité)

Samedi 4 avril sur place (Bourse du travail de Saint-Denis) : soirée à 20h 00 (PAF)

BAAZIZ, auteur, compositeur

Cet artiste algérien populaire, engagé contre les islamistes, contre l’inégalité en droits des Algériennes, contre la détresse des jeunes, prolongera en chansons cette première journée des RLI !

• Dimanche 10h à 12 h

Table ronde 3 – Contre les discriminations, construire des institutions républicaines

Philippe FOUSSIER (CLR - Comité Laïcité République)

Nadia GEERTS (Réseau d'Actions pour la Promotion d'un Etat Laïque, Belgique)

Gérard KERFORN (MRAP Landes)

Pascale LE NEOUANNIC (Conseillère municipale PG à Antony – 92 )

Yves PRAS (CAEDL - Mouvement Europe et laïcité)

Modération: Caroline BRANCHER (UFAL et ProChoix)

• Dimanche 14h à 15h 45

Table ronde 4 – L’école face aux défis de la marchandisation et des communautarismes

Laurence GIAVARINI (Sauvons l'Université)

Caroline FOUREST (Charlie Hebdo et ProChoix)

Eddy KHALDI (coauteur de Main basse sur l’école publique)

Jean Noël LAURENTI (UFAL, secteur Ecole)

Modération : Marie PERRET (UFAL, responsable du secteur Ecole)

• Dimanche 16h à 18h

Grands témoins :

Henri PENA-RUIZ (Philosophe de la laïcité) – « Laïcité ou guerre des dieux »

Pierre GALAND (Président du Centre d’action laïque – CAL) – « Les particularités de la laïcité en Belgique. »

Conclusion : La laïcité économique, pierre angulaire de la République sociale

Bernard TEPER et Marie PERRET (Secrétariat national de l’UFAL)

Modération : Monique VEZINET (Présidente de l’UFAL)

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 15:59


Un autre "grand scientifique" et "grand spécialiste de la sexualité" rajoute une couche de crasse sur celle du pape.
Il s'agit d'André Fort, évêque d’Orléans, qui vient d'expliquer que le préservatif, comme moyen de protection contre le sida, n’était pas sûr à 100 % car « le virus passe à travers ».
TOTALEMENT FAUX, répondent médecins et organisations de santé.
(L’évêque a depuis  publié un rectificatif.)


Après la polémique née des
déclarations du pape Benoît XVI, qui estimait qu'on ne pouvait «pas régler le problème du sida» en Afrique «avec la distribution de préservatifs» et que, «au contraire, (leur) utilisation aggravait le problème», c'est au tour d'un évêque français de déraper.
Ce dernier a lancé jeudi
au micro de France Bleu : «Vous le savez très bien, tous les scientifiques le savent : la taille du virus du sida est infiniment plus fine que celle d'un spermatozoïde. La preuve est faite que le préservatif n'est pas une garantie à 100% contre le sida». Et d'ajouter : «Il y a écrit sur les boîtes de cigarettes : « danger ». On devrait mettre sur les boîtes de préservatifs : fiabilité incomplète».
Une contre-vérité, de l'avis unanime de la communauté scientifique. Le docteur Philippe Arsac, membre du réseau Sida du Loiret, rappelle ainsi que «le virus ne passe pas à travers la paroi du préservatif». «Les préservatifs vendus en France doivent avoir la norme NF. Leur qualité à été contrôlée», insiste-t-il, avant de noter que les propos de l'évêque relèvent « d'un discours qu'on entend depuis longtemps (dans les milieux catholiques les plus conservateurs) mais qui ne s'appuie sur aucun raisonnement scientifique valable».

Jean-Luc Roméro, Président d’Élus Locaux Contre le Sida (ELCS) réagit :
La "dernière grande idée" de l'Eglise catholique pour lutter contre le sida qui est d'indiquer sur les boîtes de préservatifs la mention "fiabilité incomplète" est une "position irresponsable", a estimé aujourd'hui Jean-Luc Romero, président d'Elus Locaux Contre le Sida (ELCS).
Après que le pape ait affirmé la semaine dernière que l'on ne pouvait "pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs" et qu'"au contraire, (leur) utilisation aggrave le problème", l'évêque d'Orléans Mgr André Fort, "enfonce le clou en dévoilant sa nouvelle idée pour s'engager dans ce combat pour la vie : mettre sur les boîtes de préservatifs : +fiabilité incomplète+ comme on met sur les paquets de cigarettes +danger+", relève-t-il.
Faut-il rappeler à Mgr Fort cette "évidence qu'on croyait partagée par tous : le tabagisme tue, le préservatif protège ?", écrit M. Romero dans un communiqué.
Le président d'ELCS  
"rappelle que la sécurité des préservatifs est assurée par la norme NF" et réaffirme qu'"actuellement, malgré les progrès incessants de la recherche, le préservatif reste le seul vaccin disponible!".
"Les deux millions de personnes tuées chaque année (ndlr: dans le monde) par ce virus méritent sans doute plus de respect de la part de l'Eglise désormais complètement autiste", lance-t-il encore.
Hélène Zanier

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 17:18

 


« Pourquoi le pape ne pourrait-il pas prôner le droit à l'amour, une sexualité déculpabilisée, donc épanouie et protectrice ? Pourquoi pas ne pas rêver à des religions renouant avec leur part d'humanisme au lieu de nous asséner leur part d'ombre dominatrice ? Pourquoi ne pas souhaiter des imams luttant contre le terrorisme avec des fleurs, des rabbins portant secours aux enfants de Gaza et d'un pape distribuant des préservatifs en Afrique. »

Nous publions ci-dessous une tribune de Caroline Fourest, féministe, laïque, responsable de Prochoix et chroniqueuse de Charlie Hebdo, parue dans le Monde du 21 mars

« L'Evangile selon l'âge de pierre » 

 

« L'Evangile selon l'âge de pierre, par Caroline Fourest


Quelle est la différence entre l'humanisme et la compassion ? L'humanisme se bat pour que les hommes marchent un jour à égalité. La compassion se penche vers eux pour leur tendre la main et se donner l'air humaniste, mais au fond elle ne croit pas à l'égalité. A qui faire la charité si cela marchait ?

 

Il existe des croyants humanistes, plutôt portés vers l'action en faveur de l'égalité. Et des croyants fatalistes, conservateurs, chez qui la compassion sert de substitut à l'humanisme. Parfois, le désir de contrôler, de dominer ou de dicter la morale a même dévoré la compassion.

Que penser de cet archevêque ayant excommunié une mère brésilienne pour avoir fait avorter sa fille de 9 ans, enceinte après un viol ? Ou de Benoît XVI visitant des malades du sida en Afrique, pour faire ses bonnes oeuvres, après avoir une fois de plus délégitimé les préservatifs ?

Le pape fait penser à une multinationale qui aurait laissé cramer une récolte en décrétant que l'eau ne serait pas la solution à l'incendie. Et qui, grand prince, une fois la terre brûlée, viendrait distribuer un petit sac de provisions à chaque habitant affamé en espérant être béatifié.

"Vous n'attendez tout de même pas que le pape dise qu'on doit mettre un préservatif !" Cette phrase, entendue mille fois pour justifier le conservatisme le plus inhumain, vient sans surprise de Christine Boutin, qui pratique une vision tout à fait charitable de la politique du logement.

Comme tous les catholiques conservateurs, Christine Boutin ne change pas. Elle aime ce pape parce qu'il ne change pas non plus. Quel dommage tout de même que cette passion pour la constance figée ne se contente pas d'admirer des statues... Le Vatican serait peut-être moins pétrifié.

Le monde bouge trop vite à son goût ? Qu'il se rassure. A force de mener croisade contre le féminisme et l'égalité, l'humanisme ne va pas si vite. La discrimination des femmes et des homosexuels se maintient à un score tout à fait honorable. Ils continuent d'être envoyés en prison, pendus ou lapidés. Parfois, c'est vrai, l'humanisme vient à bout du fatalisme. Au Danemark, les couples de même sexe vont pouvoir adopter. En France, Nadine Morano, ministre de la famille, propose d'aménager le statut du "beau-parent" pour toutes les familles, qu'elles soient recomposées ou homoparentales. Christine Boutin s'en inquiète. Vous ne vous attendiez tout de même à ce qu'elle applaudisse ! Une statue, c'est fragile. Un mouvement et elles se mettent à craquer.

Que les statues se rassurent. Il faudra encore quelques années avant que les couples de même sexe n'aient pas seulement les mêmes devoirs mais aussi les mêmes droits que les autres. Même si, reconnaissons-le, à force d'être en mouvement, la droite française a bien évolué sur ce sujet. Surtout quand on a en tête les cris d'orfraie qu'elle poussait lors du débat sur le pacs.

Dix ans plus tard, même la droite catholique est horrifiée par l'intolérance du pape. Preuve qu'on peut aimer les statues sans ressentir le besoin d'en poser une sur le trône de Pierre. Leur vigilance rassure. Allons au-delà. Rêvons d'un pape qui puisse un jour faire autre chose que donner des leçons de morale irresponsables et inhumaines. Pourquoi pas ?

Pourquoi le pape ne pourrait-il pas prôner le droit à l'amour, une sexualité déculpabilisée, donc épanouie et protectrice ? Pourquoi pas ne pas rêver à des religions renouant avec leur part d'humanisme au lieu de nous asséner leur part d'ombre dominatrice ? Pourquoi ne pas souhaiter des imams luttant contre le terrorisme avec des fleurs, des rabbins portant secours aux enfants de Gaza et d'un pape distribuant des préservatifs en Afrique.

La planète aurait-elle vraiment perdu ses repères ? Le monde serait-il englouti comme Sodome et Gomorrhe ? Ou est-ce maintenant, à force de voir des religieux jouer les statuettes de malheur, que le monde sombre.

 

Caroline Fourest

Article paru dans l'édition du Monde du 21.03.09 »



Photos: 1- Caroline Fourest
et 2- Ariane Sherine devant un bus londonien proclamant "Dieu n'existe probablement pas. Maintenant arrêtez de vous en faire et profitez de la vie"


Dieu existe-t-il ?  Déjà à Bagnolet en Vert, nous avions commencé à briser les tabous en affirmant que le père Noël n’existait pas. Le Père [...] Lundi 12 janvier 2009 commentaires (3)  
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 15:46


C’est ce que l’on appelle donner le ton.
Dans l’avion qui le mène à Yaoundé au Cameroun, le pape Benoît XVI a déclaré ce mardi que le problème du sida ne «peut pas être réglé» par la «distribution de préservatifs». «Au contraire, leur utilisation aggrave le problème». Selon lui, la solution passe par «un réveil spirituel et humain» et l’«amitié pour les souffrants».


Décidément, même dans un costume de Père Noël, je trouve Benoît le seizième bien léger pour pérorer urbi et orbi sur cette question. Ou alors, il faudra qu’il nous éclaire sur la manière dont il a acquis ses compétences et son expertise en matière de sexualité.

Reste qu’encore une fois, ces déclarations sont désastreuses, même criminelles lorsqu’elles s’adressent à des populations qui les suivent à la lettre au péril de leur vie, de la vie de leurs partenaires et de celle de leurs enfants.

Ci-après un article de la revue onusienne « Relance Afrique » qui rappelle l’horrible réalité. On découvre, qu’une fois de plus, les filles et les femmes forment les plus gros bataillons de victimes ainsi que les enfants. HELENE ZANIER

« Le SIDA touche surtout les jeunes

Il faut réduire le nombre de jeunes séropositifs en Afrique subsaharienne

Par Jacqueline Irving

L'épidémie du VIH/SIDA touche "démesurément" les enfants et les jeunes adultes de la planète, en particulier les jeunes filles et les femmes, estime le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA). Le virus VIH, qui affecte un nombre croissant de personnes dans le monde, fait le plus de nouveaux ravages chez les jeunes, selon un bulletin publié en novembre par l'ONUSIDA, Dernières nouvelles sur l'épidémie du SIDA: Décembre 1998. La moitié des nouvelles infections de VIH dans le monde concerne les jeunes âgés de 15 à 24 ans, et c'est parmi les jeunes filles et les jeunes femmes de l'Afrique subsaharienne qu'il y a le plus de victimes.

Près de 70 % des nouvelles infections signalées cette année dans le monde l'ont été en Afrique subsaharienne, notamment dans certains pays de l'Afrique australe qui constitue "l'épicentre mondial" de l'épidémie. Les filles et les jeunes femmes de l'Afrique subsaharienne sont plus prédisposées à la contamination que les garçons et les jeunes hommes du même âge. Une récente étude sur la question conduite dans une région du Kenya a indiqué que 22 % des filles contre seulement 4 % des garçons étaient séropositives dans le groupe d'âge 15-19 ans, alors qu'une autre étude en Ethiopie auprès de jeunes de 20 à 24 ans a révélé que 35,4 % des jeunes femmes étaient séropositives, contre seulement 10,7 % des garçons du même groupe d'âge.
En outre, les femmes sont contaminées en moyenne de cinq à 10 ans plus tôt que les garçons, aussi bien dans les régions où l'épidémie est déjà installée que là où elle vient de se déclarer, selon une étude de 1992 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) intitulée Young Women: Silence, Susceptibility and the HIV Epidemic.
Outre des facteurs "biologiques, immunologiques et/ou virologiques," ce phénomène s'attribue au fait que les femmes sont souvent "incapables de négocier des rapports sexuels protégés avec leurs partenaires, et sont souvent victimes d'abus, voire de viols," a déclaré le docteur Nafis Sadik, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population, à l'occasion de la Journée mondiale du SIDA, le 1er décembre dernier. "Une nouvelle forme de violence se manifeste aujourd'hui contre les femmes par la transmission par leurs maris ou partenaires du virus VIH que ceux-ci ont attrapé en exploitant les services des professionnelles du sexe," a-t-elle précisé.

Le VIH/SIDA fait aussi des ravages parmi les enfants d'Afrique. En effet, 10 % des nouvelles infections signalées pour l'ensemble de la population affectent les enfants de moins de 15 ans dont 90 % vivent en Afrique, dit le rapport de l'ONUSIDA. De ce fait, les progrès réalisés dans le rallongement des taux de survie infantile risquent d'être réduits à néant dans de nombreuses parties de l'Afrique subsaharienne, où interviennent près de 94 % des 3,2 millions de décès d'enfants imputés au SIDA. Le rapport du Programme prévoit par ailleurs qu'entre 2005 et 2010, 72 sur 1 000 nouveaux-nés en Namibie mourront du SIDA avant leur première anniversaire; sans l'épidémie, le taux de mortalité infantile y serait sensiblement inférieur, à 45 décès pour 1 000 naissances.

Il semble que la plupart des enfants qui ont perdu la vie à cause du SIDA ont été infectés du virus VIH à leur naissance ou avant celle-ci, ou pendant l'allaitement. Au Zimbabwe, pays particulièrement touché par l'épidémie, le sang prélevé de femmes enceintes dans 23 des 25 centres nationaux de dépistage anonyme indique que 20 à 50 % des femmes testées en 1997 étaient séropositives. Le pronostic concernant leurs enfants pas encore nés est alarmant : la transmission du virus de la mère à l'enfant se produit dans un tiers au moins de tous les cas où la mère est séropositive.


"NE FAITES PAS L'AMOUR AVEC LE SIDA. PROTEGEZ-VOUS" (message de l'Association AIDES)

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