Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet
  • : Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
  • Contact

L'éditorial du blog

planete_bleur_belle_fond_vert.jpg                                                           

Ce blog «Bagnolet en Vert» est le blog d’Hélène Zanier, de Pierre Mathon et de leurs amiEs. Aujourd’hui militantEs associati -fs –ves (à « Bagnolet Ecologie » et Environnement 93, Jardins partagés, « l’Association des Bagnoletais contre la Dette », Romeurope, RESF, Russie-Libertés, Murs-À-Pêches, etc.), après avoir été élus (régionaux, municipaux) et responsables du parti Les Verts, nous entendons contribuer à l’avancée des idées et des projets écologistes.

Penser et agir, globalement et localement, telle est la devise de notre blog écolo,  Vert et ouvert, militant et d’éducation populaire, libre, bagnoletais, intercommunal et planétaire.

Hélène Zanier et Pierre Mathon

Recherche

En Vert et avec tous !

Vous pouvez compter sur 

Pierre MATHON
et toute l'équipe de
BAGNOLET EN VERT


* pour l’environnement et le développement durable, 
* pour la démocratie, la citoyenneté et la laïcité,
 
* pour la solidarité et l’égalité des droits, 
* pour l’école, l’éducation et la culture, 
* pour un urbanisme de qualité

 
En Vert et avec tous                                            

AGENDA

BONNE ANNEE 2015 !

 

Mardi 3 février à 20h30 conseil de quartier de la Dhuys à l'école Joliot-Curie

 

Mercredi 4 février à 19h atelier participatif sur la ZAC Benoit Hure : les espaces extérieurs  et l'occupation de la mairie historique

 

Jeudi 5 février 19h30 salle P et M Curie conseil de quartier des Malassis

 

PETITIONS

Réaction aux propos intégristes d'un élu de la majorité municipale de Bagnolet : pour le droit des femmes à disposer de leur corps

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_maire_de_Bagnolet_defense_du_droit_des_femmes_a_disposer_de_leur_corps/?sMpnibb

 

« Monsieur le Maire de Bagnolet: Nous vous appelons à créer une maison de quartier et citoyenne dans le quartier de la Dhuys»

http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_Maire_de_Bagnolet_Nous_vous_appelons_a_creer_une_maison_de_quartier_et_citoyenne/?tUmsDgb

 

Pour que cesse l'acharnement juridique contre la confédération paysanne
 
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-acharnement-conf-865.html

 



 

 

 

 

 

 

 


 

8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 17:33
Un islamiste à l’« œuvre », une vidéo de Marilou Brossier


Jeudi 2 mars 2017, s'est tenu un conseil municipal à Bagnolet. « Ce fut une occasion supplémentaire pour Youcef Brakni, de s'emparer des instances municipales sans aucune légitimité (Visiblement Y. Brakni avait précisé dans sa demande de prise de parole qu'il allait parler des orientations budgétaires, ce qu'il n'a pas fait) et avec pour objectif d'insulter et calomnier les représentants de la République (même si je reste sa cible favorite), mais également les mouvements laïques dont le Printemps Républicain. »
Marilou Brossier a eu la présence d'esprit de filmer ces scènes ahurissantes. Ce sont ces bouts de film auxquels elle a associé une brève présentation que nous diffusons.
Marilou Brossier aurait apprécié que le maire actuel interrompe la séance « et que l'on sorte ce fossoyeur de la République.
Protéger les instances de la République et ses représentants doit être une priorité absolue ».


La vidéo : https://youtu.be/XxTMfzbCG_U

Repost 0
Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
commenter cet article
8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 09:43
Arlette et Hélène Zanier lors d'une manifestation féministe

Arlette et Hélène Zanier lors d'une manifestation féministe

Pas d’affolement, je n’ai pas l’intention de voter LO aux prochaines présidentielles (quoi que …). Mais ce texte de LO sur l’islamophobie méritait d’être porté à la connaissance de nos lecteurs -trices internautes. L’occasion de saluer Arlette Laguiller et Jean-Louis Gaillard avec qui nous avions sympathisé lors de leur présence au conseil régional ile-de-France de 1998 à 2004. L’occasion aussi de saluer en Arlette une authentique féministe.

« Le piège de la « lutte contre l’islamophobie »

lutte de classe n°181 - février 2017

 

Une politique de construction de fronts pour « lutter contre l’islamophobie » est de plus en plus défendue par une partie de l’extrême gauche. Au point de perdre tout repère de classe, et d’user de démagogie vis-à-vis de l’islam politique.

Le débat sur cette question s’est amplifié avec les différentes affaires de jeunes filles voilées à l’école, à partir de 1989, et surtout après la loi de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école. Il s’est poursuivi avec la polémique sur l’interdiction du voile intégral dans l’espace public, adoptée en 2010.

Depuis les attentats de 2015 et 2016, cette question a pris de l’ampleur. Par exemple, le lamentable épisode de l’affaire du burkini a remis en lumière, l’été dernier, la façon dont les politiciens de droite comme de gauche sont prêts à faire feu de tout bois pour détourner l’attention de l’opinion des problèmes essentiels du moment, par démagogie électorale.

Cette récupération de la question du voile, de la burqa ou du burkini par des politiciens qui se moquent de l’oppression des femmes et ne sont laïcs que lorsqu’ils parlent de l’islam, est choquante. C’est une campagne raciste.

Pour autant, en tant que militants communistes, nous sommes aussi des adversaires résolus de toutes les religions et de toute oppression, et l’actuelle campagne ne doit pas faire perdre aux révolutionnaires toute boussole.

La galaxie de l’anti-islamophobie

Depuis plusieurs années, une galaxie de groupes se donnant pour objectif la « lutte contre l’islamophobie » se développent et prennent diverses initiatives. Certains, comme l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) ou PSM (Participation et spiritualité musulmanes), sont ouvertement des associations de prosélytisme religieux. D’autres se défendent d’être des organisations religieuses et se cachent derrière des revendications d’égalité, de lutte contre le racisme et contre l’islamophobie. C’est le cas du CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France), de Mamans toutes égales, du Collectif une école pour toutes, Féministes pour l’égalité, et plus récemment d’Alcir (Association de lutte contre l’islamophobie et les racismes). Le Parti des indigènes de la République (PIR) est aussi à ranger dans cette galaxie.

Depuis l’attentat contre Charlie hebdo, en janvier 2015, les initiatives de ces groupes se sont multipliées : rassemblement anti-islamophobie le 18 janvier 2015 à Paris ; meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire le 6 mars 2015 à Saint-Denis ; Marche de la dignité et contre le racisme organisée par le PIR le 31 octobre 2015 ; meeting à Saint-Denis contre l’état d’urgence le 11 décembre 2015, ou encore, le 21 septembre dernier, le meeting d’Alcir baptisé « Pour un printemps de la liberté, de l’égalité et de la fraternité », organisé dans le 20e arrondissement de Paris.

Ces différentes initiatives ne prêtent pas forcément à la critique. Le rassemblement du 18 janvier 2015 était une réponse à une manifestation d’extrême droite organisée le même jour pour « expulser tous les islamistes ». Et organiser des réunions contre l’état d’urgence ou marcher contre le racisme peut sembler juste. La question est de savoir qui organise ces initiatives, quelles idées s’y expriment, et ce que des militants qui se disent d’extrême gauche y font et y disent.

Ces rassemblements ont tous été en réalité des tribunes pour des organisations islamistes et communautaristes.

Lors du rassemblement du 18 janvier 2015, des jeunes brandissent des drapeaux algériens, turcs, marocains, des panneaux portant des sourates du Coran, et une grande banderole : « Touche pas à mon prophète ».

Le meeting du 6 mars 2015 était coorganisé par l’UOIF. Celui du 11 décembre faisait, lui aussi, la part plus que belle aux militants religieux. Certes, des laïcs (journalistes du Monde diplomatique ou représentante du Syndicat de la magistrature) s’y sont exprimés, mais en partageant la tribune avec Tariq Ramadan, Ismahane Chouder, porte-parole de PSM, ou Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF.

On retrouve les mêmes parmi les signataires de l’appel pour le meeting d’Alcir du 21 septembre 2016. Le nom des porte-parole des associations et groupes religieux musulmans figure sur l’affiche, ornée d’une photo d’une femme voilée drapée… dans un drapeau bleu-blanc-rouge.

Parmi les signataires de cet appel on trouve le NPA, qui a appelé à ce meeting sur son site, avec cette affiche puant le patriotisme et le républicanisme.

Ces différentes initiatives se sont faites avec la participation ou le soutien de groupes ou partis de gauche (Attac, Ensemble, EELV) ou d’extrême gauche (anarchistes libertaires, antifas, NPA). Et le 18 décembre 2016 encore, a eu lieu une conférence internationale contre l’islamophobie et la xénophobie, à Saint-Denis, à laquelle appelaient conjointement le Parti des indigènes de la République et le NPA, et dont l’appel était signé par Olivier Besancenot et Tariq Ramadan.

Des organisations obscurantistes et réactionnaires

Il est vrai que le NPA reconnaît des désaccords politiques avec certaines de ces organisations. Certes ! Quand on sait qui sont ces porte-parole de l’anti-islamophobie à côté desquels une partie du NPA juge bon de s’afficher, on est même en droit de juger que le mot est faible.

L’UOIF ? Elle a participé, en toute logique, aux défilés contre le mariage homosexuel. Elle a notamment accueilli dans ses congrès Christine Boutin, Dieudonné, Alain Soral, et les deux égéries de la Manif pour tous, Frigide Barjot et Ludovine de La Rochère. Réactionnaires de toutes religions, unissez-vous !

Le CCIF est représenté par Marwan Muhammad. Cet ancien trader donne aujourd’hui des conférences en compagnie d’Abou Houdeyfa, l’imam de Brest qui explique dans ses prêches que ceux qui écoutent de la musique « seront transformés en singes ou en porcs ». Marwan Muhammad signe régulièrement des communiqués communs avec Idriss Sihamedi, responsable de l’association BarakaCity, lequel, sur un plateau télé en janvier 2016, expliquait qu’il était « un musulman normal », et qu’en conséquence il « ne serre pas la main des femmes ». Récemment Marwan Muhammad, lors d’un débat, a affirmé que la polygamie ne le regardait pas, puisqu’elle était, « comme l’homosexualité, un choix de vie personnel ».

Terminons ce bref tour d’horizon avec l’association PSM (Participation et spiritualité musulmanes), représentée entre autres par Ismahane Chouder, militante provoile, antiavortement et homophobe, qui se définit pourtant comme féministe et a pris la parole dans tous ces meetings. Hassan Aglagal, un militant marocain du NPA, plus lucide que nombre de ses camarades, écrit dans une tribune intitulée Assez de PSM dans nos luttes : « Participation et spiritualité musulmanes (PSM) est l’association qui représente en France le mouvement Al Adl Wal Ihsane (Justice et bienfaisance), mouvement de l’islam politique fondé en 1973 au Maroc par le mystique soufiste Abdelassame Yassine. » Ce groupe est notamment responsable, au Maroc, « de l’assassinat de deux étudiants d’extrême gauche », en 1991 et 1993.

Le retour des « races »

Le Parti des indigènes de la République (PIR) est lui aussi présent à tous ces rassemblements, quand il n’en est pas l’organisateur.

Le PIR ne se place, lui, pas seulement sur le terrain de la lutte contre l’islamophobie, mais plus généralement sur celui de la défense politique de tous ceux qu’il appelle les indigènes, c’est-à-dire des victimes du colonialisme. Enfin, pas toutes : le PIR, peut-on lire sur la page de présentation de son site, « constitue un espace d’organisation autonome de tous ceux qui veulent s’engager dans le combat contre les inégalités raciales qui cantonnent les Noirs, les Arabes et les musulmans à un statut analogue à celui des indigènes dans les anciennes colonies ». Il semble que les Asiatiques, pourtant tout autant victimes des horreurs de la colonisation et de l’impérialisme, n’intéressent pas particulièrement le PIR.

Ce parti, qui a notamment été à l’origine de la Marche pour la dignité et contre le racisme d’octobre 2015, se réclame non seulement de la défense de la religion musulmane mais, au-delà, remet au goût du jour un terme utilisé par l’extrême droite : la « race ». Ce mot, que des générations de militants du mouvement ouvrier et de scientifiques ont banni de leur vocabulaire, pour la bonne et simple raison que les races n’existent pas dans l’espèce humaine, revient ces derniers temps, y compris dans l’extrême gauche, sous sa forme brute ou à travers le néologisme « racisé ». Ce mot est utilisé sans la moindre nuance dans des dizaines de publications, tracts, journaux, discours, jusqu’au NPA.

Ces idées se sont tellement diffusées, au moins dans une fraction de la jeunesse militante, que des organisations de cette mouvance ont pu convoquer à Reims, du 25 au 28 août 2016, un « camp d’été décolonial » dans lequel les « non-racisés » (c’est-à-dire les Blancs) étaient tout bonnement interdits. Lors du mouvement contre la loi travail, au printemps dernier, des AG ont été organisées dans des facultés, notamment à Saint-Denis et à Tolbiac à Paris, réservées aux « racisés ».

Le PIR se veut le porte-parole de cette évolution. Il étudie toute la société sous le prisme de la couleur de la peau, jamais sous celui des classes sociales ni des rapports économiques. Il assume totalement cette vision racialiste, fondée sur l’idée que les Blancs sont tous coupables de l’oppression des peuples coloniaux hier, et des immigrés aujourd’hui. Dans son dernier livre, Les Blancs, les Juifs et nous, la porte-parole du parti, Houria Bouteldja, écrit : « Au-dessus de moi, il y a les profiteurs blancs. Le peuple blanc, propriétaire de la France : prolétaires, fonctionnaires, classes moyennes. Mes oppresseurs. Petits actionnaires de la vaste entreprise de spoliation du monde. » Puis : « Le Français, dans son bureau, ça roule pour lui. L’Arabe, lui, est balayeur. »

Ce livre abject défend les idées les plus réactionnaires, à commencer par un antisémitisme nauséeux (« Vous les Juifs […] je vous reconnaîtrais entre mille, votre zèle est trahison. »), une homophobie assumée, une exaltation de « la redoutable et insolente virilité islamique » (sic), et une prise de position contre le féminisme, dénoncé comme une exportation blanche : « Mon corps ne m’appartient pas. Aucun magistère moral ne me fera endosser un mot d’ordre conçu par et pour des féministes blanches. […] J’appartiens à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’islam. »

Ces propos devraient suffire, lorsque l’on est communiste révolutionnaire, à s’interdire de faire tribune commune avec ceux qui les profèrent et qui sont pour nous ni plus ni moins que des ennemis politiques.

Le « féminisme blanc »

Une partie de l’extrême gauche, dans la foulée de la mouvance islamiste et du PIR, se débarrasse donc du féminisme d’un revers de la main en introduisant la notion, relativement nouvelle, de « féminisme blanc ». Les femmes qui interviennent dans les meetings que nous avons mentionnés se disent toutes féministes, mais d’un féminisme islamo-compatible, qui consiste à dire : « Je suis une femme, donc je fais ce que je veux, et si j’ai envie de me cacher derrière un voile cela ne regarde que moi. »

C’est une nouvelle variante du relativisme culturel, qui affirme depuis bien longtemps déjà que, européens et impérialistes que nous sommes, nous n’aurions pas à juger des pratiques « culturelles » des autres pays, en particulier ceux qui ont été colonisés.

Nous nous sommes déjà exprimés sur le paternalisme que sous-tend cette pseudo-théorie, lorsqu’elle est défendue par des militants de gauche ou d’extrême gauche européens : le port du voile, par exemple, leur serait insupportable, à eux. Mais ils l’estiment assez bon pour des femmes musulmanes. Pourquoi ? Parce qu’ils les estiment moins évoluées qu’eux ?

Non, le fait d’exciser les femmes ou de les inciter ou les forcer à vivre toute leur vie cachées aux yeux des hommes, dans une forme d’apartheid sexuel permanent, n’est pas une « pratique culturelle » au même titre qu’une danse folklorique. C’est une attaque sauvage contre la moitié de l’humanité.

Bouteldja, qui dit préférer appartenir « à [sa] race et à l’islam » plutôt que de dire que son corps lui appartient, va même plus loin : « Un féminisme décolonial doit avoir comme impératif de refuser radicalement les discours et pratiques qui stigmatisent nos frères. » Elle absout ainsi d’avance les lapideurs de femmes et les exciseurs, au nom du féminisme décolonial.

On peut également mentionner le récent livre de Nargesse Bibimoune, Confidence à mon voile. On y lit par exemple : « Mon cher voile, dis-leur que tu es la preuve de ma soumission à Dieu et uniquement Lui ! Dis-leur qu’à mes yeux tu es un instrument d’émancipation face à une société qui souhaiterait me dicter ma manière d’être une femme libérée. »

Les militantes comme Nargesse Bibimoune ou Houria Bouteldja choisissent donc d’être des esclaves volontaires de dieu ou des hommes. Tant pis pour elles. Mais nous, militants communistes et révolutionnaires, nous pouvons aussi choisir notre camp : dans l’affaire du voile, puis celle du burkini, des dizaines de féministes algériennes, turques, marocaines se sont exprimées pour dire leur rage devant la complaisance de l’extrême gauche française face à ces symboles d’oppression, elles qui risquent tous les jours leur vie à les refuser. C’est à elles que vont notre solidarité et notre respect.

La complaisance de l’extrême gauche

Une partie de la « gauche de la gauche » organise avec ce milieu réactionnaire toutes sortes d’initiatives, leur ouvre ses colonnes ou discute doctement avec eux de leurs positions.

Ce n’est pas par accident. Il y a longtemps que la LCR, et plus encore le NPA, se refusent à critiquer clairement le voile, et font preuve vis-à-vis de l’islam d’une bonne dose de démagogie. On se souvient de l’affaire de la candidate voilée du NPA dans le Vaucluse, en 2011. Se refusant à affirmer sans ambages le caractère oppressif du voile et de ses divers avatars vestimentaires, des membres de ce parti sont allés par exemple, en août dernier, jusqu’à organiser dans le cadre de leur université d’été une manifestation pour défendre le droit des femmes à porter le burkini, aux cris de « Trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes de décider ». On n’est, on le voit, pas très loin du féminisme décolonial.

Le NPA a déclaré, à la suite d’une réunion de sa direction nationale les 17 et 18 septembre dernier, que « le NPA, ses militants, ses porte-parole et son candidat seront au cœur de l’action contre le racisme et l’islamophobie ». Un communiqué du 16 octobre appelle à « faire de la lutte contre l’islamophobie une véritable priorité ».

Cela n’a rien de fortuit, de la part d’un courant qui a pour habitude d’épouser les idées d’autres courants, dans l’espoir de gagner l’oreille de telle ou telle fraction de la jeunesse, de la petite bourgeoisie intellectuelle ou du monde du travail. Autrement dit : tentons d’attirer les jeunes des banlieues à nous… en nous rangeant derrière des organisations qui, elles, disent ce que ces jeunes veulent entendre, quelque réactionnaires que soient leurs idées.

Cet opportunisme est une vieille tradition d’une partie du mouvement trotskyste, la même qui l’a conduite, dans le passé, à soutenir sans s’en démarquer les nationalistes des pays colonisés, comme le FLN algérien, ou certains courants staliniens, à trouver des vertus aux associations les plus réformistes, comme Attac, ou à faire les yeux doux aux décroissants.

Communisme et religion

Pour justifier leur indulgence pour l’islam politique, les divers groupes d’extrême gauche qui gravitent dans ce mouvement cherchent des justifications théoriques.

La religion musulmane, expliquent-ils d’abord, serait, en France, une religion d’opprimés et, à ce titre, non comparable aux autres religions qui, elles, seraient du côté des oppresseurs.

Que l’islam soit en France en religion majoritairement pratiquée par des opprimés, c’est-à-dire des prolétaires, c’est une certitude. Mais faire ce constat doit-il mener à se montrer conciliant avec cette religion ? Bien au contraire ! Davantage encore, justement parce que ceux qui sont touchés par cette religion sont les nôtres, nous devons la combattre ! La classe ouvrière, précisément parce qu’elle est la classe opprimée de la société, a moins accès au savoir, à la culture que d’autres couches de la société, ce qui la rend plus perméable à tous les préjugés. Et si ceux-ci prennent la forme de préjugés religieux parmi les travailleurs d’origine maghrébine ou africaine, ils en prennent d’autres, dans d’autres couches du prolétariat. À commencer par le racisme, hélas bien présent dans la classe ouvrière française. Et pourtant, aucun militant n’imagine ne pas le combattre sous prétexte qu’il s’agit de préjugés d’opprimés. Pourquoi en serait-il autrement avec la religion ?

Autre argument : le marxisme n’aurait pas de vraie tradition antireligieuse. C’est par exemple ce que prétend un enseignant de Seine-Saint-Denis, qui défend la liberté de porter le voile à l’école, Pierre Tevanian. Son ouvrage, La haine de la religion, explique, en le falsifiant, que Marx n’était finalement pas si antireligieux que cela. On y lit : « C’est aujourd’hui l’athéisme et le combat antireligieux, l’irréligion en somme, qui peut être considérée comme l’opium du peuple de gauche. »

Que le marxisme ne se soit jamais donné comme objectif prioritaire de faire de la propagande antireligieuse, certes. Les communistes ne sont pas des laïcards, du nom de ce courant de bourgeois radicaux au tournant des 19e et 20e siècles qui considéraient que la lutte contre la religion était plus importante que la lutte des classes, ou plutôt qui préféraient largement que les ouvriers se battent pour la laïcité plutôt que pour remettre en cause l’ordre social.

Marx savait que les préjugés religieux étaient les conséquences de l’oppression, et qu’ils ne disparaîtraient pas avant une transformation profonde de la société, en d’autres termes, avant que la société communiste, en supprimant l’exploitation et l’oppression, supprime du même coup les causes de la religion. Et la ligne de démarcation que tracent les communistes, dans la société actuelle, n’est pas entre les laïcs et les religieux, mais entre les prolétaires et les bourgeois.

Pour autant, les marxistes ont toujours considéré la propagande antireligieuse comme indispensable. Être communiste, c’est être matérialiste, et être matérialiste, c’est être athée. On peut être athée et se battre, dans une grève, aux côtés d’un travailleur croyant. Mais cela n’empêche pas qu’il est du devoir de n’importe quel révolutionnaire communiste d’essayer d’arracher non seulement les militants qu’il veut gagner à sa cause, mais même ses camarades de travail et de lutte, à l’emprise de la religion. Trotsky l’expliquait, en 1923 : « Nous adoptons une attitude tout à fait irréconciliable vis-à-vis de tous ceux qui prononcent un seul mot sur la possibilité de combiner le mysticisme et la sentimentalité religieuse avec le communisme. La religion est irréconciliable avec le point de vue marxiste. Celui qui croit à un autre monde ne peut concentrer toute sa passion sur la transformation de celui-ci. » Et à la fin des années 1930 il écrivait encore, dans Défense du marxisme : « Nous, les révolutionnaires, nous n’en avons jamais fini avec les problèmes de la religion, car nos tâches consistent à émanciper non seulement nous-mêmes mais aussi les masses de l’influence de la religion. Celui qui oublie de lutter contre la religion est indigne du nom de révolutionnaire. »

Le piège de « l’islamophobie »

Il est donc évidemment possible de lutter à la fois contre les discriminations racistes et contre la religion.

C’est la raison pour laquelle le terme d’islamophobie nous a paru ambigu, et il l’est toujours par certains aspects, bien que le mot soit devenu d’usage courant. Nous rejetons et combattons les discriminations qui peuvent s’exercer à l’encontre des musulmans, parce que nous sommes pour la liberté de culte. Mais nous sommes athées, opposés à toutes les religions. Et l’équation, imposée par les islamistes et leurs amis, selon laquelle lutter contre la religion musulmane signifierait être raciste, est une escroquerie.

Une partie de la classe politique française actuelle rejette et discrimine les musulmans, en tout cas les pauvres, ceux des cités et des usines, car elle ne rejette certainement pas les milliardaires des théocraties du Golfe. Et il est compréhensible que nombre de jeunes se sentent victimes d’une oppression spécifique, qui existe bel et bien. Comment admettre que les politiciens de droite, qui hurlent à la laïcité et veulent interdire les menus de substitution dans les cantines, soient les mêmes qui combattent pour permettre l’installation de crèches de Noël dans le hall de leur mairie ?

La laïcité des politiciens bourgeois d’aujourd’hui est à géométrie variable, et elle est tournée contre la religion musulmane, comme elle l’a été en d’autres temps contre les Juifs. Et c’est d’autant plus choquant que les mêmes n’ont pas hésité, dans le passé, à se servir de l’islam pour tenter de canaliser la colère et le ressentiment des jeunes des banlieues, comme le fit Sarkozy lorsqu’il créa le Conseil national du culte musulman.

Défendre le communisme

Mais nous estimons que c’est notre rôle, en tant que communistes, de dénoncer l’emprise de la religion musulmane sur la jeunesse d’origine immigrée ; de nous battre, de militer pour essayer d’arracher celle-ci au « brouillard de la religion », comme écrivait Marx, pour lui ouvrir les yeux, lui faire comprendre que son émancipation ne se fera pas par la soumission à des principes religieux d’un autre âge, mais dans l’union de classe avec le reste du prolétariat.

Notre tâche de révolutionnaires n’est pas de conforter les travailleurs dans leurs préjugés religieux, mais de les combattre. D’expliquer que l’islam politique, fût-il radical, n’a jamais combattu l’oppression sociale ; que c’est un courant profondément anticommuniste ; que là où il est au pouvoir, il l’est aux côtés de la bourgeoisie, réprime les grèves et assassine les militants ouvriers ; que l’islam, comme toutes les religions, prône la soumission et la résignation face à l’ordre social, en un mot que les partis politiques islamistes sont des partis bourgeois. De reprendre à l’identique, en ajoutant simplement au mot christianisme ceux de judaïsme et d’islamisme, les paroles de Marx : « Les principes sociaux du christianisme prêchent la lâcheté, le mépris de soi, l’avilissement, la servilité, l’humilité, bref toutes les qualités de la canaille ; le prolétariat, qui ne veut pas se laisser traiter en canaille, a besoin de son courage, du sentiment de sa dignité, de sa fierté et de son esprit d’indépendance beaucoup plus encore que de son pain. »

C’est notre rôle d’expliquer aussi que, si les musulmans sont victimes de discriminations, c’est aussi un résultat de la politique des groupes djihadistes eux-mêmes, dont le caractère aveugle des attentats vise précisément et consciemment à provoquer des réactions de rejet contre les musulmans chez les Français non issus de l’immigration. Les travailleurs musulmans, en France, sont les secondes victimes des attentats, après les morts et les blessés. Il s’agit d’une politique consciente des dirigeants de l’islam politique, qui raisonnent de la même façon que les dirigeants impérialistes, et sont tout autant des ennemis des opprimés.

Pour mener ces luttes et défendre ces idées, les précédents dont on peut s’inspirer ne manquent pas, à commencer par l’exemple du bolchevisme. Car les actuelles attaques islamophobes ne sont rien à côté de ce qu’était l’antisémitisme dans la Russie tsariste, qui prenait la forme de pogromes et de massacres de masse. Les militants bolcheviks, dans ce contexte, n’ont pas choisi la démagogie vis-à-vis du nationalisme juif, et encore moins de la religion, mais ont lutté inlassablement pour arracher les opprimés juifs à cette influence, et les intégrer dans le combat général mené par le prolétariat. Le rôle des militants juifs dans le Parti bolchevik et dans la Révolution russe montre à quel point ils ont réussi.

* * *

Aujourd’hui, 170 ans après le Manifeste communiste, il faut apparemment encore rappeler que le communisme n’est pas compatible avec la religion.

Il est affligeant de voir des prétendus révolutionnaires se solidariser avec des rebuts d’idées que l’on trouve dans des livres comme ceux de Houria Bouteldja. Ces idées sont la négation même des idées communistes.

Cette évolution est un symptôme du recul réactionnaire qui touche la société. Le seul remède contre ce délitement, c’est de défendre sans relâche les perspectives communistes, l’idée qu’on ne peut pas combattre l’oppression en défendant une autre forme d’oppression. C’est de garder sa boussole de classe, de se battre inlassablement pour redonner une conscience aux travailleurs plutôt que la diluer encore un peu plus, de militer pour construire un parti communiste ouvrier.

Dans ce combat, il est indispensable de gagner au communisme des jeunes travailleurs issus de l’immigration, non pas en encourageant leurs préjugés religieux mais en en faisant des révolutionnaires, c’est-à-dire des athées, capables de contrebalancer dans leur propre milieu les idées propagées par les ennemis du mouvement ouvrier.

15 janvier 2017 »

 

  Laïcité : le point de vue de Lutte Ouvrière sur « l’islamophobie »
Repost 0
Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
commenter cet article
24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 22:07
« Présidentielles, LAÏCITÉ : « Charlie » demande aux candidats de s'engager

Elle est accusée d’être « agressive », « punitive », « stigmatisante ». Ceux qui la défendent avec rigueur se font traiter de « laïcards », de « laïcistes intégristes ». Beaucoup la voudraient « inclusive », « ouverte », aimable ». Jamais, depuis le vote de la loi de 1905, la laïcité n’a été autant attaquée et instrumentalisée. De procès en « islamophobie »  en remise en cause du droit à l’avortement, de revendications communautaires en Manif pour tous, de « mode du burkini » en racines chrétiennes, de « particularisme culturel » en « défense de l’identité », jamais les affaires publiques n’ont été autant à la merci des ingérences religieuses, menaçant la liberté de conscience et l’égalité des droits.

CHARLIE HEBDO a toujours été et restera un fervent défenseur de la laïcité et des valeurs qui y sont attachés. Nous considérons qu’elle est l’un des piliers de l’unité républicaine.
Nous demandons donc aux candidat(e)s à la présidence de la République de s’engager clairement sur les trois points suivants :

1- Vous engagez-vous à ne pas modifier, de quelque manière que ce soit, la loi du 9 décembre 1905 sur la laîcité ?

2- Vous engagez-vous à ne jamais introduire dans la législation, sous quelque forme que ce soit, des aménagements particuliers à l’égard d’une communauté religieuse ?

3- Vous engagez-vous, dans le cadre de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 et de la jurisprudence en vigueur de ne jamais interdire, de quelque manière que ce soit , un délit de blasphème dans la législation ? »

« Présidentielles, LAÏCITÉ : « Charlie » demande aux candidats de s'engager
« Présidentielles, LAÏCITÉ : « Charlie » demande aux candidats de s'engager
Repost 0
Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
commenter cet article
24 février 2017 5 24 /02 /février /2017 11:26
La « déradicalisation », un mauvais bizeness de Mme Bouzar

 Si même Esther Benbassa lâche l'affaire, c'est vraiment que le bizness de Mme Bouzar était indéfendable !

Pour information, l'article du Monde du 23 février :

« La prise en charge de la déradicalisation en France est un « échec », selon un bilan d’étape d’une mission d’information sénatoriale rendu public mercredi.


C’est un rapport qui intervient alors que le constat est désormais entendu : la prise en charge de la déradicalisation en France est un « échec » et les pouvoirs publics doivent changer de « concept ». La sénatrice écologiste Esther Benbassa et sa collègue Les Républicains (LR), Catherine Troendlé ont remis, mercredi 22 février, leur rapport d’étape de leur mission d’information baptisée « Désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe ». Le rapport final, dont les travaux ont débuté au printemps 2016, devrait être publié en juin.

 

Dans ce point d’étape, les deux rapporteures dressent un bilan global peu flatteur de la politique de déradicalisation et en particulier du centre dédié de Pontourny (Indre-et-Loire), où elles se sont rendues. « C’est un fiasco complet, tout est à repenser, tout est à reconstruire », a commenté le président de la commission des Lois du Sénat, Philippe Bas.

Un climat d’urgence

Pour comprendre les raisons de cet « échec », il faut remonter quelques années plus tôt, à l’automne 2014, période à laquelle l’exécutif a mis en place ses premières mesures pour endiguer le phénomène de radicalisation latent en France, et qui conduit déjà certains jeunes sur les terres de l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.

Les mois suivants verront se succéder une série d’attentats (en janvier puis en novembre 2015) et de tentatives d’attentats, notamment l’attaque ratée du Thalys par Ayoub El Khazzani et celle de Villejuif par Sid Ahmed Ghlam.

C’est dans ce contexte de menace diffuse que le gouvernement s’attaque au dossier ardu de la « déradicalisation » – terme désormais décrié au profit du « désendoctrinement » ou du « désembrigadement ». Un contexte d’urgence, qui n’incite pas les autorités à prendre les bonnes décisions, selon Mme Benbassa.

« Le gouvernement était en panique à la suite des attentats. Et c’est la panique qui a guidé ses actions. Le temps du politique est court, il fallait rassurer la population », rappelle la sénatrice Europe Ecologie-Les Verts, qui se défend d’avoir réalisé un « réquisitoire » contre la politique de désendoctrinement mis en place par le gouvernement, mais qui revient point par point sur les différentes méthodes utilisées, soulignant à chaque fois leur limite.

« Business »

Mme Benbassa fustige d’abord les associations sollicitées par l’exécutif pour amorcer des programmes de déradicalisation partout en France. « Ces associations ne connaissaient pas la question, elles se sont juste engouffrées dans la brèche, en menant des actions qui n’étaient pas à la hauteur des défis », estime la sénatrice, qui évoque à plusieurs reprises « le business de la déradicalisation »« ceux qui y croient sont ceux qui en vivent ».

A ces associations se sont ajoutés « des pseudos spécialistes », ajoute Mme Benbassa, refusant toutefois de donner des noms.

Mais dans l’univers de la déradicalisation, un nom est désormais connu de tous, celui de Dounia Bouzar, qui a d'ailleurs vu son patronyme détourné (« bouzarisme », « bouzarisation » et même « bouzarologie ») pour railler ses méthodes, reposant notamment sur l’évocation de souvenirs heureux de jeunesses pour ramener les individus endoctrinés dans le droit chemin. Une méthode qui ferait fi de la variable religieuse dans l’embrigadement des jeunes. « Leur comportement n’était pas seulement celui des adeptes d’une secte, mais aussi celui de jeunes sous l’emprise d’une vision radicale de l’islam», réagit la sénatrice écologiste.

Concernant le « business de la déradicalisation », Mme Bouzar est également visée : elle a touché jusqu’à 833 000 euros en différentes tranches pour toutes ses missions. Son bilan est pourtant contrasté, de nombreux ont confié que leurs enfants sont repartis en Syrie après avoir fait l’objet d’un suivi dans son centre. « On a laissé faire ses associations en leur faisant confiance », résume Mme Benbassa. Si Dounia Bouzar a cristallisé autour d’elle toutes les controverses, elle est loin d’être la seule à avoir été décriée par les pouvoirs publics.

A l’image des détraqueurs de Dounia Bouzar, les rapporteures du rapport réclament une « évaluation indépendante » des méthodes auxquelles ont recours les associations pour « désembrigader » leur public.

Le volontariat controversé

Le rapport d’étape des deux sénatrices jette aussi l’opprobre sur le centre de prévention, d’insertion et de citoyenneté, ouvert en septembre 2016, au lieu-dit de Pontourny, à Beaumont-en-Véron, un village de 2 700 habitants d’Indre-et-Loire. Ce premier centre de « déradicalisation » en France est désormais vide. Il a vu partir son dernier pensionnaire en milieu de semaine après que ce dernier a été condamné à quatre mois de prison pour violences familiales.

Concernant ce centre, qui devait accueille jusqu’à vingt-cinq personnes, et qui en a totalisé neuf au plus fort du dispositif, Mme Benbassa déplore le manque de coopération des préfectures, censé faire remonter les cas de jeunes candidats potentiels : 40 % d’entre elles n’ont pas répondu à la circulaire ministérielle.

Le rapport remet également en cause « la politique du volontariat ». « Comment croire que des gens déracinés, qui viennent dans ce lieu sur la base du volontariat, puissent changer ? », questionne la sénatrice, qui rappelle que le dispositif avait un coût annuel de 2,5 millions d’euros.

C’est aussi le regroupement des individus radicalisés qui pose question, aussi bien à Pontourny, que dans les prisons, où des détenus radicalisés avaient été réunis dans des unités dédiées, au sein de cinq établissements pénitentiaires situés en Ile-de-France et dans le Nord. L’agression d’un surveillant, le 4 septembre 2016, avait marqué un coup d'arrêt à ce dispositif. Là encore, les rapporteures évoquent un personnel qui n’était pas assez formé.

Des avancées

Le message semble d’ores et déjà avoir fait son chemin au sein des autorités publiques. Le ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, a annoncé en octobre 2016 un changement de cap dans la prise en charge des détenus radicalisés, qui seront évalués dans six établissements durant quatre mois, avant d’être affectés dans vingt-sept prisons qui présenteront, des conditions de sécurité élevée et bénéficieront de renforts de personnels spécifiquement formés.

L’exécutif a donc tiré des enseignements de ces échecs passés. Mais pour Mme Benbassa qui lance pêle-mêle une série de mesures qui devront encore être mises en place : « accompagnement individualisé », « travaille sur la réinsertion », « développer la prévention ».

« Pour cela il faut s’entourer de tout un maillage, de travailleurs sociaux, d’éducateurs, de policiers de proximité, d’imams, de chefs d’entreprise », estime-t-elle, prévenant que dans cette mission de déradicalisation « il n’y aura pas de miracle » et qu’il faudra rester « modeste et patient ».

Cécile Bouanchaud
Journaliste au Monde »

Nous y reviendrons …

Pierre Mathon

Repost 0
Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
commenter cet article
22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 09:32
Présidentielles, LAÏCITÉ : Charlie lance un appel aux candidatEs

À l’approche de l’élection présidentielle (23 avril et 7 mai), Charlie Hebdo a décidé d’interroger les candidatEs sur la question de la laïcité. L’hebdomadaire satirique va envoyer un courrier à « tous les candidats connus aujourd’hui » pour leur demander de s’engager, a expliqué Riss, le directeur de la rédaction, mardi 21 sur Franceinfo. Pour lui, certainEs candidatEs « récitent leur catéchisme de la laïcité sans forcément croire à ce qu’ils-elles disent ». « Tous ne mettent pas dans ce terme les mêmes choses ».


« Franceinfo : Sur quoi précisément souhaitez-vous que les candidats s’engagent ?


Riss : Nous leur demandons de préciser certaines choses qui nous semblent un peu floues. Beaucoup se sont engagés pour défendre la laïcité, lors des débats dans les primaires, mais parfois ce n’était pas très clair. Tous ne mettent pas dans ce terme les mêmes choses. On voudrait revenir à des choses sûres et fiables pour que le candidat qui sera élu nous donne la garantie qu’il respectera les règles de la laïcité telles qu’elles sont définies, qu’il ne les modifiera pas. Cette lettre, on va l’envoyer à tous les candidats connus aujourd’hui.


Les trois engagements que vous proposez aux candidats sont : ne pas modifier la loi de 1905 ; ne pas introduire d’aménagement particulier pour une communauté religieuse ; ne pas introduire de délit de blasphème. Ces principes de base vous paraissent-ils menacés ?


Derrière les beaux discours de défense de la laïcité, certains élus locaux et politiques baissent un peu les bras devant des difficultés qui se dressent sur le terrain, avec certaines pratiques religieuses.

Il y a une espèce de surenchère. Quand certaines religions ont des revendications d’autres se disent : pourquoi pas nous ? C’est un cercle vicieux qui se met en place. Je crois qu’il faut avoir le courage de dire Stop. Dans certains domaines, la religion n’a pas à mettre son nez là-dedans. »

Pierre Mathon

 

Repost 0
Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
commenter cet article
17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 18:45
Terrorisme islamiste : encore et encore

Un islamiste avait attaqué un militaire au Louvre et on venait d'échapper à un attentat islamiste (la police avait fait son boulot). Bon, cela ressemblait à des pieds nickelés, mais il ne faudrait pas oublier que les autres terroristes étaient également des pieds nickelés et qu'il y a eu 130 morts le soir du Bataclan et 80 morts le 14 juillet à Nice ...

Et voilà que ça recommence :
70 morts au Pakistan, 50 morts en Irak …

La liste des meurtres au nom de l'islam ces dernières années :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d'attaques_terroristes_islamistes.

Pierre Mathon

Repost 0
Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
commenter cet article
12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 17:05
La manif de Bobigny pour Théo, les incidents et les 37 arrestations, dans Le Parisien

Pour info, ci-dessous l'article du parisien.fr du 12 février qui rend compte de la manifestation de samedi 11 février à Bobigny et des ses suites :

« Rassemblement pour Théo à Bobigny : 37 interpellations après les incidents


Trente-sept personnes ont été interpellées dans la soirée de samedi en Seine-Saint-Denis, selon une source policière, après les incidents qui ont ponctué une manifestation à Bobigny en soutien au jeune Théo, violemment interpellé à Aulnay-sous-Bois la semaine dernière.

 

Dimanche matin, le maire de Bobigny, Stéphane De Paoli (droite), a dressé un état des lieux dans les rues de sa commune. «Il y a une manifestation pacifique et ça se termine comme ça», a-t-il déploré. S'avouant «amer, très en colère», il montrait les dégâts alentour : carcasses de voitures calcinées, vitrines explosées, pavés et projectiles au sol. «Ca va chiffrer très très fort», a-t-il affirmé. A la gare routière, tous les abribus ont été cassés. Quelques pas plus loin, la vitrine du McDo a disparu, l'intérieur complètement saccagé.

 

Samedi dans l'après-midi, près de 2.000 personnes s'étaient rassemblées devant le tribunal de Bobigny pour réclamer «Justice pour Théo». Après plus d'une heure de manifestation dans le calme, des policiers postés sur une passerelle ont reçu des projectiles. Des bruits de pétards et des mouvements de foule ont suivi. C'est là, en marge du rassemblement pacifique, que des casseurs se mêlant aux manifestants ont brisé des vitres d'immeubles et du mobilier urbain et que deux voitures ont été incendiées. Dans l'odeur des gaz lacrymogènes et le vacarme des grenades assourdissantes, les manifestants se sont progressivement retirés, laissant le terrain à de petits groupes «violents et très mobiles», selon la police. 


Après la fin du rassemblement, des incidents isolés se sont poursuivis jusqu'à minuit environ, à Bobigny et dans les communes proches, selon une source policière. Des véhicules et des poubelles ont notamment été incendiées et des commerces dégradés par des jets de pierre à Drancy, Noisy-le-Sec ou Bondy. Un policier a été «très légèrement blessé» au cours de ces incidents. Dans ce chaos, un jeune homme de 16 ans a sorti une petite fille terrorisée d'une voiture menacée par les flammes

Samedi d'autres rassemblements réclamant «justice pour Théo» ont eu lieu à Rouen, occasionnant quelques dégâts et deux interpellations, ainsi qu'à Toulouse et Nantes sans incident. Théo, un jeune homme noir de 22 ans, a raconté avoir été victime le 2 février d'un viol avec une matraque télescopique au cours d'une interpellation violente aux 3.000, une cité d'Aulnay-sous-Bois. Toujours hospitalisé en raison de graves blessures dans la zone rectale, il s'est vu prescrire 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT). L'un des quatre policiers ayant procédé à l'interpellation a été mis en examen pour viol. Les trois autres pour violences.

  Leparisien.fr avec AFP »

Repost 0
Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
commenter cet article
5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 16:08
La laïcité, un gros mot, NON, une urgence vitale à reconquérir

Cet article de Gérard Biard décrit avec justesse et lucidité la situation des citoyen-ne-s sincèrement progressistes attaché-e-s aux valeurs universelles et républicaines qui savent que seule la laïcité permet d'éviter la violence et la guerre civile... qui sont aujourd'hui_ à nos portes, dans nos rues, dans nos vies.

 

« CHARLIE HEBDO du 1er février 2017

À GENOUX de Gérard Biard

 

Les académiciens ne sont pas encore au courant, mais la langue française compte un nouveau gros mot : laïcité. Quand on est de gauche et poli, il faut maintenant tourner sa langue sept fois dans la bouche de Tariq Ramadan avant de le prononcer. Et surtout, prendre soin de lui adjoindre un adjectif qui rime avec « intégrisme », pour bien signifier à quel point on réprouve. Il est également conseillé, comme c'est devenu la règle dans la presse progressiste, de l'associer au mot « identité », afin de faire comprendre au lecteur que c'est vraiment un truc puant de droite, voire d'extrême droite. Le nec plus ultra consistant à caser le nom de Valls l'infâme dans la même phrase, afin d'écarter définitivement tout soupçon d'islamophobie stigmatisante rejetant le vivre-ensemble.

On se dirige droit vers la catastrophe. Vu la façon dont la campagne électorale s'est engagée, Marine Le Pen risque d'être désormais la seule candidate à parler sans détours ni colifichets sémantiques de laïcité. François Fillon, qui a clairement fait le lien entre son programme et sa foi, est disqualifié d'emblée. Macron s'en cogne allègrement, car il n'y a aucun moyen de lier ça à la compétitivité, à l’entrepreneuriat dynamique et à la circulation des autocars. Quant à la gauche, à quelques rares exceptions que beaucoup souhaiteraient voir marginalisées, elle patauge au mieux dans l'ambiguïté, au pire dans la complaisance. Quand elle ne considère pas purement et simplement que c'est un non-sujet.

Autrement dit, si rien ne change, c'est le Front national qui orientera les débats, on ne peut plus d'actualité, concernant l'un des socles de la République. Et c'est lui qui s'en proclamera le garant face aux attaques qui lui sont portées de toutes parts. Il est possible que Marine soit sincèrement laïque – peut-être même athée, allez savoir...-, mais le parti qu'elle préside, et avec lequel elle prétend diriger la France, outre le fait qu'il est d'essence antidémocratique, abrite ou copine avec les franges les plus extrémistes du catholicisme de combat. Et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, qui l'exaspère sans doute mais qu'elle ne peut écarter, ne cache rien de ses convictions politico-religieuses. Ni de ses ambitions d'aligner une partie du programme du parti sur le dogme chrétien, version dure et chaussée de rangers.

Le principe de laïcité est inscrit dans la Constitution depuis 1958. Mais la gauche qui va mener campagne a décidé, par lâcheté, par stratégie «électoraliste locale – pourtant vouée à un échec de plus en plus patent – ou par déni idéologique clairement assumé, d'abandonner ce principe à l'extrême droite. Bref, de le sacrifier. Une partie de la gauche, et la majorité de l'extrême gauche, a même choisi de le trahir, en légitimant, voire en soutenant, des militants religieux souvent radicaux au prétexte qu'ils représenteraient, à eux seuls, les plus faibles. Elle renie les valeurs qui la fondent – l'égalité des droits, entre autres – et défend l'indéfendable, au nom du « respect » et du relativisme, au prix de zigzags et de contorsions idéologiques absurdes : la même vision rétrograde de la société sera critiquée, à juste titre, si elle est défendue par une militante en carré Hermès, mais approuvée si elle est défendue par une militante en hidjab.

Les religions, à plus forte raison lorsqu'elles se mêlent de politique, n'ont jamais accordé de droit supplémentaire à quiconque – au contraire, leur principal objectif est d'en retirer – ni contribué, loin s'en faut, à l'évolution des sociétés. La gauche semble malgré tout résolue à leur ouvrir une autoroute, sans même une barrière de péage. Elle serait bien symppa d'y réfléchir. Il serait salutaire, pour le prochain scrutin présidentiel, que l'électeur ait le choix, pour contrer une extrême droite qui trempe ses battes de base-ball dans l'eau bénite, entre autre chose qu'une droite qui revendique son « identité » chrétienne et une gauche qui collabore de bon cœur avec les barbus. »

Repost 0
Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
commenter cet article
2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 13:45
Travaux rue Hoche-Parmentier

Des travaux d'étanchéité ont été entrepris sur la mosquée Hoche  (photo prise ce mercredi 1er février); Comme quoi, aussi grand soit-il, Allah n'échappe pas aux contingences matérielles et aux dysfonctionnements temporels.

Pierre Mathon

Repost 0
Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
commenter cet article
18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 22:37
Laïcité à Bagnolet !

Nous avons révélé sur ce blog le fait qu'une salle municipale (publique !) du centre social « la fosse aux fraises » était réservée à un cours hebdomadaire de religion musulmane et que c'est l'actuel imam remplaçant-prêcheur de la mosquée Hoche qui officie.

http://lesvertsbagnolet.over-blog.com/2017/01/locaux-municipaux-detournes-cours-de-religion-musulmane-a-centre-sud.html

Ce n'est pas la première fois que nous dénonçons, fidèles aux valeurs de la République française, des atteintes graves aux principes de la laïcité à Bagnolet :

- Nous l'avions fait sous Everbecq lorsque une association cultuelle (l'AMB) s'était vu attribuer un local municipal de 400 m² rue Pierre et Marie Curie et une confortable subvention (C'est d'ailleurs toujours le cas avec le successeur d'Everbecq, même si la subvention a légèrement baissé) . Notons au passage que cette association en avait profité pour « héberger une école coranique » quelques temps.

- Nous le faisons encore et toujours avec la municipalité actuelle « ps-dyn. Cit » lorsqu'elle participe à la création d'une école confessionnelle (en mettant salles et personnel à la disposition du projet) ; lorsqu'elle essaie d'embaucher un animateur qui était à cette époque imam (remplaçant) : après que nous ayons alerté de ce scandale, ce dernier a préféré garder l'emploi municipal et quitter le prêche à la mosquée.
- Nous relayons les questions pertinentes posées au maire actuel par l'association « citoyenneté en actes » (http://lesvertsbagnolet.over-blog.com/2016/07/lettre-ouverte-de-citoyennete-en-actes-a-tony-di-martino-maire-de-bagnolet.htm)l.

- Etc. etc.

Bref, nous menons clairement notre combat laïque et les faits que nous dénonçons sont vrais ! (Comme tout ce que nous écrivons sur ce blog).

Pour en revenir à l'affaire de la salle du centre social municipal de Centre-Sud, occupé par un cours de Coran, nos dénonciations – exactes – ont soulevé chez certainEs – des dénégations sans fondement qui ont viré à l'insulte et aux menaces sur facebook, de la part d'internautes agissant soit sous leur identité, soit sous pseudonymes. Cela en dit long sur les conceptions de ces personnes en matière de démocratie.

Certes, le lieu est censé abriter un cours d'arabe classique, mais sachant que l'arabe classique est la langue véhiculaire de la religion, et que - pour faire bon poids, on a confié l'affaire a Rachid B., imam remplaçant-prêcheur de la mosquée Hoche.

A suivre.

Pierre Mathon

Repost 0
Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
commenter cet article