Les élections municipales, c’est déjà du passé.
Plus Verts que jamais, nous reprenons notre chemin dans un état d’esprit Vertement positif. Bien évidemment, être constructif n’exclut pas la lucidité et la vigilance, voire la mobilisation et la résistance.
Les enjeux locaux sont imbriqués dans des
problématiques plus vastes.
Nous faisons nôtre la maxime écologiste : «penser globalement, agir
localement ».
Comme ces dernières années, pour construire
à long terme et
répondre à l’urgence, vous pouvez compter sur nous.
Pour l’équipe de « Bagnolet en Vert »
Pierre MATHON
Il s’est passé au conseil municipal d’hier mardi 30 juin un événement particulièrement révélateur des dérives du maire et de son entourage en matière de laïcité.
Un vœu, de soutien aux démocrates iraniens, présenté par les élus PS-verts-Cac (et qui reprenait un appel national signé par le PC -et notamment Marie-Georges Buffet- les Verts et le PS) a été adopté par le conseil municipal ... contre l'avis du maire et du premier adjoint.
Pour s’opposer à ce vœu, le maire n’a pas trouvé d’autre prétexte que d’arguer qu’il ne pouvait voter ce vœu sur l’Iran avec un élu qui avait écrit il y a un an sur un blog un article le
comparant à un Hezbollah et un imam.
Pitoyable argument !
Il faisait allusion à un article de Didier Idjadi intitulé « Everbecq, imam, Hezbollah » mis en ligne en juillet 2008 sur le blog des verts officiels et censuré 48 heures après
par Michel Pesci à la « demande » du PS.
Soit-dit en passant, le refus du maire de voter hier le vœu sur l’Iran semble montrer que si cet article était très critiquable, il contenait quand même un petit fond de vérité.
Préoccupant pour la démocratie : le débat sur ce vœu a eu lieu sous la pression et les invectives de personnes qui, des bans du public, s’opposaient au vote de ce vœu.
Nul n’a été dupe, l’intervention agressive de Marc Everbecq vis-à-vis de Didier Idjadi (qui est ensuite intervenu avec une grande tenue dans le débat) n’avait pour objectif que de créer un
incident qui lui aurait permis de lever la séance, l’objectif du maire étant de donner des gages à une certaine clientèle électorale.
Le détail du vote est intéressant, nous y reviendrons.
Notons en particulier que les élus communistes se sont divisés : les femmes –et notamment Josiane Bernard, vice-présidente du conseil général- et les partisans de la laïcité votant le vœu, malgré l’attitude du maire.
Ils l’ont voté en dépit de deux interventions d’Azziz Benaïssa, accusant ce vœu de mettre de l’huile sur le feu en Iran. Ce zèle a été mal récompensé puisqu’il ne lui a pas évité de se faire
« engueuler » par ses « amis » à la sortie pour s’être abstenu au lieu d’avoir voté contre !
Nous reviendrons ultérieurement sur ce point ainsi que sur les autres points qui étaient à l’ordre du jour du conseil municipal.
Pierre Mathon
Photos : à l'université des sciences de Téhéran, rallye pour honorer la mémoire de l'étudiant Kiamouch Assa, tué
sous la torture
Ci-dessous, le texte du vœu :
« Soutenons
les Iraniens
Ainsi,
ces centaines de milliers de manifestants ne seraient que « poussière » selon le président sortant Ahmadinejad ?
Ainsi, son propre peuple n’existerait pas. Par son coup de force électoral, le pouvoir des mollahs décrète l’infaillibilité d’un régime théocratique prétendument supérieur aux choix rationnels des citoyens ; en interdisant les manifestations, censurant les médias, procédant à des arrestations arbitraires, coupant les moyens modernes de communication, il cherche le pourrissement avant l’affrontement. Le mouvement populaire pacifique des Iraniens peut marquer le début d’une nouvelle ère démocratique en Iran.
Le peuple d’Iran, dans sa soif de changement, a choisi, après le scrutin du 12 juin, la voie exemplaire d’un soulèvement démocratique. Il a compris que - sauf à vouloir subir le sort du printemps chinois de 1989 - c’était le moment ou jamais de s’unir durablement pour faire respecter leur citoyenneté. La détermination du pouvoir fait désormais face à celle des Iraniens eux-mêmes unis par le nombre, le calme, la détermination... Et le soutien de l’opinion publique internationale.
C’est pourquoi il faut se faire les relais de leurs revendications démocratiques : au-delà du respect de leur vote qu’exigent tous les Iraniens, de l’intérieur comme de l’extérieur, les événements iraniens peuvent changer la face du monde et être porteurs d’un avenir neuf. C’est cet espoir dont tous ceux qui sont épris de liberté, de justice et de démocratie ont besoin.
Nous voulons que le peuple iranien réussisse ce changement. Les modalités lui appartiennent et le débouché devra certainement être négocié, mais pour cela, il faut tenir. Cela dépend du peuple iranien mais aussi de notre solidarité. Nous voulons lui dire que le monde le regarde en admirant son courage. Nous demandons la cessation des tirs meurtriers, l’arrêt des violences sur les manifestants, le respect du droit des journalistes de rendre compte des événements en cours ; nous demandons la libération des manifestants arrêtés. »
(Tribune parue dans Libération du 23 juin avec les premiers signataires suivants : Pouria Amirshahi, Martine Aubry, Pascal Boniface, Marie-George Buffet, Elisabeth Badinter, Olivier Besancenot, Harlem Désir, Bertrand Delanoë, Jean-Pierre Dubois, Caroline Fourest, Marek Halter, Bernard Langlois, Noël Mamère, Gustave Massiah, Dominique Sopo, Benjamin Stora).
AGENDA
Prochaines permanences du Réseau Education Sans frontières de Bagnolet :
A l'heure de rendre des comptes à leurs électeurs, peut-être comprendront-ils que ceux-ci n'étaient pas majoritairement pour une application "à la lettre" des textes coraniques ! Et ce sera trop tard...
Je pense que le « cas » de Marc Everbecq et de Laurent Jamet par rapport à l’islamisme est simple.
Il s’agit bien ici de l’islamisme et non pas du droit légitime des musulmans à pratiquer leur culte dans des conditions dignes, droit que nous soutenons. Il ne faut pas oublier non plus que la grande majorité des personnes d’origine maghrébine sont convaincues à juste titre que la laïcité les protège comme elle protège la liberté de chacun d’entre nous.
Par calcul politique ces élus sont prêts à céder beaucoup de choses aux islamistes tout en essayant de se faire passer aux yeux des autres électeurs pour des personnes ayant des principes républicains.
Mais hier au conseil municipal, il fallait choisir :
- ou soutenir les démocrates iraniens qui s’opposent à la dictature islamiste, au risque de déplaire aux islamistes bagnoletais,
- ou jeter aux orties leurs convictions républicaines et laïques pour plaire aux islamistes bagnoletais.
Ils ont préféré rester comme on dit populairement « le cul entre deux chaises » en refusant de voter le vœu de soutien aux démocrates iraniens.
Le problème est que cette posture est tout à fait inacceptable en démocratie.
Pierre Mathon