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  • : Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet
  • : Ce blog de Bagnolet en Vert- L'Ecologie à Bagnolet est à votre disposition pour vous informer quotidiennement de l'écologie politique et du travail de Pierre MATHON et d'Hélène ZANIER et de leurs amis.
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L'éditorial du blog

planete_bleur_belle_fond_vert.jpg                                                           

Ce blog «Bagnolet en Vert» est le blog d’Hélène Zanier, de Pierre Mathon et de leurs amiEs. Aujourd’hui militantEs associati -fs –ves (à « Bagnolet Ecologie » et Environnement 93, Jardins partagés, « l’Association des Bagnoletais contre la Dette », Romeurope, RESF, Russie-Libertés, Murs-À-Pêches, etc.), après avoir été élus (régionaux, municipaux) et responsables du parti Les Verts, nous entendons contribuer à l’avancée des idées et des projets écologistes.

Penser et agir, globalement et localement, telle est la devise de notre blog écolo,  Vert et ouvert, militant et d’éducation populaire, libre, bagnoletais, intercommunal et planétaire.

Hélène Zanier et Pierre Mathon

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En Vert et avec tous !

Vous pouvez compter sur 

Pierre MATHON
et toute l'équipe de
BAGNOLET EN VERT


* pour l’environnement et le développement durable, 
* pour la démocratie, la citoyenneté et la laïcité,
 
* pour la solidarité et l’égalité des droits, 
* pour l’école, l’éducation et la culture, 
* pour un urbanisme de qualité

 
En Vert et avec tous                                            

AGENDA

BONNE ANNEE 2015 !

 

Mardi 3 février à 20h30 conseil de quartier de la Dhuys à l'école Joliot-Curie

 

Mercredi 4 février à 19h atelier participatif sur la ZAC Benoit Hure : les espaces extérieurs  et l'occupation de la mairie historique

 

Jeudi 5 février 19h30 salle P et M Curie conseil de quartier des Malassis

 

PETITIONS

Réaction aux propos intégristes d'un élu de la majorité municipale de Bagnolet : pour le droit des femmes à disposer de leur corps

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Le_maire_de_Bagnolet_defense_du_droit_des_femmes_a_disposer_de_leur_corps/?sMpnibb

 

« Monsieur le Maire de Bagnolet: Nous vous appelons à créer une maison de quartier et citoyenne dans le quartier de la Dhuys»

http://www.avaaz.org/fr/petition/Monsieur_le_Maire_de_Bagnolet_Nous_vous_appelons_a_creer_une_maison_de_quartier_et_citoyenne/?tUmsDgb

 

Pour que cesse l'acharnement juridique contre la confédération paysanne
 
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stop-acharnement-conf-865.html

 



 

 

 

 

 

 

 


 

23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 10:03

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Il y a eu, dimanche à Paris (ils étaient 25 000) mais aussi dans le monde, une Marche pour le climat :

L’article du Monde.fr du 21 septembre :

« Marche pour le climat à Paris : « Chefs d'État, agissez ! »

Le Monde.fr | 21.09.2014 |Par Audrey Garric

 

L'espace d'un instant, la météo a essayé de voler la vedette au climat. Mais les pluies éparses du début d'après-midi n'ont pas eu raison de la « Marche du peuple pour le climat » qui s'est tenue à Paris dimanche 21 septembre. Aux côtés de personnalités comme l'écologiste Nicolas Hulot ou le chanteur Patrice, les manifestants – qui étaient entre 5 000, selon la police et 25 000, selon les organisateurs – ont défilé pour lancer un appel aux chefs d'Etat qui se réuniront lors d'un sommet extraordinaire de l'ONU sur le changement climatique, mardi 23 septembre.

L'événement se tenait dans le cadre d'une marche mondiale pour le climat, autoproclamée « plus grande mobilisation citoyenne jamais organisée sur l'enjeu climatique ». Plus de 2 500 défilés étaient prévus dans 158 pays, de Melbourne à New York, en passant par New Delhi, Berlin, Londres et Vancouver.

 « LA FRANCE DOIT ÊTRE EXEMPLAIRE »

« Cette marche est un signal de la société civile pour appeler le gouvernement français à faire preuve d'un leadership fort sur le climat, explique Marie Yared, chargée de campagne d'Avaaz, l'ONG à l'origine de la mobilisation. Nos politiques sont trop frileux : ils doivent prendre des engagements concrets à court terme, comme diviser par quatre les rejets de gaz à effet de serre et atteindre 100 % d'énergies renouvelables avant 2050. La France doit être exemplaire. »

Une attente d'autant plus forte que Paris accueillera la prochaine Conférence internationale de l'ONU sur le changement climatique (COP 21), en décembre 2015, durant laquelle pourraient être scellés des accords contraignants de réduction des émissions de CO2.

UNE SONO À L'ÉNERGIE SOLAIRE

Pour ce qu'ils considèrent comme une « première étape », dimanche, les marcheurs – dont une partie avait préféré le vélo – ont défilé de la place de la République jusqu'au parvis de l'hôtel de ville au son des tambours, percussions et autres sifflets. Beaucoup arboraient sur la poitrine des autocollants avec des cœurs verts, l'emblème de la marche, ainsi que des t-shirts, pulls, vestes ou pantalons aux couleurs de la nature. Certains tenaient des panneaux où était inscrit « Climat en danger », « Chefs d'Etat du monde, agissez ! » ou « Changeons le système, pas le climat », tandis que d'autres scandaient, moqueurs, « Sauvons la Terre et pas les actionnaires ».

Pour contribuer à sauver la planète, le collectif Solar Sound System a animé la marche à l’aide d'une sonorisation fonctionnant uniquement à l'énergie solaire et à la dynamo (avec des vélos). Une quinzaine de bénévoles s'assuraient par ailleurs que les participants « ne laissent dans les rues de Paris que la trace de leurs pas ».

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BEAUCOUP DE JEUNES

Dans le cortège, au-delà des ONG écologistes (Greenpeace, Oxfam, Sortir du nucléaire ou encore Bloom) et des partis politiques (EELV et sa patronne Emmanuelle Cosse, le Front de gauche mené par Jean-Luc Mélenchon), ce sont surtout des jeunes qui se sont mobilisés.

Anne, 22 ans, en études d'agronomie, et sa cousine Clémence, 15 ans, en 1rescientifique dans un lycée agricole, sont ainsi venues « sensibiliser les Parisiens aux enjeux climatiques et environnementaux pour qu'ils s'impliquent dans la défense de la planète »« Cela avance lentement mais sûrement », espèrent-elles, maquillées d'un cœur vert sur la joue.

« Notre marche est symbolique : nous voulons montrer que quelque chose est en train de se passer », renchérissent Sarah et Esther, 23 ans, en master d'anthropologie de l'environnement du Muséum d'histoire naturelle de Paris. « Beaucoup de gens ont conscience qu'il faut changer les choses mais ne l'appliquent pas dans leur quotidien », regrette toutefois Sarah, qui assure, elle, s'approvisionner chez un maraîcher bio local et acheter des vêtements d'occasion dans des vide-greniers.

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« QUE MA FILLE VOIE ENCORE DES BALEINES »

Davantage que le changement climatique, dont les conséquences ne sont pas toujours accessibles ou visibles par tous, c'est la protection de l'environnement de manière générale, notamment pour les générations futures, qui était au centre des préoccupations des manifestants. « Je veux que ma fille puisse manger du miel de vraies abeilles et voir des baleines plus tard », explique Morgane Le Faou, drapée d'un foulard vert, en tenant par la main sa petite Lila-may, 7 ans, qui veut «sauver les ours polaires ».

« Je ne veux pas que mes trois petites-filles vivent dans un monde marqué par la pollution et les guerres de l'eau », témoigne de son côté Colette Manne, retraitée, qui « fait sa première manif' ». « L'urgence climatique et écologique n'est pas assez prise au sérieux. »

DIFFICILE DE « RÉVEILLER L'OPINION »

Tous, surtout, notent la difficulté de mobiliser la société civile. « On est venus à pied à la manif' et sur le chemin, on a essayé de rameuter les passants, mais en vain », regrette Caroline Blondeau, qui a amené son fils Camille, âgé de 6 ans. « J'ai un optimisme modéré sur le fait de parvenir à réveiller l'opinion publique, reconnaît Gilles, physicien au CNRS. Il y a eu une vraie prise de conscience avec le sommet de Copenhague en 2009. Mais depuis, avec la crise économique, les enjeux climatiques et environnementaux ont été relégués au second plan. Ils ne sont plus au cœur des préoccupations des gens. »

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Ces difficultés à rassembler autour du climat, Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, en est conscient. « Merci de préférer l'espérance à l'indifférence, la mobilisation à la résignation, lance-t-il à une foule massive depuis la scène installée devant l'hôtel de ville. Cette petite étincelle doit se propager jusqu'en décembre 2015. Nous aurons besoin de vous pour dire ‘osez le changement' à ceux qui ont des responsabilités. Le changement est déjà en marche. » Applaudissements nourris de l'assistance.

« Je suis plutôt surpris qu'il y ait eu autant de gens, confie-t-il à l'issue de son intervention. Il y a très peu de mouvements citoyens autour de la planète. On est dans un contexte de désarroi et de dépression avec des difficultés bien plus palpables que le changement climatique. Il faut que chacun prenne sa part de responsabilité pour transformer ces difficultés d'aujourd'hui en un monde meilleur demain. »

« Oui, il faut mobiliser la société civile et changer les mentalités, assure l'ancienne ministre et députée EELV de Paris Cécile Duflot, mais changer de modèle de développement est un choix éminemment politique. » »

 

 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 21:06
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Notre ami
Loulou Taïeb, militant écologiste du 20éme arrondissement, avait promis, de nous envoyer le compte-rendu et les photos de son voyage en car à partir de Paris pour participer à la grande manifestation du 12 décembre à Copenhague.

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Promesse tenue.

Nous le remercions de faire vivre, pour les lecteurs de notre blog, ce qui fut selon ses mots « la première prise de conscience mondiale de notre fraternité de terriens et de protecteurs de notre mère la terre ».

Pierre Mathon

DSCN8131« Nous sommes partis très nombreux : presque cent-cinquante militants de l’écologie politique et citoyenne.

Pour ma part j’avais rejoint le bus des Verts en m’inscrivant à notre local de Paris. Etaient représentés à part les Verts, Les amis de la terre, les associés d’Europe écologie, le NPA, le parti de gauche.

Il y avait beaucoup de très jeunes. 

L’ambiance était déjà très sympathique  place de la nation, point de rendez-vous.
Objectif : pour partir à Copenhague grossir la grande manifestation du lendemain à 14h !

Nous serons trois bus pleins à partir pour une longue route qui nous permettra de mieux nous connaître dans nos différences d’approche de l’urgence sociale et écologiste.

Bref,  nous tentons encore une fois de refaire le monde- et pour moi ça commence à faire beaucoup de fois que je refais le monde. Entout, il y en a pour 36 heures de route en dormant de temps en temps.

Ça discute ferme sur les enjeux de la conférence et ses possibles résultats.

C’est une première réunion mondiale de citoyens.

L’enjeu, la transformation de notre société et même de notre civilisation, est important, urgent. Il est ressenti comme possible désormais.

Nous traversons la France, la Belgique  l’Allemagne ... Nous arrivons en pleine nuit à quelques kilomètres de la frontière du Danemark.

DSCN8160Et là sur une aire d’autoroute, les policiers encadrent les trois bus  et sous des éclairages violents, nous devons, un par un, donner nos passeports. Tous nos bagages sont vérifiés. Il fait noir et le froid est glacial. Les discussions et vérifications trainent en longueur : il y a une mineure dans l un des bus sans autorisation de ses parents. Ils seront réveillés en pleine nuit par la police allemande pour obtenir des renseignements sur leur fille.

DSCN8195Notre bus ne repartira qu’après deux heures et demie d’attente. Nous décidons de poursuivre notre route et de retrouver les deux autres bus plus tard et même directement à Copenhague : nous ne voulons pas manquer le début de la manifestation !    

Nous arrivons a 13 h environ le samedi à Copenhague et très vite nous nos nous mêlons à tous ces gens qui viennent de partout pour grossir la grande manifestation prévue pour le climat. La participation promet d’être très importante.

Les nouvelles des négociations entre les gouvernements présent s ne sont pas bonnes,  la  discussion avance sans aucun résultat tangible. Mais nous ne perdons pas espoir et chacun d’entre nous croit ferme que cela aboutira a un accord. 

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La manifestation grossit a vue d’œil. C’est très coloré. Il y a beaucoup de déguisements en animaux.

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Des pancartes  par dizaines disent le désir d’écologie et de  politique : une envie de politique partagée par des milliers d’hommes et de femmes, de bébés dans leurs poussettes et de vieux -même plus vieux que moi- et qui marchent tout au long d’un canal vers le bâtiment où ont lieu les négociations sur le climat. C’est une extraordinaire impression de liesse et de combativité citoyenne pour un nouvel idéal de vie et la protection de notre terre, notre mère.

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Partout le thème de l’urgence dans toutes les langues, des saynètes amusantes ou caustiques émaillent le parcours. De la musique parfois. Ainsi, au beau milieu, un violoniste fait entendre sa douceur solitaire …

Inventions partout.

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Des ours blancs sont de la fête, très représentés. De drôles de boules gonflables blanches  d’où émergent des mains, des visages  et des yeux basculent en tous sens en nous suivant  sur la route. C’est très coloré et plein d’imagination.

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L’imagination est dans la rue. Puisse-t-elle un jour être au pouvoir ! 

DSCN8205Nous marchons longtemps, très longtemps, sous un ciel bleu limpide et un soleil léger. Nous sommes maintenant très nombreux : 80000, 100000, 150OOO ? C’est difficile d’estimer, mais c’est vraiment grandiose. Parfois des vélos  et de la musique pour faire des pauses, à deux ou trois pour jouer dans la foule qui s’arrête à un endroit  où une estrade est dressée et où des orateurs prennent la parole en danois, en anglais et en allemand.

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Et tout-à-coup je vois à quelques mètres de moi celle que j’avais le plus regrettée en quittant les Verts, Agnès Sinaï que j’ai toujours appréciée, qui me revient jusque dans mes bras, portée par la foule amicale. Nous nous embrassons. Puis la foule me la reprend, parce que, maintenant, il y a tellement de monde que ça n’est plus contrôlable ! C’est une mer humaine qui se déplace bruyamment devant quelques policiers impassibles et plutôt sereins (il n’en sera pas de même en d’autres endroits où des heurts se produiront).

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Nous défilerons de 14H à 20 H en faisant un grand tour dans la ville près d’un plan d’eau.

DSCN8207Nous ne pourrons revenir vers notre rendez-vous au bus qu’à pied car les métros sont inaccessibles.

DSCN8183Nous avons manifesté jusqu’à épuisement.



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Épuisés mais ravis, malgré ce froid très vif,  notre nuit de mauvais sommeil. Nous avons  une grande passion au cœur : c’est la première prise de conscience mondiale de notre fraternité de terriens et de protecteurs de notre mère la terre et planète.

Lucien Taïeb dit Loulou

élu à la délégation à la vie artistique à la mairie du xx° arrondissement de Paris »

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 17:12
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 Copenhague, les députés Verts "ne lâchent pas l’affaire ", voici la question orale posée par Yves Cochet sur le sommet de Copenhague le mercredi 13 janvier à l’Assemblée nationale et la réponse du ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo.


Pierre Mathon


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«
 M. le président. La parole est à M. Yves Cochet, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.


M. Yves Cochet.


Ma question s’adresse à M. Borloo, ministre de l’écologie, et porte sur le sommet de Copenhague.


Lors du Conseil des ministres du 23 décembre, vous avez déclaré, monsieur le Ministre, que Copenhague avait enregistré des progrès essentiels. Au cours de ses vœux aux Français, le 31 décembre, le Président Sarkozy lui-même indiquait que Copenhague était « une porte ouverte sur l’avenir ». Je me demande si vous habitez la même planète que moi et que la totalité des ONG françaises ou internationales, lesquelles ont considéré que Copenhague était un échec retentissant ! Des centaines de milliards d’euros seront perdus en vain, faute de décision internationale, et, du point de vue humanitaire, des centaines de milliers de personnes vont souffrir ou même mourir à cause de l’impéritie des leaders mondiaux qui n’ont pas su trouver à Copenhague un accord courageux, voire un traité juridiquement contraignant. Monsieur le ministre, considérez-vous toujours que Copenhague est plutôt un succès, ou que c’est plutôt un échec ?


Par ailleurs, il faut redonner espoir et relancer les négociations climatiques. La grande différence entre la posture des pays du nord et celle des pays du sud porte sur la notion de dette climatique. Le nord ne veut pas en entendre parler ; au contraire, les pays du sud disent qu’il y a une dette climatique. Pensez-vous, monsieur le ministre, que, pour relancer les négociations climatiques en 2010 et les années suivantes, cette notion de dette climatique soit pertinente ? (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)


M. le président. La parole est à M. Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat.


M. Patrick Roy. Et des sommets ratés !

M. le président. Monsieur Roy, vos commentaires sont totalement inutiles. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)


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François de Rugy, Jean-Louis Borloo, Yves Cochet et Dominique Voynet

M. Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat.


Les principaux dirigeants des pays du monde se sont rencontrés pour la première fois pour tenter de parvenir à un accord concernant le financement international des pays les plus vulnérables et la modification des modèles économiques. Si vous considérez, monsieur Cochet, que ce n’est pas un événement important, permettez-moi de vous dire que je ne partage pas votre avis, car c’est la première fois qu’un tel événement a lieu.


Mais mettre d’accord 194 pays est un exercice extrêmement difficile. Nous allons bien sûr continuer. Un conseil européen informel a lieu le week-end prochain, portant sur le climat et la suite de Copenhague.


Les ambitions de la France sont claires.

Premièrement, contrairement à ce que vous avez dit, monsieur Cochet, il nous faut mettre en application le premier accord de solidarité internationale pour les pays les plus vulnérables : il s’agit d’un montant de 10 milliards de dollars dès cette année, qui atteindra progressivement 100 milliards de dollars par an pour la décennie à venir. Il faut cesser de jeter le discrédit, car ces pays attendent le financement de la protection de la forêt et des énergies renouvelables et, pour certains d’entre eux, le financement de la lutte contre les aléas climatiques.


M. Jacques Desallangre. Ils peuvent attendre !


M. Jean-Louis Borloo, ministre d’État. Nous devons aussi nous assurer que les engagements politiques de Copenhague, même s’ils ne sont pas à la hauteur de ce que les Français avaient souhaité, soient mis en application, et notamment avant le 31 janvier.

M. Jacques Desallangre. Il faudra attendre un peu plus ! »

 



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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 08:41
Pascal Canfin arton1281

Nous poursuivons la publication de réactions et d’analyses, suite à l’échec de Copenhague. Ce texte de Pascal Canfin, eurodéputé « Europe Écologie- Les Verts », paru sur son blog le 19/12/2009, nous parait très intéressant. Lucide sur le résultat obtenu. Positif sur ce que nous pouvons faire.

Nous notons en particulier un passage sur le rôle des collectivités locales, qui recoupe les observations, publiées sur notre blog de Ronan Dantec, élu Vert nantais qui a participé à Copenhague au titre des Cités et Gouvernements Locaux Unis*.

À suivre : le combat pour le climat et la vie sur notre planète continue !

Pierre Mathon

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Pascal Canfin en vélo, lors de son arrivée au Parlement de Strasbourg; on reconnaît devant lui Catherine Grèze

« Copenhague: un accord pour sauver la face, pas le climat


Par Pascal Canfin

Copenhague est-il un échec ?

Oui. La déclaration finale est plus un accord pour sauver la face qu’un accord pour sauver la planète. La volonté affichée est de limiter le réchauffement climatique à plus de 2 degrés, seuil considéré par la GIEC comme la limite à partir de laquelle le dérèglement climatique s’emballe et produira des effets catastrophiques. Mais aucune des mesures qui permettraient d’y parvenir n’a été prise: pas de contraintes, pas d’objectifs de réduction à la hauteur des préconisations du GIEC, pas de système de  contrôle des engagements nationaux, etc. L’argent promis aux pays pauvres est une bonne nouvelle mais les sommets internationaux se sont trop souvent conclus par des promesses de dons qui ne se réalisent jamais pour se réjouir trop tôt. Par ailleurs, les engagements pris pour les trois prochaines années ne constituent pas forcément de l’argent frais mais provient d’argent recyclé déjà promis dans les budgets d’aide au développement. 

L’Europe et Nicolas Sarkozy ont-ils fait tout ce qu’ils pouvaient?

Non. L’Europe et la France n’avaient bien sur pas toutes les cartes en main mais ils en avaient deux pour faire bouger les choses: s’engager à réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre au lieu de 20 % pour entrer dans la fourchette préconisée par le GIEC (de 25 à 40 %) de façon à donner des gages aux pays du Sud et pousser les Etats-Unis à agir. S’engager sur un chiffre de transferts aux pays du Sud pour les aider à s’adapter au dérèglement climatique dont ils sont les premières victimes sans en être du tout responsables. Or, ni l’Europe ni la France n’ont mis ces deux chiffres sur la table des négociations en disant qu’ils assumaient leur responsabilité et agissaient en conséquence.


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Quels sont les conséquences de cet échec pour le climat?


Selon le GIEC, il nous restait en 2008 au maximum 10 ans pour inverser la courbe mondiale de nos émissions de Co2 si l’on veut limiter le réchauffement à 2 degrés. Perdre un an est donc un enjeu majeur car les efforts à réaliser devront être encore plus importants demain. Repousser les décisions qui n’ont pas été prises à Copenhague à l’été 2010 ou à la fin 2010 ne changera rien car il n’y a aucune raison d’aboutir plus dans 6 mois qu’aujourd’hui. Obama sera lié par la loi qui aura été passé au printemps au Congrès et comme les engagements US ne seront pas à la hauteur des préconisations du GIEC, les Chinois pourront toujours justifier de ne pas bouger plus qu’ils ne l’ont déjà fait en s’engageant à réduire leur intensité carbone par point de PIB de  45 %.  Il faudra donc trouver d’autres moyens d’action que le traité multilatéral contraignant qui n’est pas sorti de Copenhague.
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Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, Karima Delli et Pascal Canfin : vous les avez élus le 7 juin 2009, maintenant ils agissent !

Et maintenant que faire en France et en Europe?

Plus de la moitié des objectifs qui auraient pu (et dû) être fixés à Copenhague relèvent des compétences des collectivités territoriales. En matière d’urbanisme, de transports, d’aménagement du territoire… les collectivités sont des acteurs-clés. L’absence d’un accord mondial contraignant rend encore plus nécessaire des politiques locales ambitieuses. Sinon ce sera en quelque sorte la double peine pour le climat. De son côté l’Europe doit continuer à agir plus vite et plus fort même sans accord satisfaisant à Copenhague. Plus des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre européennes ne sont  pas concernées par la mondialisation (transports routiers, chauffage, production d’électricité…). L’Europe peut donc agir sans craindre la «concurrence internationale» sur l’essentiel de ses émissions. Comme je l’ai montré dans un article récent publié dans Alternatives Économiques (lien) c’est l’intérêt de l’Europe d’agir même si les autres ne bougent pas. »

* http://lesvertsbagnolet.over-blog.com/article-les-collectivites-locales-le-climat-et-la-planete-41354523.html

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 07:49

 

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Pour information, suite aux conclusions de la Conférence de Copenhague, voici un certain nombre de communiqués.

 

logo-Vert-fec0839b1b351265d1d9d047e59e70b0_4-copie-1.jpgLe communiqué des Verts :

« Conférence de Copenhague : un lamentable fiasco

 

La conférence de Copenhague s’achève sur un fiasco. Le résultat est aussi désespérant que les enjeux étaient d’importance. La Chine et Obama sont les coupables numéro un, mais l’Europe a péché par sa désunion et son absence de leadership. Nous avons eu la preuve éclatante durant ces jours passés que nombre de nos responsables sont en fait des irresponsables. 

 

Ces quinze jours de négociation n’ont pas pu déboucher sur un accord chiffré et contraignant. L’absence de contrainte et le non transfert tant de nouvelles technologies que de moyens financiers du Nord vers le Sud font qu’en l’état, les experts prédisent un hausse de 3,5 degrés. Le but initial de la conférence était de ne pas dépasser les 1,5 degrés Celsius... 

 

La seule lueur d’espoir durant ces deux semaines est la montée en puissance des pays du sud et la réussite du Klimaforum qui réunissait les activistes altermondialistes et écologistes du Nord comme du Sud.

 

Dix ans après Seattle, le mouvement altermondialiste prend une nouvelle impulsion et une nouvelle force en intégrant pleinement le combat écologiste.

Face à l’échec des gouvernements occidentaux, c’est sur cette alliance qu’il faut aussi espérer pour répondre et agir face à la crise climatique.

 

Les Verts et les écologistes feront pression pour que lors du sommet de Bonn qui doit se tenir l’année prochaine, un accord contraignant soit enfin trouvé. Le combat continue, dans les institutions et dans les mouvements citoyens.

 

Djamila Sonzogni, porte parole nationale Jérome Gleizes, responsable de la commission transnationale »

 

Pour rappel, le communiqué du 18 décembre d’Yves Cochet :

« Debriefing de la nuit : rien ! Plus précisément : à minuit la présidence danoise a proposé un texte au conclave des chefs. Ce texte s’est fait totalement étriller en quelques heures. A 08h00, ce matin, Gordon Brown propose un autre texte… En cours de discussion… En plénière, la succession des discours des leaders mondiaux (Wen Jiabao, Lula, Obama, Medvedev…) est déprimante. Tous insistent sur leur sécurité énergétique et économique domestique. Ils terminent par des engagements internationaux déjà connus depuis des semaines. Aucune nouveauté, aucun souffle, aucune audace. Le nationalisme mental, induit par les lobbies du business, fut-il « green», douche les espérances. Y aura-t-il un texte final la nuit prochaine ? Pas sur. Et même s’il existait, ce texte ne serait qu’une « déclaration politique»  et non une « décision de la COP». Bref, rien de juridiquement contraignant. Que des promesses molles, aucune solidité juridique, aucune solidité financière, Copenhague tourne à l’échec. »

 « À 24 heures de la clôture prévue du Sommet de Copenhague, les déclarations des chefs d’Etat et de gouvernement se sont multipliées aujourd'hui. Toutes ont rappelé les grands objectifs de la négociation, et appelé au succès du Sommet. Et toutes déplorent l’impasse des derniers jours.

A cette heure, Copenhague est donc un échec.

Dans ce contexte, la grandiloquence de l’intervention du Président de la République, cet après-midi, tranchait avec la faiblesse de son contenu : hormis le rappel des enjeux et de la nécessité d’un compromis, Nicolas Sarkozy a surtout choisi d’ouvrir la porte à un très mauvais accord, consistant en une vague déclaration de principes sans portée réelle.

 

Le communiqué AFP d’aujourd’hui 19 décembre  vers 6h :

 

« Climat/réactions: entre optimisme prudent et protestations virulentes

(AFP) – Il y a 2 heures

PARIS — Les résultats du sommet sur le climat de Copenhague ont suscité de par le monde une série de réactions allant de manifestations d'optimisme prudent à des protestations virulentes.

USA: Le président américain Barack Obama a affirmé qu'un accord "significatif" et "sans précédent" sur le climat avait été obtenu vendredi soir à Copenhague mais les progrès enregistrés dans la capitale danoise sont "insuffisants".

FRANCE: Le président français Nicolas Sarkozy a estimé vendredi soir que l'accord de Copenhague sur la lutte contre le réchauffement climatique n'était "pas parfait" mais que c'était "le meilleur accord possible".

CANADA: Le Premier ministre du Canada Stephen Harper a qualifié vendredi l'accord de Copenhague sur la lutte contre le réchauffement climatique de "complet et réaliste", lors d'une conférence de presse avec des médias canadiens dans la capitale danoise.

GRANDE-BRETAGNE: Le Premier ministre britannique Gordon Brown a qualifié vendredi, dans une interview à la TV britannique Sky News, le sommet sur le climat de Copenhague de "premier pas" dans la voie d'un traité légalement contraignant que les pays devront rapidement accepter.

UNION EUROPEENNE: "Ce n'est pas un accord parfait, il n'est pas de nature à répondre à la menace climatique", a déclaré le Premier ministre suédois Fredrick Reinfelt dont le pays assure la présidence européenne jusqu'au 31 décembre.

AUSTRALIE: Le Premier ministre australien Kevin Rudd a qualifié samedi de "progrès" les conclusions du sommet sur le climat de Copenhague, soulignant que les discussions avaient failli échouer. "Il y avait un risque que ces négociations échouent et on aurait eu un triomphe de l'inaction sur l'action", a-t-il déclaré dans la capitale danoise à la presse.

SOUDAN: L'accord climat obtenu vendredi soir à Copenhague est "le pire de l'histoire", a estimé samedi à Copenhague le délégué soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping, dont le pays préside le G77 (130 pays en développement).

PAYS DU SUD: Plusieurs délégués de pays du Sud ont vivement protesté samedi matin en ouverture de la séance plénière de la conférence de l'Onu sur le climat contre le projet d'accord présenté vendredi, le jugeant "irrespectueux" du processus onusien.

AMIS DE LA TERRE: Le président des Amis de la Terre, Nnimmo Bassey, a affirmé dans un communiqué: "Nous sommes écoeurés de l'incapacité des pays riches à s'engager sur les réductions d'émissions de gaz à effet de serre qu'ils savent être nécessaires, en particulier les Etats-Unis qui sont historiquement le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre".

VERTS FRANCAIS: Pour le parti des Verts français "Le résultat est aussi désespérant que les enjeux étaient d'importance. La Chine et Obama sont les coupables numéro un, mais l'Europe a péché par sa désunion et son absence de leadership", a estimé samedi Djamila Sonzogni, porte-parole des Verts dans un communiqué

PARTI SOCIALISTE FRANCAIS: La première secrétaire du Parti socialiste, français (opposition) Martine Aubry, a affirmé dans un communiqué à Paris que "la volonté de changer les règles de production et de partage des richesses" avait fait "défaut" à Copenhague. »

 

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 07:42

Nous reproduisons ci-dessous un article du Monde.FR qui résume le contenu de l’accord de Copenhague.

 

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« 
Ce que contient le texte de Copenhague

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters


Voici les principaux points du texte discuté à Copenhague. Cette déclaration politique a été le fruit de négociations à 26 mais menées essentiellement par les Etats-Unis, l'Inde, la Chine, le Brésil et l'Afrique du Sud. Elle ne comprend pas d'objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre, renvoyés à 2010, et ne prévoit pas la création d'une instance internationale pour vérifier la mise en œuvre des engagements de chaque pays.

·     Une hausse des températures globales limitée à 2 °C

 

Dans le document politique négocié, les dirigeants prévoient de limiter le réchauffement planétaire à 2 °C d'ici à 2050 par rapport aux niveaux pré-industriels, l'objectif affiché de la conférence sur le climat. C'est moins ambitieux que ce que réclament les petits Etats insulaires, représentés par Grenade et les Maldives, qui militaient avec les pays les moins avancés pour une hausse maximale de 1,5 °C par rapport aux niveaux pré-industriels.

·     Pas d'objectifs de réduction des émissions de CO2

L'accord ne fixe pas d'objectifs chiffrés de réduction d'émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050. Pour les pays industrialisés, les objectifs de réduction d'émissions de CO2 d'ici à 2020 ne seront fixés qu'en janvier, après que chacun des pays industrialisés "aura donné par écrit" ses propres engagements, selon le président français, qui a précisé que l'Union européenne maintiendrait son objectif de réduire ses émissions de 80 % d'ici 2050. Cependant, l'UE ne reverra pas à la hausse son objectif de réduction à l'échéance 2020, qui sera de 20 % et non de 30 % comme l'espéraient certains négociateurs.

Selon un calcul des Nations unies, l'addition des promesses faites à ce jour publiquement par les différents pays conduirait à une hausse de la température moyenne de la planète de 3 °C, bien au-delà de l'objectif souhaité des 2 °C. Une proposition annexée à l'accord appelle la communauté internationale à conclure un traité contraignant d'ici la fin de l'année prochaine.

·     Aide à l'adaptation des pays en développement

Les chefs d'Etat ont accepté de consacrer 100 milliards de dollars par an d'aide aux pays en développement à compter de 2020 et d'examiner pour ce faire des financements innovants. les Etats-Unis se sont engagés à verser 3,6 milliards de dollars d'aide aux pays les plus vulnérables d'ici 2012 pour les aider à s'adapter aux impacts du changement climatique. "L'engagement collectif des pays industrialisés est d'apporter des ressources nouvelles et supplémentaires [à l'aide au développement]" d'un montant total de 30 milliards de dollars, précise le texte. L'Union européenne avait déjà promis de verser 10,6 milliards de dollars sur les années 2010, 2011 et 2012 et le Japon a annoncé à Copenhague 11 milliards de dollars sur les trois ans.

·     Il n'y aura pas d'Organisation mondiale de l'environnement

L'accord ne prévoit pas la création d'une Organisation mondiale de l'environnement qui aurait pu vérifier la mise en œuvre des engagements de chacun, les contraignant légalement. Pour Nicolas Sarkozy, le volet juridique, absent de cette déclaration politique, sera à nouveau débattu lors de négociations à Bonn que la chancelière allemande Angela Merkel organisera "dans six mois" pour préparer la prochaine conférence sur le climat de Mexico, fin 2010.

Point de friction majeur, en raison notamment du rejet chinois de toute intervention extérieure, la partie du texte sur la vérification internationale du respect des engagements pris est la plus longue du projet d'accord. Elle précise que les économies émergentes doivent faire le bilan de leurs efforts et en rapporter aux Nations unies tous les deux ans. Des contrôles internationaux sont prévus pour répondre aux exigences occidentales de transparence mais le texte garantit le "respect de la souveraineté nationale". Une manière d'écarter tout contrôle contraignant.

·     Protection des forêts

Le texte "reconnaît l'importance de réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, et la nécessité d'améliorer l'élimination de gaz à effet de serre par les forêts". Il prévoit des mesures "incitatives" pour financer la protection des forêts avec des fonds des pays développés. »

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 19:14
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Troisième article de Ronan Dantec, élu Vert, Vice-président de Nantes-Métropole et Coordinateur du groupe climat de Cités et gouvernements locaux unis, qui nous livre ses impressions et analyses sur la place prises sur la question climatiques par les collectivités locales.

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« Copenhague : vers la reconnaissance des collectivités locales

 
Certes, c'est encore un “draft”, un document de travail rédigé en anglais, mais ce nouveau texte, publié ce matin 15 décembre, sous l'autorité de Michel Cutajar, président du groupe de travail sur l'action de coopération a long terme (LCA) est une grande avancée et une vraie satisfaction pour les collectivités locales, qui voient leur rôle officiellement reconnu dans la première page de préambule :  « further recognizing that a broad range of stakeholders needs to be engaged on global, regional, national and local levels, be they governmental, including sub national and local government, private business and civil society ».

 

Sauf coup de théâtre (toujours possible cependant), cette phrase à haute portée symbolique, restera dans ce texte, qui conclut les travaux des délégations nationales, texte qui va être remis aux ministres et aux chefs d'Etats. Ce texte LCA sera une des bases essentielles de la déclaration politique de vendredi, écrite sous la responsabilité de la présidence danoise.

Pour le petit groupe de négociateurs des autorités locales, élus et techniciens, qui a suivi la négociation internationale à travers le monde depuis Bali et Poznan, c'est une évidente satisfaction et aussi un soulagement. Vendredi dernier encore, le premier texte LCA n'incluait aucune mention du rôle des autorités locales.  Comme le disait ce matin ma collègue Ima Mayol, adjointe au Maire de Barcelone, en ouverture du Sommet des Maires, seule la mobilisation collective nous permet de nous faire entendre. C'est bien ainsi que nous avons travaillé depuis 2 ans.  D'abord en s'accordant entre grands réseaux mondiaux, (CGLU, ICLEI….) ou européens (CCRE, Eurocities, Climate Alliance, Energie-cités…) sur une stratégie commune «  la feuille de route des réseaux locaux », puis en travaillant avec des pays « amis » qui ont soutenu notre action. 

 
Parmi ces temps forts de négociation, l' « accord » que nous avons passé à Bonn en juin avec NRG4SD, le réseau mondial des régions sur les questions environnementales pour défendre des amendements communs entre « représentants des villes et des régions », «  subnational and local governments ». C'est le Sénégal, pays très engagé pour la reconnaissance des  collectivités locales, qui a ensuite porté officiellement sur la table des négociations nos propositions. Pour l'anecdote, les deux élus qui représentaient, à Bonn, les réseaux mondiaux étaient pour CGLU, le vice président de Nantes Métropole et pour NRG4SD, le vice-président de la région Bretagne (mon ami Christian Guyonvar'ch). Le lobbying intense mené à Copenhague lors de la première semaine a aussi porté sans nul doute ses fruits. Le trio que nous avons formé avec David Cadman, président d'ICLEI et adjoint au maire de Vancouver et Klaus Bondam, adjoint au maire de Copenhague, a permis de multiplier les rencontres avec les délégations officielles, en s'appuyant constamment sur les élus locaux qui avaient fait le voyage. Les rencontres avec Brice Lalonde (ambassadeur français au climat) et avec la délégation suisse, le mercredi 9 décembre, en présence d'une très forte délégation d'élus locaux français (une cinquantaine) ne sont pas passées inaperçues, et nous ont conforté. 

Fort de nombreux soutiens des pays africains, du groupe environment integrity (Suisse, Mexique, Corée…), de l'Union européenne (particulièrement la France et la Suède), et même depuis samedi des Etats-Unis, nous réussissons à obtenir une reconnaissance qui n'était pas incluse dans le protocole de Kyoto, ou aucune mention ne rappelait le rôle des autorités locales.  

Arnold Schwarzenegger a rappelé cet après midi cette importance des villes, régions et états fédérés dans la lutte contre le changement climatique, en appelant à un sommet climat et autorités locales sous l'égide des Nations Unies. Cette reconnaissance n'est donc qu'une première étape, car il va s'agir de la traduire dans les mécanismes concrets qui découleront de l'accord espéré de Copenhague, avec des enjeux pour les villes et régions du Nord comme du Sud.

 
Responsable du groupe de négociation climat de Cités et Gouvernements Locaux Unis, Nantes Métropole va poursuivre son engagement et il est notable que Jean Marc Ayrault et Alain Juppé soient les deux seuls maires français présents au sommet mondial des maires, organisé par la ville de Copenhague. Ce sommet est l'occasion, de Sao Paolo à New York et de Johannesburg à Mexico, de mesurer le niveau d'engagement concret des villes, qui représente sans nul doute le plus important gisement de réduction des émissions de CO2 dans le monde. En ce sens, la phrase du texte de Michel Cutajar doit clairement être entendue dans un double sens : reconnaissance des autorités locales, évidemment, mais aussi, et c'est bien là notre responsabilité, volonté de nous signifier que nous devons agir encore plus vite et plus fort.  
 
  
Ronan Dantec

Vice-président de Nantes-Métropole

Coordinateur du groupe climat de Cités et gouvernements locaux unis. » 

 

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 18:02
John Kerry et Obama

 

Où l’on parle du sit-in des jeunes écologistes au Bella Center, de la répression qui s’en suivit et où l’on retrouve notre « envoyé spécial » à Copenhague Alexis Prokopiev (des Verts de Montreuil …) en conversation avec John Kerry, ancien candidat démocrate à la Présidence des États Unis.

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Nous ne savons pas si la négociation aboutira à un accord « juste, ambitieux et juridiquement contraignant », mais
les jeunes écolos auront fait le maximum.


Pierre Mathon

«Aujourd'hui, mercredi 16 décembre, à 17h, plus de 50 organisations internationales de jeunesse ont organisé un sit-in dans le centre de conférence du Bella Center pour exiger des dirigeants mondiaux un accord juste, ambitieux et juridiquement contraignant. L'action en elle-même était également une protestation contre les exclusions illégitimes des observateurs de la société civile. Il est hors de question que des décisions se prennent sans l'apport des ONG.


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Assis dans le principal couloir du centre de conférence, les jeunes militants ont commencé à lire les noms des 11 millions de citoyens du monde qui ont signé
la pétition pour un accord juste, ambitieux et juridiquement contraignant. Ces militants pacifistes ont été expulsés par des agents de sécurité qui ont également pris leurs noms. Un des observateurs d'une ONG a été arrêté et carrément expulsé du centre de conférence.


Nous ne partirons pas sans un accord digne de ce nom qui assurera la survie des citoyens les plus vulnérables de cette planète dont les vies sont menacées par les effets du changement climatique" a insisté un des participants.

Alors que les chefs d'Etat arrivent à Copenhague, il faut qu'ils sachent que la société civile les regardent de l'extérieur du Bella Center et fera pression pour qu'un accord qui vaille le coup soit trouvé.


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Quelques minutes auparavant, l'ancien candidat à la présidence et sénateur des Etats-Unis, John Kerry, est venu remercier les militants pour leur incroyable engagement. « Maintenant il faut faire pression sur votre gouvernement » lui a demandé Alexis Prokopiev.
« On y travaille » lui a immédiatement répondu John Kerry
»



*
Just a few minutes ago the US senator and former candidate for presidency John Kerry came to thank the activists for their amazing commitment. “Now who have to put pressure on your government”, demanded Alexis Prokopiev. “We are working on it”, was John Kerry’s immediate response.

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 22:59
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« Noé ne construira pas une seconde arche » disent ces jeunes manifestants le 12 décembre à Copenhague (« Noah will not build a second arc »).

Alexis Prokopiev, alexandre prokopiev 2460090246 7bc8cc9a50responsable des Verts de Montreuil, dirigeant national des jeunes Verts (... et pourquoi pas, futur conseiller régional, si les électeurs le décident en mars 2009), notre troisième « envoyé spécial » à Copenhague en quelque sorte, vient de transmettre la photo ci-dessus  avec le slogan mécréant sur Noé (Photo de la manifestation du 12 décembre pour le climat à Copenhague) et les textes ci-dessous émanant des jeunes Verts :


arche noe
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Voici la réaction des jeunes Verts, présents à Copenhague suite à la manifestation du 12 décembre 2009 :

« La Marche historique pour le Climat qui s'est déroulée hier à Copenhague a été un grand succès. Entre 50 000 et 100 000 manifestants, ambiance joyeuse et pacifique, des gens de tout âge venant du monde entier : c'était ça la marche d'hier, et pas autre chose !

Copenhague reunion jeunesse europe

Nous sommes étonnés et scandalisés par la couverture médiatique de la Marche pour le Climat d'hier. Toute la délégation a reçu des sms et des appels de leur famille, de leurs amis qui nous demandaient si on allait bien... Surprise ! Car nous n'avons vu ni débordement, ni violence, ni agressivité dans la manifestation.

Nous regrettons quelques débordements en marge de la Marche et sommes choqués par la réaction disproportionnée et inhumaine des forces de l'ordre.

La couverture médiatique, particulièrement en France, est biaisée et ne reflète en rien la réalité des choses.

Par Marie »

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Autre texte :

« Allers-retours climatiques

Entre être au cœur des négociations ou suivre les activistes de la justice climatique, les Jeunes Verts ne tranchent pas. Fidèles à la démarche de leurs aînés, un pied dans les institutions, l'autre dans le mouvement social, ils sont présents au sein du Bella Center et du KlimaForum afin d'exprimer leurs attentes, leurs positions, leurs critiques.

Au KlimaForum, les activistes arrivent par petits groupes et les salles se remplissent. Les conférences autour de la critique du capitalisme ont un succès tout particulier. La tendance est d'abord aux témoignages des populations qui souffrent du changement climatique et des solutions qui leur sont proposées par les pays riches.

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Les petites îles du Pacifique sont bien sûr les premières impactées. Au Bella Center, Tuvalu a proposé un nouveau cadre de négociation en vue d'obtenir un accord juridiquement contraignant. Faisant face au manque de volonté des autres parties, l'archipel a quitté la table des négociations pour quelques heures. Plusieurs ONGs accréditées, faisant preuve d'une efficacité redoutable, ont élaboré pancartes, affiches et T-shirts pour soutenir Tuvalu. Au KlimaForum, les murs sont tapissés de photos et témoignages de la disparition de l'île, et à chaque tribune, qu'elle soit consacrée à l'agriculture, à la défense des forêts, aux mécanismes de développement propre ou encore à l'économie verte, les délégués des îles sont révoltés et réclament à grands cris plus de mobilisation pour la défense des plus vulnérables. La responsabilité des pays développés est immense dans la disparition de ces îles, et pourtant, le Conseil de l'Union Européenne ne propose que 7,2 milliards d'euros sur trois ans pour soutenir l'adaptation au changement climatique partout dans le monde. Quid de la situation de ces -déjà actuels- déplacés climatiques, qui ont besoin d'un pays-refuge. La campagne mondiale pour les réfugiés climatiques a commencé hier, au coeur du KlimaForum.

En Afrique aussi, l'inquiétude est énorme. Au sein du Bella Center, les pays africains se sentent exclus de la prise de décision car s'ils sont présents dans la salle des négociations, celles-ci prennent place entre deux portes, dans la non-transparence des couloirs. Devant le silence officiel et très certainement volontaire des pays développés, les pays du G77 se déchirent pour s'accorder sur des mesures qui seront probablement rejetées la semaine prochaine, lors de la clôture des négociations. Le KlimaForum pallie les manquements des pays développés, et l'on y discute du rachat des terres par les multinationales venant à l'encontre des droits fondamentaux des communautés locales : respect de leurs cultures, paturages, habitations. Une fois encore, les mécanismes REDD et de développement propres sont critiqués pour leur nature même : vendre des permis d'émissions, c'est privatiser notre atmosphère même, en la distribuant aux gouvernements trop souvent corrompus, aux multinationales, aux grands propriétaires terriens. Loin d'établir une responsabilité équitable entre pollueurs et populations, ces « fausses solutions » permettent aux premiers de tirer avantage des efforts qu'ils ont à effectuer afin de respecter le climat. Jusqu'à, parfois, en être financièrement bénéficiaires.

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La fin de cette première semaine est claire : selon le bon mot de notre délégué Noé Pflieger, il s'agit « de communiquer sur le pire, pour exiger le minimum ». Au moins, tout le monde semble officieusement convaincu de la nécessité de préserver le protocole de Kyoto, et la présence active et tellement nécessaire des ONGs au sein même de la conférence garde presque intact notre espoir d'arriver à une issue positive au sommet. Après le temps des témoignages vient au KlimaForum le temps des propositions, et c'est avec impatience que nous souhaitons soumettre les nôtres, pour plus de respect de l'environnement, d'égalité entre les hommes et les femmes, de défense des libertés fondamentales. L'opacité des négociations et l'hypocrisie des pays développés n'ont fait que nous pousser à sensibiliser et mobiliser plus encore en vue de la grande manifestation d'aujourd'hui.

Par Marie »

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 09:29
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Nous continuons sur le blog "Bagnolet en Vert " à vous informer du Sommet de Copenhague avec « nos envoyés spéciaux ».

Pascal Canfin, (ici à Saint-Ouen en compagnie de Jean-Paul Besset et de Michèle Rivasi) rend compte (sur son blog) de son activité d’eurodéputé.

Voici ce texte, écrit à Copenhague, publié ce matin 13 décembre que nous reproduisons ci-dessous.

Pierre Mathon

 
« Deux bonnes nouvelles pour le climat

 «Il n’y a pas de planète B». «Sauver la planète pas les profits». «Changer le système pas le climat».

 

Tels étaient les slogans les plus répandus lors de la manifestation cet après-midi à Copenhague. La police annonce 30.000 manifestants, les organisateurs 100.000.

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Je ne suis pas un spécialiste du comptage mais pour avoir été sur un «point fixe» avant de quitter la manifestation, j’ai pu constater un flux continu et dense de personnes pendant plus d’une heure soit nettement plus que les 30.000 personnes annoncées. On peut dire que cette manifestation est un succès. Elle contribue à mettre la pression sur  les négociateurs en leur montrant une société civile mobilisée.


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Des négociations qui vont entrer dans leur phase la plus intense et dramatique à partir de dimanche et l’arrivée progressive des ministres et chefs d’Etat. La bonne nouvelle est que Obama va venir les mains moins liées par le Congrès qu’on ne pouvait le craindre. En effet, la décision prise la semaine dernière par l’Agence fédérale de protection de l’environnement considérant l’excès de CO2 comme une pollution dangereuse pour la santé publique offre la possibilité au président américain de se passer d’une loi pour agir.

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Le rapport de force s’est inversé: les congressistes ont intérêt à adopter une loi pour contrôler les mesures que l’administration pourra mettre en place par elle même sur la base du
Clean air act, base légale suffisante si le CO2 est reconnu comme polluant. Cette décision change également la donne en ce qui concerne l’OMC. En effet, cette dernière reconnaît également la possibilité de mettre des barrières au commerce international pour des raisons de santé publique.

Mais nous ne sommes pas encore au bout du chemin: il est déjà clair que les industriels américains se préparent à contester en justice cette décision de l’Agenc
e. »

 

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