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  • : Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet
  • : Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
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L'éditorial du blog

planete_bleur_belle_fond_vert.jpg                                                           

Ce blog «Bagnolet en Vert» est le blog d’Hélène Zanier, de Pierre Mathon et de leurs amiEs. Aujourd’hui militantEs associati -fs –ves (à « Bagnolet Ecologie » et Environnement 93, Jardins partagés, « l’Association des Bagnoletais contre la Dette », Romeurope, RESF, Russie-Libertés, Murs-À-Pêches, etc.), après avoir été élus (régionaux, municipaux) et responsables du parti Les Verts, nous entendons contribuer à l’avancée des idées et des projets écologistes.

Penser et agir, globalement et localement, telle est la devise de notre blog écolo,  Vert et ouvert, militant et d’éducation populaire, libre, bagnoletais, intercommunal et planétaire.

Hélène Zanier et Pierre Mathon

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En Vert et avec tous !

Vous pouvez compter sur 

Pierre MATHON
et toute l'équipe de
BAGNOLET EN VERT


* pour l’environnement et le développement durable, 
* pour la démocratie, la citoyenneté et la laïcité,
 
* pour la solidarité et l’égalité des droits, 
* pour l’école, l’éducation et la culture, 
* pour un urbanisme de qualité

 
En Vert et avec tous                                            

AGENDA

BONNE ANNEE 2015 !

 

Mardi 3 février à 20h30 conseil de quartier de la Dhuys à l'école Joliot-Curie

 

Mercredi 4 février à 19h atelier participatif sur la ZAC Benoit Hure : les espaces extérieurs  et l'occupation de la mairie historique

 

Jeudi 5 février 19h30 salle P et M Curie conseil de quartier des Malassis

 

PETITIONS

Réaction aux propos intégristes d'un élu de la majorité municipale de Bagnolet : pour le droit des femmes à disposer de leur corps

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_maire_de_Bagnolet_defense_du_droit_des_femmes_a_disposer_de_leur_corps/?sMpnibb

 

« Monsieur le Maire de Bagnolet: Nous vous appelons à créer une maison de quartier et citoyenne dans le quartier de la Dhuys»

http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_Maire_de_Bagnolet_Nous_vous_appelons_a_creer_une_maison_de_quartier_et_citoyenne/?tUmsDgb

 

Pour que cesse l'acharnement juridique contre la confédération paysanne
 
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-acharnement-conf-865.html

 



 

 

 

 

 

 

 


 

23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 12:27
Attentat islamiste à Manchester : 22 morts et 59 blessés (bilan provisoire)

Depuis hier soir, nous sommes « Manchester » …

Nous avons été successivement Charlie, Paris, Berlin, Tunis, Mossoul, Le Caire, Nice, Londres, Bruxelles (J'en oublie etc. etc.) Chaque fois c'est la même histoire : les coups de menton des autorités, les précautions oratoires
des autorités et des journalistes avant de comprendre qu'il y a un lien, pas seulement avec l'Etat Islamique, mais avec l'islamisme (on dit « radicalisme », comme si s'attaquer à la racine des choses était du terrorisme …)

L'Islamisme non seulement met en cause les droits des femmes, mais tue : ici les mômes !

À chaque fois, il y a des bisounours qui nous expliquent que « l'Islam est une religion de paix ». Et « on » se bat pour vendre des armes à l'Arabie Saoudite, l'Etat Islamique qui a réussi … sous prétexte qu'ils participent à la coalition anti-EI …

Bon toutes les religions postulent que leur dieu est le seul et que les femmes ne sont pas les égales des hommes, mais nous sommes ici et maintenant ...


Des gosses, ils ont tué des gosses, c'est dégueulasse, mais tout dans la haine et la négation des droits de la moitié de l'Humanité est dégueulasse.

Allons, chantons «  Imagine »* avec John Lennon.

Pierre Mathon

*
« Imagine there's no countries,

 It isn't hard to do,

 Nothing to kill or die for,

 And no religion too, 

Imagine all the people,

Living life in peace » 


 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 20:43
Les (graves) déclarations du président autrichien sur le voile

Nous nous étions réjouiEs – à juste titre - sur ce blog du réflexe antifasciste des citoyenNEs autrichienNEs (à noter que ni la gauche, ni la droite autrichienne n'avait dressé un front républicain). Nous ne pouvons laisser passer la scandaleuse déclaration du nouveau président (écolo) sur le voile :

Au cours d'une émission pour les 100 jours depuis son élection, Alexander Van der Bellen a semblé appeler «toutes les femmes à porter un voile par solidarité avec les musulmanes». Voici ce qu'écrit P. Hessenberger dans Libération.fr  ce 27 avril 2017 :

 

« Le président autrichien fait une boulette (« boulette » ? le mot est faible. Ndlr) avec le voile

    (...)

    Mardi soir, le magazine télévisé Report de la chaîne publique autrichienne ORF diffuse un extrait d’une discussion avec des jeunes dans la maison de l’Union Européenne à Vienne, fin mars. Sur la vidéo, Van der Bellen se prononce contre une interdiction de voile, expliquant qu’il n’y a que très peu de situations où des signes religieux posent problème. Et poursuit : «Chaque femme a le droit de s’habiller comme elle le souhaite, c’est mon avis personnel sur ce sujet. Si l’islamophobie continue à se répandre, on arriverait au jour où on devrait demander à toutes les femmes de porter un voile par solidarité avec celles qui le font pour des raisons religieuses.» (…) »

    Bon, son mérite est grand d'avoir permis d'éviter à l'Autriche un président d'extrême-droite, mais ses propos sont inacceptables. Faut-il le rappeler, le voile imposé aux femmes musulmanes, n'est pas un simple morceau de tissu, mais un signe de soumission aux hommes et à dieu.

    Pierre Mathon

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    18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 08:55
    Laïcité : encore sur les réponses au questionnaire de Charlie

    Lu sur le blog du Comité Laïcité République (« La laïcité n’est pas une opinion, c’est la liberté d’en avoir une ») :


    « Des candidats répondent au questionnaire de « Charlie Hebdo » sur la laïcité (lemonde.fr , 11 av. 17)


     

    L’hebdomadaire satirique a demandé aux prétendants à l’Elysée de s’engager à ne pas modifier les grands équilibres de la loi de 1905.

    Les questions sont assez banales. Les réponses, en revanche, en disent beaucoup. Fin février, le journal satirique Charlie Hebdo appelait dans ses colonnes les onze candidats à l’élection présidentielle à s’engager sur trois points : ne pas modifier la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, ne pas introduire dans la législation « des aménagements particuliers à l’égard d’une communauté religieuse » et ne pas « créer un délit de blasphème ». L’objectif ? Ramener la laïcité, un sujet brûlant relativement absent de la campagne, au cœur du débat politique et faire des réponses des candidats « un repère pouvant servir de référence si demain, ils changeaient de direction », explique Riss, directeur de la publication de l’hebdomadaire, qui publiera les réponses dans son édition du mercredi 12 avril.

    François Asselineau (Union populaire républicaine), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), Jacques Cheminade (Solidarité et progrès), Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste, NPA), Jean Lassalle (ex-MoDem) n’ont pas répondu à cet appel. Les six autres candidats ont pris leur plume. « Tous s’engagent à ne pas modifier les équilibres existants, c’est plutôt rassurant », se félicite Riss. Au-delà du consensus sur les grands principes (séparation des Eglises et de l’Etat, liberté d’expression), leurs mots reflètent des visions de la laïcité très distinctes. Pour le sociologue et historien des religions, Philippe Portier, elles se divisent en trois catégories.

    Les partisans d’une « laïcité séparatiste » d’abord. Ainsi le candidat de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et la représentante de Lutte ouvrière (LO), Nathalie Arthaud, pour lesquels la loi de 1905 ne doit s’accommoder d’aucune relation entre le public et le privé. Ce sont les seuls à évoquer le financement public des écoles confessionnelles privées, autorisé par la loi Debré de 1959. « Pour eux, c’est toute la loi de 1905 et rien que la loi de 1905, résume le sociologue. Tout ce qui a été rajouté ensuite, par diverses lois, dont la loi Debré, brise l’égalité de tous devant l’Etat. » Proposer clairement l’abrogation de ces lois n’est pourtant pas à l’ordre du jour.

    Le second groupe, composé d’Emmanuel Macron et de Benoît Hamon, est favorable à « un modèle de séparation accommodante », selon l’historien des religions. Très prudents, leurs textes n’ont rien de percutant. « Hamon ne prend pas beaucoup de risques et Macron ne se montre pas très audacieux », estime Riss. N’empêche, ils rejettent toute « instrumentalisation » de la loi en vue de stigmatiser une communauté et partagent le même esprit de compromis, notamment par le dialogue. « Dans la pratique, rappelle le candidat PS dans sa réponse, beaucoup de problèmes de coexistence ont pu être réglés dans le dialogue ou le rappel des principes. » Macron, lui, souligne que « chacun a bien sûr le droit fondamental de vivre et d’exprimer ses convictions ». Pour Philippe Portier, « ce qu’ils n’affirment pas clairement en dit long : tous deux acceptent certains accommodements de fait, mais pas question pour autant de les formaliser ».

    François Fillon et Marine Le Pen prêchent, quant à eux, pour une « laïcité identitaire », selon le sociologue. Le premier évoque un socle de « valeurs communes », la seconde parle de promouvoir « l’assimilation républicaine ». « Une façon de faire référence à l’identité chrétienne de la France, mais sans la nommer, sur laquelle pèse la menace du communautarisme musulman », explique Philippe Portier. « C’est le discours classique des catholiques de droite, juge Riss. Fillon réagit comme un catho militant plus que comme un garant de la loi de 1905. »

    Croix de bois, croix de fer, tous deux jurent qu’ils ne toucheront pas à la loi de 1905, mais, chacun, dans la même phrase, ouvre la porte à de nouveaux textes législatifs. Ainsi, la candidate du Front national veut « promouvoir la laïcité (…) et [la] rétablir partout, l’étendre à l’ensemble de l’espace public et l’inscrire dans le code du travail ». De son côté, le candidat Les Républicains, le seul à nommer précisément le « fondamentalisme musulman particulièrement préoccupant », entend « conforter ce cadre juridique qui permet aux croyants, aux agnostiques et aux athées de vivre dans le respect des uns et des autres ».

    Si personne ne se risque à briser le consensus de principe sur la loi de 1905, c’est que, comme l’a écrit François Bayrou (sollicité avant de renoncer à se présenter) : « Le moindre coup de canif donné au principe de laïcité est comme manipuler de la nitroglycérine. » Mais pour Riss, le précédent de la déchéance de la nationalité, vivement débattu après les attentats de 2015, montre que rien n’est acquis : « Personne n’avait anticipé qu’un principe fondateur de la Constitution puisse être remis en cause. Mais face à des événements exceptionnels tels que des attentats, nous ne sommes pas à l’abri que certains principes de la loi de 1905 soient également questionnés un jour. » »

     

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    17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 17:51
    Laïcité et présidentielles : les candidatEs ont répondu à Charlie

    Bon, rendons grâce à Charlie qui a tenté de remettre la laïcité au cœur de l'élection présidentielle, même si les réponses des candidatEs « n'engagent que celles et ceux qui y croient ». Au delà des Pestilentielles de ces 23 avril et 7 mai 2017, le combat laïque continue !

    Ont répondu au questions de Charlie sur la loi de 1905, le communautarisme religieux et le blasphème
    http://lesvertsbagnolet.over-blog.com/2017/02/presidentielles-laicite-charlie-lance-un-appel-aux-candidates.html) Hamon, Macron, Fillon, Mélenchon, Le Pen, Bayrou, Cheminade et Arthaud.

    Voici ce qu'écrit Charlie de ce 12 avril (sous la plume de G. Biard
    ) :
    «À l'exception notable de Philippe Poutou qui n'a sans doute pas obtenu l'autorisation du tribunal révolutionnaire du NPA pour répondre à un journal social-traître, sioniste et islamophobe
    (À noter qu'a-contrario, le même Poutou du npa a été le 1er à répondre au questionnaire du CCIF collectif contre "l'islamophobie". Ndlr) , ils nous ont tous écrit. Même François Bayrou , qui n'est plus candidat - l'appel lui a été envoyé avant qu'il ne rallie Macron – mais qui a tenu à réaffirmer ses convictions laïques et son refus de toucher à ce qu'il appelle la « nitroglycérine ». Même Jacques Cheminade , à qui on n'avait pourtant rien demandé, puisque la loi de 1905 n'est pas en vigueur sur Mars. Tous sont évidemment à fond avec nous. Ils posent tous avec le panneau « Je suis laïcité » sur leur programme. Mais ils le font chacun à leur manière.
    Le plus affirmatif et le plus emphatique, mais aussi le plus argumenté, est sans surprise Jean-Luc Mélenchon. La plus radicale est Nathalie Arthaud
    http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:http://lesvertsbagnolet.over-blog.com/2017/03/laicite-le-point-de-vue-de-lutte-ouvriere-sur-l-islamophobie.html&gws_rd=cr&ei=D_X0WO-AKsX4atChkbAO : après une phrase introductive d'une lucidité presque touchante, elle nous confirme qu'il faut bien pendre les curés avec les tripes des capitalistes - ce qui est, convenons-en, séduisant... Benoît Hamon, malgré le ton complice qu'il adopte, zigzague autour de l'obstacle, n'arrivant pas à masquer ses ambigtés sur la question. Sa réponse est virtuellement parsemée de ces « oui mais », dont on sait depuis l'affaire des caricatures de Mahomet ce qu'ils impliquent... Emmanuel Macron fut le dernier à nous répondre, au dernier moment et après maintes relances – à sa décharge, il est vrai qu'il avait un programme à finir...Il le fait sous un ton appliqué avec des arguments parfois approximatifs, comme on répond à un devoir scolaire qui nous emmerde et dont on n'a pas vraiment compris la question. Ce qui confirme ce qu'on savait déjà ; la laïcité ne fait pas du tout partie de ses priorités.
    Surtout on n'est pas forcément obligés de les croire
    (Exact. Ndlr) François Fillon dont on connaît le poids de la parole donnée, est soutenu par Sens commun. Il n'y a d'ailleurs plus que ce mouvement ultra droitier issu de la Manif pour tous pour le soutenir franchement, sans gêne et sans complexe. Qui plus est, il a clairement fait le lien entre sa conception de la politique et sa foi. Quant à Marine Le Pen, elle dirige un parti qui a toujours entretenu des rapports étroits avec les catholiques intégristes et dont certains veulent installer des crèches de Noël (avec le petit Jésus. Ndlr) dans tous les lieux publics de France. Elle propose d'ailleurs d'accorder davantage de moyens à l'enseignement privé hors contrat - majoritairement constitué d'écoles religieuses – ce qui est en totale contradiction avec la loi de 1905. De surcroît, Marion Maréchal-Le Pen, qui n'est pas précisément un membre anecdotique du FN, attaque directement le planning familial , le droit à l'IVG, et ne rate pas une occasion d'affirmer sa conviction religieuse de l'exercice politique. Bref, si elle veut tenir les belles promesses qu'elle nous fait, Marine Le Pen va devoir changer de programme et de nièce. Ça fait beaucoup.
    Mais le fait est là : ils ont tous signé pour la loi de 1905. Tous se sont engagés par écrit à défendre la laïcité, reconnaissant implicitement que ce principe inscrit dans notre Constitution – et qui devrait être considéré comme acquis – est bien au cœur du débat politique. Et que loin d'être, comme le voudraient certains, un simple outil destiné à faciliter le dialogue interreligieux et à déterminer la hauteur des clochers ou des minarets, il constitue l'un des
    ciments de notre démocratie. Le cas échéant, nous pourrons toujours leur rappeler cet engagement écrit.

    Gérard Biard »

     

    Pierre Mathon

    Laïcité et présidentielles : les candidatEs ont répondu à Charlie
    Laïcité et présidentielles : les candidatEs ont répondu à Charlie
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    Laïcité et présidentielles : les candidatEs ont répondu à Charlie
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    11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 08:49
    Fillon à Argenteuil ...

    Fillon à Argenteuil ...

    À la demande de notre amie Marilou Brossier, conseillère municipale apparentée ps de Bagnolet et militante de la laïcité, nous publions la cinquième partie des articles de Naïem Bestandji sur « Le collectif Contre l'Islamophobie en France (le ccif) » Il y aborde – entre autres – la situation de Bagnolet. D'accord sur l'essentiel avec ce texte, paru ce 7 avril, nous y ajoutons quelques remarques et rectifications, en particulier lorsqu'il y est question d'un islamiste de Bagnolet ou lorsque l'auteur semble confondre l'anti-racisme (encore nécessaire) et l'anti-islamophobie (qui est une manière d'essayer de faire taire les opposantEs à l'Islamisme).

    Nous avons dû découper ce texte en 3 : en voici la première partie ...


    « Le CCIF, fleuron de la nouvelle extrême droite française (5ème partie) (par Naëm Bestandji)

    Je voudrais aujourd'hui rendre hommage à ceux qui m'ont formé politiquement. J'ai eu la chance de rencontrer à Bagnolet deux anciens militants des "Mouvements des travailleurs arabes" (MTA). Mes premières expériences militantes se sont faites à leur contact. En me transmettant la mémoire de leur lutte dans les usines (…) dans les années 70. (…) Combien savent que la première cause politique des travailleurs immigrés en France fut la cause Palestinienne ? (…) Autre point de mobilisation, la question du logement, les foyers SONACOTRA (foyers de travailleurs) (…) avec des grandes grèves de loyers pour améliorer les conditions de logement. Une autre question fondamentale [au MTA] sont les crimes racistes. (…) Les premières salles de prière ont été obtenues également par la lutte de ces travailleurs immigrés. Quand on regarde cette histoire de plus près, on se rend compte que si ces mouvements n'avaient pas existé, s'ils n'avaient pas fait ce sacrifice dans les années 70, il est fort probable que nos mouvements politiques de l'immigration aujourd'hui n'existeraient pas. (1)

    Ceci est une chronique de Youcef Brakni, "militant anti-raciste" de Bagnolet, sur l'antenne radio de France Maghreb2. Il résume parfaitement mon analyse de la 4ème partie de cet article sur l'évolution de la lutte exclusivement sociale et politique vers l'islamisme. Il est le fruit de cette évolution.

    Comme je le disais dans la partie précédente, les frontières sont poreuses entre les islamistes et une partie des mouvements de gauche. Leurs discours et leur rhétorique sont un mélange de lutte sociale, de religion et de racisme sous couvert d'anti-racisme (De moins en moins inspirés de l'anti-racisme, qui reste encore malheureusement nécessaire mais qui est supplantée par l'anti-islamophobie qui s'attaque à celles et ceux qui combattent l - ou même osent critiquer – l'Islam « réellement existant » qui opprime, qui massacre ici et partout dans le monde. Ndlr). Le Parti des Indigènes de la République (PIR) est la plus belle réussite de cette évolution. Youcef Brakni en est d'ailleurs un militant. (Il a quitté les indigènes de la rep. pour des raisons que nous ignorons. Mais bon, son action y ressemble comme 2 gouttes d'eau. Ndlr)

    Ces militants racistes issus de l’idéologie frériste sont nombreux. Ils ont les mêmes visions raciales avec la même stratégie d’inversion des rôles pour se victimiser (cf. parties précédentes). Théoriser la légitimité de leur racisme en le faisant passer pour une lutte contre le racisme, c’est toute la stratégie du PIR et de son allié le CCIF. Entre l’UOIF, le CCIF et le PIR, nombreux sont celles et ceux qui naviguent dans cette galaxie. Comme Marwan Muhammad, les militants islamistes tendances Frères musulmans sont souvent des personnes diplômées en sociologie, sciences politiques, marketing, journalisme ou autre. Ils savent très bien s’exprimer et mettent leurs compétences au service de leur fanatisme. La qualité des vidéos et du marketing du CCIF, tout comme celle de l'association Lallab par exemple (association politico-religieuse militant pour les musulmanes voilées en les faisant passer pour des musulmanes tout court, victimes de la société) en atteste.

    Ces militants sont aussi bien des hommes que des femmes. Ces dernières peuvent être voilées ou non. Mais tous défendent la même conception du monde. C’est par exemple le cas de Sihame Assbague. Diplômée en sciences politiques, elle milite dans de nombreuses associations racialistes, voire racistes, sous-couvert d’anti-racisme. Le PIR est une de ses préférées. Elle est également une des organisatrices du "camp d’été décolonial" interdit aux blancs et soutien officiel du PIR et du CCIF.

    Un autre visage de ce type de profil est celui de Widad Kefti. Militante de la nouvelle extrême droite et journaliste au Bondy Blog (plus militante que journaliste d’ailleurs), elle tient parfois le même genre de propos populistes et xénophobes que le Front National.

    Elle milite aux côtés de S. Assbague. Leurs actions communes sont relayées par le CCIF. Enfin, dernier exemple parmi tant d’autres, il ne faut pas oublier Houria Bouteldja, figure médiatique du Parti des Indigènes de la République qui est ouvertement raciste, antisémite et homophobe. Elle est dans la même vision du "eux" et "nous" que le CCIF. Soutien indéfectible du Hamas et du Hezbollah, elle en fait souvent les éloges dans ses écrits et ses meetings.

    Un autre profil est celui du travailleur social et/ou militant des quartiers populaires, investi dans des associations de gauche, voire même élu municipal de gauche. Il utilise les thèmes chers à la gauche, tout en militant également dans la sphère de l’extrême droite islamiste et indigéniste. Madjid Messaoudene et Youcef Brakni en sont deux exemples.

    Madjid Messaoudene est un élu de gauche de Saint-Denis. Il est "conseiller municipal délégué à l’égalité femme/homme, lutte contre les discriminations, égalité des droits, services publics", selon la mairie. En réalité, il ne voit les problématiques qu’en termes de "race". Sa conception de l’égalité des sexes se limite souvent à la défense des femmes voilées discriminées par un "État raciste postcolonialiste". Les "féministes blanches" ne sont pas sa tasse de thé. La Laïcité ? Elle est "islamophobe".

    Ses tweets anti-laïcité sont légion. "L’islamophobie" ? Son principal axe de lutte contre les discriminations. La communion nationale du 11 janvier 2015 ? "Une manifestation de racistes et d’islamophobes" (sic) (2). Une de ses plus grandes obsessions est bien-sûr le conflit israélo-palestinien. Il est souvent partenaire du PIR. Son "vivre ensemble" se réduit ainsi à l’opposition entre "coloniaux", sionistes, victimes du colonialisme et de "l’islamophobie". Tout comme Marwan Muhammad, il n’a eu de cesse de relativiser les attentats de Toulouse et s’est régulièrement montré agressif envers Charlie Hebdo sur Twitter. Alors, en y ajoutant son soutien officiel à Tariq Ramadan, ce qui était inévitable arriva : il a évidemment adhéré au CCIF. Je rappelle que cet homme est conseiller municipal "délégué à l’égalité femme/homme, lutte contre les discriminations, égalité des droits"… Son discours victimaire, racialiste, sexiste et anti-laïque doit faire quelques dégâts auprès de la population de Saint Denis, surtout la jeunesse.

    Un peu plus loin, toujours dans le département de Seine-Saint-Denis, Bagnolet subit aussi ce genre de phénomène.

    Jimmy Parat est secrétaire général du parti politique islamiste "Français ET Musulmans", dont je pourrais résumer le programme à un militantisme pour un meilleur respect de l’intégrisme au nom des valeurs humanistes (en quelque sorte : "Touche pas à mon a confirmé à plusieurs reprises dans des écrits intégrisme"), est élu municipal (Élu sur la liste ps-dyn. cit. Ndlr) à Bagnolet. En novembre 2014, il tint des propos violents (qu'il a confirmé à plusieurs reprises dans des écrits. Ndlr) contre le droit à l’IVG qu’il considère comme un "acte barbare". Des "opérations médicales" qu’il "assimile à un meurtre" et dont les maternités seraient des "accompagnements à la mort" (3). Un mois plus tard, de nombreuses militantes de l’association Femmes Solidaires (Ce sont effectivement les Femmes Solidaires de Bagnolet qui étaient à l'initiative, mais elles ont été accompagnées par de nombreux-ses féministes. Ndlr) vinrent manifester et exprimer leur indignation lors du conseil municipal. En mars 2015, le maire retira (Fort tardivement et après l'avoir couvert le plus longtemps possible. Ndlr) ses délégations à Jimmy Parat. Une action des féministes et une décision du maire qui ont mis en rage Youcef Brakni. Comme il n'hésite jamais à prendre la parole en plein conseil municipal, il le fit 2 ans plus tard pour exprimer son mécontentement. Sur un ton violent, il hurle que les islamophobes n'ont pas à dicter leur loi ici (au conseil municipal) ! Vous avez viré Jimmy Parat à une vitesse extraordinaire (« Une vitesse extraordinaire », c'est Y. Brakni qui le dit … Ndlr) parce qu'il était musulman ! (4) Nouvelle démonstration que la lutte contre l'islamisme est perçue comme "islamophobe". Peu importe le sujet et les déclarations choquantes de Jimmy Parat, pour lui tout se résume à "l'islamophobie". "Touche pas à mon intégrisme" est aussi son leitmotiv.

    Youcef Brakni, soutien affiché du PIR et du parti politique "Français et musulmans", milite donc "contre le racisme" (Contre « l'islamophobie ». Ndlr) dans des quartiers populaires tout en militant également dans la sphère islamiste. Sur le terrain et dans des conférences, il n’a de cesse de dérouler tout l’argumentaire victimaire, racialiste et anti-colonialiste. Cet homme transpire la haine, même dans le ton de sa voix, à chacune de ses interventions publiques. Ses invectives contre ses opposants laïques et démocrates qu’il qualifie "d’extrême droite" (Nous avons nous-mêmes été affublés du titre de « blog le plus islamophobe de France » : Hommage du vice à la vertu. Ndlr) n’ont d’égal que son prosélytisme religieux et son obsession pour le conflit israélo-palestinien. Il est souvent tout aussi larmoyant dans la victimisation des musulmans que peut l’être Marwan Muhammad. Tout ceci teinté de social et au nom de la lutte anti-raciste. En 2012, il eut l’occasion de s’exprimer à une tribune lors du "Printemps des quartiers" (5), peu après les attentats de Toulouse. Il s’y était exprimé à propos de Mohamed Merah, déplorant l’utilisation du mot djihadisme, ce terme on ne sait même pas ce que ça veut dire, on l'utilise à toutes les sauces, selon ses propres mots. S’il ne sait pas "ce que ça veut dire", il peut toujours le demander aux victimes de ces attentats… Il y déplore également l’interdiction de territoire du soi-disant prédicateur islamiste (sic) Youssef Al-Qaradhawi. Théologien misogyne, homophobe et antisémite des Frères musulmans, j’ai rappelé le pédigrée et les raisons de son interdiction dans un article précédent (6). Youcef Brakni est peiné que cet idéologue intégriste n’ait pas pu se rendre au congrès de l’UOIF. Tout comme il n’apprécie pas que l’on puisse critiquer Tariq Ramadan. Razzy hammadi, à l’époque candidat aux élections législatives en Seine-Saint-Denis, a eu le malheur de le faire. La réaction de Y. Brakni fut sans appel : qu’il entende bien ce message : il n’y aura pas de voix pour les islamophobes. Là encore il réagit comme un bon intégriste usant de la rhétorique victimaire et d'inversion, en considérant la critique envers l’islamisme comme un racisme (cf. parties précédentes). Il conclut son discours au "Printemps des quartiers" par une chose évidente à ses yeux : tout ceci est fait pour empêcher les musulmans de parler. Discours victimaire et complotiste, quand tu nous tiens… Le "Printemps des quartiers", noyauté par les intégristes musulmans, a l’air "sympatoche".

    Quelle a été la conséquence de cette menace électorale envers Razzy Hamadi, venant d’un islamiste peu influent ? Le candidat en a "beaucoup souffert" : il a été élu au second tour avec 100% des voix. Sa circonscription doit être remplie "d’islamophobes"…(Pour ce qui est de ce député ps, un examen attentif de ses pratiques et surtout son bilan, sur cette question de la laïcité, montre qu'in fine, ce n'est pas la laïcité qui a gagné … Ndlr)

    Youcef Brakni est un des éléments qui démontre le noyautage des mouvements de gauche dans les quartiers populaires par les islamistes. Il colle totalement au CCIF, au PIR et à l’idéologie islamiste en général. Fidèle à cette idéologie, il est un anti-laïc (anti-laïque. Ndlr) par excellence tout en prétendant défendre la laïcité. Il met constamment son islamité en avant, tout en dénonçant ceux qui l’identifient d’abord comme musulman. Il a eu l’occasion de le démontrer, encore une fois au conseil municipal de Bagnolet, le 29 janvier 2015. Il y était longuement intervenu pour terminer par citer le Prophète dans ce lieu laïque et républicain de la ville : Une parole rapportée du prophète Mohammad, sala allaho alayhi wa salam, dit : "Aller chercher la science, fût-ce jusqu’en Chine." Ce soir, j’aimerais appliquer ce commandement (7).

    Cela n’a rien d’illégal. Mais telle Christine Boutin brandissant la Bible à l’Assemblée Nationale lors des débats sur le PACS, cette intervention est lourde de sens et de symbole. Youcef Brakni n’affiche pas seulement ses convictions religieuses. Il en use comme une arme politique.

    Il n’est pourtant pas un élu de la ville. Mais il est si à l’aise au conseil municipal, qu’il n’hésite pas à monopoliser la parole (Il utilise pour cela, même si, à la différence des autres intervenants il hurle et invective, un dispositif démocratique qui permet aux citoyens de s'exprimer lors d'une interruption de séance. Ndlr), hurler et invectiver les élus (Pas que les élus ! Nous sommes systématiquement mis à l'index et dénoncés à la vindicte musulmane NDLR), sans que le maire réagisse. Il n’a ainsi aucun respect pour la démocratie, mais s’est engagé à tout faire pour gagner les législatives aux prochaines élections puis la mairie, sous la bannière du parti “Français ET musulmans”.

    Certes, ils ont peu de chances d'y arriver. Mais c'est quand même mauvais signe. Car si leur influence politique est négligeable, le labourage mené aujourd’hui sur le terrain risque d'avoir de lourdes conséquences dans l’avenir. (Cette candidature ouvertement « musulmane » peut tout à fait séduire une partie du vote communautariste qu'avait été cherché Razzy Hammadi et que ce dernier cultive dans les mosquées de la ville. NDLR)

     

    (... 2ème et 3ème  partie à suivre)

    Hélène Zanier et Pierre Mathon

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    9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 19:28
    Après Orly, Londres, Stokholm et les Coptes

    Nous sommes toutes et tous StokholmoisES, Cairotes, AlexandrinEs, LondonienNEs, OrlysienNEs, BerlinoisES, KaboulienNEs, BruxelloisES, NiçoisES, ParisienNEs … etc. etc.

    Une fois de plus le terrorisme islamiste a frappé.

    Au delà des moyens à mettre en œuvre pour empêcher les massacres, il faut d'abord nommer les choses : il s'agit d'attentats islamistes.

    Et si l'Islamisme nous foutait la paix ?

    Pierre Mathon

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    5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 13:39
    La laïcité et les 11 présidentiables

    Hier soir sur bfm tv a eu lieu un débat entre les 11 candidatEs à la pestilentielle 2017. Les masques sont tombés quand M. Le Pen a défendu les crèches (avec le petit Jésus) dans les mairies. Bon Mélenchon a cru intelligent de répondre : que peut-être il en faisait une chez lui, mais dans la sphère privée, pas dans la sphère publique. Ah ah ah.

    Notons au passage que les fêtes de Noêl se sont laïcicées et qu'il n'y a rien de commun entre un sapin dans une école et une crèche (avec le petit Jésus) dans une mairie ...

    Mélenchon asséna une phrase péremptoire : « qu'on nous foute la paix avec la religion » alors qu'il aurait dû dire « que les religions nous foutent la paix ». Les mots ont un sens.

    La représentante de LO se lança dans un discours peu clair (alors que avions noté le texte, certes dogmatique, mais laïque de son organisation http://lesvertsbagnolet.over-blog.com/2017/03/laicite-le-point-de-vue-de-lutte-ouvriere-sur-l-islamophobie.html). Les autres candidats se tinrent cois.

     

    Pourtant l'occasion était belle de démontrer la fausse laïcité proclaméede M. Le Pen. Fausse laïcité, puisqu'il s'agit pour elle, au contraire, de défendre la chrétienté (et encore la pire).

    Pourtant, la laîcité est une des questions essentielles de ces élections.

    Pierre Mathon

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    15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 13:43
    Demande de sanction de « Citoyenneté en actes » contre un islamiste

    L'association « Citoyenneté en actes » a adressé un courrier au maire pour lui demander de sanctionner Monsieur Brakni pour le détournement de la procédure de prise de parole du public, auquel il s'est livré au dernier conseil municipal.

    On sait que ce Monsieur, qui avait demandé à intervenir sur les questions budgétaires, l'avait fait sur une autre question et que lors de ce conseil, le maire actuel avait failli à son devoir de maire, en le laissant poursuivre son propos haineux.

    Nous publions ce courrier tout en soulignant que le droit pour les citoyen-ne-s d'obtenir la parole au conseil municipal de Bagnolet, qui constitue un acquis démocratique* doit demeurer.

    Nous considérons que l'incident créé par cet islamiste, ne doit pas servir de prétexte à la suppression, souhaitée par certainEs (et déjà tentée), de l'exercice de ce droit . Rappelons que ce droit avait été inscrit dans le règlement intérieur du conseil municipal en 2001 suite à une proposition des élus Verts et qu'il a permis tout au long des mandatures Everbeccq-1 et -2 ainsi que Tony di Martino à de nombreuses expressions citoyennes de s'exprimer.


    La lettre ouverte de « Citoyenneté en actes » :

    « Monsieur le Maire de Bagnolet,

    Nous avons pris l’initiative de relayer sur le blog de notre association la vidéo que Marie- Laure Brossier a diffusée pour témoigner de la violence de l’intervention de Youcef Brakni lors du Conseil Municipal du 2 mars 2017.

    Les pratiques de cet individu dans l’enceinte où se déroulent les instances de la République doivent être dénoncées fermement, ce que, Monsieur le Maire, nous vous demandons. Vous vous devez de prendre les décisions et actions qui s’imposent au nom de l’autorité qui vous a été accordée en tant que premier magistrat de la ville.

    Nous ne reviendrons pas sur le fond du débat sur lequel nous nous sommes déjà exprimés, rappelons simplement que Marie-Laure Brossier a obtenu lors d’une délibération régulière du Conseil Municipal la protection juridique de l’élu, que les deux mois de recours sont passés et donc que la légitimité de cette décision n’a pas à être remise en cause.

    Au-delà du fait que l’intervention verbale de M. Brakni lors du voeu de Mr Parat ne respecte ni le règlement intérieur du Conseil, ni le Code Général des Collectivités Territoriales, nous tenons à préciser les pratiques que nous dénonçons. Il y a :

    1. Tromperie : sur l’objet de la première intervention qui devait porter sur les impôts locaux ainsi qu’il l’avait annoncé, et non pas sur le procès et les frais liés à la procédure ;

    2. Imposture sur la qualité de Youcef Brakni qui se revendique représentant d’une association qui n’a pas d’existence légale, ainsi qu’il en a été fait la démonstration lors du procès en diffamation intenté par Marie-Laure Brossier ;

    3. Violence verbale et menaces, par les mots employés, la mise en cause des élus, le ton et les hurlements dont la vidéo témoigne largement ;

    4. Mensonges dans les affirmations tendant à assimiler Marie-Laure Brossier à une extrémiste de droite ;

    5. Manipulation dans l’usage de l’outrance qui tente de provoquer la violence d’autrui en retour pour se prévaloir du rôle de victime.

    Nous sommes pleinement conscients du fait que notre protestation sera utilisée pour stigmatiser notre association comme islamophobe, ce qui est très probablement le but recherché. Tout comme M. Brakni calomnie la majorité en l’accusant publiquement d’avoir écarté M. Parat parce qu’il est musulman (suite aux propos anti-IVG qu’il avait tenus devant l’assemblée d’élus à EST ENSEMBLE).

    La municipalité, les habitants et associations de Bagnolet et la nôtre n’ont pas de leçons d’antiracisme ou de démocratie à recevoir de lui. Ce type de pratique dans le débat public sape les bases des institutions républicaines, sape la démocratie et nous remémore les périodes les plus sombres du siècle dernier.

    Nous vous demandons donc, Monsieur le Maire, de sanctionner symboliquement Monsieur Youcef Brakni, par exemple, en lui retirant le droit d’intervenir à l’avenir dans les prochaines séances du Conseil Municipal.

    Les valeurs républicaines s’affirment non seulement par des mots mais aussi par des actes. Ne rien faire serait encourager le renouvellement des tromperies, agressions, violences verbales et menaces, des pratiques qui mettent en péril le débat démocratique, l’unité et la solidarité, et qui font le lit des extrémistes de tout poil.
    Nous n’ignorons pas que, suite à une telle action de votre part, aussi légitime soit-elle, Youcef Brakni dénoncera dans la foulée une ségrégation dont il se prétendra la victime. Nous faisons confiance au bon sens des habitants de Bagnolet pour vous soutenir dans la défense des institutions et des pratiques démocratiques.

    Dans l’attente de votre réponse, recevez, Monsieur le Maire, nos salutations citoyennes. Pour le bureau de l’association

    Gilles Wallis »

     

    Pierre Mathon

     

     

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    8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 17:33
    Un islamiste à l’« œuvre », une vidéo de Marilou Brossier


    Jeudi 2 mars 2017, s'est tenu un conseil municipal à Bagnolet. « Ce fut une occasion supplémentaire pour Youcef Brakni, de s'emparer des instances municipales sans aucune légitimité (Visiblement Y. Brakni avait précisé dans sa demande de prise de parole qu'il allait parler des orientations budgétaires, ce qu'il n'a pas fait) et avec pour objectif d'insulter et calomnier les représentants de la République (même si je reste sa cible favorite), mais également les mouvements laïques dont le Printemps Républicain. »
    Marilou Brossier a eu la présence d'esprit de filmer ces scènes ahurissantes. Ce sont ces bouts de film auxquels elle a associé une brève présentation que nous diffusons.
    Marilou Brossier aurait apprécié que le maire actuel interrompe la séance « et que l'on sorte ce fossoyeur de la République.
    Protéger les instances de la République et ses représentants doit être une priorité absolue ».


    La vidéo : https://youtu.be/XxTMfzbCG_U

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    8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 09:43
    Arlette et Hélène Zanier lors d'une manifestation féministe

    Arlette et Hélène Zanier lors d'une manifestation féministe

    Pas d’affolement, je n’ai pas l’intention de voter LO aux prochaines présidentielles (quoi que …). Mais ce texte de LO sur l’islamophobie méritait d’être porté à la connaissance de nos lecteurs -trices internautes. L’occasion de saluer Arlette Laguiller et Jean-Louis Gaillard avec qui nous avions sympathisé lors de leur présence au conseil régional ile-de-France de 1998 à 2004. L’occasion aussi de saluer en Arlette une authentique féministe.

    « Le piège de la « lutte contre l’islamophobie »

    lutte de classe n°181 - février 2017

     

    Une politique de construction de fronts pour « lutter contre l’islamophobie » est de plus en plus défendue par une partie de l’extrême gauche. Au point de perdre tout repère de classe, et d’user de démagogie vis-à-vis de l’islam politique.

    Le débat sur cette question s’est amplifié avec les différentes affaires de jeunes filles voilées à l’école, à partir de 1989, et surtout après la loi de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école. Il s’est poursuivi avec la polémique sur l’interdiction du voile intégral dans l’espace public, adoptée en 2010.

    Depuis les attentats de 2015 et 2016, cette question a pris de l’ampleur. Par exemple, le lamentable épisode de l’affaire du burkini a remis en lumière, l’été dernier, la façon dont les politiciens de droite comme de gauche sont prêts à faire feu de tout bois pour détourner l’attention de l’opinion des problèmes essentiels du moment, par démagogie électorale.

    Cette récupération de la question du voile, de la burqa ou du burkini par des politiciens qui se moquent de l’oppression des femmes et ne sont laïcs que lorsqu’ils parlent de l’islam, est choquante. C’est une campagne raciste.

    Pour autant, en tant que militants communistes, nous sommes aussi des adversaires résolus de toutes les religions et de toute oppression, et l’actuelle campagne ne doit pas faire perdre aux révolutionnaires toute boussole.

    La galaxie de l’anti-islamophobie

    Depuis plusieurs années, une galaxie de groupes se donnant pour objectif la « lutte contre l’islamophobie » se développent et prennent diverses initiatives. Certains, comme l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) ou PSM (Participation et spiritualité musulmanes), sont ouvertement des associations de prosélytisme religieux. D’autres se défendent d’être des organisations religieuses et se cachent derrière des revendications d’égalité, de lutte contre le racisme et contre l’islamophobie. C’est le cas du CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France), de Mamans toutes égales, du Collectif une école pour toutes, Féministes pour l’égalité, et plus récemment d’Alcir (Association de lutte contre l’islamophobie et les racismes). Le Parti des indigènes de la République (PIR) est aussi à ranger dans cette galaxie.

    Depuis l’attentat contre Charlie hebdo, en janvier 2015, les initiatives de ces groupes se sont multipliées : rassemblement anti-islamophobie le 18 janvier 2015 à Paris ; meeting contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire le 6 mars 2015 à Saint-Denis ; Marche de la dignité et contre le racisme organisée par le PIR le 31 octobre 2015 ; meeting à Saint-Denis contre l’état d’urgence le 11 décembre 2015, ou encore, le 21 septembre dernier, le meeting d’Alcir baptisé « Pour un printemps de la liberté, de l’égalité et de la fraternité », organisé dans le 20e arrondissement de Paris.

    Ces différentes initiatives ne prêtent pas forcément à la critique. Le rassemblement du 18 janvier 2015 était une réponse à une manifestation d’extrême droite organisée le même jour pour « expulser tous les islamistes ». Et organiser des réunions contre l’état d’urgence ou marcher contre le racisme peut sembler juste. La question est de savoir qui organise ces initiatives, quelles idées s’y expriment, et ce que des militants qui se disent d’extrême gauche y font et y disent.

    Ces rassemblements ont tous été en réalité des tribunes pour des organisations islamistes et communautaristes.

    Lors du rassemblement du 18 janvier 2015, des jeunes brandissent des drapeaux algériens, turcs, marocains, des panneaux portant des sourates du Coran, et une grande banderole : « Touche pas à mon prophète ».

    Le meeting du 6 mars 2015 était coorganisé par l’UOIF. Celui du 11 décembre faisait, lui aussi, la part plus que belle aux militants religieux. Certes, des laïcs (journalistes du Monde diplomatique ou représentante du Syndicat de la magistrature) s’y sont exprimés, mais en partageant la tribune avec Tariq Ramadan, Ismahane Chouder, porte-parole de PSM, ou Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF.

    On retrouve les mêmes parmi les signataires de l’appel pour le meeting d’Alcir du 21 septembre 2016. Le nom des porte-parole des associations et groupes religieux musulmans figure sur l’affiche, ornée d’une photo d’une femme voilée drapée… dans un drapeau bleu-blanc-rouge.

    Parmi les signataires de cet appel on trouve le NPA, qui a appelé à ce meeting sur son site, avec cette affiche puant le patriotisme et le républicanisme.

    Ces différentes initiatives se sont faites avec la participation ou le soutien de groupes ou partis de gauche (Attac, Ensemble, EELV) ou d’extrême gauche (anarchistes libertaires, antifas, NPA). Et le 18 décembre 2016 encore, a eu lieu une conférence internationale contre l’islamophobie et la xénophobie, à Saint-Denis, à laquelle appelaient conjointement le Parti des indigènes de la République et le NPA, et dont l’appel était signé par Olivier Besancenot et Tariq Ramadan.

    Des organisations obscurantistes et réactionnaires

    Il est vrai que le NPA reconnaît des désaccords politiques avec certaines de ces organisations. Certes ! Quand on sait qui sont ces porte-parole de l’anti-islamophobie à côté desquels une partie du NPA juge bon de s’afficher, on est même en droit de juger que le mot est faible.

    L’UOIF ? Elle a participé, en toute logique, aux défilés contre le mariage homosexuel. Elle a notamment accueilli dans ses congrès Christine Boutin, Dieudonné, Alain Soral, et les deux égéries de la Manif pour tous, Frigide Barjot et Ludovine de La Rochère. Réactionnaires de toutes religions, unissez-vous !

    Le CCIF est représenté par Marwan Muhammad. Cet ancien trader donne aujourd’hui des conférences en compagnie d’Abou Houdeyfa, l’imam de Brest qui explique dans ses prêches que ceux qui écoutent de la musique « seront transformés en singes ou en porcs ». Marwan Muhammad signe régulièrement des communiqués communs avec Idriss Sihamedi, responsable de l’association BarakaCity, lequel, sur un plateau télé en janvier 2016, expliquait qu’il était « un musulman normal », et qu’en conséquence il « ne serre pas la main des femmes ». Récemment Marwan Muhammad, lors d’un débat, a affirmé que la polygamie ne le regardait pas, puisqu’elle était, « comme l’homosexualité, un choix de vie personnel ».

    Terminons ce bref tour d’horizon avec l’association PSM (Participation et spiritualité musulmanes), représentée entre autres par Ismahane Chouder, militante provoile, antiavortement et homophobe, qui se définit pourtant comme féministe et a pris la parole dans tous ces meetings. Hassan Aglagal, un militant marocain du NPA, plus lucide que nombre de ses camarades, écrit dans une tribune intitulée Assez de PSM dans nos luttes : « Participation et spiritualité musulmanes (PSM) est l’association qui représente en France le mouvement Al Adl Wal Ihsane (Justice et bienfaisance), mouvement de l’islam politique fondé en 1973 au Maroc par le mystique soufiste Abdelassame Yassine. » Ce groupe est notamment responsable, au Maroc, « de l’assassinat de deux étudiants d’extrême gauche », en 1991 et 1993.

    Le retour des « races »

    Le Parti des indigènes de la République (PIR) est lui aussi présent à tous ces rassemblements, quand il n’en est pas l’organisateur.

    Le PIR ne se place, lui, pas seulement sur le terrain de la lutte contre l’islamophobie, mais plus généralement sur celui de la défense politique de tous ceux qu’il appelle les indigènes, c’est-à-dire des victimes du colonialisme. Enfin, pas toutes : le PIR, peut-on lire sur la page de présentation de son site, « constitue un espace d’organisation autonome de tous ceux qui veulent s’engager dans le combat contre les inégalités raciales qui cantonnent les Noirs, les Arabes et les musulmans à un statut analogue à celui des indigènes dans les anciennes colonies ». Il semble que les Asiatiques, pourtant tout autant victimes des horreurs de la colonisation et de l’impérialisme, n’intéressent pas particulièrement le PIR.

    Ce parti, qui a notamment été à l’origine de la Marche pour la dignité et contre le racisme d’octobre 2015, se réclame non seulement de la défense de la religion musulmane mais, au-delà, remet au goût du jour un terme utilisé par l’extrême droite : la « race ». Ce mot, que des générations de militants du mouvement ouvrier et de scientifiques ont banni de leur vocabulaire, pour la bonne et simple raison que les races n’existent pas dans l’espèce humaine, revient ces derniers temps, y compris dans l’extrême gauche, sous sa forme brute ou à travers le néologisme « racisé ». Ce mot est utilisé sans la moindre nuance dans des dizaines de publications, tracts, journaux, discours, jusqu’au NPA.

    Ces idées se sont tellement diffusées, au moins dans une fraction de la jeunesse militante, que des organisations de cette mouvance ont pu convoquer à Reims, du 25 au 28 août 2016, un « camp d’été décolonial » dans lequel les « non-racisés » (c’est-à-dire les Blancs) étaient tout bonnement interdits. Lors du mouvement contre la loi travail, au printemps dernier, des AG ont été organisées dans des facultés, notamment à Saint-Denis et à Tolbiac à Paris, réservées aux « racisés ».

    Le PIR se veut le porte-parole de cette évolution. Il étudie toute la société sous le prisme de la couleur de la peau, jamais sous celui des classes sociales ni des rapports économiques. Il assume totalement cette vision racialiste, fondée sur l’idée que les Blancs sont tous coupables de l’oppression des peuples coloniaux hier, et des immigrés aujourd’hui. Dans son dernier livre, Les Blancs, les Juifs et nous, la porte-parole du parti, Houria Bouteldja, écrit : « Au-dessus de moi, il y a les profiteurs blancs. Le peuple blanc, propriétaire de la France : prolétaires, fonctionnaires, classes moyennes. Mes oppresseurs. Petits actionnaires de la vaste entreprise de spoliation du monde. » Puis : « Le Français, dans son bureau, ça roule pour lui. L’Arabe, lui, est balayeur. »

    Ce livre abject défend les idées les plus réactionnaires, à commencer par un antisémitisme nauséeux (« Vous les Juifs […] je vous reconnaîtrais entre mille, votre zèle est trahison. »), une homophobie assumée, une exaltation de « la redoutable et insolente virilité islamique » (sic), et une prise de position contre le féminisme, dénoncé comme une exportation blanche : « Mon corps ne m’appartient pas. Aucun magistère moral ne me fera endosser un mot d’ordre conçu par et pour des féministes blanches. […] J’appartiens à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’islam. »

    Ces propos devraient suffire, lorsque l’on est communiste révolutionnaire, à s’interdire de faire tribune commune avec ceux qui les profèrent et qui sont pour nous ni plus ni moins que des ennemis politiques.

    Le « féminisme blanc »

    Une partie de l’extrême gauche, dans la foulée de la mouvance islamiste et du PIR, se débarrasse donc du féminisme d’un revers de la main en introduisant la notion, relativement nouvelle, de « féminisme blanc ». Les femmes qui interviennent dans les meetings que nous avons mentionnés se disent toutes féministes, mais d’un féminisme islamo-compatible, qui consiste à dire : « Je suis une femme, donc je fais ce que je veux, et si j’ai envie de me cacher derrière un voile cela ne regarde que moi. »

    C’est une nouvelle variante du relativisme culturel, qui affirme depuis bien longtemps déjà que, européens et impérialistes que nous sommes, nous n’aurions pas à juger des pratiques « culturelles » des autres pays, en particulier ceux qui ont été colonisés.

    Nous nous sommes déjà exprimés sur le paternalisme que sous-tend cette pseudo-théorie, lorsqu’elle est défendue par des militants de gauche ou d’extrême gauche européens : le port du voile, par exemple, leur serait insupportable, à eux. Mais ils l’estiment assez bon pour des femmes musulmanes. Pourquoi ? Parce qu’ils les estiment moins évoluées qu’eux ?

    Non, le fait d’exciser les femmes ou de les inciter ou les forcer à vivre toute leur vie cachées aux yeux des hommes, dans une forme d’apartheid sexuel permanent, n’est pas une « pratique culturelle » au même titre qu’une danse folklorique. C’est une attaque sauvage contre la moitié de l’humanité.

    Bouteldja, qui dit préférer appartenir « à [sa] race et à l’islam » plutôt que de dire que son corps lui appartient, va même plus loin : « Un féminisme décolonial doit avoir comme impératif de refuser radicalement les discours et pratiques qui stigmatisent nos frères. » Elle absout ainsi d’avance les lapideurs de femmes et les exciseurs, au nom du féminisme décolonial.

    On peut également mentionner le récent livre de Nargesse Bibimoune, Confidence à mon voile. On y lit par exemple : « Mon cher voile, dis-leur que tu es la preuve de ma soumission à Dieu et uniquement Lui ! Dis-leur qu’à mes yeux tu es un instrument d’émancipation face à une société qui souhaiterait me dicter ma manière d’être une femme libérée. »

    Les militantes comme Nargesse Bibimoune ou Houria Bouteldja choisissent donc d’être des esclaves volontaires de dieu ou des hommes. Tant pis pour elles. Mais nous, militants communistes et révolutionnaires, nous pouvons aussi choisir notre camp : dans l’affaire du voile, puis celle du burkini, des dizaines de féministes algériennes, turques, marocaines se sont exprimées pour dire leur rage devant la complaisance de l’extrême gauche française face à ces symboles d’oppression, elles qui risquent tous les jours leur vie à les refuser. C’est à elles que vont notre solidarité et notre respect.

    La complaisance de l’extrême gauche

    Une partie de la « gauche de la gauche » organise avec ce milieu réactionnaire toutes sortes d’initiatives, leur ouvre ses colonnes ou discute doctement avec eux de leurs positions.

    Ce n’est pas par accident. Il y a longtemps que la LCR, et plus encore le NPA, se refusent à critiquer clairement le voile, et font preuve vis-à-vis de l’islam d’une bonne dose de démagogie. On se souvient de l’affaire de la candidate voilée du NPA dans le Vaucluse, en 2011. Se refusant à affirmer sans ambages le caractère oppressif du voile et de ses divers avatars vestimentaires, des membres de ce parti sont allés par exemple, en août dernier, jusqu’à organiser dans le cadre de leur université d’été une manifestation pour défendre le droit des femmes à porter le burkini, aux cris de « Trop couvertes ou pas assez, c’est aux femmes de décider ». On n’est, on le voit, pas très loin du féminisme décolonial.

    Le NPA a déclaré, à la suite d’une réunion de sa direction nationale les 17 et 18 septembre dernier, que « le NPA, ses militants, ses porte-parole et son candidat seront au cœur de l’action contre le racisme et l’islamophobie ». Un communiqué du 16 octobre appelle à « faire de la lutte contre l’islamophobie une véritable priorité ».

    Cela n’a rien de fortuit, de la part d’un courant qui a pour habitude d’épouser les idées d’autres courants, dans l’espoir de gagner l’oreille de telle ou telle fraction de la jeunesse, de la petite bourgeoisie intellectuelle ou du monde du travail. Autrement dit : tentons d’attirer les jeunes des banlieues à nous… en nous rangeant derrière des organisations qui, elles, disent ce que ces jeunes veulent entendre, quelque réactionnaires que soient leurs idées.

    Cet opportunisme est une vieille tradition d’une partie du mouvement trotskyste, la même qui l’a conduite, dans le passé, à soutenir sans s’en démarquer les nationalistes des pays colonisés, comme le FLN algérien, ou certains courants staliniens, à trouver des vertus aux associations les plus réformistes, comme Attac, ou à faire les yeux doux aux décroissants.

    Communisme et religion

    Pour justifier leur indulgence pour l’islam politique, les divers groupes d’extrême gauche qui gravitent dans ce mouvement cherchent des justifications théoriques.

    La religion musulmane, expliquent-ils d’abord, serait, en France, une religion d’opprimés et, à ce titre, non comparable aux autres religions qui, elles, seraient du côté des oppresseurs.

    Que l’islam soit en France en religion majoritairement pratiquée par des opprimés, c’est-à-dire des prolétaires, c’est une certitude. Mais faire ce constat doit-il mener à se montrer conciliant avec cette religion ? Bien au contraire ! Davantage encore, justement parce que ceux qui sont touchés par cette religion sont les nôtres, nous devons la combattre ! La classe ouvrière, précisément parce qu’elle est la classe opprimée de la société, a moins accès au savoir, à la culture que d’autres couches de la société, ce qui la rend plus perméable à tous les préjugés. Et si ceux-ci prennent la forme de préjugés religieux parmi les travailleurs d’origine maghrébine ou africaine, ils en prennent d’autres, dans d’autres couches du prolétariat. À commencer par le racisme, hélas bien présent dans la classe ouvrière française. Et pourtant, aucun militant n’imagine ne pas le combattre sous prétexte qu’il s’agit de préjugés d’opprimés. Pourquoi en serait-il autrement avec la religion ?

    Autre argument : le marxisme n’aurait pas de vraie tradition antireligieuse. C’est par exemple ce que prétend un enseignant de Seine-Saint-Denis, qui défend la liberté de porter le voile à l’école, Pierre Tevanian. Son ouvrage, La haine de la religion, explique, en le falsifiant, que Marx n’était finalement pas si antireligieux que cela. On y lit : « C’est aujourd’hui l’athéisme et le combat antireligieux, l’irréligion en somme, qui peut être considérée comme l’opium du peuple de gauche. »

    Que le marxisme ne se soit jamais donné comme objectif prioritaire de faire de la propagande antireligieuse, certes. Les communistes ne sont pas des laïcards, du nom de ce courant de bourgeois radicaux au tournant des 19e et 20e siècles qui considéraient que la lutte contre la religion était plus importante que la lutte des classes, ou plutôt qui préféraient largement que les ouvriers se battent pour la laïcité plutôt que pour remettre en cause l’ordre social.

    Marx savait que les préjugés religieux étaient les conséquences de l’oppression, et qu’ils ne disparaîtraient pas avant une transformation profonde de la société, en d’autres termes, avant que la société communiste, en supprimant l’exploitation et l’oppression, supprime du même coup les causes de la religion. Et la ligne de démarcation que tracent les communistes, dans la société actuelle, n’est pas entre les laïcs et les religieux, mais entre les prolétaires et les bourgeois.

    Pour autant, les marxistes ont toujours considéré la propagande antireligieuse comme indispensable. Être communiste, c’est être matérialiste, et être matérialiste, c’est être athée. On peut être athée et se battre, dans une grève, aux côtés d’un travailleur croyant. Mais cela n’empêche pas qu’il est du devoir de n’importe quel révolutionnaire communiste d’essayer d’arracher non seulement les militants qu’il veut gagner à sa cause, mais même ses camarades de travail et de lutte, à l’emprise de la religion. Trotsky l’expliquait, en 1923 : « Nous adoptons une attitude tout à fait irréconciliable vis-à-vis de tous ceux qui prononcent un seul mot sur la possibilité de combiner le mysticisme et la sentimentalité religieuse avec le communisme. La religion est irréconciliable avec le point de vue marxiste. Celui qui croit à un autre monde ne peut concentrer toute sa passion sur la transformation de celui-ci. » Et à la fin des années 1930 il écrivait encore, dans Défense du marxisme : « Nous, les révolutionnaires, nous n’en avons jamais fini avec les problèmes de la religion, car nos tâches consistent à émanciper non seulement nous-mêmes mais aussi les masses de l’influence de la religion. Celui qui oublie de lutter contre la religion est indigne du nom de révolutionnaire. »

    Le piège de « l’islamophobie »

    Il est donc évidemment possible de lutter à la fois contre les discriminations racistes et contre la religion.

    C’est la raison pour laquelle le terme d’islamophobie nous a paru ambigu, et il l’est toujours par certains aspects, bien que le mot soit devenu d’usage courant. Nous rejetons et combattons les discriminations qui peuvent s’exercer à l’encontre des musulmans, parce que nous sommes pour la liberté de culte. Mais nous sommes athées, opposés à toutes les religions. Et l’équation, imposée par les islamistes et leurs amis, selon laquelle lutter contre la religion musulmane signifierait être raciste, est une escroquerie.

    Une partie de la classe politique française actuelle rejette et discrimine les musulmans, en tout cas les pauvres, ceux des cités et des usines, car elle ne rejette certainement pas les milliardaires des théocraties du Golfe. Et il est compréhensible que nombre de jeunes se sentent victimes d’une oppression spécifique, qui existe bel et bien. Comment admettre que les politiciens de droite, qui hurlent à la laïcité et veulent interdire les menus de substitution dans les cantines, soient les mêmes qui combattent pour permettre l’installation de crèches de Noël dans le hall de leur mairie ?

    La laïcité des politiciens bourgeois d’aujourd’hui est à géométrie variable, et elle est tournée contre la religion musulmane, comme elle l’a été en d’autres temps contre les Juifs. Et c’est d’autant plus choquant que les mêmes n’ont pas hésité, dans le passé, à se servir de l’islam pour tenter de canaliser la colère et le ressentiment des jeunes des banlieues, comme le fit Sarkozy lorsqu’il créa le Conseil national du culte musulman.

    Défendre le communisme

    Mais nous estimons que c’est notre rôle, en tant que communistes, de dénoncer l’emprise de la religion musulmane sur la jeunesse d’origine immigrée ; de nous battre, de militer pour essayer d’arracher celle-ci au « brouillard de la religion », comme écrivait Marx, pour lui ouvrir les yeux, lui faire comprendre que son émancipation ne se fera pas par la soumission à des principes religieux d’un autre âge, mais dans l’union de classe avec le reste du prolétariat.

    Notre tâche de révolutionnaires n’est pas de conforter les travailleurs dans leurs préjugés religieux, mais de les combattre. D’expliquer que l’islam politique, fût-il radical, n’a jamais combattu l’oppression sociale ; que c’est un courant profondément anticommuniste ; que là où il est au pouvoir, il l’est aux côtés de la bourgeoisie, réprime les grèves et assassine les militants ouvriers ; que l’islam, comme toutes les religions, prône la soumission et la résignation face à l’ordre social, en un mot que les partis politiques islamistes sont des partis bourgeois. De reprendre à l’identique, en ajoutant simplement au mot christianisme ceux de judaïsme et d’islamisme, les paroles de Marx : « Les principes sociaux du christianisme prêchent la lâcheté, le mépris de soi, l’avilissement, la servilité, l’humilité, bref toutes les qualités de la canaille ; le prolétariat, qui ne veut pas se laisser traiter en canaille, a besoin de son courage, du sentiment de sa dignité, de sa fierté et de son esprit d’indépendance beaucoup plus encore que de son pain. »

    C’est notre rôle d’expliquer aussi que, si les musulmans sont victimes de discriminations, c’est aussi un résultat de la politique des groupes djihadistes eux-mêmes, dont le caractère aveugle des attentats vise précisément et consciemment à provoquer des réactions de rejet contre les musulmans chez les Français non issus de l’immigration. Les travailleurs musulmans, en France, sont les secondes victimes des attentats, après les morts et les blessés. Il s’agit d’une politique consciente des dirigeants de l’islam politique, qui raisonnent de la même façon que les dirigeants impérialistes, et sont tout autant des ennemis des opprimés.

    Pour mener ces luttes et défendre ces idées, les précédents dont on peut s’inspirer ne manquent pas, à commencer par l’exemple du bolchevisme. Car les actuelles attaques islamophobes ne sont rien à côté de ce qu’était l’antisémitisme dans la Russie tsariste, qui prenait la forme de pogromes et de massacres de masse. Les militants bolcheviks, dans ce contexte, n’ont pas choisi la démagogie vis-à-vis du nationalisme juif, et encore moins de la religion, mais ont lutté inlassablement pour arracher les opprimés juifs à cette influence, et les intégrer dans le combat général mené par le prolétariat. Le rôle des militants juifs dans le Parti bolchevik et dans la Révolution russe montre à quel point ils ont réussi.

    * * *

    Aujourd’hui, 170 ans après le Manifeste communiste, il faut apparemment encore rappeler que le communisme n’est pas compatible avec la religion.

    Il est affligeant de voir des prétendus révolutionnaires se solidariser avec des rebuts d’idées que l’on trouve dans des livres comme ceux de Houria Bouteldja. Ces idées sont la négation même des idées communistes.

    Cette évolution est un symptôme du recul réactionnaire qui touche la société. Le seul remède contre ce délitement, c’est de défendre sans relâche les perspectives communistes, l’idée qu’on ne peut pas combattre l’oppression en défendant une autre forme d’oppression. C’est de garder sa boussole de classe, de se battre inlassablement pour redonner une conscience aux travailleurs plutôt que la diluer encore un peu plus, de militer pour construire un parti communiste ouvrier.

    Dans ce combat, il est indispensable de gagner au communisme des jeunes travailleurs issus de l’immigration, non pas en encourageant leurs préjugés religieux mais en en faisant des révolutionnaires, c’est-à-dire des athées, capables de contrebalancer dans leur propre milieu les idées propagées par les ennemis du mouvement ouvrier.

    15 janvier 2017 »

     

      Laïcité : le point de vue de Lutte Ouvrière sur « l’islamophobie »
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    Published by Bagnolet en Vert - dans Laïcité
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